Le vrai piège, c’est de croire qu’un voyage en solo se résume à cocher des cases. Un temple ici, un coucher de soleil là, une photo Instagram qui fera pâlir d’envie vos collègues de bureau. Non. Le meilleur voyage en solo, c’est celui qui vous secoue – pas forcément dans le sens où on l’entend. Parfois, c’est une conversation avec une vieille dame dans un bus au fin fond du Kerala qui vous fait réaliser que vous avez passé votre vie à courir après des choses qui ne vous appartenaient pas. Parfois, c’est une nuit blanche à marcher dans les rues désertes de Reykjavik, avec le vent qui vous gifle et le ciel qui refuse de s’assombrir, qui vous rappelle que vous êtes vivante. Et parfois, c’est simplement le fait de commander un deuxième verre de vin dans un petit restaurant de Lisbonne, sans culpabilité, sans attente, juste parce que vous en avez envie. Alors, par où commencer ?
Pourquoi partir seule est une idée à la fois géniale et terrifiante (et comment faire pour que ce soit surtout génial)
On vous a vendu le voyage en solo comme une expérience libératrice, presque spirituelle. La réalité ? C’est souvent un mélange de euphorie pure et de moments où vous vous demandez ce qui vous a pris de quitter votre canapé. Le premier jour, vous vous sentez invincible. Le deuxième, vous réalisez que personne ne viendra vous sauver si vous vous perdez. Le troisième, vous comprenez que c’est précisément cette vulnérabilité qui rend l’aventure si précieuse.
Le truc, c’est que voyager seule ne signifie pas voyager sans filet. Au contraire. Les meilleures aventurières en solo sont celles qui savent anticiper – sans pour autant tout contrôler. Un exemple ? Au Japon, les transports sont si ponctuels qu’on pourrait régler sa montre dessus. Résultat : vous pouvez vous permettre de vous perdre dans les ruelles de Kyoto sans craindre de rater votre train. En Islande, les routes sont si bien balisées que même une panne en plein milieu de nulle part devient une anecdote (à condition d’avoir un chargeur de téléphone et une barre de céréales dans la boîte à gants). Mais en Inde ? Là, c’est une autre histoire. Les bus partent quand ils veulent, les chauffeurs de tuk-tuk ont une notion très personnelle de la vitesse, et les cartes Google deviennent soudainement aussi fiables qu’un horoscope. Alors, comment faire pour que votre voyage ressemble plus à une révélation qu’à un cauchemar ?
D’abord, acceptez l’imperfection. Votre itinéraire ne sera pas linéaire. Vous allez rater des trains, vous tromper de rue, commander un plat qui ressemble à une expérience scientifique. Et c’est très bien comme ça. Ensuite, apprenez à faire confiance – mais pas n’importe qui. Une femme seule dans un bar à Bangkok à 2h du matin ? Mauvaise idée. Une femme seule dans un café de quartier à Porto, en train de discuter avec la serveuse qui lui recommande un petit restaurant familial ? Parfait. Enfin, préparez-vous sans vous enfermer. Ayez une liste de contacts locaux (les groupes Facebook de voyageurs sont une mine d’or), un plan B pour vos hébergements, et surtout, une marge de manœuvre dans votre budget. Parce que le jour où vous tomberez sur ce guesthouse perdue dans les montagnes du Vietnam, avec une vue à couper le souffle et un propriétaire qui vous offrira du thé en vous racontant l’histoire de sa famille, vous voudrez pouvoir dire oui sans hésiter.
Les trois peurs qui vous empêchent de partir (et pourquoi elles sont surestimées)
La peur numéro un : "Je vais me sentir seule". Sauf que la solitude en voyage n’a rien à voir avec celle que vous connaissez chez vous. Chez vous, la solitude, c’est l’absence de bruit. En voyage, c’est la présence de tout ce qui n’est pas vous – les odeurs, les sons, les regards qui se croisent et se détournent. Et puis, vous allez rencontrer des gens. Pas forcément des amis pour la vie, mais des compagnons de route, des visages qui s’animent le temps d’un trajet en bus, d’un repas partagé, d’une visite guidée improvisée. Au pire, vous aurez des conversations avec des chats. (Les chats japonais, par exemple, sont des experts en thérapie gratuite.)
