Le duel des technologies de dalles : une question de lumière et d'obscurité
Au cœur de l'affrontement, on trouve deux philosophies radicalement opposées. LG a misé tout son empire sur l'OLED, une technologie où chaque pixel produit sa propre lumière. Le résultat ? Un contraste infini. Quand un pixel est éteint, il est vraiment noir, pas gris foncé. C'est ce qui donne cette profondeur d'image organique que les puristes adorent. Sauf que, pendant longtemps, l'OLED a souffert d'un manque de punch lumineux. Si votre salon ressemble à une serre de jardin en plein après-midi, l'image peut paraître un peu terne. Or, c'est précisément là que Samsung a creusé son sillon.
La force brute du Neo QLED chez Samsung
Samsung, de son côté, a perfectionné le LCD avec le QLED, puis le Neo QLED. Ici, on utilise des Mini-LED pour rétroéclairer la dalle. C'est une débauche de puissance. Certains modèles montent à plus de 2000 nits, ce qui permet de regarder un match de foot en plein soleil sans plisser les yeux. Le truc c'est que, malgré des milliers de zones de contrôle, on a parfois ce qu'on appelle du "blooming" : un léger halo lumineux autour des objets blancs sur fond noir (pensez aux sous-titres ou aux étoiles dans l'espace). C'est le prix à payer pour une image qui claque.
Le tournant du QD-OLED : quand Samsung brouille les cartes
L'histoire a pris un tournant ironique récemment. Samsung, après avoir critiqué l'OLED pendant des années, a lancé sa propre version : le QD-OLED. En combinant les boîtes quantiques (Quantum Dots) avec l'OLED, ils ont réussi à obtenir des couleurs d'une saturation folle tout en gardant les noirs parfaits. J'ai pu tester le S95C et, honnêtement, la différence de vivacité chromatique par rapport à un OLED classique saute aux yeux. LG a dû répliquer avec la technologie MLA (Micro Lens Array) sur son G3 et G4 pour regagner du terrain sur la luminosité. On est dans une course à l'armement technologique où le gagnant est, pour une fois, le consommateur.
Le problème de la gestion des reflets
On n'y pense pas assez au moment de l'achat, mais le traitement antireflet est le nerf de la guerre. Samsung a fait des progrès colossaux sur ses dalles haut de gamme avec un filtre qui "absorbe" la lumière ambiante. LG, sur ses séries C3 ou C4, reste un peu plus brillant, ce qui peut transformer votre écran en miroir si vous avez une fenêtre mal placée. À ceci près que le rendu de LG semble plus naturel, moins "traité" chimiquement que celui de Samsung.
L'interface et l'usage quotidien : Tizen contre WebOS
Une télé, c'est aussi un logiciel. Et là, les avis divergent violemment. Samsung utilise Tizen, un système qui a subi une refonte complète il y a deux ans. On est passé d'une petite barre discrète en bas de l'écran à un menu plein écran qui ressemble à une usine à gaz. C'est bourré de publicités et de recommandations dont on se passerait bien. Mais, et c'est un grand "mais", c'est d'une fluidité exemplaire. Tout répond au quart de tour.
WebOS de LG : la magie de la télécommande
Chez LG, on a WebOS. Le point fort, c'est la Magic Remote. On agite la télécommande et un pointeur apparaît à l'écran, comme une souris d'ordinateur. C'est d'une efficacité redoutable pour taper un mot de passe ou naviguer dans les menus de Netflix. Pourtant, l'interface commence à dater un peu visuellement. Elle est moins "moderne" que celle de Samsung, même si elle reste plus intuitive pour le commun des mortels. Reste que la présence de publicités intrusives sur les deux plateformes est une tendance que je trouve personnellement détestable pour des produits vendus à plus de 1500 euros.
La domotique et l'écosystème
Samsung a un avantage si vous possédez déjà un smartphone de la marque ou des appareils électroménagers connectés. L'intégration SmartThings permet de contrôler son four ou sa machine à laver directement depuis la télé. C'est un gadget pour certains, un confort réel pour d'autres. LG propose ThinQ, qui fait sensiblement la même chose, mais avec un catalogue d'appareils compatibles un peu moins vaste en Europe.
Gaming : qui offre la meilleure expérience sur PS5 et Xbox Series X ?
Si vous êtes joueur, LG a longtemps été le seul choix logique. Ils ont été les premiers à proposer 4 ports HDMI 2.1 sur presque toute leur gamme. Cela signifie que vous pouvez brancher une PS5, une Xbox et un PC haut de gamme sans jamais avoir à débrancher quoi que ce soit pour profiter de la 4K à 120Hz. LG supporte aussi le G-Sync de Nvidia et le FreeSync d'AMD, avec un temps de réponse quasi instantané de 0,1 ms sur l'OLED.
La remontée spectaculaire de Samsung pour les joueurs
Samsung a rattrapé son retard, et de quelle manière ! Leurs modèles haut de gamme supportent désormais le 144Hz, ce qui est un argument de poids pour les joueurs PC. Mais là où Samsung marque un point décisif, c'est avec le Gaming Hub. Vous pouvez jouer à des jeux Xbox via le cloud sans même avoir de console, juste avec une manette Bluetooth. C'est bluffant. Du coup, le choix se joue sur des détails : LG offre une image plus précise dans les zones sombres des jeux d'horreur, tandis que Samsung donne une pêche incroyable aux jeux colorés comme Forza ou Ratchet & Clank.
