Pourtant, les enjeux sont colossaux. Derrière chaque maillot vendu, chaque billet d’avion réservé pour un match à l’extérieur, chaque débat enflammé dans un bar à 2h du matin après une défaite crève-cœur, il y a des milliards de dollars, une culture populaire qui dépasse largement les frontières des États-Unis, et surtout, une loyauté qui défie parfois la raison. Alors, qui mérite vraiment ce titre ? On va creuser, chiffres à l’appui, mais aussi avec ce que les données ne montrent pas – ces petites folies qui font qu’un supporter des Steelers préférerait rater le mariage de son cousin plutôt qu’un Monday Night Football.
Pourquoi ce débat n’a (presque) aucun sens – et pourquoi on en parle quand même
Commençons par le commencement : qu’est-ce qu’un "fanbase" ? Est-ce le nombre de maillots vendus ? La fréquentation des stades ? Les mentions sur les réseaux sociaux ? Les abonnés YouTube ? Les gens qui se tatouent le logo de l’équipe sur l’épaule ? (Spoiler : oui, ça existe. Et non, ce n’est pas toujours une bonne idée.)
Le problème, c’est que chaque méthode de mesure donne des résultats différents. Prenez les Cowboys : selon Forbes, ils sont l’équipe la plus valorisée de la NFL, avec une valeur estimée à 9,2 milliards de dollars en 2023. Un chiffre qui fait pâlir d’envie les propriétaires des autres franchises. Mais est-ce que ça fait d’eux les plus populaires ? Pas si simple. Car si l’argent parle, il ne crie pas toujours la vérité.
Et puis, il y a cette question qui fâche : un fan est-il forcément quelqu’un qui vit dans la ville de l’équipe ? Les Raiders d’Oakland (désormais de Las Vegas) ont une base de supporters aussi fidèle que dispersée géographiquement. Leurs fans, surnommés la "Raider Nation", sont partout – des déserts du Nevada aux rues de Berlin, en passant par les prisons californiennes. (Oui, vous avez bien lu. Les Raiders ont une histoire… particulière avec leurs supporters incarcérés.) Alors, comment compter ceux qui suivent l’équipe depuis leur canapé à 3000 km du stade ?
Bref, on est face à un casse-tête. Mais un casse-tête passionnant, parce qu’il révèle bien plus que des statistiques : il montre comment le sport devient une religion, avec ses rites, ses martyrs, et ses guerres saintes.
Les trois piliers (officieux) pour mesurer une fanbase
Si on veut y voir plus clair, il faut croiser plusieurs indicateurs. Voici ceux qui comptent vraiment – et ceux qui mentent comme des arracheurs de dents.
1. La fréquentation des stades : le thermomètre qui peut tromper
Les Packers de Green Bay jouent dans le plus petit marché de la NFL (à peine 100 000 habitants pour la ville), et pourtant, leur stade, le Lambeau Field, affiche un taux de remplissage de 100% depuis… 1960. Cent pour cent. Pendant soixante-quatre ans. Même quand l’équipe perd, même quand il fait -15°C, même quand la neige tombe en rafales. C’est à la fois impressionnant et un peu flippant, comme si les fans étaient programmés pour venir, peu importe les circonstances.
Mais attention : un stade plein ne signifie pas forcément une base de fans large. Prenez les Jaguars de Jacksonville. Leur stade est souvent à moitié vide, mais leur propriétaire, Shahid Khan, a une stratégie bien à lui : il organise des matchs à Londres depuis 2013, et aujourd’hui, les Jaguars ont une fanbase solide… au Royaume-Uni. Du coup, est-ce qu’on les compte comme une équipe américaine ou internationale ?
2. Les ventes de merchandising : l’argent ne ment jamais (ou presque)
Là, les chiffres sont sans appel : les Cowboys écrasent tout le monde. En 2022, ils ont généré 380 millions de dollars de revenus liés aux produits dérivés – soit plus que les revenus totaux de certaines franchises. Derrière eux, on trouve les Patriots (280 millions), les 49ers (220 millions), et les Steelers (210 millions).
