On a testé, comparé, et parfois maudit des dizaines de modèles LG ces dix dernières années. Voici ce que les tests en laboratoire et les retours clients ne vous diront pas.
Pourquoi LG a conquis les salons (et les critiques) en moins de dix ans
L'OLED, cette technologie qui a tout changé
Imaginez un écran où chaque pixel s'allume et s'éteint individuellement. Pas de rétroéclairage, pas de zones floues, juste une image d'une précision chirurgicale. C'est exactement ce que propose l'OLED LG, une technologie que la marque sud-coréenne a popularisée auprès du grand public. En 2013, leurs premiers modèles coûtaient 15 000 €. Aujourd'hui, on trouve des 55 pouces OLED à moins de 1 500 €. La démocratisation a ses limites – les prix restent élevés –, mais l'écart s'est considérablement réduit.
Le vrai miracle ? Ces écrans affichent des noirs absolus. Là où un téléviseur LED classique lutte pour éteindre complètement ses diodes (d'où ces halos grisâtres autour des objets sombres), l'OLED offre un contraste infini. Les scènes de nuit dans "Blade Runner 2049" deviennent presque palpables. Et ce n'est pas qu'une question de cinéma : les gamers adorent cette technologie pour les jeux sombres comme "Hellblade II" ou "Alan Wake 2", où chaque détail compte.
Des processeurs qui font le café (enfin, presque)
Si l'OLED est le cœur, le processeur α9 Gen6 (ou α7 pour les modèles d'entrée de gamme) est le cerveau. LG a mis le paquet sur l'IA embarquée, avec des algorithmes qui analysent chaque image en temps réel. Résultat : le upscaling des contenus 1080p vers le 4K est bluffant, même sur des sources médiocres. On a testé avec des vieux DVD de "Star Wars" – les effets de sabre laser gagnent en netteté sans pour autant inventer des détails qui n'existent pas.
Mais le vrai tour de force, c'est le mode Filmmaker. Activé, il désactive tous les traitements d'image (motion smoothing, amélioration des couleurs) pour afficher le film exactement comme le réalisateur l'a voulu. Pas de "soap opera effect", pas de couleurs saturées à outrance. Un puriste vous dira que c'est la seule façon de regarder un film. Un cinéphile occasionnel trouvera peut-être l'image un peu terne. À vous de voir.
Les défauts qui gâchent la fête (et qu'on ne vous dit pas)
Le burn-in, ce fantôme qui rôde
Ah, le burn-in. Le sujet qui fâche. Les écrans OLED LG sont sensibles aux images statiques prolongées – logos de chaînes, barres de navigation des jeux, ou même le HUD de "Call of Duty". LG a fait des progrès énormes : leurs panneaux actuels résistent mieux que ceux de 2018, et le système de pixel refresh (qui s'active automatiquement après 2 000 heures d'utilisation) limite les dégâts. Pourtant, le risque existe toujours.
On a vu des cas extrêmes : un client qui laissait son téléviseur allumé 12h par jour avec BFM TV en fond. Au bout de 18 mois, le logo de la chaîne était légèrement visible en gris clair sur un fond blanc. Pas dramatique, mais agaçant. La solution ? Éviter les images statiques prolongées, activer le screen shift (qui déplace légèrement l'image), et ne pas régler la luminosité au maximum. Bref, traiter son OLED comme un écran haut de gamme – ce qu'il est.
L'interface webOS, entre génie et frustration
webOS, le système d'exploitation de LG, est souvent cité comme l'un des meilleurs du marché. Léger, fluide, avec une télécommande magique (le Magic Remote) qui pointe comme une souris. Sauf que. Sauf que parfois, il rame. Sauf que les applications crashent sans raison. Sauf que la mise à jour vers webOS 23 a rendu certains modèles plus lents qu'avant.
Le vrai problème, c'est la logique de navigation. Pourquoi faut-il trois clics pour accéder aux réglages du son ? Pourquoi les applications ne se ferment-elles pas vraiment, mais restent en arrière-plan à bouffer de la RAM ? Et pourquoi diable LG n'a-t-il toujours pas corrigé le bug qui fait disparaître les chaînes TNT après une mise à jour ? (Oui, ça arrive. Non, ce n'est pas normal.)
On a fini par s'y faire, mais le premier mois est souvent frustrant. Surtout quand on vient d'un téléviseur Samsung, où tout semble plus intuitif – même si moins personnalisable.
LG vs la concurrence : qui fait mieux (et dans quels cas) ?
LG OLED vs Samsung QLED : le duel des titans
Samsung mise tout sur le QLED, une technologie qui utilise des points quantiques pour améliorer la luminosité et la gamme de couleurs. Leurs téléviseurs brillent littéralement : jusqu'à 2 000 nits sur les modèles haut de gamme, contre 800-1 000 nits pour les OLED LG. En plein jour, avec la lumière du soleil qui tape sur l'écran, le QLED l'emporte haut la main. Les couleurs sont plus vives, les blancs plus éclatants.
