La réponse courte : qui détient le record "officiel" et pourquoi c'est flou
Si l'on doit vraiment citer un nom, on se réfère souvent à certains cyclistes ou fondeurs norvégiens ou suédois, ces athlètes qui vivent dans le froid et dont le corps est optimisé pour pomper l'oxygène. Je me souviens avoir lu des études parlant d'un certain Kari-Johan Westengard, ou d'autres athlètes de haut niveau dans les années 90, affichant des pics mesurés au-dessus de 97 ml/kg/min. Mais attention, ce sont des valeurs brutes, prises dans des conditions idéales, souvent juste après une période de pic de forme.
Le problème, voyez-vous, c'est la standardisation. Une VMA mesurée sur tapis roulant avec un masque qui pèse une tonne n'est pas la même que celle évaluée sur un vélo ergomètre où l'athlète est parfaitement à l'aise. Du coup, comparer un fondeur qui utilise tout son corps avec un coureur de fond qui se concentre sur ses jambes, ça devient vite subjectif. Personnellement, j'ai remarqué que les chiffres les plus impressionnants viennent toujours des sports où l'on sollicite le plus de masse musculaire en continu, comme le ski de fond, car c'est une sollicitation quasi-systémique.
Pourquoi la VMA est-elle si difficile à mesurer précisément ?
C'est là que ça devient intéressant, car le test lui-même peut fausser le résultat. Pour atteindre le vrai maximum, il faut pousser l'athlète jusqu'à l'épuisement total, ce qui est physiquement et mentalement éprouvant. Quand on parle de VMA, on mesure la consommation maximale d'oxygène, mais pour y arriver, il faut maintenir un effort supramaximal pendant plusieurs minutes, ce qui est rare en compétition réelle.
J'ai souvent lu que les athlètes savaient comment "tricher" légèrement au test, inconsciemment ou non, en gérant leur effort juste avant la phase de mesure critique. Par exemple, si le protocole impose 3 minutes à 110% de la VMA estimée, et que l'athlète lâche à 2 minutes 50, le résultat sera sous-estimé. Cela dit, les laboratoires modernes ont des protocoles stricts, mais il y aura toujours une marge d'erreur, une petite incertitude qui rend le titre de "plus gros" difficile à attribuer définitivement.
Le seuil critique : que signifie vraiment un score au-dessus de 90 ?
Pour mettre les choses en perspective, si vous êtes un coureur amateur régulier, atteindre 55 ml/kg/min est déjà excellent. Un athlète olympique se situe souvent entre 75 et 85. Donc, quand on parle de quelqu'un qui atteint 95, on parle d'une anomalie physiologique, d'un cœur qui fonctionne comme une double pompe. Je pense que ces individus ont une capacité d'extraction d'oxygène qui dépasse ce que la plupart des humains peuvent même imaginer.
Ce n'est pas juste une question d'entraînement. Beaucoup de gens s'entraînent dur, mais ils n'atteindront jamais ce plateau. Cela implique une densité capillaire exceptionnelle autour des fibres musculaires et une concentration élevée en myoglobine, cette protéine qui stocke l'oxygène dans le muscle. C'est en grande partie câblé dans leur ADN, et c'est là que la génétique joue un rôle que l'on ne peut pas ignorer, même avec les meilleurs coachs du monde.
Le rôle clé de la génétique et de l'entraînement spécifique
On entend souvent dire que l'entraînement fait tout, mais quand on parle des extrêmes de la VMA, je crois sincèrement que la loterie génétique est passée par là. Ces athlètes possèdent souvent des cavités cardiaques naturellement plus grandes ou une réponse hormonale à l'entraînement qui maximise la production de globules rouges. C'est un avantage structurel de départ.
Cela dit, la génétique seule ne suffit pas. J'ai vu des athlètes très doués génétiquement se noyer parce qu'ils n'avaient pas la discipline. L'entraînement, surtout celui qui vise à augmenter le volume d'éjection systolique du cœur (le volume de sang éjecté à chaque battement), doit être constant et progressif. Les méthodes d'entraînement par intervalles de haute intensité (HIIT) ont révolutionné la manière dont on stimule la VMA, en forçant le corps à s'adapter à des stress oxydatifs intenses, mais de courte durée.
Peut-on améliorer sa VMA après 35 ans ? Le plateau de performance
C'est une question que se posent beaucoup de coureurs quand ils approchent la quarantaine. En général, après 30 ou 35 ans, la tendance est plutôt à la stagnation, voire à une légère diminution, car la capacité maximale de travail du cœur baisse naturellement avec l'âge. Du coup, maintenir une VMA élevée devient un combat constant contre le temps et la sénescence cellulaire.
Mais ce n'est pas une fatalité absolue ! Si vous avez été sédentaire, vous pouvez gagner énormément en VMA en commençant un travail ciblé. Si vous êtes déjà un athlète de haut niveau, vous pouvez la maintenir très longtemps si vous continuez à varier les stimuli. Ce qu'il faut faire, c'est être intelligent : privilégier la qualité des quelques séances intenses plutôt que de faire trop de volume qui fatiguerait inutilement le système nerveux central.
L'alternative : l'indice d'endurance est-il plus parlant que le chiffre brut de la VMA ?
Je pense que oui, et c'est un point que les entraîneurs négligent parfois. La VMA, c'est la quantité maximale d'oxygène que vous pouvez absorber. Mais ce qui fait gagner les courses, c'est la capacité à maintenir un pourcentage élevé de cette VMA pendant une longue période. C'est ce qu'on appelle le seuil anaérobie, ou le fameux indice d'endurance.
Un athlète avec une VMA de 80 mais qui tient 90% de cette VMA pendant une heure sera toujours devant celui qui a 85 de VMA mais qui décroche à 75% après 30 minutes. Du coup, quand on se demande qui est le "meilleur", je préfère regarder la performance réelle sur une distance longue plutôt que ce chiffre spectaculaire mais parfois isolé du laboratoire. C'est plus authentique, cela reflète mieux la réalité du terrain.
En conclusion, la plus grosse VMA du monde est probablement un chiffre entre 97 et 100, porté par un fondeur ou un cycliste au potentiel génétique rare, mais ce chiffre seul ne raconte pas toute l'histoire. Ce qui compte vraiment pour vous, c'est de savoir quel pourcentage de votre propre potentiel maximal vous êtes capable de tenir, kilomètre après kilomètre. C'est ça, le vrai défi de l'endurance, bien plus que de courir après un record qui n'est peut-être même pas mesuré deux fois de la même manière.

