On va creuser. Pas pour donner une réponse simple — il n’y en a pas —, mais pour comprendre pourquoi la question elle-même est un piège. Un piège tendu par l’Histoire, les politiques, et parfois, par nous-mêmes.
La race, une invention bien française (et bien pratique)
Quand la science servait à justifier l’Empire
Au XIXe siècle, alors que la France étend son empire colonial, les savants se mettent en tête de classer les humains comme on classe les papillons. Arthur de Gobineau, un diplomate et écrivain, publie en 1853 son Essai sur l’inégalité des races humaines, un pavé dans la mare qui prétend démontrer la supériorité de la "race blanche". Le problème ? Gobineau n’a aucune formation en biologie. Ses théories reposent sur des observations subjectives, des préjugés, et une bonne dose de mauvaise foi. Pourtant, son livre devient une référence — surtout dans les cercles coloniaux.
Et c’est là que ça devient gênant. La France, patrie des Lumières, berceau des droits de l’homme, se met à utiliser la "science" pour justifier l’esclavage, la ségrégation, et la domination des peuples colonisés. Les manuels scolaires de l’époque enseignent que les Africains sont "moins évolués", que les Asiatiques sont "rusés mais sans créativité", et que les Européens, eux, sont les seuls à avoir atteint le sommet de la civilisation. (On notera l’ironie : la même France qui proclame "Liberté, Égalité, Fraternité" en 1789 légalise l’apartheid en Algérie en 1881.)
Le tournant du XXe siècle : quand la République invente l’assimilation
Après la Première Guerre mondiale, la France se retrouve avec des millions de soldats coloniaux qui ont combattu pour elle. Des tirailleurs sénégalais, des Marocains, des Indochinois — tous considérés comme des héros sur le front, mais traités comme des citoyens de seconde zone une fois la paix revenue. Face à cette contradiction, l’État invente un nouveau concept : l’assimilation. L’idée ? Les étrangers peuvent devenir français… à condition d’abandonner leur culture, leur langue, et parfois même leur nom.
Prenez l’exemple des Polonais dans le Nord. Dans les années 1920, ils arrivent par milliers pour travailler dans les mines. On les appelle les "Polaks", on se moque de leur accent, on leur interdit de parler leur langue au travail. Pourtant, en une génération, leurs enfants deviennent français — du moins sur le papier. Même chose pour les Italiens, les Espagnols, les Portugais : on les accepte, mais à condition qu’ils se fondent dans le moule. (Et si vous croyez que c’est du passé, demandez aux enfants d’immigrés maghrébins des années 1960 comment on leur a seriné qu’ils devaient "s’intégrer".)
Génétique vs. identité : pourquoi les Français ne sont pas une race
Ce que disent vraiment les tests ADN
En 2020, une étude publiée dans Nature Communications a analysé l’ADN de 2 000 Français. Résultat ? Aucune "signature génétique française" n’émerge. Les Bretons ont des marqueurs celtes, les Basques des traces de populations pré-indo-européennes, les Corses des influences italiennes, et les habitants du Nord des ascendances germaniques. Quant aux Parisiens, leur ADN est un mélange si complexe qu’il est impossible de le rattacher à une origine unique.
Le plus frappant, c’est que les différences génétiques entre deux régions françaises sont souvent plus marquées qu’entre un Français et un Allemand ou un Espagnol. (Oui, vous avez bien lu : un Breton a plus de chances d’avoir des gènes en commun avec un Gallois qu’avec un Provençal.) Alors, où est passée la fameuse "race française" ? Nulle part. Parce qu’elle n’a jamais existé.
L’illusion du "Français de souche"
L’expression fait frémir les généticiens. Un "Français de souche" ? Mais de quelle souche parle-t-on ? Celle des Gaulois ? Sauf que les Gaulois eux-mêmes étaient un mélange de Celtes, de Ligures, d’Ibères, et de populations venues d’Europe centrale. Celle des Francs ? Ces guerriers germaniques qui ont donné leur nom au pays représentaient à peine 5 % de la population au Moyen Âge. Quant aux Capétiens, la dynastie qui a régné sur la France pendant 800 ans, ils étaient d’origine… franque. (Autant dire que si on remonte assez loin, nous sommes tous des métis.)