La peur numéro deux : "C’est dangereux". Oui, le monde peut être dangereux. Mais saviez-vous que vous avez plus de risques de vous blesser en trébuchant sur le tapis de votre salon que d’être victime d’un crime violent à Tokyo ou à Reykjavik ? Les chiffres sont têtus : selon une étude de l’ONU, les pays les plus sûrs pour les voyageuses solo sont le Japon, la Norvège, l’Islande, et le Portugal. À l’inverse, certains pays d’Amérique latine ou d’Afrique du Nord, souvent présentés comme des paradis touristiques, affichent des taux de harcèlement de rue bien plus élevés. Le danger n’est pas là où on l’attend. Il est dans les regards insistants, les mains qui frôlent, les remarques qui vous rappellent que vous êtes une femme avant d’être une voyageuse. La solution ? Choisir des destinations où les femmes locales se sentent en sécurité – parce que si elles le sont, vous le serez aussi.
La peur numéro trois : "Je ne saurai pas quoi faire de moi-même". Là, c’est une question d’état d’esprit. Si vous attendez que le voyage vous "remplisse", vous allez être déçue. Un voyage en solo, ce n’est pas une série Netflix où tout est scénarisé pour votre plaisir. C’est un miroir. Parfois, il reflète des choses que vous n’avez pas envie de voir. Parfois, il vous montre des versions de vous-même que vous ne connaissiez pas. Le secret ? Ne pas chercher à tout prix à "profiter". Laissez-vous surprendre. Un jour, vous passerez trois heures dans un café à observer les passants. Un autre, vous marcherez vingt kilomètres sans but précis. Et un troisième, vous annulerez tous vos plans pour rester au lit avec un livre. Et ce sera parfait.
Le Japon : quand la solitude devient une forme de communion
Il y a quelque chose de profondément apaisant dans le Japon. Peut-être est-ce l’ordre qui règne partout, des gares aux temples, en passant par les rayons des konbini. Peut-être est-ce cette politesse qui n’est pas de la soumission, mais une forme de respect mutuel. Ou peut-être est-ce simplement le fait que, dans ce pays, vous pouvez être seule sans jamais vous sentir isolée.
Prenez Tokyo. Une ville de 37 millions d’habitants où l’on peut se sentir invisible – et c’est précisément ce qui la rend magique. Vous pouvez vous asseoir dans un café à Shibuya, commander un matcha latte, et observer le monde défiler sans que personne ne vous juge, ne vous parle, ne vous regarde avec insistance. Vous êtes une étrangère, oui, mais une étrangère qui a sa place. Et puis, il y a ces petits riens qui transforment un voyage en expérience : le son des geta (ces sandales traditionnelles) sur les pavés de Gion, l’odeur du miso qui s’échappe des restaurants de quartier, la façon dont les Japonais s’inclinent légèrement en vous croisant dans la rue, comme pour vous dire : "Je vous vois, même si je ne vous connais pas."
Mais le Japon, ce n’est pas que Tokyo. C’est aussi Kyoto, où les temples deviennent des refuges. Imaginez : vous marchez dans les jardins de Ryoan-ji, ce célèbre jardin de pierres où l’on dit que l’on ne peut jamais voir les quinze rochers en même temps. Vous êtes seule. Le silence est si dense qu’il en devient presque palpable. Et soudain, vous comprenez pourquoi les moines zen méditent ici depuis des siècles. Ce n’est pas une question de spiritualité, mais de présence. Être là, simplement là, sans distraction, sans attente. C’est une leçon que Kyoto vous offre, encore et encore, dans ses ruelles étroites, ses maisons de thé, ses sanctuaires cachés.
Où dormir : entre ryokan traditionnels et auberges futuristes
Au Japon, le choix de l’hébergement peut faire toute la différence entre un voyage agréable et une expérience inoubliable. Les ryokan, ces auberges traditionnelles, sont une institution. Imaginez : vous arrivez dans une maison en bois, on vous offre des pantoufles, un thé, et on vous conduit à votre chambre où un futon vous attend, déjà préparé sur les tatamis. Le soir, on vous sert un kaiseki, ce repas gastronomique en plusieurs services, dans votre chambre ou dans une salle commune. Le prix ? Entre 15 000 et 40 000 yens la nuit (soit 100 à 270 euros). Cher ? Oui. Mais une fois dans votre vie, ça vaut le coup.