Mais là encore, il y a un piège. Les Cowboys vendent beaucoup parce qu’ils sont une marque mondiale, pas forcément parce que tout le monde les aime. C’est un peu comme McDonald’s : tout le monde en a mangé au moins une fois, mais ça ne veut pas dire que tout le monde en raffole. Beaucoup achètent un maillot de Dallas parce que c’est "l’équipe de la NFL", pas parce qu’ils suivent assidûment les performances des joueurs.
Et puis, il y a un phénomène bizarre : les gens achètent des maillots… pour les brûler. Oui, vous avez bien entendu. Après une défaite humiliante, certains fans des Browns de Cleveland (une équipe qui cumule les saisons catastrophiques) ont pris l’habitude d’organiser des "burn parties" où ils immolent symboliquement leurs maillots. Un geste extrême, mais qui montre à quel point l’attachement peut virer à la haine viscérale.
3. L’engagement en ligne : le nouveau terrain de bataille
Sur les réseaux sociaux, les chiffres explosent. Les Cowboys ont 11 millions d’abonnés sur Instagram, les Patriots 8 millions, les Steelers 6 millions. Mais là encore, méfiance. Un like ou un partage ne signifie pas forcément une passion dévorante. Certains comptes sont suivis par des bots, d’autres par des fans occasionnels qui aiment juste les highlights.
Ce qui compte vraiment, c’est l’engagement – les commentaires, les partages, les réactions. Et là, les équipes avec une identité forte sortent du lot. Les Saints de La Nouvelle-Orléans, par exemple, ont une communauté en ligne très active, avec des fans qui postent des vidéos de leurs célébrations après les victoires, ou qui organisent des collectes pour aider les joueurs blessés. Même chose pour les Bills de Buffalo, dont les supporters, surnommés la "Bills Mafia", sont connus pour leurs tables à sauter (littéralement) avant les matchs.
Mais le vrai test, c’est la réaction après une défaite. Quand les Chiefs perdent, leurs fans inondent Twitter de memes et de blagues. Quand les Bears perdent, leurs fans menacent de brûler la ville. (Bon, d’accord, c’est un peu exagéré. Mais pas tant que ça.)
Les Cowboys de Dallas : le géant aux pieds d’argile ?
Si on devait désigner un vainqueur sur le papier, ce serait eux. Les Cowboys sont partout : à la télé, dans les films, sur les maillots des touristes à Times Square. Leur logo, l’étoile bleue, est l’un des plus reconnaissables au monde, au même titre que le swoosh de Nike ou les arches de McDonald’s. En 2023, ils ont attiré 1,2 million de spectateurs à domicile, un record pour la franchise. Leur propriétaire, Jerry Jones, est une figure médiatique à lui tout seul, un mélange de businessman impitoyable et de showman qui adore les caméras.
Pourtant, derrière cette façade de superpuissance, il y a une réalité moins reluisante : les Cowboys n’ont pas remporté de Super Bowl depuis 1996. Vingt-huit ans. Presque trois décennies. Une éternité dans le sport moderne. Et malgré ça, leur fanbase reste immense. Comment expliquer ce paradoxe ?
La réponse tient en un mot : marketing. Les Cowboys ne sont pas seulement une équipe, ce sont une marque, une machine à rêves. Leur stade, l’AT&T Stadium (surnommé "Jerry World" en l’honneur de leur propriétaire), est un monument de 1,3 milliard de dollars, avec un écran géant si grand qu’il pourrait servir de toit à un immeuble de dix étages. Quand vous entrez dans ce stade, vous ne venez pas voir un match, vous vivez une expérience. Et c’est ça, le génie de Jerry Jones : il a compris que les fans ne veulent pas juste gagner, ils veulent se sentir spéciaux.
Mais est-ce que ça suffit pour être la plus grande fanbase ? Pas si sûr. Car il y a un revers à cette médaille : beaucoup de gens détestent les Cowboys. Pas parce qu’ils perdent (même si ça aide), mais parce qu’ils incarnent tout ce que certains fans méprisent dans le sport moderne – l’argent, le spectacle, le côté "trop gros pour échouer".