Mais le soir, quand les lumières s'éteignent, l'OLED reprend l'avantage. Les noirs profonds, le contraste infini, cette sensation de profondeur qui donne l'impression de regarder par une fenêtre plutôt que sur un écran... C'est une expérience différente. Samsung a bien tenté de combler l'écart avec son Neo QLED et ses mini-LEDs, mais même avec 20 000 zones de rétroéclairage, on reste loin de la perfection de l'OLED.
Le choix se résume souvent à ça : luminosité vs contraste. Si vous regardez beaucoup de sport ou des films d'action en plein jour, le QLED est plus adapté. Si vous privilégiez les films sombres, les jeux vidéo, ou une expérience cinématographique, l'OLED LG est imbattable.
LG NanoCell vs TCL QM8 : le match des budgets serrés
En dessous de 1 000 €, LG propose ses NanoCell, des téléviseurs LED "améliorés" avec des filtres à nanoparticules pour élargir la gamme de couleurs. Sur le papier, c'est bien. Dans la réalité, c'est souvent décevant. Les noirs sont gris, le contraste médiocre, et la luminosité insuffisante pour les pièces très éclairées. Pour 800 €, on obtient un écran correct, mais rien d'exceptionnel.
Et puis il y a TCL. Le géant chinois a débarqué en Europe avec des prix agressifs et une qualité qui monte en flèche. Leur QM8 (disponible en 65 et 75 pouces) utilise des mini-LEDs avec un rétroéclairage local précis. Le résultat ? Un contraste bien meilleur que les NanoCell, des couleurs plus naturelles, et une luminosité qui tient la route. Le tout pour 200-300 € de moins qu'un LG équivalent.
Autant le dire clairement : si vous cherchez un téléviseur milieu de gamme, LG n'est pas le meilleur choix. Leurs NanoCell sont surévalués, et leurs OLED d'entrée de gamme (comme le A2) manquent de luminosité pour vraiment briller. TCL, Hisense, ou même Xiaomi proposent des alternatives plus intéressantes.
Les erreurs à éviter quand on achète un LG (même les pros se font avoir)
Croire que tous les OLED se valent
LG propose plusieurs gammes d'OLED : B3, C3, G3, Z3, et même le Signature OLED R (un écran enroulable à 100 000 €). La différence entre un B3 et un G3 ? Environ 1 000 €. Pour quoi ? Principalement pour la luminosité et le traitement d'image.
Le G3, par exemple, utilise un panneau MLA (Micro Lens Array) qui augmente la luminosité de 70 % par rapport au C3. Pratique pour les pièces très éclairées. Mais si vous regardez surtout des films le soir, dans une pièce tamisée, la différence sera à peine perceptible. Le C3 suffit amplement – et il coûte 500 € de moins.
Autre piège : les modèles "OLED evo". LG aime bien coller cette étiquette sur ses écrans haut de gamme, mais en réalité, tous les OLED LG utilisent déjà la technologie evo depuis 2021. C'est du marketing pur.
Négliger les réglages d'usine
Les téléviseurs LG sortent de la boîte avec des réglages... disons "optimisés pour le showroom". Les couleurs sont saturées à outrance, le contraste poussé à fond, et le motion smoothing activé par défaut. Résultat : vos films ressemblent à des telenovelas, et vos jeux vidéo ont des artefacts de mouvement dignes d'un écran 60 Hz des années 2000.
La première chose à faire ? Activer le mode Filmmaker. Ensuite, désactivez le TruMotion (c'est lui, le coupable du soap opera effect). Enfin, ajustez la température de couleur : "Chaud" pour les films, "Normal" pour le sport et les jeux. Et si vous êtes vraiment pointilleux, investissez dans une sonde de calibration comme le X-Rite i1Display Pro – vos yeux vous remercieront.
Oublier que LG abandonne vite ses anciens modèles
LG a une fâcheuse tendance à laisser tomber ses anciens téléviseurs. Leurs mises à jour logicielles s'arrêtent généralement après 2-3 ans, et les nouvelles applications (comme Disney+ ou Apple TV) ne sont pas toujours compatibles avec les modèles sortis avant 2020.
On a vu des clients se retrouver avec un téléviseur de 2019 incapable de lancer Netflix en 4K HDR, simplement parce que LG avait décidé de ne plus supporter cette fonctionnalité. Moralité : si vous achetez un LG, prévoyez de le garder 5 ans maximum. Au-delà, vous risquez de vous retrouver avec un écran magnifique... mais limité.
