Le noyau dur de l'opposition frontale mené par l'Iran
Quand on parle d'hostilité envers Israël, le premier nom qui vient en tête, c'est Téhéran. Le truc c'est que ce n'a pas toujours été le cas avant la révolution de 1979, mais depuis, la donne a totalement changé. L'Iran ne se contente pas de mots ; il a construit ce qu'on appelle l'Axe de la Résistance, un réseau qui encercle littéralement l'État hébreu. Pour les dirigeants iraniens, Israël est une entité illégitime, un "petit Satan" qu'il faut effacer de la carte, et cette position est le pilier central de leur politique étrangère depuis plus de quarante ans.
La stratégie des proxys et l'influence régionale
Là où ça coince vraiment, c'est que l'Iran n'agit pas seul sur le terrain. Il finance et arme le Hezbollah au Liban, qui possède un arsenal de plus de 150 000 roquettes pointées vers le sud. On n'y pense pas assez, mais cette menace constante pèse plus lourd dans le quotidien des Israéliens que n'importe quel discours à l'ONU. À cela s'ajoutent les milices chiites en Irak et en Syrie, qui servent de base arrière pour des transferts d'armes sophistiquées. Résultat : une ceinture de feu qui s'étend de la Méditerranée au Golfe Persique, rendant toute normalisation impossible tant que le régime actuel est en place à Téhéran.
Le rôle spécifique des Houthis au Yémen
C'est sans doute la surprise de ces dernières années. Qui aurait cru que des rebelles yéménites, situés à plus de 2000 kilomètres de Jérusalem, deviendraient des acteurs majeurs de l'opposition à Israël ? En bloquant le détroit de Bab el-Mandeb et en lançant des drones vers le port d'Eilat, ils ont prouvé que la distance n'est plus un rempart. Je reste convaincu que cette implication des Houthis marque un tournant historique : l'opposition à Israël est devenue un outil de prestige pour des groupes armés cherchant une légitimité dans le monde musulman.
La Syrie et l'héritage des guerres perdues
La Syrie de Bachar al-Assad reste techniquement en état de guerre avec son voisin. Depuis la perte du plateau du Golan en 1967, Damas n'a jamais dévié de sa ligne de rejet total. Sauf que l'État syrien, affaibli par une décennie de guerre civile, n'est plus que l'ombre de lui-même. Aujourd'hui, le territoire syrien sert surtout de terrain de jeu pour les frappes israéliennes visant les convois iraniens. C'est une opposition de principe, certes, mais qui se traduit par une impuissance militaire flagrante face à la supériorité technologique de Tsahal.
L'Afrique du Sud et la nouvelle bataille juridique mondiale
On est loin du compte si l'on imagine que l'opposition à Israël est uniquement le fait de pays arabes ou musulmans. Le basculement le plus spectaculaire de 2024 vient de Pretoria. En traînant Israël devant la Cour internationale de Justice (CIJ) pour des accusations de génocide à Gaza, l'Afrique du Sud a déplacé le conflit sur le terrain du droit international. Pour les dirigeants sud-africains, le parallèle avec leur propre histoire de l'apartheid est une évidence, même si cette comparaison fait bondir à Tel-Aviv.
Pourquoi Pretoria a pris la tête du mouvement
Le problème n'est pas seulement diplomatique, il est moral pour le Congrès National Africain (ANC). Nelson Mandela le disait déjà : leur liberté serait incomplète sans celle des Palestiniens. Ce pays a réussi à rallier derrière lui une grande partie du "Sud Global", créant un bloc de pays qui voient en Israël le dernier bastion du colonialisme occidental. C'est précisément là que le bât blesse pour la diplomatie israélienne, car elle ne peut plus balayer ces critiques d'un simple revers de main en invoquant l'antisémitisme.
Le soutien des pays d'Amérique latine à la cause sud-africaine
Dans le sillage de l'Afrique du Sud, plusieurs pays latinos ont tapé du poing sur la table. La Bolivie a été la première à rompre ses relations diplomatiques après le 7 octobre. Puis, le président colombien Gustavo Petro a suivi, utilisant des mots d'une violence rare, allant jusqu'à comparer la situation à Gaza aux camps de concentration nazis. Le Brésil de Lula, bien que plus nuancé dans ses actes, n'a pas non plus mâché ses mots. Autant dire que pour Israël, l'Amérique latine est en train de devenir une zone de turbulences majeures, rompant avec une tradition de neutralité ou de soutien discret.
Le bloc maghrébin entre rejet historique et fermeté diplomatique
Au Maghreb, la question palestinienne est un sujet qui ne souffre aucune discussion. L'Algérie, en particulier, se pose en championne absolue de la cause. Pour Alger, soutenir la Palestine est inscrit dans l'ADN national, en écho à sa propre guerre d'indépendance contre la France. Il n'y a absolument aucun espace pour une quelconque normalisation, et tout pays arabe qui s'en rapproche est immédiatement perçu comme un traître à la cause.