Si votre budget est plus serré, les auberges de jeunesse japonaises sont une excellente alternative. Certaines sont de véritables bijoux de design, comme le UNPLAN Shinjuku à Tokyo, où chaque chambre est aménagée comme un petit appartement, avec cuisine et salle de bain privative. D’autres misent sur l’ambiance communautaire, comme le Khaosan Tokyo Kabuki, où les voyageurs se retrouvent dans un espace commun pour partager des repas et des histoires. Comptez entre 2 500 et 5 000 yens la nuit (17 à 35 euros).
Et puis, il y a les capsule hotels. Oui, ces fameuses "chambres" où l’on dort dans une boîte de deux mètres sur un. Si l’idée peut sembler claustrophobe, l’expérience est en réalité plutôt amusante. Les capsules sont propres, équipées d’une télévision, d’un réveil, et parfois même d’une petite fenêtre. Les femmes ont souvent leur propre étage, ce qui est rassurant. Le Nine Hours Shinjuku-North est l’un des plus réputés, avec ses capsules futuristes et son ambiance de vaisseau spatial. Comptez environ 4 000 yens la nuit (28 euros).
Se déplacer : le réseau ferroviaire le plus efficace au monde (et comment ne pas se ruiner)
Le Japon est le pays des trains. Pas des trains qui arrivent en retard, qui tombent en panne, ou qui vous laissent sur le quai parce que vous n’avez pas réservé. Non. Des trains ponctuels à la seconde près, propres, silencieux, et qui vous emmènent d’un bout à l’autre du pays en un temps record. Le Shinkansen, ce fameux TGV japonais, peut atteindre les 320 km/h. En une heure, vous passez de Tokyo à Nikko, avec ses temples classés à l’UNESCO. En deux heures et demie, vous êtes à Kyoto. En quatre heures, à Hiroshima.
Le problème ? Les billets coûtent cher. Un aller simple Tokyo-Kyoto en Shinkansen coûte environ 13 000 yens (90 euros). Heureusement, il existe des solutions pour voyager sans se ruiner. La première, c’est le Japan Rail Pass. Ce pass, réservé aux touristes, vous permet de prendre autant de trains que vous voulez pendant 7, 14 ou 21 jours. Un pass 7 jours coûte environ 50 000 yens (350 euros). Si vous prévoyez de faire un circuit Tokyo-Kyoto-Hiroshima-Osaka, ça vaut le coup. Sinon, optez pour des billets individuels ou des pass régionaux, comme le Kansai Pass, qui couvre Kyoto, Osaka et Nara.
Autre option : les bus de nuit. Moins rapides que le Shinkansen, mais bien moins chers. Un trajet Tokyo-Kyoto en bus coûte environ 5 000 yens (35 euros) et vous fait économiser une nuit d’hôtel. Les compagnies comme Willer Express proposent des bus confortables, avec des sièges inclinables et des couvertures. Le seul inconvénient ? Vous arrivez à destination à 6h du matin, avec une journée entière devant vous et une envie folle de café.
Les pièges à éviter : quand le Japon devient moins zen
Le Japon est un pays sûr, mais il a ses petites particularités qui peuvent rendre un voyage en solo un peu plus compliqué. D’abord, la barrière de la langue. Dans les grandes villes, vous trouverez facilement des panneaux en anglais, mais dès que vous sortez des sentiers battus, c’est une autre histoire. Apprenez quelques mots de base ("sumimasen" pour "excusez-moi", "arigato" pour "merci", "eigo ga hanasemasu ka ?" pour "parlez-vous anglais ?") et téléchargez une application de traduction comme Google Translate (avec la fonction photo pour traduire les menus).
Ensuite, les règles de politesse. Au Japon, on ne mange pas en marchant, on ne parle pas fort dans les transports, et on ne laisse pas de pourboire (c’est même considéré comme impoli). Si vous ne respectez pas ces codes, on ne vous dira rien, mais vous sentirez les regards désapprobateurs. Un conseil : observez les locaux et imitez-les.