Et puis, il y a cette question qui revient sans cesse : est-ce que les fans des Cowboys sont vraiment des fans, ou juste des consommateurs ? Quand vous achetez un maillot de Dallas parce que c’est "tendance", est-ce que vous faites partie de la fanbase, ou est-ce que vous êtes juste un client de plus ?
Le casse-tête des "fans de salon"
Les Cowboys ont un surnom peu flatteur : "America’s Team". Un titre qu’ils se sont eux-mêmes attribué dans les années 70, et qui leur colle à la peau depuis. Le problème, c’est que ce surnom a attiré une armée de "fans de salon" – des gens qui suivent l’équipe quand elle gagne, mais qui disparaissent dès les premières défaites. En 2022, après une saison décevante (12 victoires, 5 défaites, élimination en playoffs), les ventes de maillots ont chuté de 18%. Un chiffre qui en dit long sur la volatilité de leur base.
Comparez ça aux Steelers de Pittsburgh. Leur stade, le Heinz Field, est toujours plein, même quand l’équipe traverse une mauvaise passe. Leurs fans, surnommés la "Steeler Nation", sont connus pour leur loyauté à toute épreuve. En 2003, après une saison catastrophique (6 victoires, 10 défaites), les Steelers ont quand même vendu 60 000 abonnements pour la saison suivante. Parce que pour un vrai fan des Steelers, abandonner son équipe, c’est comme renier sa famille. (Et à Pittsburgh, la famille, c’est sacré.)
Alors, qui a la plus grande fanbase ? Ceux qui remplissent les stades même dans la défaite, ou ceux qui achètent des maillots quand tout va bien ?
Les Packers de Green Bay : le petit club qui défie les lois du marché
Si les Cowboys sont le géant aux pieds d’argile, les Packers sont le David qui refuse de grandir. Green Bay est une ville de 100 000 habitants, perdue dans le Wisconsin, où il fait -20°C en hiver et où le principal employeur est… l’équipe de football. Pourtant, les Packers sont l’une des franchises les plus populaires de la NFL. Comment est-ce possible ?
La réponse tient en deux mots : structure unique. Les Packers sont la seule équipe de la NFL détenue par ses fans. Pas de propriétaire milliardaire, pas de groupe d’investisseurs anonymes – juste 537 000 actionnaires, dont certains possèdent des parts depuis des générations. Quand vous achetez une action des Packers (elles ne rapportent rien, ne prennent pas de valeur, et ne donnent aucun droit de vote), vous ne devenez pas riche. Vous devenez membre d’une communauté.
Et cette communauté est incroyablement fidèle. Le Lambeau Field, leur stade, a une liste d’attente de 140 000 personnes pour les abonnements saisonniers. Si vous commandez un billet aujourd’hui, vous l’aurez… dans 30 ans. (Oui, vous avez bien lu. Trente ans.) Les fans des Packers ne vont pas au stade, ils font un pèlerinage. Beaucoup viennent de loin, certains en camping-car, d’autres en avion, juste pour assister à un match dans ce temple du football américain.
Mais ce qui rend les Packers vraiment uniques, c’est leur relation avec leur ville. Green Bay n’a pas de gratte-ciel, pas de métro, pas de vie nocturne trépidante. Il y a le football, et c’est à peu près tout. Quand les Packers gagnent, c’est toute la ville qui célèbre. Quand ils perdent, c’est toute la ville qui pleure. Et ça, ça crée un lien indéfectible.
Pourquoi les Packers ne seront jamais les Cowboys (et pourquoi c’est tant mieux)
Les Packers n’ont pas besoin d’être les plus grands. Ils ont déjà quelque chose que les Cowboys n’auront jamais : une identité. Une vraie. Quand vous voyez un fan des Packers, vous savez qu’il ne porte pas ce maillot par effet de mode. Il le porte parce que son grand-père le portait, et le père de son grand-père avant lui. Parce que dans le Wisconsin, on naît fan des Packers, on vit fan des Packers, et on meurt fan des Packers.
