Pourquoi c’est (vraiment) pas si simple
Un pote à moi, Antoine, monteur à ses heures perdues, m’a balancé ça l’autre soir en terrasse : “Mais pourquoi tu veux mettre un seul genre ? Un Tarantino c’est quoi ? Une comédie ? Un western ? Un film noir ?” Et il avait raison. C’est souvent bien plus flou qu’on le croit.
Les genres principaux : une base, mais pas une vérité
Un héritage historique
À la base, les genres ciné viennent surtout des studios américains. Dans les années 30-50, Hollywood adorait tout classer : western, film noir, musical, comédie romantique… C’était pratique pour vendre. Et cette logique marketing, elle est restée. Mais aujourd’hui, avec tous les mélanges de styles, ça colle plus trop.
Quelques exemples classiques
Action : explosions, courses-poursuites, héros musclés (coucou Bruce Willis)
Comédie : le rire avant tout, souvent léger, parfois très second degré (les Bronzés ou OSS 117, au choix)
Drame : des émotions fortes, souvent une tragédie à la clé
Science-fiction : futurs hypothétiques, technologie, aliens, etc.
Fantastique / horreur : quand le surnaturel entre en jeu ou qu’on veut vous coller des sueurs froides
Mais un film peut facilement en cocher deux, trois, voire plus…
Des critères flous mais utiles
L’intrigue avant tout ?
Une méthode simple, c’est de se demander : “Quel est le moteur de l’histoire ?” Si c’est une quête de justice, on est peut-être dans le thriller. Si c’est une histoire d’amour impossible… bon, là tu sens venir le drame romantique, non ?
Mais attention : l’intrigue ne fait pas tout. Un même pitch peut donner des genres très différents selon le traitement.
Le ton et l’atmosphère
Un autre indicateur super important, c’est le ton général du film. Un scénario ultra sombre raconté avec un humour absurde peut devenir une comédie noire (genre Fargo). Et c’est là que, perso, je me suis déjà planté en classant un film dans ma base Letterboxd. Je pensais avoir vu un drame… c’était en fait une satire bien vénère. Erreur de débutant ? Peut-être. Ou juste trop pressé de juger.
L’univers visuel
Ouais, faut pas négliger ça. Les costumes, les décors, les effets spéciaux peuvent nous orienter. Un film en costumes + duels à l’épée = historique ? Pas toujours. Ça peut être un thriller politique planqué sous un vernis médiéval (comme La Reine Margot).
Les mélanges de genres : bénédiction ou galère ?
Quand tout se mélange (et c’est pas grave)
Aujourd’hui, t’as des films qui brassent trois ou quatre genres sans souci. Parasite ? C’est un thriller social, une comédie noire, un drame familial, et même parfois de l’horreur. Et pourtant, ça fonctionne.
Mais ça peut foutre la pagaille pour les critiques, les festivals, les fiches Netflix. Tu cliques sur "comédie", tu tombes sur un truc ultra glauque. Frustration garantie.
Anecdote express : mon ex-prof de cinéma et le “drame d’action comique”
Petit flashback : en licence de ciné, mon prof nous fait analyser Le Dîner de cons. Et là, il balance que c’est un “drame d’action comique”. Gros blanc dans l’amphi. Tout le monde rigole. Il insiste. Selon lui, l’action (l'invitation, le dîner, les retournements) est très structurée, les enjeux sont dramatiques (humiliation, solitude), et pourtant on se marre. J’ai trouvé ça tiré par les cheveux à l’époque. Maintenant ? Ben je crois qu’il avait un peu raison.
Et alors, comment tu fais concrètement ?
1. Pose-toi les bonnes questions
Qu’est-ce que le film veut te faire ressentir ?
Quels sont les codes visuels et narratifs dominants ?
Le film a-t-il un message ou un objectif clair ?
2. Regarde comment d'autres l’ont classé (mais garde ton esprit critique)
IMDb, AlloCiné, SensCritique… c’est pas parfait, mais ça donne une tendance. Parfois, juste lire quelques critiques t’éclaire mieux que n’importe quelle fiche technique.
3. Accepte le flou artistique
Sérieux, y’a pas toujours une réponse unique. Et c’est pas grave. Ce flou, c’est même ce qui rend le ciné passionnant. Tant que tu peux justifier ton choix, t’as le droit à ta vision.
En conclusion (et un petit aveu perso)
Pendant longtemps, j’ai cru qu’il fallait coller une étiquette claire à chaque film. C’était rassurant. Classer, trier, comprendre. Mais plus je regarde de films, plus je doute. Et plus j’accepte ces zones grises. Le genre, c’est pas une science exacte. C’est une boussole, pas un GPS.
Alors la prochaine fois que tu sors d’un film en te demandant “C’était quoi, ce truc ?”, félicite-toi. T’as peut-être vu quelque chose de vraiment original.