Enfin, les coûts cachés. Le Japon est un pays cher, surtout à Tokyo et à Kyoto. Une nuit dans un ryokan peut coûter 300 euros, un repas dans un restaurant étoilé Michelin encore plus. Mais il y a des astuces pour économiser. Les konbini (ces supérettes ouvertes 24h/24) vendent des bentos (repas à emporter) pour moins de 500 yens (3,50 euros). Les izakaya (bars à tapas japonais) proposent des plats à partager pour 500 à 1 000 yens (3,50 à 7 euros). Et les temples avec hébergement, comme le Shunkoin à Kyoto, offrent des nuits à partir de 8 000 yens (55 euros), petit-déjeuner bouddhiste inclus.
L’Islande : quand la nature vous rappelle que vous n’êtes qu’un grain de poussière (et c’est libérateur)
L’Islande, c’est le genre de destination qui vous fait réaliser à quel point vous êtes petite. Pas dans le sens "vous êtes insignifiante", non. Dans le sens "vous faites partie de quelque chose de bien plus grand que vous". Ici, la nature ne se contente pas d’être belle, elle vous domine. Les volcans crachent leur lave, les glaciers avancent inexorablement, les cascades rugissent comme si elles voulaient vous rappeler qui commande. Et c’est précisément cette démesure qui rend l’Islande si addictive pour les voyageuses solo.
Imaginez : vous êtes au milieu de nulle part, sur la route 1 qui fait le tour de l’île. Il n’y a personne à des kilomètres à la ronde. Le vent souffle si fort qu’il vous pousse presque à marcher à l’envers. Et soudain, vous tombez sur Skógafoss, cette cascade de 60 mètres de haut qui semble sortir tout droit d’un film de fantasy. Vous vous approchez, vous sentez les embruns sur votre visage, vous entendez le grondement de l’eau qui s’écrase sur les rochers. Et là, quelque chose en vous se dénoue. Ce n’est pas de la peur. Ce n’est pas de l’émerveillement. C’est une forme de sérénité brutale, comme si la nature vous disait : "Tu vois ? Tu n’as pas besoin de tout contrôler. Tu n’es qu’une partie de l’histoire."
Et puis, il y a les aurores boréales. Ces lueurs vertes et violettes qui dansent dans le ciel comme si quelqu’un avait secoué une bouteille de peinture lumineuse. Les voir pour la première fois, c’est un peu comme tomber amoureuse : on ne sait pas trop comment c’est arrivé, mais on sait qu’on ne sera plus jamais la même. Sauf qu’ici, l’objet de votre fascination n’est pas une personne, mais l’univers tout entier. Et ça, c’est bien plus simple à gérer qu’une relation compliquée.
Road trip en solo : comment ne pas finir gelée au milieu de nulle part
L’Islande se visite en voiture. Point. Les transports en commun sont quasi inexistants en dehors de Reykjavik, et même là, ils sont lents et peu pratiques. Alors, si vous voulez voir autre chose que la capitale, il vous faut une voiture. Mais attention : conduire en Islande, ce n’est pas comme conduire en France ou en Belgique. Ici, les routes sont étroites, les ponts à voie unique, et les moutons ont la fâcheuse habitude de traverser sans prévenir. Sans compter le vent, qui peut souffler à plus de 100 km/h et vous faire dévier de votre trajectoire.
Première règle : ne louez pas une voiture trop petite. Les routes islandaises, surtout dans les Highlands, sont souvent des pistes en gravier. Une petite citadine ne fera pas l’affaire. Optez pour un 4x4, même si c’est plus cher. Les compagnies comme Blue Car Rental ou Lotus proposent des tarifs corrects, à partir de 8 000 ISK par jour (55 euros). Deuxième règle : préparez votre itinéraire à l’avance. Le réseau routier islandais est limité, et certaines routes sont fermées une partie de l’année (comme la F35, qui traverse les Highlands, accessible seulement de juin à septembre). Utilisez l’application Road.is pour vérifier l’état des routes en temps réel.
Troisième règle : emportez toujours de l’eau, de la nourriture, et une couverture de survie. En Islande, les stations-service peuvent être espacées de 100 kilomètres. Et si vous tombez en panne dans les Highlands, les secours mettront des heures à arriver. Enfin, ne sous-estimez pas les distances. Reykjavik à Vik, c’est 180 kilomètres. En France, ça prendrait deux heures. En Islande, comptez trois heures, voire plus si le temps est mauvais.
