Pourtant, quand on creuse, on découvre que certains dirigeants ont creusé le déficit bien plus profondément, mais avec des circonstances atténuantes. Alors, qui porte vraiment la couronne du "roi de la dette" ? Et surtout, est-ce que ça a la moindre importance aujourd’hui ?
La dette publique, ce monstre aux mille visages (et aux chiffres qui mentent)
Commençons par le commencement : qu’est-ce qu’on entend par "dette publique" ? Officiellement, c’est l’ensemble des engagements financiers de l’État, des collectivités locales et de la Sécurité sociale. Mais dans les faits, c’est un peu plus compliqué que ça. Il y a la dette brute, la dette nette, la dette consolidée… et surtout, il y a le PIB, ce fameux dénominateur qui fait varier les pourcentages comme une girouette dans le vent.
Prenez l’année 2020 : la dette française a bondi de 13 points en un an, passant de 98 % à 115 % du PIB. Un record absolu. Sauf que… cette hausse n’a rien à voir avec un dérapage des dépenses. Non, c’est la crise du Covid-19 qui a fait s’effondrer le PIB, faisant mécaniquement exploser le ratio dette/PIB. Autant dire que comparer les présidents sur ce seul critère, c’est un peu comme juger un pilote de Formule 1 sur la consommation d’essence de sa voiture – sans tenir compte des virages, des intempéries ou des accidents.
Reste que les chiffres, eux, ne mentent pas. Ou du moins, pas tout à fait. Voici les données brutes, président par président, depuis 1981 :
Le palmarès des présidents et leur héritage budgétaire
François Mitterrand (1981-1995) : La dette passe de 20,7 % à 55,5 % du PIB. Une hausse de 34,8 points en deux mandats. Mais attention : les années 1980, c’est l’ère des nationalisations, des plans de relance keynésiens et d’une inflation qui grignote les dettes comme un termite dans une charpente. Et puis, il y a eu le tournant de la rigueur en 1983 – un aveu d’échec qui a marqué les esprits.
Jacques Chirac (1995-2007) : La dette continue de grimper, mais moins vite : +10,5 points sur 12 ans. Sauf que là encore, le contexte change la donne. L’euro arrive, les critères de Maastricht imposent une discipline budgétaire, et la croissance repart. Le problème ? Chirac hérite d’un État déjà lourdement endetté, et ses gouvernements successifs (Juppé, Jospin, Raffarin) peinent à inverser la tendance. Et puis, il y a eu la crise de 2008, qui a frappé en fin de mandat – un cadeau empoisonné pour son successeur.
Nicolas Sarkozy (2007-2012) : La dette bondit de 15,8 points en cinq ans. Là, on touche au cœur du sujet. Sarkozy arrive au pouvoir en pleine crise financière, et son quinquennat est marqué par le sauvetage des banques, le plan de relance de 2008 et… une baisse des impôts (le bouclier fiscal, la TVA sociale). Résultat : le déficit explose, et la dette suit. Mais est-ce vraiment de sa faute ? Difficile à dire. Ce qui est sûr, c’est que son héritage budgétaire a pesé lourd sur les épaules de François Hollande.
François Hollande (2012-2017) : +7,9 points en cinq ans. Moins que Sarkozy, donc. Pourtant, c’est lui qui traîne cette réputation de "président le plus endetté". Pourquoi ? Parce que sa hausse, bien que moins forte en points de PIB, s’est faite dans un contexte de croissance molle et de chômage de masse. Et puis, il y a eu les promesses non tenues ("Je n’augmenterai pas les impôts" – spoiler : il les a augmentés), et cette fameuse phrase sur la finance, qui a collé à la peau de son quinquennat comme une étiquette indélébile.
Emmanuel Macron (2017-2024) : La dette passe de 98,5 % à… 111,7 % du PIB en 2023. Une hausse de 13,2 points en six ans. Mais là encore, le Covid-19 et la crise énergétique ont tout bousculé. Sans parler du "quoi qu’il en coûte", cette politique de soutien massif à l’économie qui a coûté cher – très cher. Pourtant, Macron, lui, n’a pas hérité de cette image de "dépensier". Pourquoi ? Parce que ses réformes (retraites, chômage) ont été perçues comme des tentatives de redressement, même si leurs effets sur la dette restent à prouver.
