La guerre des dalles : OLED contre QLED, un duel fratricide
On ne peut pas entamer ce comparatif sans poser les bases du conflit technologique qui dure depuis une décennie. D'un côté, LG a longtemps régné en maître absolu sur l'OLED. Le principe est simple : chaque pixel produit sa propre lumière. Quand il est éteint, il est vraiment noir. Pas gris foncé, pas bleuâtre. Noir. C'est ce qu'on appelle le contraste infini. Or, Samsung a longtemps boudé cette technologie, préférant pousser son QLED, qui reste au fond un écran LCD boosté par des boîtes quantiques (Quantum Dots) pour améliorer les couleurs.
Pourquoi LG conserve une longueur d'avance sur le rendu organique
Le truc c'est que l'OLED de LG, notamment avec les dalles de type WOLED, offre une profondeur d'image qu'aucun écran rétroéclairé ne peut égaler. Si vous regardez un film d'horreur ou une scène spatiale dans Interstellar, les étoiles brillent intensément sur un fond d'un noir d'encre. Il n'y a aucun effet de "blooming", ce halo lumineux disgracieux qui entoure les objets clairs sur fond sombre. Pour moi, c'est l'argument ultime. Rien ne bat la précision d'un pixel auto-émissif, même si la luminosité globale est souvent en retrait par rapport aux canons de chez Samsung.
La riposte de Samsung avec le Neo QLED et le QD-OLED
Samsung n'est pas resté les bras croisés à regarder LG rafler le marché haut de gamme. Ils ont introduit le Neo QLED, qui utilise des Mini-LED. Le résultat ? Une luminosité qui peut grimper jusqu'à 2000 nits, là où un OLED classique peine parfois à dépasser les 800 nits. C'est énorme. Si votre salon est baigné de lumière à 14h, un LG sera un miroir géant où vous ne verrez que votre reflet. Le Samsung, lui, va percer la lumière ambiante sans broncher. Et depuis peu, Samsung s'est mis à l'OLED avec une variante appelée QD-OLED. C'est un peu le meilleur des deux mondes : le noir parfait de LG avec la vivacité des couleurs de Samsung. Une claque visuelle, mais qui coûte encore un bras.
Qualité d'image : le rendu cinéma face à l'éclat du salon
Le choix dépend énormément de votre environnement de visionnage. On n'y pense pas assez, mais la lumière de votre pièce dicte la loi. Un téléviseur LG OLED C3 ou G3 sera sublime dans une salle dédiée ou un salon tamisé. Les couleurs sont naturelles, respectueuses de la vision du réalisateur. On est loin du compte avec certains réglages d'usine de Samsung qui ont tendance à saturer les rouges et les verts pour flatter l'œil. C'est flatteur, certes, mais est-ce fidèle ? Pas vraiment.
Cependant, Samsung gagne sur le terrain de la "clarté". Leurs processeurs de mise à l'échelle (upscaling) sont redoutables. Si vous regardez beaucoup de contenus en 1080p ou des chaînes de télévision classiques, le processeur Neural Quantum de Samsung fait un travail d'orfèvre pour lisser les contours et limiter le bruit numérique. LG se débrouille bien avec son processeur Alpha 9, mais je trouve que Samsung a un petit temps d'avance sur l'intelligence artificielle appliquée au traitement d'image pur. Reste que pour un puriste du septième art, la neutralité de LG reste la référence.
HDR10+ vs Dolby Vision : l'absurde guerre des formats
Là où ça coince vraiment, c'est sur les formats de métadonnées dynamiques. C'est la guerre totale. LG supporte le Dolby Vision, qui est le standard utilisé par Netflix, Disney+ et la majorité des Blu-ray 4K. Samsung, par pur orgueil industriel ou stratégie économique, refuse d'intégrer le Dolby Vision et pousse son propre format, le HDR10+. Le problème, c'est que le HDR10+ est beaucoup moins répandu, même si Amazon Prime Video l'utilise massivement.
Concrètement, ça change quoi pour vous ? Si vous achetez un Samsung, vous ne profiterez jamais du Dolby Vision sur vos séries préférées. L'image sera affichée en HDR10 "basique". Est-ce dramatique ? Non, l'image reste belle. Mais c'est frustrant de savoir qu'on ne tire pas le maximum de son écran à cause d'une querelle de licences. À l'inverse, LG ne propose pas de HDR10+, mais comme ce format est plus rare, c'est un sacrifice bien plus acceptable. Pour moi, l'absence de Dolby Vision chez Samsung est un carton jaune permanent.