Le vrai scandale, c’est que cette expression a été popularisée dans les années 1980 par l’extrême droite. Avant ça, personne ne parlait de "souche". Les Français se définissaient par leur nationalité, leur région, leur métier — mais pas par leur arbre généalogique. Aujourd’hui, pourtant, le terme est entré dans le langage courant. Et c’est là que le bât blesse : quand on commence à parler de "souche", on sous-entend qu’il existe des Français "purs" et d’autres qui le sont moins. Or, la pureté, en génétique, c’est une chimère.
Comment l’Histoire a fabriqué l’idée d’une France "blanche"
La Révolution et l’invention du citoyen abstrait
En 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclame que "les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits". Sauf que dans les faits, cette égalité ne concerne que les hommes blancs. Les femmes ? Exclues. Les esclaves des colonies ? Toujours enchaînés. Les Juifs ? Emancipés en 1791, mais sous conditions. Quant aux Noirs, ils sont considérés comme des "citoyens passifs" — un statut qui les prive du droit de vote.
Pourtant, c’est à ce moment-là que naît l’idée d’une France une et indivisible. Une France où la couleur de peau, la religion, ou l’origine n’ont pas d’importance… tant qu’on est prêt à se fondre dans le moule républicain. Le paradoxe ? Cette universalisme, qui devait abolir les différences, a fini par les nier. Et quand on nie les différences, on finit par croire qu’elles n’existent pas. Résultat : en 2024, certains Français tombent des nues quand on leur dit que la France a toujours été multiculturelle.
Colonisation et immigration : les deux faces d’une même pièce
Entre 1830 et 1962, la France a colonisé l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, l’Indochine, l’Afrique de l’Ouest, Madagascar… Des millions de personnes sont devenues françaises du jour au lendemain, sans avoir leur mot à dire. En 1946, les colonies deviennent des "départements d’outre-mer", et leurs habitants obtiennent la nationalité française. Sauf que dans les faits, on continue à les traiter comme des citoyens de seconde zone. (Exemple : jusqu’en 1962, les Algériens devaient présenter un "certificat de nationalité française" pour entrer en métropole — un document que les Blancs n’ont jamais eu à fournir.)
Parallèlement, la France fait venir des travailleurs étrangers pour reconstruire le pays après les guerres. Espagnols, Italiens, Polonais, Portugais… Puis, dans les années 1960, des Maghrébins et des Africains. On les loge dans des bidonvilles, on les paie moins que les Français, et on leur répète qu’ils doivent "s’intégrer". Pourtant, leurs enfants naissent français. Mais aux yeux de certains, ils restent des "immigrés" — même s’ils n’ont jamais mis les pieds dans le pays de leurs parents.
Le comble ? Ces mêmes personnes qui dénoncent "l’invasion étrangère" oublient souvent que leurs propres ancêtres étaient des immigrés. Les Bretons, les Auvergnats, les Corses… Tous ont été considérés comme des "ploucs" ou des "arriérés" quand ils sont arrivés à Paris. (Un Breton dans les années 1900, c’était un peu comme un Maghrébin aujourd’hui : on se moquait de son accent, on le traitait de "sauvage", et on lui disait de retourner chez lui.)
Pourquoi on continue à croire à la "race française" (et pourquoi c’est dangereux)
Le mythe du "nous" contre "eux"
En 2015, après les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan, un sondage révélait que 42 % des Français estimaient que "l’islam est incompatible avec les valeurs de la République". Un chiffre effarant, quand on sait que l’islam est la deuxième religion du pays. Mais ce qui est encore plus frappant, c’est la façon dont ce "nous" contre "eux" s’est installé dans le débat public.
Prenez l’exemple de l’extrême droite. Depuis des décennies, elle martèle que la France est menacée par "le grand remplacement" — une théorie complotiste qui prétend que les élites organisent secrètement le remplacement des Français blancs par des immigrés musulmans. Sauf que les chiffres ne suivent pas : en 2023, les immigrés ne représentaient que 10,3 % de la population française, et les musulmans environ 5 %. (À titre de comparaison, en 1931, les étrangers représentaient 6,6 % de la population — et on parlait déjà de "crise migratoire".)
