La guerre des dalles : comprendre le duel WOLED contre QD-OLED
Pendant une décennie, LG a régné sans partage sur le monde de l'OLED. Le truc, c'est que leur technologie, le WOLED (White OLED), utilise un filtre de couleur par-dessus des pixels blancs. C'est efficace, rodé, mais ça limite un peu la saturation dans les très hautes lumières. Et c'est là que Samsung est arrivé avec ses gros sabots et sa technologie QD-OLED (Quantum Dot OLED). Au lieu de filtrer la lumière, Samsung utilise des nanocristaux pour convertir la lumière bleue. Résultat : des couleurs qui pètent littéralement à l'écran, même quand l'image est très lumineuse.
Le bond technologique de la Micro Lens Array chez LG
LG n'est pas resté les bras croisés à regarder le train passer. Pour contrer la montée en puissance de Samsung, ils ont sorti l'artillerie lourde avec la technologie MLA (Micro Lens Array), présente sur le modèle G4. On parle de milliards de lentilles microscopiques placées sur la dalle pour rediriger la lumière vers l'utilisateur au lieu de la laisser se perdre à l'intérieur du panneau. C'est une prouesse technique assez folle. Grâce à ça, LG atteint désormais des pics de luminosité qui chatouillent les 3000 nits en mode dynamique, un chiffre qu'on pensait impossible pour de l'OLED il y a encore trois ans.
La pureté chromatique du QD-OLED de Samsung
Du côté de Samsung, sur un S95D par exemple, on mise tout sur le volume de couleur. Là où une dalle LG pourrait paraître un poil délavée sur un rouge très intense à haute luminosité (à cause du sous-pixel blanc qui prend le dessus), le Samsung garde une saturation incroyable. C'est flagrant sur les couchers de soleil ou les explosions dans les films d'action. Mais attention, tout n'est pas rose. Le QD-OLED a une structure de sous-pixels particulière qui peut parfois créer des franges colorées sur du texte très fin, même si c'est devenu presque invisible pour le commun des mortels sur les dernières générations.
Pourquoi la luminosité de Samsung change la donne au salon
On a longtemps dit que l'OLED était réservé aux salles obscures, façon cinéma privé. C'est de moins en moins vrai. Samsung a poussé les curseurs tellement loin que ses téléviseurs peuvent désormais trôner fièrement dans un salon baigné de lumière en plein après-midi. Le S95D a d'ailleurs introduit un filtre antireflet "Glare Free" assez bluffant. On dirait presque un écran mat. C'est déroutant au début, car on perd ce côté "miroir brillant" auquel on est habitué, mais pour regarder un match de foot à 15h sans voir le reflet de sa fenêtre, c'est une révolution. Or, certains puristes trouvent que cela casse un peu la profondeur des noirs dans une pièce sombre. C'est un compromis à accepter.
La gestion des reflets, le point de friction
Le traitement antireflet de LG sur le G4 reste plus classique, plus "glossy". Il absorbe très bien les lumières directes, mais il n'atteint pas l'aspect velouté du dernier Samsung. Mais (et c'est un grand mais), le LG conserve un contraste perçu plus constant dans toutes les conditions de lumière. Sur le Samsung, en plein soleil, le noir peut parfois virer légèrement au gris anthracite à cause de l'absence de filtre polarisant traditionnel. C'est un détail technique, mais quand on met 2500 euros dans une télé, on a le droit d'être pointilleux.
L'impact du HDR10+ face au Dolby Vision
C'est le vieux débat qui ne finit jamais. Samsung refuse toujours de payer la licence pour le Dolby Vision, préférant son propre format ouvert, le HDR10+. Le problème ? La majorité des contenus sur Netflix ou Disney+ sont en Dolby Vision. Certes, le processeur de Samsung fait un travail de mapping incroyable pour compenser, mais pour les cinéphiles hardcore, l'absence de Dolby Vision reste une pilule difficile à avaler. LG, de son côté, supporte presque tout, sauf le HDR10+ (qui est de toute façon moins répandu). Le Dolby Vision chez LG reste la référence pour une fidélité d'image conforme à la vision du réalisateur.
