Quand l’arthrose te rattrape, même en douce
Franchement, au début, j’ai cru que c’était une entorse, un mauvais mouvement. J’ai mis ça sur le compte du froid, de la fatigue, de tout sauf de l’arthrose. Parce que, bon, l’arthrose, c’est pour les vieux, non ? Sauf que non. Le médecin, une nana super posée du cabinet du boulevard Carnot, m’a dit tout net : "Tu as une usure du cartilage. C’est de l’arthrose débutante." Je me souviens, j’ai rigolé nerveusement. "Arthrose ? Moi ? Mais je fais du vélo, j’ai jamais eu de gros traumatisme !" Et elle, calme : "Ça arrive, Julien. Même sans choc. Le cartilage, ça use. Parfois, c’est mécanique. Parfois, génétique."
Le truc, c’est pas d’attendre que ça empire
Alors voilà, j’ai pas voulu capituler. J’ai pas non plus avalé toutes les pubs miracles que tu vois sur YouTube. Non. J’ai cherché. Lu. Testé. Parfois raté. Mais j’ai trouvé des trucs qui marchent. Pas magiques, hein. Mais concrets.
D’abord, bouger. Oui, même si ça fait mal
Attends, attends… je sais ce que tu vas dire : "Bouger quand t’as mal, t’es malade ou quoi ?" Moi aussi, j’ai pensé ça. Et pourtant. Le kiné que j’ai vu — un certain Karim, un type costaud avec un accent marseillais qui te met de bonne humeur — m’a dit un truc que j’ai noté dans mon portable : "Le cartilage, il se nourrit par pression. Pas de mouvement = pas de lubrification." Donc, pas de surcharge, mais du mouvement fluide. Natation. Vélo d’appartement. Marche régulière. Même 20 minutes par jour. J’ai testé la marche rapide le matin, vers le parc de Montsouris. Au début, j’avançais comme un robot rouillé. Maintenant, je fais 45 minutes sans trop de mal. Pas de miracle, mais une vraie différence.
La chaleur, un vrai soulagement
Et là, un petit truc que ma femme m’a appris — elle, c’est Céline, infirmière en EHPAD — elle m’a offert une bouillotte sèche, genre grande peluche chauffante. Je l’ai trouvée moche. Mais bon, je l’ai essayée. Le soir, genou à 38°C, j’applique ça pendant 20 minutes. Et là… ouf. La douleur recule. C’est pas scientifique comme explication, mais ça détend les muscles, ça fait circuler. Parfois, je mets un cataplasme d’argile verte après. Un peu baveux, mais efficace. Au fait : j’ai essayé la poche d’eau chaude, mais elle refroidit trop vite. La bouillotte sèche, en tissu, elle garde la chaleur plus longtemps. Et c’est moins dangereux. Parce que brûler son genou, très peu pour moi.
Les médicaments ? Oui, mais avec modération
Bien sûr, quand la douleur cogne fort, je prends du paracétamol. Parfois un AINS, mais que ponctuellement. Parce que l’estomac, tu sais… Après deux jours de kétoprofène, j’ai eu une brûlure d’estomac qui m’a fait flipper. Du coup, maintenant, je limite. Et j’essaie d’abord les alternatives.
Les crèmes et gels, ça sert à quelque chose ?
Alors là, honnêtement, j’ai testé à peu près tout. Le gel au CBD ? Sympa, mais pas fou. Celui à l’arnica ? Un peu mieux. Mais le vrai truc, c’est le diclofénac en gel. Prescrit par le toubib. Je m’en mets deux fois par jour, en massage doux. Et là, je sens que ça pénètre. Pas instantané, mais au bout de deux-trois jours, la douleur diminue. Mais bon, ça marche surtout quand l’arthrose n’est pas trop avancée. Parce que si ton genou fait 4 cm de plus à cause de l’inflammation… là, faut autre chose.
Le poids, on en parle ?
Allez, on va pas se mentir. J’ai pris 8-9 kilos depuis 10 ans. Et chaque kilo en trop, c’est 4 fois plus de pression sur le genou. Donc, j’ai commencé à surveiller mon assiette. Moins de pain, moins de charcuterie, plus de légumes. Et surtout, plus d’excuses.
Céline m’a aidé. Elle a mis en place des petits plats sympas : soupes, woks de légumes, poissons grillés. Pas de diète punitive, mais une vraie transition. Et tu sais quoi ? En perdant 5 kg, j’ai senti une nette amélioration. Mon genou respire mieux. Même Karim a dit : "Tu progresses."Et les compléments alimentaires ?
J’ai longtemps rigolé devant les pubs pour la glucosamine. "Ça repousse le cartilage !" Nan, mais sérieux. Sauf que j’ai lu des études. Pas miraculeux, mais certains patients en tirent un bénéfice. Moi, j’ai testé un truc avec chondroïtine + collagène + vitamine C. Pendant 3 mois. Résultat ? Difficile à dire. Mais j’ai l’impression que mes douleurs matinales sont moins fortes. Peut-être l’effet placebo ? Peut-être pas. Enfin bref, je continue, mais sans y croire comme à un miracle.
Quand faut-il envisager autre chose ?
Parce que bon, y a des jours où rien ne marche. Là, j’ai vu le rhumatologue. On a fait une infiltration de corticoïdes. Pas fun, mais efficace. Douleur calmée pendant 3 mois. Après, c’est revenu. Mais au moins, j’ai eu un répit. Et là, il m’a parlé d’acide hyaluronique. Plus doux, plus long, mais moins accessible. Remboursé qu’à moitié. Donc… on verra. En dernier recours, il y a la chirurgie. Prothèse. Mais j’ai vu des potes avec, et franchement, la rééducation, c’est pas une partie de plaisir.
Et la tête, dans tout ça ?
Parce que bon, vivre avec une douleur chronique, ça use. Tu dors moins. Tu râles plus. Tu évites les sorties. Moi, j’ai commencé à broyer du noir. Du coup, j’ai parlé à un pote psy — oui, j’ai un pote psy, il s’appelle David, on boit un coup de temps en temps. Il m’a dit un truc : "Tu dois apprendre à vivre avec, pas contre." Alors j’ai changé mon rapport à la douleur. J’anticipe. J’adapte. Je dis non quand je dois. J’ai arrêté de vouloir faire comme avant.
En résumé, comment je vis avec maintenant ?
Alors voilà. Je ne suis pas guéri. Mais je vais mieux. Je bouge. Je mange mieux. Je soigne mon genou, mais aussi mon moral. J’utilise une canne parfois les mauvais jours. Pas de honte. Elle me fait pas beauf, elle me libère.
Et surtout, j’ai arrêté de me comparer à ce que j’étais. Parce que non, je ne rejouerai pas au basket. Mais je peux marcher, rire, voyager. Et ça, c’est déjà pas mal.Donc, si t’es en train de lire ça, que tu ressens ces douleurs, que tu te dis "c’est la fin"… non. C’est pas la fin. C’est un autre rythme. Un peu plus lent. Un peu plus malin. Mais t’es toujours là. Et c’est déjà une victoire.
Allez, prends soin de toi. Et de ton genou. Parce que c’est ton pote, même s’il te fait chier parfois.