Le problème, c’est que ce mythe du "nous" contre "eux" ne se limite pas à l’extrême droite. Il imprègne aussi le discours de certains intellectuels, qui parlent de "décivilisation" ou de "menace identitaire". Comme si la France était un vase fragile, menacé par la moindre goutte de diversité. Or, la vérité, c’est que la France a toujours été diverse. Ce qui change, c’est qu’aujourd’hui, cette diversité est visible — et que certains n’arrivent pas à l’accepter.
Quand l’État lui-même entretient la confusion
En 2021, le gouvernement français a lancé un débat sur "l’identité nationale". Objectif affiché : "définir ce que signifie être français". Sauf que derrière cette question en apparence innocente se cache un piège : celui de croire qu’il existe une seule façon d’être français. Comme si un Breton, un Antillais, un Kabyle, et un descendant de Polonais devaient tous cocher les mêmes cases pour mériter ce titre.
Pire : l’État français continue de collecter des données ethniques… mais seulement dans certains cas. Par exemple, les statistiques sur les origines sont interdites dans les recensements, au nom de l’universalisme républicain. Pourtant, dans les enquêtes sur les discriminations, on demande aux gens de cocher des cases comme "Maghrébin", "Africain", ou "Asiatique". Résultat : on nie les différences quand ça arrange, et on les instrumentalise quand ça dérange.
Et puis, il y a les non-dits. Comme cette habitude qu’ont certains maires de refuser des subventions aux associations "communautaires" — sous prétexte qu’elles divisent la République. Sauf que ces associations, souvent, sont les seules à aider les populations défavorisées. (Un exemple parmi d’autres : en Seine-Saint-Denis, 40 % des habitants sont d’origine étrangère. Pourtant, les associations qui travaillent avec eux sont régulièrement accusées de "faire du communautarisme".)
Les Français sont-ils condamnés à ne jamais s’entendre sur leur identité ?
Le piège de l’assimilation : quand "devenir français" rime avec "renier ses origines"
En 2018, le footballeur Kylian Mbappé, né à Paris de parents camerounais et algériens, est sacré champion du monde avec l’équipe de France. Dans les médias, on célèbre son parcours : "un enfant de Bondy devenu héros national". Pourtant, quelques mois plus tard, quand il déclare en interview qu’il se sent "100 % français et 100 % africain", certains commentateurs s’étranglent. "Il devrait choisir", écrit un chroniqueur. Comme si être français excluait d’avoir d’autres attaches.
Cette obsession de l’assimilation, c’est le revers de la médaille de l’universalisme républicain. On vous dit : "Vous êtes français, donc vous devez vous fondre dans la masse." Mais personne ne vous explique ce que ça signifie concrètement. Faut-il abandonner sa religion ? Son accent ? Ses traditions culinaires ? (Un ami marocain m’a raconté un jour que sa mère avait été convoquée à l’école parce qu’elle mettait de la harissa dans les sandwiches de son fils. "C’est trop épicé, ça va perturber les autres enfants", lui avait-on dit. Autant dire que le jambon-beurre, lui, ne posait aucun problème.)
Le pire, c’est que cette pression à l’assimilation ne touche pas tout le monde de la même façon. Un enfant d’immigrés italiens ou polonais sera rapidement considéré comme "intégré". Un enfant d’immigrés maghrébins ou africains, lui, devra prouver sans cesse qu’il est "un bon Français". Comme si la couleur de sa peau ou son nom de famille le rendait suspect par défaut.
La France multiculturelle existe déjà (mais on refuse de la voir)
En 2023, un rapport de l’INSEE révélait que 40 % des Français avaient au moins un grand-parent né à l’étranger. 40 % ! Pourtant, quand on demande aux gens de décrire la France, ils imaginent encore un pays blanc, catholique, et homogène. Comme si les 6 millions de musulmans, les 2 millions de Noirs, les 1 million de Juifs, et les centaines de milliers d’Asiatiques n’existaient pas.
