Le mythe de l'invincibilité de LG : pourquoi le trône vacille
Pendant une décennie, la messe était dite. Si vous vouliez du noir absolu, vous achetiez une dalle LG. C'était simple, presque trop. LG Display fournissait tout le monde, de Sony à Panasonic. Or, le paysage a radicalement changé ces vingt-quatre derniers mois. On est sorti de l'ère du monopole technique pour entrer dans celle de l'optimisation logicielle et des nouvelles structures de pixels. Le truc c'est que LG s'est un peu reposé sur ses lauriers avec sa structure WRGB, certes robuste, mais qui commence à montrer ses limites face à des technologies plus jeunes et plus agressives.
L'arrivée fracassante du QD-OLED
C'est Samsung qui a jeté le premier pavé dans la mare. En lançant le QD-OLED, la marque a résolu le plus gros défaut de l'OLED traditionnel de chez LG : la dilution des couleurs à haute luminosité. Là où LG utilise un sous-pixel blanc pour booster la brillance, Samsung utilise des boîtes quantiques. Résultat : les rouges sont plus profonds, les verts éclatent et l'image gagne une saturation que LG peine à égaler, même sur ses modèles haut de gamme comme le G3 ou le G4. On n'y pense pas assez, mais cette différence de structure change radicalement la perception de la profondeur de l'image.
La fin de l'exclusivité des dalles
Aujourd'hui, LG ne joue plus seul. Sony se fournit chez Samsung pour ses modèles les plus prestigieux, tout en continuant à acheter des dalles chez LG pour le milieu de gamme. Cette versatilité permet aux constructeurs japonais de proposer le meilleur des deux mondes. Je reste convaincu que la force d'une télévision ne réside plus uniquement dans sa dalle, mais dans le cerveau qui la pilote. Et c'est précisément là que le bât blesse pour la firme coréenne.
Sony : le maître incontesté du traitement d'image
Si vous demandez à un coloriste professionnel ou à un amoureux du septième art quelle marque il préfère, Sony arrive en tête neuf fois sur dix. Pourquoi ? Parce que le processeur XR de Sony traite l'image d'une manière que LG n'arrive toujours pas à simuler avec ses puces Alpha. Sony ne se contente pas d'afficher une image ; il l'interprète. Il comprend où se trouve le point focal de la scène et ajuste la netteté en conséquence.
Le XR Cognitive Processor face à l'IA de LG
Le processeur de Sony travaille sur la profondeur de champ. Sur un modèle comme le A95L, les visages ont une texture, un grain de peau que l'on ne retrouve pas chez LG, où le lissage a tendance à être un peu trop zélé. On est loin du compte quand on compare l'upscaling, c'est-à-dire la capacité à transformer une vieille source HD en 4K propre. Sony gère le bruit numérique avec une finesse chirurgicale. Sauf que ce luxe a un prix, souvent 500 à 800 euros plus cher qu'un modèle LG équivalent.
La gestion du mouvement : le point faible de LG
C'est là où ça coince souvent chez LG. Malgré les progrès du mode TruMotion, les artefacts de mouvement (ces petits flous bizarres autour des objets rapides) sont plus fréquents que chez Sony. Pour le sport ou les films d'action en 24 images par seconde, Sony offre une fluidité organique. On ne ressent pas cet effet "soap opera" désagréable qui donne l'impression que Mad Max a été filmé avec un caméscope de mariage.
La précision colorimétrique dès la sortie du carton
Sony propose des modes "Netflix Adaptive Calibrated" ou "IMAX Enhanced" qui sont d'une justesse redoutable. Là où LG demande souvent un passage par la case calibration professionnelle pour obtenir des gris neutres, Sony livre une machine quasiment parfaite dès le déballage. C'est un argument de poids pour celui qui ne veut pas passer trois heures dans les menus obscurs de sa télévision.
Samsung et la révolution de la luminosité
Samsung a longtemps boudé l'OLED pour promouvoir son QLED (qui n'est, soit dit en passant, qu'un LCD amélioré). Mais depuis qu'ils ont sauté le pas avec le S95C et le S95D, la donne a changé. Si votre salon est baigné de lumière en plein après-midi, un LG C3 va souffrir. Il va se transformer en miroir. Samsung, avec son traitement antireflet révolutionnaire sur le S95D, change totalement la donne.