Et puis, il y a cette petite touche de folie qui les rend attachants. Les fans des Packers ont une tradition : après les matchs à domicile, ils jettent leurs gants sur le terrain. Pas par colère, pas par frustration – juste parce que. C’est devenu un rituel, une façon de dire "on est là, on est fiers, et on vous aime". (Même si, techniquement, c’est interdit par la ligue. Mais bon, les Packers ont une dérogation.)
Alors, est-ce que les Packers ont la plus grande fanbase ? Non. Mais est-ce qu’ils ont la plus fidèle ? Sans aucun doute.
Les Patriots et l’ère Brady : comment une dynastie a créé une armée de fans (et de haters)
Si les Cowboys sont la marque, et les Packers la religion, les Patriots de la Nouvelle-Angleterre sont… le phénomène de société. Entre 2001 et 2019, sous la houlette de Tom Brady et de Bill Belichick, les Patriots ont remporté six Super Bowls. Six. En dix-neuf ans. Pour donner une idée, les Steelers, deuxième équipe la plus titrée de l’histoire, en ont six… en cinquante-sept ans.
Cette domination a eu un effet étrange sur leur fanbase : elle a explosé, mais elle a aussi divisé. D’un côté, les fans des Patriots sont devenus une armée mondiale, avec des supporters dans tous les coins du globe. De l’autre, ils ont attiré une haine féroce, au point que certains stades réservent des sections spéciales pour les fans adverses… juste pour éviter les bagarres.
Le truc, c’est que les Patriots ont profité d’un alignement des planètes unique : un quarterback légendaire (Brady), un entraîneur génial (Belichick), et une époque où les règles de la NFL favorisaient les équipes défensives. Résultat : ils ont gagné. Beaucoup. Trop, peut-être. Au point que certains fans ont commencé à les détester non pas parce qu’ils perdaient, mais parce qu’ils gagnaient tout le temps.
Et puis, il y a eu le "Deflategate". En 2015, les Patriots ont été accusés d’avoir dégonflé légèrement leurs ballons pour faciliter les passes de Brady. L’affaire a duré des mois, a coûté des millions en frais d’avocats, et a divisé l’Amérique en deux camps : ceux qui pensaient que c’était une conspiration contre New England, et ceux qui étaient convaincus que les Patriots trichaient depuis le début.
Pourtant, malgré tout ça, leur fanbase est restée solide. En 2023, après le départ de Brady et une saison moyenne (11 victoires, 6 défaites), les Patriots ont quand même vendu 250 000 maillots. Preuve que leur popularité ne dépend pas que des victoires.
Le paradoxe des Patriots : aimés et détestés à la fois
Les Patriots sont un cas d’école. Leur succès a créé une fanbase massive, mais aussi une armée de détracteurs. Et c’est là que ça devient intéressant : est-ce qu’une équipe peut avoir la plus grande fanbase si elle est aussi la plus haïe ?
Prenez les Steelers. Leurs fans sont bruyants, passionnés, parfois un peu trop enthousiastes (il y a eu des cas de supporters qui ont jeté des batteries sur le terrain), mais personne ne les déteste vraiment. Parce que les Steelers, c’est le football à l’ancienne : dur, physique, sans chichis. Les Patriots, eux, sont perçus comme une machine à gagner, froide et calculatrice.
Et puis, il y a cette question : est-ce que les fans des Patriots aiment vraiment leur équipe, ou est-ce qu’ils aiment juste gagner ? Quand Brady est parti en 2020, beaucoup ont suivi. Pas parce qu’ils étaient attachés aux Patriots, mais parce qu’ils voulaient continuer à soutenir un vainqueur. Du coup, est-ce que ça compte vraiment ?
Les Steelers, les 49ers et les Bears : les fanbases historiques qui refusent de mourir
Parlons des équipes qui n’ont pas besoin de gagner pour être populaires. Les Steelers de Pittsburgh, les 49ers de San Francisco, et les Bears de Chicago ont quelque chose en commun : une histoire si riche que leur fanbase survit aux pires saisons.