Où dormir : entre guesthouses cosy et nuits sous les étoiles
En Islande, les hébergements sont chers. Très chers. Une nuit dans un hôtel correct à Reykjavik coûte facilement 20 000 ISK (140 euros). Une guesthouse, entre 12 000 et 18 000 ISK (85 à 130 euros). Mais il y a des alternatives pour les budgets serrés. Les auberges de jeunesse, comme le Kex Hostel à Reykjavik, proposent des lits en dortoir à partir de 5 000 ISK (35 euros). Les camping sont aussi une option, mais attention : en Islande, il fait froid même en été. Comptez 2 000 ISK (14 euros) par nuit pour planter votre tente, plus 1 000 ISK (7 euros) pour utiliser les sanitaires. Et n’oubliez pas votre sac de couchage grand froid !
Si vous voulez une expérience plus authentique, optez pour les fermes d’hôtes. Ces guesthouses tenues par des Islandais offrent souvent des chambres simples mais chaleureuses, avec petit-déjeuner maison. Certaines proposent même des activités, comme des balades à cheval ou des visites de grottes de lave. Le Farmhouse Lodge près de Vik est une excellente option, avec ses chambres décorées dans le style islandais traditionnel et son sauna avec vue sur les montagnes.
Et puis, il y a le couchsurfing. L’Islande compte une communauté très active, et les Islandais sont généralement accueillants. C’est une excellente façon de rencontrer des locaux et de découvrir le pays sous un angle différent. Mais attention : en haute saison (juin à août), les hôtes sont très sollicités. Réservez à l’avance et soyez flexible sur vos dates.
Les incontournables (et ceux qu’on peut zapper sans remords)
L’Islande regorge de sites magnifiques, mais certains sont surcotés, bondés, ou tout simplement décevants. Voici ce qu’il faut absolument voir, et ce qu’on peut se permettre de sauter.
À faire absolument :
La Cercle d’Or (Þingvellir, Geysir, Gullfoss). C’est le circuit touristique par excellence, mais pour une bonne raison : ces trois sites sont à couper le souffle. Þingvellir, c’est là que l’Europe et l’Amérique se séparent (littéralement, c’est un rift tectonique). Geysir, c’est le geyser qui a donné son nom à tous les autres. Et Gullfoss, c’est cette cascade en deux étages qui semble plonger dans les entrailles de la terre. Le tout en une journée, sans trop s’éloigner de Reykjavik.
Les plages de sable noir de Reynisfjara. Imaginez une plage de sable volcanique, avec des vagues qui s’écrasent contre des falaises de basalte. Ajoutez à cela des colonnes de roche hexagonales qui semblent sorties d’un autre monde, et vous obtenez l’un des paysages les plus photogéniques d’Islande. Attention, les vagues sont dangereuses : ne vous approchez pas trop de l’eau.
Les lagons chauds. Le Blue Lagoon est le plus connu, mais il est cher (environ 9 000 ISK, soit 65 euros) et souvent bondé. Si vous voulez une alternative plus authentique, optez pour le Secret Lagoon (3 000 ISK, 20 euros) ou le Sky Lagoon (7 000 ISK, 50 euros), tous deux moins touristiques et tout aussi relaxants.
À zapper sans remords :
Le musée du Phallus à Reykjavik. Oui, vous avez bien lu. Ce musée expose des pénis de toutes les espèces animales d’Islande, y compris des humains. C’est bizarre, c’est cher (2 500 ISK, 18 euros), et franchement, une fois qu’on a vu un pénis de baleine, on a fait le tour.
La cascade de Seljalandsfoss en haute saison. Cette cascade est magnifique, c’est vrai. Mais en juillet et août, elle est envahie par les touristes. Si vous voulez la voir sans la foule, allez-y tôt le matin ou en septembre.
Le restaurant du Perlan. Ce restaurant panoramique offre une vue imprenable sur Reykjavik, mais la nourriture est chère et moyenne. Mieux vaut dépenser votre argent dans un bon restaurant de poisson, comme le Fiskmarkaðurinn ou le Sægreifinn, où l’on sert des langoustines grillées à tomber.