Les modèles LG qui valent vraiment le coup (et ceux à éviter)
Les meilleurs LG en 2024 : notre sélection sans concession
LG C3 OLED : le meilleur rapport qualité-prix
Le C3 est le chouchou des tests. Un OLED polyvalent, avec une bonne luminosité (800 nits), un processeur α9 Gen6 performant, et toutes les fonctionnalités qu'on attend d'un téléviseur haut de gamme : HDMI 2.1, 120 Hz, VRR, ALLM... Bref, un écran parfait pour les gamers et les cinéphiles.
Les points forts ? Le mode jeu, qui réduit l'input lag à 5 ms en 4K/120 Hz. Et le Dolby Vision IQ, qui ajuste automatiquement les paramètres HDR en fonction de la lumière ambiante. Les points faibles ? La luminosité un peu juste pour les pièces très éclairées, et l'absence de support pour le HDR10+ (contrairement à Samsung).
Prix : entre 1 300 € (55 pouces) et 2 500 € (77 pouces). Une bonne affaire, surtout quand on le trouve en promo à -30 % pendant le Black Friday.
LG G3 OLED : pour ceux qui veulent le meilleur
Le G3 est la Rolls-Royce de LG. Avec son panneau MLA, il atteint 1 500 nits de luminosité – un record pour un OLED. Les couleurs sont plus précises, les détails dans les hautes lumières mieux préservés, et l'image reste lisible même en plein jour.
C'est aussi le seul modèle LG à proposer un mode "Bright Room", qui optimise l'image pour les pièces très éclairées. Pratique si vous avez une baie vitrée ou un salon inondé de lumière. Le prix, lui, est moins réjouissant : comptez 2 000 € pour le 55 pouces, et jusqu'à 4 000 € pour le 83 pouces.
Verdict : réservé aux passionnés. Si vous avez le budget et une pièce très lumineuse, c'est le meilleur OLED du marché. Sinon, le C3 fait presque aussi bien pour 500 € de moins.
LG QNED90 : l'alternative LED qui tient la route
Si l'OLED est hors de votre budget, le QNED90 est le meilleur téléviseur LED de LG. Avec ses 1 500 zones de rétroéclairage mini-LED, il offre un contraste bien supérieur aux NanoCell classiques. La luminosité atteint 1 000 nits, et les couleurs sont plus naturelles que sur les modèles d'entrée de gamme.
Les points faibles ? Les angles de vision sont limités (comme sur tous les téléviseurs LED), et les noirs ne sont pas aussi profonds qu'en OLED. Mais pour 1 200 € (65 pouces), c'est une alternative solide aux QLED de Samsung.
Les LG à fuir (même en promo)
LG A2 OLED : l'OLED low-cost qui déçoit
Le A2 est le modèle d'entrée de gamme de la gamme OLED. Sur le papier, il a tout pour plaire : un écran OLED, un processeur α7 Gen5, et un prix attractif (900 € pour le 55 pouces). Dans la réalité, c'est une déception.
La luminosité plafonne à 500 nits – trop faible pour profiter pleinement du HDR. Le processeur α7 est moins performant que le α9, ce qui se traduit par un upscaling médiocre et des artefacts de mouvement. Et surtout, LG a économisé sur la dalle : le A2 utilise un panneau de génération précédente, avec une durée de vie plus courte et un risque de burn-in accru.
Autant prendre un C3 d'occasion ou un QLED Samsung. Le A2, c'est l'exemple parfait du faux bon plan.
LG NanoCell 85 : le milieu de gamme qui ne justifie pas son prix
Le NanoCell 85 est un téléviseur LED classique, avec des nanoparticules pour améliorer les couleurs. Problème : pour 800 €, on attend mieux qu'un écran avec des noirs gris et un contraste médiocre.
TCL propose des téléviseurs mini-LED bien meilleurs pour le même prix, et Hisense a des modèles QLED qui écrasent les NanoCell en termes de luminosité et de précision des couleurs. LG a beau mettre en avant son "filtre à nanoparticules", ça ne suffit pas à justifier l'écart de prix.
Notre conseil : évitez les NanoCell. Si vous voulez un LG, prenez un QNED90. Sinon, tournez-vous vers TCL ou Hisense.
Questions fréquentes (celles que tout le monde se pose, mais que personne n'ose demander)
Un téléviseur LG dure-t-il vraiment 10 ans ?
La réponse courte : non, sauf si vous en prenez soin comme d'un bébé. Les écrans OLED ont une durée de vie limitée par la dégradation des matériaux organiques. LG annonce 30 000 heures (soit environ 10 ans à raison de 8h par jour), mais en réalité, la luminosité baisse dès 10 000 heures. Après 5 ans, votre écran sera moins lumineux, et les couleurs moins précises.