Les Steelers : la loyauté comme religion
Comme dit plus haut, les Steelers ont une fanbase incroyablement fidèle. Leur stade est toujours plein, leurs maillots se vendent même quand l’équipe perd, et leurs supporters sont connus pour leur passion… parfois excessive. En 2018, après une défaite contre les Raiders, un fan a été arrêté pour avoir lancé une bouteille de bière sur le terrain. Pas parce qu’il était en colère, mais parce qu’il voulait "faire un geste symbolique". (La police n’a pas trouvé ça drôle.)
Mais ce qui rend les Steelers vraiment uniques, c’est leur lien avec la classe ouvrière. Pittsburgh est une ville d’acier, de mines, de travailleurs. Et les Steelers, c’est leur équipe. Quand vous voyez un fan des Steelers, vous voyez souvent un type en salopette, avec un casque de chantier dans une main et une bière dans l’autre. C’est une fanbase qui ne triche pas, qui ne suit pas les modes, et qui reste fidèle même quand tout va mal.
Les 49ers : la nostalgie comme moteur
Les 49ers ont une histoire glorieuse : cinq Super Bowls dans les années 80 et 90, avec des légendes comme Joe Montana et Jerry Rice. Mais depuis 1995, plus rien. Vingt-neuf ans sans titre. Pourtant, leur fanbase reste l’une des plus importantes de la NFL.
Pourquoi ? Parce que les 49ers incarnent une époque. Leurs fans sont souvent des gens qui ont grandi en regardant Montana lancer des passes impossibles, Rice attraper des touchdowns comme si c’était facile, et Bill Walsh révolutionner le jeu avec son "West Coast Offense". Pour eux, les 49ers, ce n’est pas juste une équipe, c’est un souvenir d’enfance.
Et puis, il y a San Francisco. Une ville qui a toujours été à l’avant-garde, que ce soit en technologie, en musique ou en politique. Les fans des 49ers sont fiers de cette identité, et ils la portent comme un étendard. Même quand l’équipe traverse une mauvaise passe, ils restent. Parce que pour eux, les 49ers, c’est plus qu’une équipe – c’est une partie de leur ADN.
Les Bears : la fanbase qui refuse de grandir
Les Bears de Chicago sont un cas à part. Leur stade, le Soldier Field, est l’un des plus vieux de la NFL (il a été inauguré en 1924), et leurs fans sont… disons, particuliers. Ils ont une réputation de supporters bruyants, parfois violents, et toujours prêts à en découdre. En 2006, après une défaite contre les Packers, des fans ont brûlé des maillots des Bears dans les rues de Chicago. Pas par colère contre leur équipe, mais par frustration contre une défaite humiliante.
Pourtant, malgré cette réputation, les Bears ont l’une des fanbases les plus fidèles de la NFL. Leur stade est toujours plein, leurs maillots se vendent bien, et leurs supporters sont connus pour leur passion… dévorante. Le truc, c’est que les fans des Bears aiment leur équipe comme on aime un membre de sa famille un peu fou : on sait qu’il va nous décevoir, mais on reste quand même.
Et puis, il y a cette petite touche de folie qui les rend attachants. Les Bears ont une tradition : après les victoires, les fans chantent "Sweet Home Chicago" en chœur. C’est simple, c’est basique, mais ça marche à tous les coups. Parce que pour un fan des Bears, il n’y a rien de plus beau que de célébrer une victoire dans sa ville, avec ses potes, et une bière à la main.
Les équipes sous-estimées : quand la passion dépasse les résultats
Toutes les grandes fanbases ne viennent pas des équipes qui gagnent. Certaines franchises ont des supporters si passionnés qu’ils compensent largement leurs mauvais résultats. En voici trois qui méritent d’être mentionnées.
Les Bills de Buffalo : la Bills Mafia et son culte du saut de table
Les Bills de Buffalo sont l’équipe la plus malchanceuse de la NFL. Ils ont atteint quatre Super Bowls consécutifs dans les années 90… et les ont tous perdus. Quatre. De suite. Pourtant, leurs fans, surnommés la "Bills Mafia", sont parmi les plus fidèles et les plus fous de la ligue.