Pourquoi ces comparaisons sont-elles si trompeuses ?
Parce que la dette, ce n’est pas qu’une question de chiffres. C’est aussi une question de timing, de contexte, et surtout… de chance. Prenez Mitterrand : il a bénéficié d’une inflation élevée, qui a érodé la valeur réelle de la dette. Sarkozy, lui, a dû faire face à la pire crise financière depuis 1929. Hollande a hérité d’un déficit structurel de 5 % du PIB, et Macron a dû gérer une pandémie mondiale. Autant dire que comparer leurs bilans, c’est un peu comme comparer des pommes, des poires et des ananas – tous sont des fruits, mais ils ne poussent pas dans le même climat.
Et puis, il y a un autre facteur, souvent oublié : la croissance. Une dette de 100 % du PIB, c’est supportable si le PIB augmente de 3 % par an. C’est insoutenable si la croissance stagne à 0,5 %. Or, depuis 20 ans, la France peine à dépasser les 2 % de croissance annuelle. Résultat : la dette pèse plus lourd, même si son montant nominal n’explose pas.
François Hollande, bouc émissaire d’une dette qui le dépasse
Revenons à notre question initiale : pourquoi Hollande est-il si souvent pointé du doigt comme le président le plus endetté ? D’abord, parce que son quinquennat a été marqué par une communication désastreuse. Entre les promesses non tenues ("Je serai un président normal") et les revirements (le pacte de responsabilité, le CICE), l’opinion publique a retenu l’image d’un président indécis, incapable de maîtriser les finances publiques.
Ensuite, parce que sa hausse de la dette, bien que moins forte que celle de Sarkozy, s’est faite dans un contexte de stagnation économique. Quand la croissance est faible, la dette semble plus lourde, plus menaçante. Et puis, il y a eu ce fameux "trou de 14 milliards d’euros" dans les comptes de 2012, découvert après son élection – un héritage de Sarkozy, mais qui a collé à Hollande comme une seconde peau.
Pourtant, quand on regarde les chiffres de près, on s’aperçoit que la dette n’a pas explosé sous son mandat. Elle a augmenté, certes, mais moins vite que sous Sarkozy. Alors, pourquoi cette réputation ? Parce que Hollande a été le président des renoncements. Le président qui a augmenté les impôts (la fameuse taxe à 75 % pour les très hauts revenus), qui a reculé sur la réforme des retraites, qui a laissé filer les dépenses publiques. Bref, le président qui a donné l’impression de ne pas savoir où il allait.
Et c’est là que le bât blesse. Parce que la dette, ce n’est pas qu’une question de chiffres – c’est aussi une question de confiance. Or, Hollande a perdu la bataille de l’image. Quand on pense à lui, on pense à la dette, aux impôts, au chômage. Pas à la croissance, pas aux réformes, pas à l’avenir. Et dans l’inconscient collectif, c’est ça qui compte.
Le CICE, ce cadeau empoisonné
Parmi les mesures phares de Hollande, il y a eu le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE). Un dispositif coûteux – 20 milliards d’euros par an – censé relancer l’emploi et la compétitivité des entreprises. Sauf que les résultats ont été mitigés. Selon la Cour des comptes, le CICE a créé entre 50 000 et 100 000 emplois… pour un coût de 200 000 à 400 000 euros par emploi. Autant dire que l’addition a été salée.
Pourtant, le CICE n’a pas été un échec total. Il a permis de soutenir les entreprises en difficulté, et certaines études montrent qu’il a évité des licenciements massifs. Mais dans l’opinion publique, il est resté comme le symbole d’une politique économique coûteuse et peu efficace. Et quand on parle de dette, c’est ce genre de mesures qui alimente les critiques.
Nicolas Sarkozy, le vrai champion de l’endettement ?
Si Hollande est souvent pointé du doigt, Sarkozy, lui, semble s’en sortir à bon compte. Pourtant, son bilan est bien plus lourd. En cinq ans, la dette est passée de 64,2 % à 80 % du PIB – une hausse de 15,8 points. Soit deux fois plus que sous Hollande. Alors, pourquoi cette différence de traitement ?
