Quand le court devient un marathon
Isner contre Mahut, à Wimbledon 2010
Ça s’est passé à Wimbledon, en 2010. John Isner contre Nicolas Mahut. Deux mecs qu’on connaissait pas trop à l’époque, honnêtement. Mahut, bon joueur français, un peu discret. Isner, un Américain costaud avec un service monstrueux. Personne ne s’attendait à ce que ce soit… légendaire.
Le match a commencé un lundi. Il a continué le mardi. Et il s’est finalement terminé le mercredi. Trois jours. Trois. Jours. Pour un seul match. Franchement, t’imagines ? Tu viens voir un set, tu repars avec un roman épique.
Le score ? Presque irréel
Le cinquième set, celui qui dure plus que certains films, a fini sur 70–68 pour Isner. Oui, soixante-dix à soixante-huit. Le set entier a duré 8 heures. Huit heures de jeu, sur un seul set. En comparaison, un match complet dure souvent moins de deux heures.
Le total du match ? 183 jeux. Tu lis bien. 183. Le record précédent pour un match entier ? 68 jeux. Donc là, ils ont presque triplé le record. C’est comme si tu faisais un 10 km, et que quelqu’un débarquait pour courir un marathon dans la foulée.
Des chiffres qui donnent le tournis
Alors, pour te donner une idée :
– 11h05 de jeu réel
– 2 jours et demi de report
– 162 aces pour Isner tout seul (oui, 162 services gagnants)
– Mahut a servi 103 aces aussi. Donc, à eux deux, ils ont claqué 265 services directs. C’est pas du tennis, c’est du flipper.
Et le plus fou ? Pendant tout ce temps, aucun des deux n’a réussi à breaker l’autre. Dans le cinquième set. Pendant 138 jeux. 138 ! Donc ils ont servi, servi, servi… et servi encore. Comme deux machines.
Un moment culte pour les fans
Je me souviens, j’étais chez un pote, on regardait ça en replay. C’était l’été, on avait ouvert une bière, et on se disait : « Mais ils vont pas lâcher ? » On rigolait, mais en même temps, on était impressionnés. Vraiment. Le niveau physique, la concentration… c’est inhumain.
Et puis, il y avait cette ambiance… Le public, au début, ils rigolaient, ils prenaient des photos. Et au bout du troisième jour, ils étaient là, silencieux, presque respectueux. Comme si ils assistaient à quelque chose de sacré.
Mais pourquoi ça a duré aussi longtemps ?
Bonne question. À Wimbledon, à l’époque (et encore aujourd’hui, mais ils ont changé la règle depuis), le dernier set n’avait pas de tie-break. Donc, tu devais gagner par deux jeux d’écart. Pas de limite. Donc, en théorie, ça pouvait durer jusqu’à Noël.
Du coup, Isner et Mahut, ils ont fait 70 jeux d’affilée sans que l’un prenne deux jeux d’avance. 70. C’est du délire.
Après ce match, d’ailleurs, Wimbledon a changé la règle. Depuis 2019, il y a un tie-break au 12-12 dans le cinquième set. Pour éviter… ben, ça. Parce que bon, même les arbitres avaient besoin de vacances.
Et les joueurs, comment ils ont survécu ?
Alors là, c’est une autre histoire. Physiquement, c’était du grand n’importe quoi. Isner a dit plus tard qu’il pouvait plus plier les genoux. Mahut, lui, a dû être porté hors du terrain. Littéralement. Les crampons dans les mollets, les mains qui tremblent… mais ils ont continué.
Et le plus fou ? Le lendemain, Isner a dû rejouer. Un autre match. Et il a perdu. Évidemment. Comment tu te relèves après 11 heures de match ? Même un robot aurait grillé.
Ce match, il a changé le tennis
Enfin bref, ce match, c’est plus qu’un record. C’est une légende. Un truc qu’on raconte aux jeunes joueurs comme une histoire de montagne sacrée. « Tu crois que tu souffres ? Attends que je te parle d’Isner-Mahut… »
Il a poussé les limites de ce qu’on pensait possible. Sur la durée, sur l’endurance, sur la tête aussi. Parce que garder la concentration pendant 11 heures, avec la pression, les regards, les caméras… c’est du haut niveau mental.
Et puis, il y a eu une belle geste après : les deux joueurs se sont offert une montre en souvenir. Une Rolex, gravée avec le score. 70–68. Un objet culte.
Et toi, tu l’as vu ce match ?
Si t’étais pas encore accro au tennis à l’époque, ce match, il aurait dû te faire basculer. Moi, il m’a donné envie d’aller taper dans une balle, même avec mes vieilles Nike qui tiennent plus. Parce que le tennis, c’est pas que de la technique. C’est aussi de la folie. De la ténacité. De la résistance.
Alors oui, c’était long. Trop long, peut-être. Mais franchement… on en parle encore dix ans après. C’est pas beau, ça ?