Le traitement d'image LG reste-t-il supérieur ?
Si vous me demandez quel processeur est le plus "intelligent", je dirais que LG a encore une petite longueur d'avance avec son processeur Alpha 11. Il ne se contente pas d'upscaler la définition ; il analyse le genre de contenu pour appliquer des traitements spécifiques. Les visages ont l'air plus naturels, les dégradés sont plus fluides. Samsung, fidèle à sa réputation, a tendance à en faire un peu trop. C'est spectaculaire, ça flatte l'œil, mais c'est parfois un peu artificiel. On est loin du compte si on cherche une neutralité absolue, même si le mode "Filmmaker" sur les deux marques permet de calmer les ardeurs des algorithmes.
La fluidité des mouvements sur les scènes d'action
Sur les travellings rapides, LG s'en sort admirablement bien. Le "Cinematic Movement" évite l'effet soap opera tout en supprimant les saccades désagréables propres à la technologie OLED (qui est trop rapide pour son propre bien, paradoxalement). Samsung a fait d'énormes progrès, mais on note encore parfois de petits artefacts sur des objets très rapides traversant l'écran. Rien de rédhibitoire, sauf si vous passez vos journées à regarder du hockey sur glace.
L'upscaling des sources de basse qualité
C'est là où ça coince souvent pour les entrées de gamme, mais pas ici. Que ce soit pour un vieux DVD ou un flux TV en 1080i, les deux géants font des miracles. Cependant, je trouve que LG gère mieux le grain cinématographique. Là où Samsung essaie de "nettoyer" l'image au risque de lui donner un aspect cireux, LG respecte davantage la texture originale de la pellicule. C'est subtil, mais pour un amateur de vieux films, ça change la donne.
Le gaming, ce terrain où LG ne lâche rien
Honnêtement, si vous êtes un joueur, vous ne pouvez pas vous tromper avec l'un ou l'autre. Mais LG a été le premier à vraiment prendre les gamers au sérieux. Avec 4 ports HDMI 2.1 supportant la 4K à 120Hz (et même 144Hz sur les derniers modèles), le support du G-Sync de Nvidia et du FreeSync d'AMD, c'est un sans-faute. Le "Game Optimizer" de LG est aussi, selon moi, mieux foutu. Il regroupe tous les réglages critiques — input lag, niveau des noirs, VRR — dans une interface claire qui ne vous sort pas du jeu.
Samsung n'est pas en reste. Leurs derniers modèles supportent aussi le 144Hz, ce qui est génial pour les joueurs PC branchés sur la télé. Ils ont aussi le "Samsung Gaming Hub" qui permet de jouer en cloud (Xbox Game Pass, Nvidia GeForce Now) sans même avoir de console. C'est une force de frappe incroyable. Le temps de réponse de 0,1ms est commun aux deux marques, offrant une réactivité quasi instantanée qui rend n'importe quel FPS nerveux absolument jouissif.
Tizen vs WebOS : l'enfer des interfaces intelligentes
On n'y pense pas assez au moment de l'achat, mais on va interagir avec l'interface tous les jours. Et là, j'ai un avis tranché : les deux sont devenus trop encombrés. On est loin de la simplicité d'il y a cinq ans. WebOS chez LG utilise toujours son système de pointeur "Magic Remote". On aime ou on déteste, mais c'est diablement efficace pour taper un mot de passe ou naviguer dans les menus. Tizen chez Samsung est passé à une interface plein écran qui ressemble à une usine à gaz publicitaire. C'est parfois lent, même sur des modèles premium, ce qui est assez frustrant.
Reste que Samsung propose l'application "SmartThings" qui est bien plus mature pour piloter sa maison connectée depuis sa télé. Si votre frigo, votre machine à laver et vos ampoules sont des Samsung, la question ne se pose même pas. LG propose des fonctionnalités similaires avec ThinQ, mais l'écosystème me semble un peu moins intégré, à ceci près que leur télécommande reste un atout majeur pour la navigation quotidienne.