D’abord, parce que Sarkozy a bénéficié d’un contexte plus favorable en début de mandat. Quand il arrive au pouvoir en 2007, la croissance est solide (2,4 % en 2007), le chômage baisse, et les comptes publics sont dans le vert. Mais très vite, la crise financière de 2008 vient tout bouleverser. Et là, Sarkozy n’a pas le choix : il doit sauver les banques, relancer l’économie, soutenir les ménages. Résultat : le déficit explose, et la dette suit.
Ensuite, parce que Sarkozy a su vendre sa politique. Le "travailler plus pour gagner plus", le bouclier fiscal, la TVA sociale… Autant de mesures qui ont marqué les esprits, même si leurs effets sur la dette ont été désastreux. Et puis, il y a eu cette image de président "hyperactif", qui a su donner l’impression de maîtriser la situation – même quand ce n’était pas le cas.
Enfin, parce que Sarkozy a quitté le pouvoir en 2012, au pire moment de la crise. Hollande a hérité d’un déficit abyssal (5 % du PIB), d’une croissance en berne, et d’une dette qui pesait déjà lourd. Autant dire qu’il partait avec un handicap de taille. Et quand on compare leurs bilans, c’est un peu comme comparer un coureur qui part avec 10 mètres de retard à un autre qui démarre à la corde.
Le bouclier fiscal, cette mesure qui a coûté cher
Parmi les décisions les plus critiquées de Sarkozy, il y a eu le bouclier fiscal. Une mesure phare de son quinquennat, qui limitait à 50 % des revenus les impôts payés par les ménages les plus aisés. Coût pour les finances publiques : 600 millions d’euros par an. Une goutte d’eau dans l’océan de la dette, mais un symbole fort.
Pourquoi ? Parce que le bouclier fiscal a été perçu comme une mesure injuste, qui favorisait les plus riches au détriment des classes moyennes. Et quand on parle de dette, c’est ce genre de décisions qui alimente la colère des contribuables. Pourtant, son impact réel sur les finances publiques a été limité. Mais dans l’imaginaire collectif, le bouclier fiscal reste comme le symbole d’une politique économique déséquilibrée.
Emmanuel Macron, le président qui a creusé le trou… sans en avoir l’air
Macron, lui, a un bilan plus contrasté. D’un côté, il a hérité d’une dette déjà élevée (98,5 % du PIB en 2017). De l’autre, il a dû gérer deux crises majeures : le Covid-19 et la guerre en Ukraine. Résultat : la dette a continué de grimper, pour atteindre 111,7 % du PIB en 2023. Une hausse de 13,2 points en six ans – presque autant que sous Sarkozy.
Pourtant, Macron n’est pas perçu comme un président dépensier. Pourquoi ? Parce qu’il a su vendre ses réformes comme des mesures de redressement. La réforme des retraites, la réforme de l’assurance-chômage, la suppression de la taxe d’habitation… Autant de décisions qui ont été présentées comme nécessaires pour "remettre la France sur les rails". Et dans l’opinion publique, ça a marché.
Mais derrière cette image de réformateur, il y a une réalité moins reluisante. Le "quoi qu’il en coûte", cette politique de soutien massif à l’économie pendant la crise du Covid, a coûté cher – très cher. Selon la Cour des comptes, le coût total des mesures de soutien s’élève à 160 milliards d’euros. Une somme colossale, qui a creusé le déficit et alourdi la dette.
Et puis, il y a eu les cadeaux aux entreprises. La suppression de l’ISF, remplacée par l’IFI, a coûté 3,5 milliards d’euros par an. La baisse de l’impôt sur les sociétés, elle, a représenté un manque à gagner de 10 milliards d’euros. Autant de mesures qui ont creusé le déficit, sans que leurs effets sur la croissance soient vraiment prouvés.
Le "quoi qu’il en coûte", une politique nécessaire… mais coûteuse
Personne ne conteste que le "quoi qu’il en coûte" a sauvé l’économie française pendant la crise du Covid. Sans ces mesures de soutien, des milliers d’entreprises auraient fait faillite, et des millions d’emplois auraient été détruits. Mais le problème, c’est que cette politique a été menée sans filet. Pas de hausse des impôts pour compenser, pas de réduction des dépenses publiques. Résultat : le déficit a explosé, et la dette a suivi.