Gaming : quelle marque vous donnera l'avantage sur console ?
Si vous possédez une PS5 ou une Xbox Series X, vous êtes dans le viseur de ces deux marques. Et là, c'est un combat de titans. Les deux constructeurs proposent 4 ports HDMI 2.1 sur leurs modèles haut de gamme, ce qui permet de jouer en 4K à 120 images par seconde sans sourciller. Mais il y a des détails qui font la différence.
Le temps de réponse imbattable de l'OLED LG
L'OLED a un avantage physique : le temps de réponse des pixels est quasi instantané (environ 0,1 ms). Pour les jeux de tir nerveux ou les jeux de course, la fluidité est absolue. LG propose aussi le "Game Optimizer", un menu dédié qui permet de régler le VRR (Variable Refresh Rate), le G-Sync de Nvidia et le FreeSync d'AMD. C'est propre, c'est efficace, et ça fonctionne à merveille. On a l'impression d'avoir un moniteur PC de compétition dans un format de 55 ou 65 pouces.
Samsung et sa Game Bar : l'ergonomie avant tout
Samsung réplique avec sa "Game Bar" qui est, avouons-le, un peu plus sexy visuellement. Elle permet de voir en temps réel le nombre de FPS et de modifier le format de l'image (passer en 21:9 par exemple, même sur une télé). Mais le vrai plus de Samsung, c'est le Gaming Hub. Vous pouvez jouer à des jeux Xbox en cloud, sans même avoir de console, juste avec une manette Bluetooth. C'est une petite révolution. De plus, les écrans Samsung sont moins sujets à la rétention d'image (le burn-in), ce qui rassure ceux qui laissent l'interface d'un jeu affichée pendant 10 heures d'affilée.
Le mode 144Hz, un argument pour les PCistes
Certains modèles récents de Samsung supportent même un taux de rafraîchissement de 144Hz. Si vous branchez un PC de guerre sur votre téléviseur, c'est un gain de fluidité non négligeable. LG reste souvent bloqué à 120Hz, ce qui suffit largement à 99% des gens, mais les chiffres sont là.
Smart TV : WebOS et Tizen, deux visions de l'ergonomie
On passe parfois plus de temps à naviguer dans les menus qu'à regarder du contenu. LG utilise WebOS, tandis que Samsung mise sur Tizen. Les deux systèmes se sont malheureusement "alourdis" avec le temps, affichant de plus en plus de publicités et de suggestions dont on n'a que faire.
La Magic Remote de LG : on adore ou on déteste
La télécommande de LG fonctionne comme une souris d'ordinateur ou une manette de Wii. On pointe l'écran et on clique. C'est d'une rapidité folle pour taper un mot de passe ou naviguer dans une liste. Mais pour certains, c'est trop sensible. À l'inverse, Samsung propose une télécommande minimaliste, souvent rechargeable à l'énergie solaire (un bon point pour l'écologie, soit dit en passant). L'interface Tizen est peut-être un peu plus confuse depuis sa refonte en plein écran, mais elle reste très réactive.
L'écosystème et la domotique
Si vous avez déjà un smartphone Samsung, des écouteurs Galaxy Buds et un frigo de la marque, la question ne se pose même pas. L'intégration SmartThings est parfaite. Vous pouvez recevoir une notification sur votre télé quand votre machine à laver a fini son cycle. Gadget ? Peut-être. Pratique ? Étonnamment, oui. LG propose aussi une intégration domotique avec ThinQ, mais elle me semble un poil moins aboutie que celle de son voisin.
Design et intégration : quand le téléviseur devient un objet d'art
Est-ce qu'une télé doit être un trou noir au milieu du salon quand elle est éteinte ? Samsung a répondu "non" avec brio. La série The Frame est un coup de génie marketing et esthétique. Avec son cadre interchangeable et son écran mat qui élimine les reflets, elle ressemble vraiment à un tableau. Personne ne fait mieux dans ce domaine précis.
La finesse extrême des séries G de LG
LG, de son côté, propose la série "Gallery" (G2, G3, G4). Ces modèles sont conçus pour être plaqués contre le mur sans aucun espace. C'est d'une élégance rare. Contrairement aux modèles classiques qui ont une bosse à l'arrière pour l'électronique, les séries G sont uniformément fines. C'est magnifique, mais attention : ces modèles sont souvent livrés sans pied. Si vous ne voulez pas percer votre mur, il faudra repasser à la caisse pour acheter un support.
Durabilité et fiabilité : faut-il vraiment avoir peur du marquage ?