Le Portugal : l’art de voyager seule sans jamais se sentir seule
Le Portugal, c’est le pays où l’on se sent chez soi sans y être. Où les gens vous sourient sans arrière-pensée, où les cafés sont des salons à ciel ouvert, et où le temps semble s’écouler plus lentement. C’est la destination idéale pour celles qui veulent voyager seule sans pour autant se sentir isolées. Ici, on ne vous regardera pas avec pitié si vous mangez seule au restaurant. Au contraire, on vous proposera peut-être de partager une table, ou de goûter un plat que vous ne connaissez pas. Et puis, il y a cette lumière. Cette lumière dorée qui baigne Lisbonne en fin d’après-midi, qui fait scintiller les azulejos des églises, et qui donne l’impression que tout est possible.
Mais le Portugal, ce n’est pas que Lisbonne. C’est aussi Porto, avec ses caves à vin et ses ponts qui enjambent le Douro. C’est l’Algarve, où les falaises plongent dans une mer turquoise. C’est Sintra, avec ses palais de conte de fées cachés dans la brume. Et c’est surtout cette façon qu’ont les Portugais de vous faire sentir la bienvenue, comme si vous étiez une amie de longue date qu’on n’avait pas vue depuis trop longtemps.
Un exemple ? Un soir, à Porto, je me suis retrouvée dans un petit restaurant du quartier de Ribeira. Je venais de passer la journée à arpenter les ruelles pentues de la ville, et j’avais juste envie d’un verre de vin et d’un plat de bacalhau. Le serveur, un homme d’une soixantaine d’années avec une moustache à la Salvador Dali, m’a apporté mon vin et m’a demandé d’où je venais. Quand je lui ai répondu "de France", il a hoché la tête, comme si c’était la chose la plus normale du monde, et il est revenu cinq minutes plus tard avec une assiette de petiscos (ces tapas portugaises) "pour goûter". Personne ne m’avait rien demandé. Personne ne m’a présenté l’addition à la fin. Juste un geste, simple et généreux, qui m’a fait me sentir chez moi.
Lisbonne vs Porto : laquelle choisir pour un premier voyage en solo ?
Lisbonne et Porto sont les deux villes les plus populaires du Portugal, mais elles offrent des expériences très différentes. Lisbonne, c’est la ville qui ne dort jamais (enfin, presque). C’est bruyant, animé, un peu chaotique. Les tramways grimpent des rues si pentues qu’on se demande comment ils font pour ne pas basculer. Les miradouros (ces belvédères qui offrent des vues à couper le souffle) sont bondés de monde, même à minuit. Et les restaurants servent des plats jusqu’à 23h, ce qui est parfait pour celles qui aiment dîner tard.
Porto, en revanche, est plus calme, plus authentique. C’est une ville à taille humaine, où l’on peut se perdre dans les ruelles du quartier de Ribeira sans croiser un seul touriste. Les cafés ferment plus tôt, les restaurants aussi, et le soir, les rues sont désertes. Mais c’est précisément cette tranquillité qui rend Porto si attachante. Ici, on prend le temps de vivre. On s’assoit sur les quais du Douro, on regarde les bateaux passer, on discute avec les pêcheurs qui réparent leurs filets. Et puis, il y a le vin. Porto, c’est la capitale du vin de Porto, et les caves de Vila Nova de Gaia sont une visite incontournable. Déguster un verre de tawny en regardant le coucher de soleil sur le Douro, c’est une expérience qui vaut tous les musées du monde.
Alors, laquelle choisir ? Si vous voulez une ville dynamique, avec une vie nocturne animée et une scène culturelle riche, optez pour Lisbonne. Si vous préférez une ambiance plus intimiste, avec des paysages à couper le souffle et une gastronomie exceptionnelle, choisissez Porto. Et si vous avez le temps, faites les deux : les deux villes sont reliées par un train qui met trois heures, et le trajet le long de la côte est magnifique.
Où dormir : entre maisons d’hôtes charmantes et auberges branchées
Au Portugal, les hébergements sont abordables, même dans les grandes villes. À Lisbonne, une nuit dans un hôtel correct coûte entre 70 et 120 euros. À Porto, entre 60 et 100 euros. Mais il y a des alternatives pour les budgets serrés. Les auberges de jeunesse sont nombreuses et bien tenues. Le Yes! Lisbon Hostel est l’une des mieux notées, avec ses chambres colorées et son ambiance conviviale. Comptez entre 20 et 30 euros la nuit en dortoir. Le Gallery Hostel à Porto est une autre excellente option, avec son jardin et ses expositions d’art.