Pourtant, Macron assume. Dans un entretien au *Journal du Dimanche* en 2021, il a déclaré : "La dette, c’est comme un parapluie. Quand il pleut, on l’ouvre. Quand le soleil revient, on le referme." Sauf que le soleil tarde à revenir. Et la dette, elle, continue de grimper.
La dette, ce serpent de mer qui hante la Ve République
Au fond, la question n’est pas tant de savoir qui est le président le plus endetté. La vraie question, c’est : pourquoi la dette française ne cesse-t-elle d’augmenter, quel que soit le président ? Et surtout, est-ce que ça a la moindre importance ?
D’abord, parce que la dette, ce n’est pas forcément un mal. Si elle finance des investissements productifs (infrastructures, éducation, recherche), elle peut être un levier de croissance. Le problème, c’est quand elle sert à financer des dépenses courantes – comme les salaires des fonctionnaires ou les allocations sociales. Là, ça devient un boulet.
Ensuite, parce que la dette française n’est pas insoutenable. Avec des taux d’intérêt historiquement bas, la charge de la dette (c’est-à-dire les intérêts payés chaque année) reste supportable. En 2023, elle représentait 1,6 % du PIB – soit moins que sous Mitterrand ou Chirac. Autant dire que le ciel ne nous tombe pas sur la tête.
Mais attention : cette situation pourrait changer. Avec la remontée des taux d’intérêt, la charge de la dette pourrait exploser dans les années à venir. Et là, les marges de manœuvre de l’État se réduiraient comme peau de chagrin. Résultat : moins de dépenses publiques, plus d’impôts, ou les deux. Bref, un scénario qui n’a rien de réjouissant.
Pourquoi personne ne parvient à inverser la tendance ?
Parce que la dette, c’est comme une boule de neige qui dévale une pente. Plus elle grossit, plus elle est difficile à arrêter. Et en France, cette pente est particulièrement raide. Pourquoi ?
D’abord, parce que les dépenses publiques représentent 56 % du PIB – un record en Europe. Réduire cette part, c’est s’attaquer à des acquis sociaux (retraites, santé, éducation) qui sont au cœur du modèle français. Et ça, aucun président ne veut s’y risquer.
Ensuite, parce que les recettes fiscales sont insuffisantes. La France est l’un des pays où la pression fiscale est la plus élevée au monde. Augmenter les impôts, c’est prendre le risque de faire fuir les entreprises et les ménages aisés. Et puis, il y a la fraude fiscale, qui coûte chaque année entre 80 et 100 milliards d’euros à l’État. Un manque à gagner colossal, mais difficile à récupérer.
Enfin, parce que la croissance reste molle. Depuis 20 ans, la France peine à dépasser les 2 % de croissance annuelle. Or, sans croissance, pas de recettes fiscales supplémentaires, et pas de réduction du ratio dette/PIB. Autant dire que le cercle vicieux est difficile à briser.
Les idées reçues sur la dette française (et pourquoi elles sont fausses)
Quand on parle de dette, les clichés ont la vie dure. En voici quelques-uns, démontés un à un.
"La dette, c’est la faute aux présidents dépensiers"
Faux. Comme on l’a vu, la dette est le résultat d’un ensemble de facteurs : crises économiques, croissance molle, dépenses publiques élevées, fraude fiscale… Les présidents ont leur part de responsabilité, mais ils ne sont pas les seuls coupables. Et puis, il y a l’héritage : chaque président récupère les comptes de son prédécesseur, avec leurs forces et leurs faiblesses. Autant dire que comparer leurs bilans, c’est un peu comme comparer des coureurs qui ne partent pas de la même ligne.
"La dette française est insoutenable"
Vrai et faux. Avec un ratio dette/PIB de 111 %, la France est effectivement l’un des pays les plus endettés d’Europe. Mais ce ratio n’est pas insoutenable en soi. Tout dépend des taux d’intérêt. Or, avec des taux historiquement bas, la charge de la dette reste supportable. Le vrai risque, c’est la remontée des taux – qui pourrait rendre la dette ingérable.