C'est le grand épouvantail de l'OLED : le marquage (burn-in). On raconte que si vous laissez BFM TV ou une chaîne d'info avec un bandeau fixe trop longtemps, l'image va s'imprimer définitivement dans la dalle. Soyons clairs : avec les technologies de 2024, c'est devenu un problème marginal pour une utilisation normale. Les téléviseurs effectuent des cycles de nettoyage automatique dès qu'ils sont en veille.
Reste que, mathématiquement, une dalle LED (Samsung QLED) a une durée de vie potentiellement plus longue avant de perdre en luminosité. Les composants organiques de l'OLED s'usent, c'est chimique. Mais honnêtement, d'ici à ce que vous voyiez une différence, vous aurez probablement déjà envie de changer de télé pour la 16K ou une autre invention marketing. Le vrai souci de fiabilité, je le vois plutôt sur les alimentations ou les bugs logiciels, et là, les deux marques font jeu égal : c'est un peu la loterie après la fin de la garantie de deux ans.
Questions fréquentes sur le duel Samsung vs LG
Qui propose le meilleur son intégré ?
Honnêtement, c'est flou chez les deux. Les téléviseurs sont tellement fins qu'il n'y a plus de place pour des haut-parleurs décents. Samsung s'en sort un peu mieux avec sa technologie OTS (Object Tracking Sound) qui essaie de faire suivre le son à l'image, mais c'est souvent criard. Dans les deux cas, l'achat d'une barre de son est presque obligatoire pour ne pas gâcher l'expérience.
Quelle marque est la plus abordable ?
Samsung inonde le marché avec des modèles d'entrée de gamme (série Crystal UHD) qui sont très agressifs en prix. LG est souvent un peu plus cher sur l'entrée de gamme, car ils essaient de maintenir une certaine image de marque. Par contre, sur le haut de gamme, les prix se tiennent dans un mouchoir de poche, avec des promotions croisées permanentes.
Est-ce que Samsung fait du OLED maintenant ?
Oui, et c'est le grand tournant de ces deux dernières années. Samsung vend désormais des dalles QD-OLED (modèles S90C, S95D). Elles sont incroyables car elles corrigent le principal défaut de l'OLED traditionnel : le manque de punch dans les couleurs vives. Si vous avez le budget, c'est actuellement ce qui se fait de mieux sur le marché, devant LG sur certains aspects techniques, mais derrière sur la gestion du Dolby Vision.
Les erreurs courantes lors de l'achat
La plus grosse erreur, c'est de choisir sa télé dans un magasin sous des néons de 5000 watts. Dans ces conditions, le Samsung paraîtra toujours "mieux" car il est plus brillant. Une fois chez vous, dans votre salon plus sombre, cette luminosité peut devenir agressive. À l'inverse, un OLED peut paraître terne en magasin alors qu'il est sublime chez vous.
Une autre erreur est de négliger la taille au profit de la technologie. Entre un 55 pouces OLED de folie et un 75 pouces QLED de bonne facture, pour le même prix, je prends souvent le 75 pouces. L'immersion apportée par la taille de l'écran est un facteur de plaisir bien plus immédiat que la profondeur des noirs dans 5% des scènes de films. Mais c'est un avis personnel qui divise les spécialistes.
- Vérifiez toujours le recul : 2,5 mètres est le "sweet spot" pour un 65 pouces 4K.
Le verdict : lequel choisir pour votre salon ?
On arrive au moment de trancher. Si je devais sortir ma carte bleue demain, voici mon raisonnement. Je reste convaincu que pour un cinéphile, LG reste le choix de la raison. Le support du Dolby Vision et la maîtrise de la technologie OLED depuis plus de dix ans offrent une tranquillité d'esprit et une fidélité d'image que Samsung n'atteint qu'avec ses modèles les plus onéreux. La série C3 (ou C4) de LG est probablement le meilleur rapport qualité-prix de l'histoire de la télévision haut de gamme.
Mais, car il y a un "mais" de taille, si votre téléviseur est placé dans une pièce de vie très lumineuse, avec des baies vitrées partout, n'achetez pas un LG. Vous allez passer votre temps à pester contre les reflets. Dans ce cas précis, un Samsung Neo QLED (QN90 ou supérieur) est un choix bien plus intelligent. C'est une machine de guerre polyvalente qui transforme n'importe quel contenu en un spectacle vibrant, même en plein après-midi. Au final, il n'y a pas de "meilleure" marque, il n'y a que celle qui s'adapte à votre lumière et à vos habitudes. Samsung gagne sur l'énergie et la polyvalence, LG gagne sur l'émotion et la précision chirurgicale.