Pour maximiser la durée de vie :
- Évitez les images statiques prolongées (logos, HUD de jeux)
- Activez le pixel refresh tous les 2 000 heures
- Ne dépassez pas 70 % de luminosité
- Éteignez complètement le téléviseur quand vous ne l'utilisez pas (pas de veille)
Les téléviseurs LED (NanoCell, QNED) durent plus longtemps, mais leur qualité d'image se dégrade aussi avec le temps. Bref, 10 ans, c'est optimiste. 5-7 ans, c'est plus réaliste.
LG ou Sony : lequel choisir pour le cinéma ?
Sony a une réputation de roi du traitement d'image, et ce n'est pas usurpé. Leurs téléviseurs (comme le A95L) utilisent des processeurs plus avancés que ceux de LG, avec des algorithmes de upscaling et de gestion des couleurs plus précis. Résultat : une image plus naturelle, avec moins d'artefacts et des dégradés plus doux.
Mais LG a deux atouts majeurs : le prix et la technologie. Un OLED Sony coûte 30-50 % plus cher qu'un LG équivalent. Et pour le gaming, LG est imbattable (HDMI 2.1, VRR, ALLM).
Verdict : si vous êtes un puriste de l'image et que le budget n'est pas un problème, prenez un Sony. Si vous voulez un bon compromis entre qualité, prix et fonctionnalités, LG reste le meilleur choix.
Faut-il craindre les téléviseurs LG chinois ?
Depuis 2021, LG produit une partie de ses téléviseurs en Chine (notamment les modèles d'entrée et milieu de gamme). Certains clients s'inquiètent de la qualité, mais en réalité, il n'y a pas de différence notable entre un téléviseur fabriqué en Corée et un fabriqué en Chine.
LG applique les mêmes normes de qualité dans toutes ses usines, et les composants (dalles OLED, processeurs) viennent des mêmes fournisseurs. Le vrai problème, ce n'est pas le pays de fabrication, mais le modèle : un NanoCell chinois sera aussi décevant qu'un NanoCell coréen.
Si vous voulez éviter la Chine, cherchez la mention "Made in Korea" sur la fiche technique. Mais honnêtement, ce n'est pas un critère décisif.
LG vaut-il le coup en 8K ?
La réponse est simple : non, pas en 2024. LG propose deux modèles 8K : le Z2 OLED (à partir de 10 000 €) et le QNED99 (LED, à partir de 3 000 €). Problème : il n'y a presque aucun contenu en 8K. YouTube propose quelques vidéos, et c'est à peu près tout.
Même le upscaling des contenus 4K est décevant : les algorithmes de LG peinent à inventer des détails qui n'existent pas. Et avec des pixels aussi petits, la luminosité baisse (surtout sur l'OLED Z2).
Autant attendre 2026-2027, quand l'8K deviendra plus courant. Pour l'instant, c'est un gadget pour early adopters fortunés.
Verdict : LG, bon ou mauvais choix ? La réponse qui va vous surprendre
LG est une marque excellente... mais pas pour tout le monde. Ses OLED haut de gamme (C3, G3) sont parmi les meilleurs téléviseurs du marché, avec une qualité d'image inégalée et des fonctionnalités de pointe. Si vous cherchez une expérience cinématographique ou gaming haut de gamme, et que vous êtes prêt à payer le prix, foncez.
Mais si vous avez un budget serré, ou si vous regardez surtout la télé en plein jour, LG n'est pas la meilleure option. Leurs modèles d'entrée et milieu de gamme (NanoCell, A2) sont surévalués, et la concurrence (TCL, Hisense, Xiaomi) propose des alternatives plus intéressantes pour moins cher.
Le vrai problème de LG, ce n'est pas la qualité – c'est l'incohérence. Un C3 est un chef-d'œuvre. Un A2 est une déception. Un G3 est une folie. Un NanoCell 85 est une arnaque. Avant d'acheter, posez-vous les bonnes questions :
- Quelle est la taille de votre pièce ? (Un OLED de 55 pouces est parfait pour un salon de 20 m², mais trop petit pour une grande pièce)
- Quelle est la luminosité ambiante ? (En plein jour, un QLED Samsung sera plus adapté)
- Quels contenus regardez-vous ? (Films sombres = OLED ; sport en plein jour = QLED)
- Quel est votre budget ? (En dessous de 1 000 €, LG n'est pas compétitif)
Et surtout, n'achetez pas les yeux fermés. Allez en magasin, comparez les modèles côte à côte, et faites confiance à vos yeux – pas aux fiches techniques. Parce qu'au final, le meilleur téléviseur, c'est celui qui vous fera dire : "Wow, je ne savais pas qu'une image pouvait être aussi belle."
Et si ce téléviseur s'appelle LG, tant mieux. Sinon, tant pis – l'important, c'est que vous soyez heureux devant votre écran.