"Il faut rembourser la dette à tout prix"
Faux. La dette, ce n’est pas comme un crédit à la consommation. L’État n’a pas l’obligation de la rembourser intégralement. Tant que les taux d’intérêt restent bas et que la croissance est au rendez-vous, il peut se contenter de la "rouler" – c’est-à-dire emprunter pour rembourser les dettes arrivant à échéance. Le vrai défi, c’est de stabiliser le ratio dette/PIB, pour éviter qu’il ne devienne ingérable.
"La dette, c’est l’argent des générations futures"
Vrai, mais pas seulement. La dette, c’est aussi l’argent des générations présentes. Quand l’État emprunte, il finance des dépenses qui bénéficient à tous : écoles, hôpitaux, routes, etc. Le problème, c’est quand cette dette finance des dépenses courantes, qui ne profitent qu’à court terme. Là, oui, c’est un fardeau pour les générations futures.
Questions fréquentes sur la dette française
Qui détient la dette française ?
La dette française est détenue à 60 % par des investisseurs étrangers (fonds de pension, banques centrales, etc.), à 20 % par des résidents français (assurances, banques, particuliers), et à 20 % par la Banque de France. Contrairement à une idée reçue, la Chine ne détient qu’une infime partie de la dette française (moins de 2 %).
Est-ce que la France peut faire faillite ?
Non. Un État ne peut pas faire faillite comme une entreprise. En revanche, il peut faire défaut – c’est-à-dire ne plus rembourser ses dettes. Mais c’est un scénario extrême, qui n’est jamais arrivé en France. Et avec l’euro, la Banque centrale européenne (BCE) a les moyens d’éviter une telle situation.
Pourquoi la dette française est-elle plus élevée que celle de l’Allemagne ?
Parce que l’Allemagne a une culture de la rigueur budgétaire plus ancrée. Depuis les années 2000, Berlin a mené des réformes structurelles (retraites, marché du travail) qui ont permis de réduire les dépenses publiques. En France, ces réformes ont été plus timides, et les dépenses publiques restent élevées. Résultat : la dette allemande est passée de 60 % à 66 % du PIB entre 2000 et 2023, tandis que la dette française est passée de 58 % à 111 %.
Est-ce que la dette française va continuer d’augmenter ?
Probablement. Avec le vieillissement de la population, les dépenses de santé et de retraites vont continuer de peser sur les finances publiques. Et avec la remontée des taux d’intérêt, la charge de la dette va augmenter. Sauf rebond de la croissance ou réforme structurelle majeure, le ratio dette/PIB devrait continuer de grimper dans les années à venir.
Verdict : qui est vraiment le président le plus endetté ?
Si on s’en tient aux chiffres bruts, c’est Nicolas Sarkozy qui détient le record de la hausse de la dette en points de PIB (+15,8 points en cinq ans). François Hollande arrive en deuxième position (+7,9 points), devant Emmanuel Macron (+13,2 points en six ans, mais avec des circonstances atténuantes).
Mais si on regarde les choses de plus près, le classement change. Parce que la dette, ce n’est pas qu’une question de chiffres – c’est aussi une question de contexte, de timing, et de chance. Sarkozy a dû gérer la crise de 2008, Hollande a hérité d’un déficit abyssal, et Macron a dû faire face au Covid-19 et à la guerre en Ukraine. Autant dire que comparer leurs bilans, c’est un peu comme comparer des pommes et des oranges.
Alors, qui est le président le plus endetté ? La réponse, c’est qu’il n’y en a pas. Ou plutôt, qu’ils le sont tous, à des degrés divers. Parce que la dette française, c’est un problème systémique, qui dépasse largement les mandats présidentiels. C’est le résultat de décennies de dépenses publiques élevées, de croissance molle, et d’un modèle social coûteux. Et tant que ces problèmes ne seront pas réglés, la dette continuera de grimper – quel que soit le président en place.
Reste une question : est-ce que ça a la moindre importance ? Pour l’instant, non. Avec des taux d’intérêt bas, la charge de la dette reste supportable. Mais si les taux remontent, et si la croissance ne redémarre pas, la situation pourrait devenir critique. Et là, la question ne sera plus de savoir qui est le président le plus endetté, mais comment éviter le pire.
En attendant, une chose est sûre : la dette française n’est pas près de disparaître. Et ça, aucun président ne pourra le nier.
