Le contexte : Pourquoi cette édition angolaise était si particulière
Quand on repense à la CAN 2010, organisée en Angola, on se souvient souvent des défis logistiques, d'ailleurs, ce n'était pas le tournoi le plus simple à gérer pour les équipes visiteuses, car les déplacements étaient parfois longs et la chaleur, dans certaines villes, bien présente.
Je pense que l'Angola, en tant que pays hôte, a fait un travail remarquable pour mettre en place les infrastructures, mais l'atmosphère générale était différente de celle des éditions précédentes, peut-être un peu plus tendue, plus disputée. Beaucoup d'observateurs, moi y compris à l'époque, s'attendaient à voir une revanche de l'édition 2008, mais les choses ont pris une tournure inattendue, même si les favoris étaient bien là.
Ce qui était fascinant, c'est de voir comment certaines équipes, qui n'étaient pas forcément citées en tête de liste avant le coup d'envoi, ont réussi à se hisser dans le dernier carré. Cela prouve bien que dans ce genre de compétition, l'engagement et la cohésion du groupe priment souvent sur le talent individuel brut, même si l'Égypte, elle, avait les deux.
Le parcours des Pharaons : Comment l'Égypte a-t-elle dominé ?
L'Égypte, menée par Hassan Shehata, n'a pas écrasé tout le monde, loin de là, mais elle a fait preuve d'une efficacité clinique, et c'est ça, la marque des grands champions. Ils ont démarré doucement, je m'en souviens, avec une victoire courte contre le Nigeria, mais ensuite, ils ont trouvé leur rythme de croisière.
Ce qui m'a frappé, c'est leur capacité à gagner les matchs cruciaux sans forcément briller de mille feux. Par exemple, contre l'Algérie en quart de finale, un match très tendu, où les esprits s'échauffent vite, ils ont su rester concentrés et ont arraché la qualification, 4 à 0, un score qui ne reflète pas totalement la bataille qu'il y a eu sur le terrain, mais qui témoigne de leur réalisme létal en seconde période.
D'ailleurs, la demi-finale contre le Ghana fut un véritable combat. Le Ghana était jeune, plein d'énergie, mais les Égyptiens, avec leur expérience, ont su gérer les moments clés. Je crois que c'est cette sérénité dans l'adversité qui a fait la différence pour eux, cette assurance de savoir qu'ils avaient déjà gagné ce tournoi deux fois de suite.
La finale mémorable contre le Ghana : Analyse du match
Ah, la finale ! C'était un affrontement classique entre l'expérience incarnée par les Pharaons et la fougue de la nouvelle génération ghanéenne, les Black Stars. Le Ghana avait fait un parcours impressionnant, éliminant notamment l'Angola chez lui en quart, ils avaient la foule derrière eux, ou du moins, ils espéraient l'avoir.
Pourtant, ce match fut extrêmement fermé, je me souviens avoir trouvé le temps long, car les deux équipes se craignaient énormément. On s'attendait à des prolongations, peut-être même des tirs au but, parce que les défenses tenaient bon, et sincèrement, les attaquants n'arrivaient pas à se libérer des marquages serrés.
Et puis, il y a eu ce moment magique, l'unique but de la rencontre, inscrit par Mohamed Zidan, mais surtout, la passe décisive de Mohamed Aboutrika, qui, je pense, est l'un des joueurs les plus intelligents que l'Afrique ait jamais produits. Ce fut une ouverture chirurgicale, et le buteur n'avait plus qu'à conclure. C'est ce qui fait la différence, ce petit éclair de génie qui brise l'équilibre. Le score final, 1-0, a scellé le destin de la compétition.
L'héritage de cette victoire : Le septième sacre et ses conséquences
Gagner en 2010, c'était donc le septième titre pour l'Égypte. Sept ! C'est un chiffre qui vous donne le vertige quand on regarde l'histoire de la Coupe d'Afrique. Personne n'a fait mieux, et je ne suis pas sûr qu'on verra quelqu'un égaler ce record de sitôt, car le football africain s'est incroyablement nivelé par le haut depuis cette période.
Cela dit, cette victoire a aussi marqué un tournant, car elle a été suivie d'une période de creux. Je pense que cet effort monumental pour aller chercher ce triplé consécutif a laissé des traces. Quand est arrivée la CAN 2012, l'Égypte n'était même plus présente, ce qui était impensable quelques années plus tôt, et ça, c'est un rappel brutal que rien n'est acquis dans le sport.
Pour les joueurs comme Aboutrika, Wael Gomaa, ou Mohamed Zidan, c'était la consécration ultime de leur "génération dorée". Ils ont prouvé qu'ils étaient capables de gagner même loin de chez eux, dans des conditions difficiles, ce qui, pour un joueur africain, est souvent la preuve ultime de sa valeur.
Ce que les statistiques nous disent sur la CAN 2010
Si l'on regarde les chiffres bruts de cette édition, on constate quelque chose d'intéressant : ce n'était pas une CAN particulièrement riche en buts. Avec seulement 24 buts marqués sur 32 matchs, la moyenne était assez faible, ce qui corrobore mon sentiment que les défenses ont été particulièrement hermétiques, surtout lors des phases à élimination directe.
Le meilleur buteur, Samuel Eto'o, n'a marqué que quatre buts, ce qui est relativement bas pour un meilleur buteur de tournoi. Cela illustre bien le fait que les victoires se sont jouées sur des détails, des coups de pied arrêtés, ou des erreurs d'inattention, plutôt que sur des débauches offensives. C'est une leçon d'efficacité, je trouve.
En comparant avec l'édition précédente, où l'Égypte avait déjà montré sa force offensive, on voit que le Ghana et l'Angola ont réussi à mieux contenir les attaques adverses, mais ils ont manqué de cette petite étincelle offensive nécessaire pour vaincre les champions en titre lors de l'ultime confrontation.
Au-delà du vainqueur : Les autres grandes équipes de cette année-là
Il serait injuste de ne parler que de l'Égypte sans mentionner les autres prétendants sérieux. Le Ghana, bien sûr, finaliste malheureux, représentait l'avenir, une équipe pleine de promesses qui allait dominer le football africain dans les années qui ont suivi, atteignant même les quarts de finale du Mondial quelques mois plus tard.
Il y avait aussi la Côte d'Ivoire, qui, même si elle n'a pas fait un parcours parfait, restait une force majeure avec des joueurs de calibre mondial. Et puis, il y avait le Cameroun, toujours redoutable, même s'ils ont été sortis assez tôt par l'Égypte elle-même, je crois. Cela montre la densité du plateau cette année-là.
En fait, ce qui rend la victoire égyptienne si belle, c'est qu'elle a été obtenue face à une concurrence féroce, dans un contexte où le statut de favori n'assurait rien du tout. Chaque match était un test, et ils ont passé tous les examens avec brio, même si parfois, ils ont eu la chance du champion.
En conclusion, si vous cherchez une réponse simple, c'est l'Égypte qui a remporté la Coupe d'Afrique en 2010, mais si vous creusez un peu, vous réalisez que ce fut l'apogée d'une génération qui a su transformer la pression en performances constantes, un exploit qui mérite vraiment qu'on s'y attarde un peu plus longtemps.