La claque visuelle des 2000 nits
On parle ici de pics de luminosité qui atteignent les 2000 nits sur certaines zones de l'écran. C'est colossal. En comparaison, un LG C3 plafonne souvent autour de 800 nits. Même le LG G4 avec sa technologie MLA (Micro Lens Array) peine à maintenir une telle intensité sur de larges zones colorées. Le problème avec LG, c'est que pour protéger la dalle de la chauffe, l'image s'assombrit parfois brusquement lors de scènes très claires. Samsung gère cela avec beaucoup plus de panache.
L'absence de Dolby Vision : un sacrifice acceptable ?
C'est le grand débat. Samsung refuse de payer la licence Dolby Vision et s'accroche au HDR10+. Est-ce grave ? Honnêtement, c'est flou. Dans 90% des cas, la puissance lumineuse des dalles Samsung compense largement l'absence des métadonnées dynamiques de Dolby. Mais pour les puristes, c'est un point de friction. Reste que pour le jeu vidéo, Samsung est passé devant avec un input lag encore plus bas que chez LG, atteignant des records de 9ms en 4K/60Hz.
Panasonic : le secret le mieux gardé des cinéphiles
On oublie souvent Panasonic dans l'équation. C'est une erreur monumentale. Leurs modèles comme le MZ2000 ou le nouveau Z95A sont des monstres de précision. Panasonic travaille directement avec les studios de Hollywood pour régler ses écrans. Si vous voulez voir exactement ce que le réalisateur a vu sur son moniteur de contrôle à 30 000 euros, c'est vers Panasonic qu'il faut se tourner.
Le système audio intégré qui écrase la concurrence
L'un des plus grands défauts des téléviseurs LG, c'est le son. C'est plat, c'est grêle, ça manque de coffre. Panasonic intègre un véritable système Technics avec des haut-parleurs qui tirent vers le haut et sur les côtés. On obtient une bulle Dolby Atmos réelle, sans avoir besoin d'acheter une barre de son à 600 euros. D'où une économie globale intéressante, même si le téléviseur lui-même est massif et assez épais.
Une interface qui accuse son âge
Le revers de la médaille, c'est My Home Screen. L'interface de Panasonic ressemble à un menu de lecteur DVD de 2012. C'est austère, il manque parfois des applications comme Disney+ ou certaines plateformes locales. LG, avec WebOS, garde une avance confortable sur l'ergonomie et la fluidité de navigation. Mais bon, on achète une télé pour l'image, pas pour regarder des menus, non ?
TCL et Hisense : les trublions du Mini-LED
Peut-on être "meilleur" que LG avec un budget deux fois moindre ? La réponse est oui, si l'on regarde du côté du Mini-LED. Des modèles comme le TCL QM8 ou le Hisense U8K offrent une luminosité qui fait passer l'OLED de LG pour une veilleuse de nuit. Avec plus de 2000 zones de local dimming, le contraste s'approche de l'OLED tout en offrant une dynamique d'image incroyable pour le HDR.
Le rapport qualité-prix qui fait mal
Pour le prix d'un LG OLED de 55 pouces, vous pouvez avoir un Mini-LED TCL de 75 ou 85 pouces. Pour une immersion cinéma dans un grand salon, la taille prime souvent sur la pureté absolue des noirs. Autant dire que pour une famille qui regarde la télé avec la lumière allumée, le TCL sera "meilleur" au quotidien que le LG, qui demandera de faire le noir complet pour être apprécié à sa juste valeur.
La loterie des dalles : le risque chinois
Là où ça coince avec TCL ou Hisense, c'est le contrôle qualité. C'est un peu la loterie. Vous pouvez tomber sur un exemplaire parfait ou sur un écran avec du "dirty screen effect" (des taches sombres sur les fonds unis). LG offre une régularité de production que les marques chinoises n'ont pas encore tout à fait stabilisée. Mais la progression est fulgurante, et l'écart se réduit chaque année.