Leur tradition ? Avant chaque match à domicile, les fans se rassemblent dans le parking du stade et… sautent sur des tables. Littéralement. Ils montent sur des tables en plastique, se jettent en l’air, et atterrissent en hurlant. C’est dangereux, c’est bruyant, et c’est devenu un symbole de leur passion. En 2020, après une victoire contre les Steelers, un fan a sauté sur une table… et l’a cassée en deux. La vidéo a fait le tour du monde, et aujourd’hui, les tables des Bills sont devenues une attraction à part entière.
Mais ce qui rend la Bills Mafia vraiment spéciale, c’est sa générosité. En 2020, après une victoire en playoffs, les fans ont collecté plus de 400 000 dollars pour la fondation caritative du quarterback Josh Allen. En 2021, après une défaite en playoffs, ils ont envoyé des milliers de messages de soutien à l’équipe. Parce que pour eux, les Bills, ce n’est pas juste une équipe – c’est une famille.
Les Saints de La Nouvelle-Orléans : le football comme thérapie collective
Les Saints de La Nouvelle-Orléans ont une histoire tragique. En 2005, l’ouragan Katrina a dévasté la ville, et l’équipe a dû jouer toute une saison à l’extérieur. Pourtant, quand les Saints sont revenus en 2006, leurs fans les ont accueillis comme des héros. Le Superdome, leur stade, était plein à craquer, et les supporters chantaient "Who Dat?" à tue-tête, comme pour dire : "On est toujours là, et on ne partira pas."
Depuis, les Saints ont remporté un Super Bowl (en 2010), et leur fanbase est devenue l’une des plus passionnées de la NFL. Leurs supporters sont connus pour leur créativité : ils fabriquent des costumes, composent des chansons, et organisent des fêtes géantes avant les matchs. En 2019, après une victoire contre les Falcons, un fan a même lancé une pièce de monnaie en or sur le terrain. (Il a été arrêté, mais les Saints ont gagné, alors tout le monde a trouvé ça drôle.)
Mais ce qui rend les fans des Saints vraiment uniques, c’est leur résilience. La Nouvelle-Orléans est une ville qui a connu la souffrance, et le football est devenu une façon de se reconstruire. Quand les Saints gagnent, c’est toute la ville qui célèbre. Quand ils perdent, c’est toute la ville qui pleure. Mais personne ne les abandonne.
Les Raiders de Las Vegas : la fanbase la plus… particulière de la NFL
Les Raiders ont une réputation. Leurs fans sont bruyants, parfois violents, et toujours prêts à en découdre. Leur stade, l’Allegiant Stadium, est l’un des plus intimidants de la NFL, avec une ambiance qui rappelle plus un concert de heavy metal qu’un match de football.
Mais ce qui rend les fans des Raiders vraiment uniques, c’est leur loyauté… envers une équipe qui les a souvent trahis. Les Raiders ont déménagé deux fois en vingt ans (d’Oakland à Los Angeles, puis de Los Angeles à Las Vegas), et à chaque fois, leurs fans les ont suivis. Pas parce qu’ils aiment les déménagements, mais parce que les Raiders, c’est une identité.
Leur slogan ? "Commitment to Excellence". Leur devise officieuse ? "Just Win, Baby". Et leurs fans vivent selon ces principes. Ils portent des masques de pirate, des lunettes de soleil même la nuit, et des maillots avec des numéros de joueurs qui ont quitté l’équipe il y a dix ans. Parce que pour eux, les Raiders, ce n’est pas juste une équipe – c’est une façon de vivre.
Et puis, il y a cette petite touche de folie qui les rend inoubliables. En 2018, après une victoire contre les Steelers, un fan a couru sur le terrain… en portant un costume de banane. La sécurité l’a arrêté, mais tout le monde a trouvé ça génial. Parce que chez les Raiders, on ne fait pas les choses à moitié.
Les idées reçues qui faussent le débat (et pourquoi elles sont toutes fausses)
Quand on parle de la plus grande fanbase de la NFL, certaines idées reviennent sans cesse. En voici quelques-unes, et pourquoi elles ne tiennent pas la route.