Le casse-tête des formats HDR : Dolby Vision contre HDR10+
C'est le point qui fâche. Samsung refuse obstinément de payer la licence pour le Dolby Vision. Ils préfèrent pousser leur propre standard, le HDR10+. Le problème ? La grande majorité des contenus sur Netflix ou Disney+ est en Dolby Vision. Résultat : sur une télé Samsung, ces films basculent en HDR "basique". Est-ce grave ? Pour l'utilisateur lambda, pas vraiment. Mais pour quelqu'un qui veut l'image exacte voulue par le réalisateur, c'est un manque. LG, de son côté, supporte le Dolby Vision sur tous ses modèles de milieu et haut de gamme. Je reste convaincu que l'absence de Dolby Vision est une épine dans le pied de Samsung, même si leur traitement d'image maison compense une partie du retard.
Qualité sonore : ne vous attendez pas à des miracles
Soyons honnêtes : la finesse des écrans actuels est l'ennemie du son. Il n'y a physiquement pas de place pour des haut-parleurs dignes de ce nom. Samsung tente de tricher avec sa technologie OTS (Object Tracking Sound) qui fait voyager le son en fonction de l'action à l'écran. C'est sympa, mais ça manque cruellement de basses. LG propose l'AI Sound Pro qui virtualise un son surround. Dans les deux cas, c'est correct pour le journal télévisé, mais médiocre pour un film d'action. Si vous dépensez 2000 euros dans une télé, prévoyez un budget pour une barre de son. Samsung a d'ailleurs un petit plus ici : le Q-Symphony, qui permet d'utiliser les enceintes de la télé en complément de la barre de son de la même marque. Ça apporte une petite ampleur supplémentaire non négligeable.
Les erreurs classiques à éviter lors de l'achat
On fait tous la même erreur : regarder les télés sous les néons agressifs d'un magasin. Dans ces conditions, Samsung gagnera toujours car ses écrans sont plus brillants. Mais une fois chez vous, dans la pénombre, c'est une autre histoire. Voici quelques points de vigilance :
- Prendre un OLED pour une pièce avec une baie vitrée orientée plein sud sans volets : vous allez pester contre les reflets.
- Croire que le 8K est utile : le contenu est inexistant et l'upscaling (mise à l'échelle) consomme une énergie folle pour un gain visuel minime à distance normale.
- Négliger la taille : on s'habitue très vite à un grand écran. Un 65 pouces paraît immense le premier jour, et "normal" au bout d'une semaine.
- Oublier la consommation électrique : les dalles Mini-LED de Samsung consomment généralement plus que les dalles OLED de LG.
Questions fréquentes sur le match LG vs Samsung
L'OLED de LG risque-t-il toujours de "marquer" ?
C'est le fantôme du passé qui revient souvent. Les risques de brûlure d'écran (burn-in) sont devenus marginaux. Avec les technologies de nettoyage de pixels et le décalage d'image automatique, il faudrait laisser une chaîne d'info en continu avec un logo fixe pendant 20 heures par jour pendant des mois pour voir un dégât. Pour un usage normal, c'est un faux problème en 2024.
Pourquoi Samsung est-il souvent plus cher à technologie équivalente ?
Samsung se positionne comme une marque "lifestyle". Ils vendent un design, une finesse extrême (souvent moins de 3 cm d'épaisseur sur tout le châssis) et des fonctionnalités connectées. LG est plus pragmatique : le dos de leurs télés est souvent plus épais et moins esthétique, mais l'argent est mis dans la dalle. On paie le look chez l'un, la performance brute chez l'autre.
Quelle marque dure le plus longtemps ?
Honnêtement, c'est flou. Les données de fiabilité à long terme manquent car les modèles changent chaque année. Historiquement, les deux marques se valent. Le point faible est souvent l'électronique ou la partie logicielle qui finit par ramer après 5 ou 6 ans, plutôt que la dalle elle-même.
Le verdict : laquelle mérite vraiment votre virement bancaire ?
Tranchons. Si vous êtes un mordu de cinéma, que vous regardez vos films dans le noir ou avec une lumière tamisée, et que vous possédez une console de jeu, LG reste le maître. La série C (comme le C3 ou le C4) offre le meilleur rapport qualité-prix du marché mondial. C'est l'achat de raison qui ne déçoit jamais.
Mais, car il y a un mais, si votre téléviseur est placé dans une pièce de vie très lumineuse, qu'il reste allumé toute la journée pour les enfants, ou que vous cherchez un objet qui s'intègre parfaitement à votre décoration intérieure, Samsung l'emporte. Leurs modèles Neo QLED sont des bêtes de somme increvables et lumineuses. Et si vous avez le budget pour le haut de gamme, leur QD-OLED (S95C/S95D) est sans doute la plus belle image qu'il m'ait été donné de voir ces dernières années, malgré l'absence de Dolby Vision. Au final, il n'y a pas de mauvaise télé chez ces deux-là, il n'y a que des mauvais choix par rapport à l'éclairage de votre salon.