L'Algérie, le pilier du refus
L'Algérie ne reconnaît pas Israël et n'est pas près de le faire. C'est l'un des rares pays à n'avoir jamais eu de contact officieux, même dans les périodes de détente relative des années 90. À ceci près que cette position lui permet de briller sur la scène diplomatique africaine et arabe, en se présentant comme le dernier défenseur des principes de 1948. Le pays utilise son siège au Conseil de sécurité de l'ONU pour porter des résolutions exigeant des cessez-le-feu immédiats, plaçant souvent les États-Unis dans l'embarras du veto.
La Tunisie de Kaïs Saïed et le durcissement du ton
La Tunisie a connu un virage assez brutal sous la présidence de Kaïs Saïed. Si le pays était autrefois considéré comme plus modéré, le discours officiel s'est radicalisé. Le président tunisien a même qualifié la normalisation de "haute trahison". Bref, la rue tunisienne est l'une des plus actives en soutien aux Palestiniens, et le gouvernement suit ce mouvement avec une ferveur qui ferme la porte à toute nuance. On est bien loin de l'époque où Tunis accueillait le siège de l'OLP dans les années 80.
L'Asie du Sud-Est et le poids de la solidarité musulmane
Si vous voyagez en Malaisie ou en Indonésie avec un passeport israélien, vous vous rendrez vite compte de l'ampleur du problème. Ces deux géants asiatiques sont parmi les opposants les plus vocaux à l'existence même de l'État d'Israël. Ce n'est pas une question de proximité géographique, mais bien de solidarité religieuse au sein de la Oumma. La Malaisie, par exemple, interdit l'entrée des navires battant pavillon israélien dans ses ports, une décision qui a un impact réel sur le commerce maritime mondial.
La Malaisie et l'interdiction de la compagnie ZIM
En décembre 2023, le Premier ministre Anwar Ibrahim a pris une décision radicale en bannissant la compagnie maritime israélienne ZIM. C'est une mesure forte, car elle touche au portefeuille. La Malaisie se veut le porte-voix des pays musulmans non-arabes, et elle le fait avec une constance qui force le respect de ses pairs. D'où cette situation paradoxale : un pays moderne et technologiquement avancé qui refuse tout contact avec une autre puissance technologique de sa région.
L'Indonésie : le géant qui refuse de franchir le pas
L'Indonésie est le pays musulman le plus peuplé au monde. Pendant des années, des rumeurs ont circulé sur une possible normalisation en échange d'avantages économiques ou d'une adhésion à l'OCDE. Mais chaque fois, la pression populaire a fait capoter les discussions. Le truc, c'est que pour un politicien indonésien, reconnaître Israël équivaut à un suicide politique. La constitution indonésienne elle-même stipule que l'indépendance est le droit de toutes les nations et que le colonialisme doit être aboli. Pour eux, Israël incarne ce colonialisme.
La Corée du Nord et les ennemis idéologiques
Passons à un cas plus singulier : la Corée du Nord. Pyongyang ne reconnaît pas Israël et considère le pays comme un "satellite impérialiste" des États-Unis. Il y a une dimension presque romantique dans cette opposition, héritée de la Guerre froide. Kim Jong-un continue de soutenir les groupes palestiniens, non par ferveur religieuse (évidemment), mais par pure logique anti-américaine. Des armes nord-coréennes ont d'ailleurs été retrouvées dans les mains du Hamas, ce qui prouve que l'opposition peut aussi se traduire par un commerce d'armement clandestin très efficace.
Les pays qui ont rompu ou suspendu leurs liens récemment
Depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023, la liste des pays "contre" Israël s'est allongée de façon temporaire ou permanente. Ce n'est plus une opposition de principe historique, mais une réaction directe à la gestion du conflit. C'est là que ça devient intéressant : des pays qui entretenaient des relations cordiales ont soudainement fait machine arrière, prouvant que rien n'est jamais acquis pour la diplomatie de Jérusalem.
Le cas du Belize et de la Colombie
Le Belize, petit pays d'Amérique centrale, a carrément coupé les ponts. La Colombie, comme mentionné plus haut, a expulsé l'ambassadeur israélien. Ce sont des gestes forts qui isolent Israël sur le plan diplomatique dans des régions où le pays essayait pourtant de tisser des liens économiques solides. Soit dit en passant, ces ruptures sont souvent définitives ou du moins très longues à réparer, car elles s'accompagnent d'une rhétorique très dure qui laisse peu de place au compromis.
Le rappel des ambassadeurs : de la Turquie au Chili
La Turquie de Recep Tayyip Erdoğan joue un jeu dangereux. Un jour, il traite Netanyahou de "boucher de Gaza", le lendemain il maintient des échanges commerciaux records (avant de finalement imposer des restrictions). Le rappel de l'ambassadeur turc a marqué un point bas dans une relation qui n'a cessé de jouer aux montagnes russes depuis l'affaire du Mavi Marmara en 2010. Le Chili, qui abrite la plus grande communauté palestinienne hors du monde arabe, a également rappelé son représentant, sous la pression d'une opinion publique très remontée.