"Les Cowboys ont la plus grande fanbase parce qu’ils vendent le plus de maillots"
Oui, les Cowboys vendent plus de maillots que n’importe quelle autre équipe. Mais comme on l’a vu plus haut, ça ne veut pas dire qu’ils ont la plus grande fanbase. Beaucoup de gens achètent des maillots de Dallas parce que c’est "l’équipe de la NFL", pas parce qu’ils suivent assidûment les matchs. C’est un peu comme acheter un t-shirt des Beatles sans avoir jamais écouté une seule de leurs chansons.
Et puis, il y a un autre problème : les Cowboys ont une base de fans très volatile. Quand l’équipe gagne, tout le monde les aime. Quand elle perd, les ventes de maillots chutent. Comparez ça aux Steelers ou aux Packers, dont les fans restent fidèles même dans la défaite. Là, la différence est flagrante.
"Les Packers ont la plus fidèle fanbase, mais pas la plus grande"
C’est vrai, les Packers ont une fanbase incroyablement fidèle. Leur stade est toujours plein, leurs fans voyagent partout pour les soutenir, et leur liste d’attente pour les abonnements saisonniers est longue de plusieurs décennies. Mais est-ce que ça veut dire qu’ils n’ont pas la plus grande fanbase ? Pas forcément.
Car les Packers ont une particularité : leur structure unique. Comme ils sont détenus par leurs fans, ils ont une relation spéciale avec leur communauté. Leurs supporters ne sont pas juste des consommateurs, ce sont des membres. Et ça change tout. Quand vous possédez une part des Packers, vous ne les abandonnez pas. Jamais.
Alors oui, leur fanbase est plus petite que celle des Cowboys en termes de nombre absolu. Mais en termes de passion, de loyauté et d’engagement, ils sont imbattables.
"Les Patriots ont la plus grande fanbase grâce à Tom Brady"
Tom Brady est le meilleur quarterback de l’histoire de la NFL. Pendant vingt ans, il a dominé le jeu, remporté sept Super Bowls, et créé une dynastie. Forcément, ça a attiré des fans. Beaucoup de fans.
Mais voici le problème : une grande partie de ces fans ne soutenaient pas vraiment les Patriots. Ils soutenaient Brady. Quand il est parti en 2020, beaucoup l’ont suivi à Tampa Bay. Pas parce qu’ils aimaient les Buccaneers, mais parce qu’ils voulaient continuer à soutenir un vainqueur.
Du coup, est-ce que les Patriots ont vraiment la plus grande fanbase ? Ou est-ce qu’ils ont juste profité d’une époque où tout le monde voulait être du côté des gagnants ?
"Les équipes qui gagnent ont forcément la plus grande fanbase"
C’est une idée reçue tenace : plus une équipe gagne, plus elle a de fans. Sauf que… ce n’est pas toujours vrai. Prenez les Chiefs de Kansas City. Ils ont remporté trois Super Bowls en cinq ans (2020, 2023, 2024), et leur fanbase a explosé. Mais est-ce qu’ils ont la plus grande fanbase de la NFL ? Non. Parce que le football américain, ce n’est pas que les victoires. C’est aussi l’histoire, la culture, et l’identité.
Les Bears de Chicago n’ont pas gagné de Super Bowl depuis 1985. Pourtant, ils ont l’une des fanbases les plus fidèles de la ligue. Parce que pour leurs supporters, les Bears, c’est plus qu’une équipe – c’est une partie de leur identité. Et ça, on ne peut pas le mesurer avec des chiffres.
Questions fréquentes : tout ce que vous n’osez pas demander sur les fanbases de la NFL
Est-ce que les Cowboys sont vraiment "America’s Team" ?
Officiellement, oui. Les Cowboys se sont eux-mêmes attribués ce surnom dans les années 70, et il leur est resté. Mais dans les faits, c’est plus compliqué. Beaucoup de fans détestent les Cowboys, justement parce qu’ils sont perçus comme "l’équipe de tout le monde". Pour certains, soutenir les Cowboys, c’est comme manger chez McDonald’s : tout le monde le fait, mais personne ne s’en vante.