Les 3 erreurs à ne pas commettre avant de sortir la carte bleue
La première erreur, c'est de choisir uniquement en fonction du pic de luminosité mesuré dans les tests techniques. Dans la vraie vie, un écran qui affiche 2000 nits peut être épuisant pour les yeux dans une pièce sombre. Il faut réfléchir à votre environnement habituel. La deuxième erreur, c'est de négliger le son. Ces télés sont si fines qu'elles sonnent souvent comme des boîtes de conserve (même si Samsung fait des efforts avec son système OTS). Prévoyez un budget pour une barre de son, c'est indispensable pour ne pas gâcher l'expérience.
Enfin, ne vous faites pas avoir par le marketing du "8K". Sur des tailles d'écran classiques (55, 65 ou même 77 pouces), la différence avec la 4K est imperceptible à distance de visionnage normale. Mieux vaut un excellent 4K OLED qu'un 8K moyen. Surtout que les contenus 8K natifs sont quasiment inexistants, à part quelques vidéos de paysages sur YouTube. C'est de la poudre aux yeux pour l'instant, les données manquent encore pour prouver une réelle utilité pour le grand public.
Questions fréquentes sur le duel OLED LG vs Samsung
L'OLED Samsung marque-t-il plus vite que celui de LG ?
C'est la grande angoisse du "burn-in". Historiquement, le WOLED de LG a prouvé sa résistance sur le long terme. Le QD-OLED de Samsung est plus récent, donc on manque de recul sur 5 ou 10 ans. Cependant, les tests de torture (comme ceux de Rtings) montrent que Samsung s'en sort très bien, même si une légère rétention d'image peut apparaître un peu plus tôt sur les premières générations de QD-OLED en cas d'abus statique (chaînes d'info en continu 24h/24). Pour un usage normal, le risque est aujourd'hui quasi nul pour les deux marques.
Quel est le meilleur modèle pour le cinéma pur ?
Si vous voulez une image qui respecte scrupuleusement le travail du coloriste à Hollywood, je reste convaincu que LG, et particulièrement la série G4 ou même la C4, est le meilleur choix. La gestion du Dolby Vision et la subtilité du processeur Alpha 11 offrent un rendu plus organique. Samsung est fantastique, mais il a toujours cette petite tendance à vouloir rendre la réalité plus belle qu'elle ne l'est, ce qui peut agacer les puristes.
Est-ce que ça vaut le coup de payer plus pour le LG G4 ou le Samsung S95D ?
Tout dépend de votre budget, mais le saut qualitatif entre le milieu de gamme (LG C4 ou Samsung S90D) et le haut de gamme (G4 ou S95D) est réel cette année. La technologie MLA chez LG et le filtre antireflet chez Samsung justifient l'écart de prix si vous avez une pièce lumineuse. Si vous regardez la télé uniquement dans le noir, un LG C4 vous offrira 90% de l'expérience pour un prix bien plus doux. On est loin du compte si on pense que le prix double la qualité.
Verdict : lequel choisir selon votre profil ?
Pour trancher, c'est simple : si vous voulez une image spectaculaire, des couleurs qui explosent et que vous jouez beaucoup dans un salon lumineux, foncez chez Samsung. Le QD-OLED offre une "claque" visuelle immédiate que LG a du mal à égaler en termes de saturation pure. C'est le choix de la modernité et de l'impact visuel brut.
En revanche, si vous êtes un amoureux du septième art, que vous ne jurez que par le Dolby Vision et que vous cherchez la fiabilité d'une technologie éprouvée avec un traitement d'image aux petits oignons, LG reste le patron. Leur gamme est plus large, allant du petit 42 pouces pour un bureau au monstre de 97 pouces, offrant une flexibilité que Samsung n'a pas encore tout à fait. Personnellement, je trouve le LG G4 plus équilibré pour un usage mixte, mais le Samsung S95D est sans doute la télé la plus impressionnante techniquement que j'ai vue ces derniers mois. Bref, vous ne perdrez pas, quel que soit votre camp.