Pourtant, cette diversité est partout. Dans les rues de Marseille, où l’on entend parler arabe, comorien, et arménien. Dans les écoles de Seine-Saint-Denis, où 90 % des élèves ont au moins un parent né à l’étranger. Dans les entreprises du CAC 40, où les dirigeants s’appellent désormais Mbappé, Diallo, ou Nguyen. (En 2022, 12 % des patrons du SBF 120 étaient issus de l’immigration — un chiffre qui aurait été impensable il y a 30 ans.)
Le problème, ce n’est pas la diversité. C’est qu’on refuse de la reconnaître comme une composante normale de la société française. On préfère parler de "communautarisme" ou de "menace identitaire" plutôt que d’admettre que la France a toujours été un pays de métissage. (Et si vous en doutez, allez faire un tour dans un cimetière militaire : vous y verrez des noms kabyles, sénégalais, vietnamiens, et malgaches gravés sur les tombes des soldats morts pour la France.)
Et si la solution était de renoncer à définir les Français ?
Pourquoi chercher une "essence française" est une impasse
En 2016, le philosophe Alain Finkielkraut a publié L’Identité malheureuse>, un essai dans lequel il déplore la "disparition" de la France traditionnelle. Son argument ? La mondialisation et l’immigration auraient dilué l’identité française, au point de la rendre méconnaissable. Sauf que cet argument repose sur une illusion : celle qu’il existerait une "France éternelle", immuable, qu’il faudrait préserver à tout prix.
Or, la France n’a jamais été figée. Elle a changé de religion (du catholicisme à la laïcité), de langue (du latin au français, en passant par les patois régionaux), et de frontières (la Lorraine et l’Alsace ont changé de nationalité quatre fois en 70 ans). Alors pourquoi faudrait-il croire que son identité, elle, serait restée la même ?
Le vrai danger, ce n’est pas le changement. C’est de croire qu’on peut le stopper. Comme si la France était un musée, et non un pays vivant, en constante évolution. (Un pays où, soit dit en passant, 20 % des mariages sont aujourd’hui mixtes — un chiffre qui aurait fait scandale il y a 50 ans.)
Vers une identité relationnelle : et si être français, c’était juste partager un projet commun ?
En 2020, la sociologue Dominique Schnapper a proposé une idée intéressante : et si, au lieu de chercher ce qui nous unit par le sang ou la culture, on se concentrait sur ce qui nous unit par le projet ? Autrement dit, être français, ce ne serait pas avoir une origine ou une religion commune, mais adhérer à un certain nombre de valeurs : la laïcité, l’égalité hommes-femmes, la liberté d’expression…
Bien sûr, cette définition a ses limites. Elle exclut ceux qui ne partagent pas ces valeurs (les extrémistes religieux, par exemple). Mais elle a un mérite : elle ne repose pas sur des critères ethniques ou raciaux. Elle permet à un Breton, un Antillais, un Kabyle, et un descendant de Vietnamiens de se sentir français, sans avoir à renier leurs origines.
Et puis, il y a un autre avantage : cette définition est inclusive. Elle ne dit pas : "Pour être français, il faut être blanc et catholique." Elle dit : "Pour être français, il faut vouloir vivre ensemble." Or, c’est précisément ce que les Français font depuis des siècles — même quand on leur dit qu’ils n’en ont pas le droit.
Questions fréquentes (et réponses qui dérangent)
Les Français sont-ils tous des Gaulois ?
Non. Les Gaulois étaient un ensemble de tribus celtes qui vivaient en Gaule avant la conquête romaine. Ils représentaient une partie de la population, mais pas la totalité. Après eux, il y a eu les Romains, les Francs, les Wisigoths, les Vikings… Sans compter les migrations plus récentes (Italiens, Espagnols, Maghrébins, Africains…). Aujourd’hui, moins de 10 % des Français ont des ancêtres gaulois "purs". (Et encore, c’est une estimation généreuse.)
Pourquoi certains Français ont-ils la peau noire ?