Idées reçues : tous les pays musulmans sont-ils contre Israël ?
C'est là qu'on fait souvent une erreur de jugement majeure. On a tendance à mettre tous les pays musulmans dans le même sac, alors que la réalité est fragmentée. Les Accords d'Abraham ont prouvé que certains pays préféraient le pragmatisme économique à la solidarité idéologique. Les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc maintiennent leurs liens malgré la guerre, même s'ils doivent jongler avec une opinion publique interne très hostile.
Le paradoxe saoudien
L'Arabie Saoudite est le pays que tout le monde surveille. Officiellement, Ryad n'a pas de relations avec Israël et critique sévèrement les opérations militaires à Gaza. Mais en coulisses, le dialogue n'a jamais vraiment cessé, notamment sur les questions de sécurité face à l'Iran. Je trouve ça surestimé de penser que l'Arabie Saoudite rejoindra le camp des opposants radicaux. Le prince MBS a une vision à long terme pour son pays (Vision 2030) et il sait qu'Israël est un partenaire technologique et sécuritaire dont il aura besoin, tôt ou tard.
L'Égypte et la Jordanie : une paix froide mais solide
Ces deux pays ont des frontières communes avec Israël et des traités de paix qui datent de plusieurs décennies (1979 pour l'Égypte, 1994 pour la Jordanie). Ils sont souvent très critiques, leurs populations manifestent massivement, mais leurs gouvernements savent que la rupture serait une catastrophe sécuritaire. On est loin du compte si l'on pense qu'ils pourraient redevenir des ennemis militaires. Leur opposition est diplomatique, verbale, mais jamais structurelle. C'est ce qu'on appelle la "paix froide".
Questions fréquentes sur l'opposition internationale à Israël
Quels sont les pays qui interdisent l'entrée aux citoyens israéliens ?
Environ 15 pays refusent systématiquement l'entrée aux détenteurs d'un passeport israélien. Parmi eux, on trouve l'Iran, l'Irak, le Liban, la Syrie, l'Arabie Saoudite (sauf exceptions religieuses ou spéciales), le Koweït, le Yémen, la Libye et l'Algérie. Certains pays comme la Malaisie ou le Bangladesh l'interdisent également de manière très stricte. À noter que certains de ces pays refusent même l'entrée à toute personne ayant un tampon israélien sur son passeport, ce qui oblige les voyageurs à demander un second passeport ou à utiliser des feuilles volantes.
Pourquoi certains pays ont-ils rompu leurs relations après le 7 octobre 2023 ?
La principale raison invoquée est la "réponse disproportionnée" d'Israël à Gaza. Des nations comme la Bolivie, la Colombie ou le Belize ont utilisé le terme de "crimes contre l'humanité" pour justifier leur décision. Pour ces pays, la rupture diplomatique est le seul moyen de pression à leur disposition pour protester contre le nombre de victimes civiles palestiniennes. C'est aussi un moyen pour certains dirigeants de flatter leur base électorale de gauche, très sensible à cette thématique.
Est-ce que le Vatican est contre Israël ?
Non, absolument pas, mais la relation est complexe. Le Vatican reconnaît l'État d'Israël depuis 1993, mais il plaide constamment pour un statut international spécial pour Jérusalem et pour la solution à deux États. Le Pape François a plusieurs fois exprimé sa douleur face aux victimes des deux camps, ce qui est parfois interprété en Israël comme un manque de soutien clair face au terrorisme. Mais on ne peut pas classer le Saint-Siège parmi les pays "contre" Israël ; il est dans une position de médiateur moral.
L'opposition est-elle la même en Europe ?
En Europe, aucun pays n'est officiellement "contre" l'existence d'Israël. Cependant, l'Irlande, l'Espagne et la Norvège ont récemment reconnu officiellement l'État de Palestine, ce qui a provoqué une crise diplomatique majeure avec Tel-Aviv. Ces pays ne sont pas contre Israël, mais ils sont farouchement opposés à sa politique de colonisation en Cisjordanie. C'est une nuance de taille : on peut être un allié tout en étant un critique extrêmement sévère.
L'essentiel : une carte du monde de plus en plus polarisée
En définitive, la liste des pays contre Israël ne cesse de fluctuer au gré des conflits et des changements de régimes. Si le bloc de l'Axe de la Résistance mené par l'Iran reste l'ennemi existentiel numéro un, l'émergence d'une opposition juridique et diplomatique portée par des pays comme l'Afrique du Sud ou la Colombie change la donne. Le problème pour Israël, c'est que l'opposition ne vient plus seulement de ses voisins directs, mais d'une coalition hétéroclite qui utilise les instances internationales pour isoler le pays. Honnêtement, c'est flou de savoir comment cette situation va évoluer, mais une chose est sûre : la diplomatie israélienne n'a jamais été autant sous pression depuis les années 70. La bataille ne se joue plus seulement avec des tanks, mais aussi avec des communiqués de presse et des dossiers juridiques à La Haye.