Les erreurs classiques lors de l'achat d'un téléviseur
Beaucoup d'acheteurs tombent dans le panneau du marketing. On pense souvent que plus le chiffre est gros, meilleure est la télé. C'est faux. Acheter un LG de la série A (A2, A3) sous prétexte que c'est de l'OLED est souvent une mauvaise idée face à un bon LCD haut de gamme de chez Sony ou Samsung. La dalle ne fait pas tout.
Négliger l'environnement de visionnage
C'est l'erreur numéro un. On achète un LG G3 parce qu'il est magnifique en magasin, puis on se rend compte que dans son salon avec trois baies vitrées, on ne voit rien pendant les scènes sombres de House of the Dragon. Dans ce contexte, un Samsung QN90C (Mini-LED) sera bien meilleur. Il faut adapter la technologie à sa pièce, et non l'inverse.
Surestimer l'importance de la 8K
Ne tombez pas dans le piège. Un téléviseur 8K n'est pas meilleur qu'un LG OLED 4K. Au contraire, le traitement pour upscaler du contenu 4K vers une dalle 8K crée souvent des artefacts. De plus, la luminosité est souvent moindre à cause de la densité des pixels qui bloque la lumière. Bref, restez sur de la 4K de haute qualité chez Sony ou Samsung plutôt que de foncer vers la 8K marketing.
Questions fréquentes sur les alternatives à LG
Est-ce que Samsung est plus fiable que LG ?
En termes de durabilité pure, les deux marques se valent. Cependant, Samsung évite le problème du "burn-in" (marquage définitif de l'écran) sur ses modèles QLED, ce qui n'est pas le cas des OLED de LG. Mais avec les nouvelles dalles QD-OLED de Samsung, le risque de marquage revient sur le tapis, même s'il est très limité par l'électronique moderne.
Pourquoi Sony utilise des dalles LG s'ils sont meilleurs ?
C'est toute l'ironie du marché. Sony achète la "matière première" (la dalle) à LG Display, mais y ajoute son propre "cerveau" (le processeur XR). C'est un peu comme deux chefs qui achètent le même bœuf : l'un va en faire un steak frites correct (LG), l'autre un plat gastronomique (Sony). La différence se fait sur la recette et l'assaisonnement numérique.
Quelle marque choisir pour le jeu vidéo si ce n'est pas LG ?
Samsung est la seule alternative sérieuse qui égale, voire dépasse LG sur ce terrain. Leurs écrans supportent le 144Hz (contre 120Hz chez LG) et proposent un "Game Bar" très complet pour ajuster les réglages en temps réel. Sony est excellent pour la PS5, mais manque de ports HDMI 2.1 (seulement deux, dont un utilisé pour l'eARC), ce qui est frustrant si vous avez plusieurs consoles.
Verdict : Quel écran choisir selon votre profil ?
Dire qu'une marque est absolument meilleure qu'une autre est un non-sens. Tout dépend de ce que vous regardez. Si vous êtes un puriste du cinéma, que vous aimez les textures organiques et que vous avez le budget, Sony est indéniablement au-dessus de LG. La finesse de leur traitement d'image est une drogue dure : une fois qu'on y a goûté, l'image LG semble artificielle, presque trop numérique.
Pour ceux qui cherchent l'impact visuel, la luminosité qui vous brûle la rétine et des couleurs qui explosent, Samsung avec sa gamme QD-OLED est le nouveau champion. Ils ont réussi à rendre l'OLED spectaculaire là où LG le gardait sage et naturel. À ceci près que vous devrez faire une croix sur le Dolby Vision, ce qui reste un crève-cœur pour certains.
Enfin, si vous voulez du très grand format sans vendre un rein, tournez-vous vers TCL ou Hisense. Leurs derniers modèles Mini-LED n'ont plus à rougir. Certes, l'angle de vision est moins large et l'interface est moins léchée, mais le rapport prix-immersion est imbattable. Au final, LG reste le choix de la sécurité, le bon élève partout mais premier nulle part. Si vous voulez l'excellence dans un domaine précis, il faut aller voir ailleurs. C'est peut-être ça, la vraie maturité du marché de la télévision en 2024.