Alors, est-ce qu’ils méritent ce titre ? Ça dépend à qui vous posez la question. Pour leurs fans, c’est une évidence. Pour leurs détracteurs, c’est une insulte.
Pourquoi les fans des Packers sont-ils si fidèles ?
Parce que les Packers ne sont pas juste une équipe, ce sont une institution. Comme on l’a vu plus haut, ils sont détenus par leurs fans, ce qui crée un lien unique. Mais il y a aussi autre chose : Green Bay est une petite ville, et le football est une partie essentielle de sa culture. Quand vous grandissez à Green Bay, vous naissez fan des Packers. C’est comme ça.
Et puis, il y a cette petite touche de folie qui les rend attachants. Les fans des Packers ont une tradition : après les matchs à domicile, ils jettent leurs gants sur le terrain. Pas par colère, mais par passion. C’est devenu un rituel, une façon de dire "on est là, et on vous aime".
Est-ce que les Patriots ont perdu des fans après le départ de Tom Brady ?
Oui, mais pas autant qu’on pourrait le penser. Beaucoup de fans de Brady l’ont suivi à Tampa Bay, mais les Patriots ont gardé une base solide. Pourquoi ? Parce que les Patriots, ce n’est pas juste Brady. C’est aussi Bill Belichick, leur entraîneur légendaire, et une culture de la gagne qui dépasse un seul joueur.
Et puis, il y a un autre facteur : les Patriots ont une fanbase très engagée en ligne. Leurs supporters sont actifs sur les réseaux sociaux, ils créent des memes, ils débattent, ils vivent le football à 100%. Du coup, même sans Brady, ils restent une force.
Quelle est l’équipe la plus détestée de la NFL ?
Sans hésiter : les Patriots. Leur domination pendant vingt ans, leur réputation de "tricheurs" (à cause du Deflategate), et leur image de machine à gagner ont créé une armée de haters. Mais attention : être détesté, ça peut aussi être une forme de reconnaissance. Comme le disait Oscar Wilde, "Il n’y a qu’une chose pire que d’être parlé, c’est de ne pas être parlé."
Derrière les Patriots, on trouve les Cowboys (trop commerciaux), les Steelers (trop arrogants), et les Raiders (trop violents). Mais au final, tout le monde déteste une équipe différente. C’est ça, la beauté du football américain.
Est-ce que les équipes des petites villes peuvent avoir une grande fanbase ?
Absolument. Prenez les Packers de Green Bay : 100 000 habitants, et une fanbase mondiale. Ou les Bills de Buffalo : une ville de taille moyenne, mais une passion qui dépasse largement ses frontières.
Le truc, c’est que le football américain n’est pas comme le football européen. En Europe, les équipes des grandes villes (Paris, Madrid, Londres) dominent souvent. Aux États-Unis, c’est différent. Les fans des Packers ou des Bills ne suivent pas leur équipe parce qu’elle est dans une grande ville. Ils la suivent parce qu’elle représente quelque chose – une histoire, une culture, une identité.
Et puis, il y a un autre facteur : les réseaux sociaux. Aujourd’hui, un fan des Bills peut suivre son équipe depuis n’importe où dans le monde. Du coup, la taille de la ville n’a plus la même importance.
Verdict : qui a vraiment la plus grande fanbase de la NFL ?
Si on devait trancher, voici ce qu’on pourrait dire :
Les Cowboys ont la plus grande fanbase en termes de nombre. Leurs maillots se vendent plus, leurs matchs sont plus regardés, et leur marque est la plus connue. Mais est-ce que ça fait d’eux les plus populaires ? Pas forcément. Parce qu’une fanbase, ce n’est pas que des chiffres. C’est aussi de la passion, de la loyauté, et une identité.
Les Packers ont la plus fidèle fanbase. Leurs supporters ne les abandonnent jamais, même dans la défaite. Leur stade est toujours plein, leurs fans voyagent partout pour les soutenir, et leur liste d’attente pour les abonnements saisonniers est longue de plusieurs décennies. Mais est-ce qu’ils ont la plus grande fanbase ? Non, parce que leur marché est trop petit.
Les Steelers ont la fanbase la plus
