Le bavardage : un trait de caractère ou un vrai fléau ?
Il existe une ribambelle de mots pour désigner ceux qui en font trop à l’oral. Certains sont affectueux, d'autres clairement moqueurs.
Les termes les plus courants en français
Bavard(e) : le classique. Presque mignon, mais un brin condescendant.
Pipelette : souvent utilisé pour les femmes (injustement), ce mot a un côté gentiment moqueur.
Tchatcheur / Tchatcheuse : très urbain, très argot. Pas forcément péjoratif, d'ailleurs.
Moulin à paroles : là on commence à se lasser.
Blablateur : celui-là est rare mais assez explicite. Pas très élégant.
Parleur compulsif : plus médical, presque inquiétant.
Y en a sûrement d’autres. Un de mes collègues, par exemple, appelle sa voisine “la radio du palier”. Aucun filtre. Elle l’aborde pour demander l’heure et finit par raconter sa jeunesse en Corrèze, minute par minute. Une fois, elle lui a même lu une lettre de son ex-mari, genre avec les fautes d’orthographe et tout. Fascinant. Et épuisant.
Pourquoi certaines personnes parlent-elles autant ?
C’est pas toujours une question de personnalité exubérante. Parfois, ça cache autre chose.
Un besoin d’attention
Beaucoup de gens qui parlent trop cherchent inconsciemment à remplir le silence, à éviter les moments de vide. Ils veulent plaire, exister, marquer leur présence. C’est humain.
L'anxiété sociale (ou pas si sociale que ça)
Le comble ? Certaines personnes très anxieuses ne supportent pas le silence, donc elles parlent… pour ne pas avoir à écouter. Mon cousin, par exemple, dès qu’on commence un jeu de société, il commente chaque carte jouée. Tu peux pas te concentrer. Il remplit tout. Mais tu sens qu’il flippe de s’ennuyer ou d’être jugé s’il se tait. C’est pas méchant, juste envahissant.
L’impulsivité verbale (très liée au TDAH)
Certains cerveaux pensent à voix haute. Littéralement. Ils parlent en même temps qu’ils réfléchissent. C’est désarmant mais ce n’est pas fait exprès. Leurs pensées vont vite, la bouche suit, les autres... subissent.
Quand parler trop devient un problème
Une personne trop bavarde peut, sans s’en rendre compte, créer de la tension. Professionnellement, ça peut même freiner une carrière.
En entreprise : le piège de la réunion sans fin
Tu vois ce collègue qui pose toujours une dernière question quand tout le monde est prêt à partir ? Voilà. Lui. Il parle trop. Et parfois, il ne s’en rend même pas compte.
Dans le couple ou l’amitié : la parole qui étouffe
Échanger, c’est bien. Mais quand c’est à sens unique, ça devient lourd. Tu veux raconter ta journée ? Trop tard, il ou elle t’a déjà raconté les six derniers épisodes de sa série préférée. En détail. Avec analyse des personnages secondaires.
Comment gérer une personne qui parle trop ?
Astuces douces pour ne pas froisser
Regarder l’heure subtilement (ou pas).
Reformuler et recentrer la conversation.
Poser des questions fermées (réponses courtes, donc).
Mais parfois, faut être cash. J’ai déjà dit à un pote : “Là, je t’écoute plus du tout, tu me noies.” Il a rigolé. Il a continué. Mais un peu moins fort.
Et si c’était vous ?
Posez-vous la question : est-ce que je coupe la parole ? Est-ce que je monopolise les échanges ? C’est pas un crime, mais c’est utile de s’observer. Parler, c’est aussi savoir se taire.
Conclusion : parler trop, un défaut... ou une richesse mal dosée ?
En vrai, les grands bavards ne manquent pas d’intérêt. Ils ont souvent un esprit vif, des anecdotes à la pelle, et une vraie envie de lien. Le problème, c’est pas qu’ils parlent. C’est qu’ils n’écoutent pas toujours.
Alors comment appelle-t-on une personne qui parle trop ? Ça dépend du ton : bavard, pipelette, moulin à paroles, envahisseur verbal... Ou peut-être juste un être humain qui a un peu trop besoin des autres.
Et vous, vous en connaissez un ? (Ou c’est vous ?)
