Mon premier souvenir du 5-10-15
C'était un été brûlant, l’air collant et la soif jamais satisfaite. On jouait au rugby à toucher, et le terrain, c’était un bout de pelouse pas bien large entre deux terrains de basket. J’avais 15 ans, et mon cousin, un ancien du club local, nous faisait travailler nos départs.
— Allez, 5-10-15, pas d’excuse !
Les premiers mètres, c’est facile. Cinq mètres, un sprint explosif, et tu te sens comme une fusée. Dix mètres, ça commence à tirer. Quinze, tu réalises que ce qui compte, ce n’est pas la vitesse, mais ta capacité à recommencer après chaque effort. Et c’est là que j’ai compris pourquoi ce drill était partout dans le sport.
Le 5-10-15 : c’est quoi au juste ?
Derrière ces trois chiffres, il y a un principe ultra-simple : enchaîner des accélérations de 5, 10 et 15 mètres, en alternant vitesse, changements de direction et reprises d’appui. Ce genre d’exercice, on le retrouve dans le rugby, le foot, le basketball et même en athlétisme.
Le but ? Travailler l’explosivité, la réactivité et l’endurance. Dans un match, on ne fait pas un marathon. On enchaîne des courses courtes, des sprints brutaux, et c’est souvent la capacité à redémarrer vite qui fait la différence entre un bon joueur et un joueur décisif.
Une technique qui a fait ses preuves
D’après une étude menée par l’Université de Loughborough, les joueurs qui intègrent régulièrement des sprints courts dans leurs entraînements améliorent leur temps de réaction de 18 % et leur vitesse maximale de 12 % en moyenne.
C’est pas juste une anecdote : on a tous vu un joueur démarrer plus vite que les autres et casser une ligne défensive. Souvent, derrière ce genre d’actions, il y a des années de 5-10-15 bien bossés.
Pourquoi tout le monde en parle encore ?
J’en ai discuté avec Lucas, un pote qui joue encore en amateur :
— T’en penses quoi du 5-10-15 ?
— C’est un enfer. Mais un enfer utile.
— Tu le bosses souvent ?
— Toutes les semaines. Sinon, je me fais bouffer sur les relances.
Et c’est là qu’on en revient : ce n’est pas juste un entraînement old-school, c’est un classique indémodable, une sorte de rite de passage.
Des pros aux amateurs : un exercice clé
Regardez un entraînement du Stade Toulousain ou du Real Madrid : vous verrez toujours des séquences de sprints courts, des démarrages agressifs et des changements de rythme inspirés du 5-10-15.
Même Kylian Mbappé, l’un des joueurs les plus explosifs au monde, a expliqué dans une interview que son travail sur la vitesse inclut énormément de courses courtes et intenses.
Et si on en faisait encore plus ?
Mais voilà la vraie question : est-ce qu’on l’utilise assez ?
Je me souviens d’un match où notre coach, croyant bien faire, nous avait fait courir du long, très long. On a tous fini rincés, incapables de produire le moindre effort intense en deuxième mi-temps. Alors qu’une séance de 5-10-15 bien gérée nous aurait permis de bosser l’endurance sans perdre notre explosivité.
Les limites du 5-10-15
Évidemment, ce n’est pas magique. Faire que ça, c’est oublier que le cardio, la récupération et la technique sont tout aussi essentiels. Certains coachs estiment même que trop en faire peut mener à des blessures, notamment aux ischios et aux mollets.
J’en parlais avec un préparateur physique :
— À haute dose, c’est dangereux ?
— Si tu ne fais pas d’échauffement sérieux et que tu enchaînes trop de séries, oui.
— Donc, en gros, comme tout, c’est une question de dosage ?
— Exactement.
Le verdict : incontournable ou dépassé ?
Alors, le 5-10-15, c’est un trésor du sport ou juste une mode qui s’accroche ?
Honnêtement, je suis convaincu que c’est un exercice intemporel. C’est simple, efficace et adapté à tous les niveaux. Tant que tu l’intègres intelligemment et que tu ne l’utilises pas comme une punition (on a tous connu ce coach sadique qui nous faisait enchaîner des sprints pour nous "endurcir"), c’est un outil d’or pour progresser.
Et vous, c’était quand votre dernier 5-10-15 ?