Si vous voulez une expérience plus authentique, optez pour une maison d’hôtes. Ces petites structures, souvent tenues par des Portugais, offrent des chambres simples mais chaleureuses, avec petit-déjeuner maison. Le Casa de São Mamede à Lisbonne est une pépite, avec ses azulejos traditionnels et son jardin intérieur. Le Casa do Conto à Porto, installé dans une ancienne maison de maître, est un autre coup de cœur, avec ses chambres décorées par des artistes locaux.
Et puis, il y a les appartements en location. Lisbonne et Porto regorgent d’appartements meublés, souvent moins chers qu’un hôtel et bien plus pratiques pour les longs séjours. Les plateformes comme Airbnb ou Booking.com en proposent des centaines, mais attention : certains quartiers de Lisbonne, comme Alfama ou Baixa, sont très bruyants. Si vous voulez dormir tranquillement, optez pour des quartiers plus résidentiels, comme Graça ou Estrela.
Se déplacer : entre tramways mythiques et bus low-cost
Se déplacer au Portugal est facile et peu coûteux. À Lisbonne, les tramways sont un moyen de transport pratique et pittoresque. Le tramway 28, en particulier, est une institution : il traverse les quartiers historiques de la ville, de Graça à Estrela, en passant par Alfama et Baixa. Un billet coûte 3 euros, mais attention : en haute saison, il est souvent bondé. Si vous voulez éviter la foule, optez pour le tramway 12, qui suit un itinéraire similaire mais moins touristique.
Les bus sont une autre option, surtout pour les trajets en dehors du centre-ville. La compagnie Carris gère le réseau de bus de Lisbonne, et un billet coûte 2 euros. Les trains sont pratiques pour les trajets entre villes. La compagnie CP propose des trains entre Lisbonne et Porto à partir de 25 euros, avec des trajets qui durent entre 2h40 et 3h30. Pour les trajets plus longs, comme Lisbonne-Faro (en Algarve), comptez environ 25 euros et 3h30 de trajet.
Si vous voulez explorer le pays en voiture, sachez que les routes portugaises sont en bon état, mais que la conduite peut être chaotique, surtout dans les grandes villes. Les Portugais ont une conduite un peu... disons, créative. Les clignotants sont optionnels, les priorités à droite sont souvent ignorées, et les ronds-points sont une source de stress pour les conducteurs étrangers. Si vous n’êtes pas à l’aise avec ce genre de conduite, mieux vaut opter pour les transports en commun.
Les pièges à touristes (et comment les éviter)
Le Portugal est un pays accueillant, mais comme partout, il y a des pièges à touristes. Voici les plus courants, et comment les éviter.
Les restaurants trop touristiques. À Lisbonne, évitez les restaurants de la Praça do Comércio et de la Rua Augusta. Les prix y sont gonflés, et la qualité est souvent médiocre. Préférez les petits restaurants de quartier, comme le Cervejaria Ramiro (pour les fruits de mer) ou le Time Out Market (pour une expérience culinaire variée). À Porto, fuyez les restaurants du quai de Ribeira, et optez pour des adresses comme le Casa Guedes (pour ses sandwichs au porc et au fromage) ou le Taberna dos Mercadores (pour ses plats traditionnels).
Les tuk-tuks. Ces petits véhicules à trois roues sont devenus une plaie à Lisbonne. Les conducteurs proposent des visites guidées à des prix exorbitants (entre 50 et 100 euros pour une heure), et les trajets sont souvent bondés. Si vous voulez une visite guidée, optez pour un free walking tour (vous payez ce que vous voulez à la fin) ou un tramway historique (comme le tramway 12).
Les pickpockets. Lisbonne et Porto sont des villes sûres, mais les pickpockets sont actifs dans les lieux touristiques, comme les tramways, les miradouros, et les marchés. Pour éviter les mauvaises surprises, gardez votre sac devant vous, ne laissez pas votre téléphone