Pour plusieurs raisons. D’abord, à cause de l’esclavage : entre le XVIe et le XIXe siècle, des millions d’Africains ont été déportés vers les colonies françaises (Antilles, Guyane, La Réunion…). Leurs descendants sont devenus français après l’abolition de l’esclavage en 1848. Ensuite, à cause de la colonisation : après 1946, les habitants des colonies ont obtenu la nationalité française. Enfin, à cause de l’immigration : depuis les années 1960, des millions d’Africains et d’Antillais sont venus s’installer en métropole. Résultat : aujourd’hui, environ 3 millions de Français ont la peau noire — soit 4,5 % de la population.
Est-ce que la France est un pays raciste ?
La question est mal posée. La France, comme tous les pays, a une histoire raciste. L’esclavage, la colonisation, les lois discriminatoires (comme le code de l’indigénat en Algérie)… Tout cela a laissé des traces. Aujourd’hui, les discriminations existent toujours : à l’embauche, au logement, dans les contrôles policiers. (En 2022, une étude du Défenseur des droits révélait que les jeunes hommes perçus comme "arabes ou noirs" avaient 20 fois plus de risques d’être contrôlés par la police que les autres.)
Cela dit, parler de "racisme d’État" est excessif. La France n’est pas un pays ségrégationniste comme les États-Unis l’étaient avant les années 1960. Mais elle a un problème avec sa diversité : elle refuse de la voir, et quand elle la voit, elle la considère comme une menace. Résultat : les minorités visibles sont souvent traitées comme des citoyens de seconde zone — même quand elles sont françaises depuis des générations.
Peut-on être français et musulman ?
Bien sûr. La laïcité, c’est justement le principe qui permet à chacun de pratiquer (ou non) sa religion, sans que l’État ne favorise l’une ou l’autre. Pourtant, depuis 20 ans, l’islam est devenu un sujet de crispation. On parle de "communautarisme", de "séparatisme", de "menace islamiste"… Comme si les 6 millions de musulmans français étaient tous des extrémistes en puissance.
La réalité ? 90 % des musulmans français se disent "très attachés" à la laïcité. Ils mangent du porc, boivent de l’alcool, et envoient leurs enfants à l’école publique. (Un sondage de 2021 révélait que 78 % des musulmans français estiment que la religion relève de la sphère privée.) Pourtant, ils sont constamment sommés de "se désolidariser" des attentats, comme s’ils en étaient collectivement responsables. Autant dire que le problème n’est pas l’islam. C’est le regard que la société porte sur lui.
Verdict : la France n’a pas de race, et c’est très bien comme ça
Au fond, la question "De quelle race sont les Français ?" est un non-sens. Parce que la race, en France, n’a jamais été une réalité biologique. C’est une construction politique, utilisée pour justifier l’esclavage, la colonisation, et les discriminations. Et aujourd’hui encore, elle sert à diviser : entre les "vrais Français" et les autres, entre les "de souche" et les "issus de l’immigration", entre le "nous" et le "eux".
Pourtant, si on regarde l’Histoire en face, une chose saute aux yeux : la France a toujours été un pays de métissage. Des Gaulois aux Romains, des Francs aux Arabes, des Italiens aux Maghrébins… Chaque génération a apporté sa pierre à l’édifice. Et c’est précisément cette diversité qui fait la richesse du pays.
Alors oui, la France a un problème avec son identité. Mais ce problème n’est pas nouveau. Il date du jour où on a décidé que certains Français valaient plus que d’autres. La solution ? Arrêter de chercher une "essence française" qui n’existe pas. Accepter que la France, comme tous les pays, est un work in progress — un mélange de cultures, de langues, et de traditions qui évolue en permanence. Et surtout, arrêter de croire que la diversité est une menace. Parce qu’au fond, c’est elle qui nous a toujours sauvés.
(Et si vous n’êtes toujours pas convaincus, allez faire un tour dans un restaurant parisien. Vous y trouverez des sushis, des couscous, des pizzas, et des burgers — le tout à moins de 500 mètres. Preuve que la France, finalement, a toujours été un pays d’immigration. Même quand elle refuse de l’admettre.)
