L'image cinématographique face à la réalité du quotidien
Le truc c'est que Travolta, c'est avant tout une gueule et une gestuelle. Quand on pense à lui, l'image de Danny Zuko dans Grease ou de Vincent Vega dans Pulp Fiction surgit immédiatement. Et qu'ont-ils en commun ? Une cigarette au coin des lèvres. Dans le chef-d'œuvre de Tarantino sorti en 1994, la scène où il roule sa propre cigarette avec une précision quasi chirurgicale a marqué toute une génération. On est loin du compte si l'on imagine que cette aisance vient d'une pratique quotidienne effrénée. Pourtant, l'acteur a dû s'entraîner des heures pour que ce geste paraisse naturel, presque instinctif.
Le mythe Vincent Vega et la gestuelle du fumeur
Pour incarner Vincent Vega, John Travolta a dû s'immerger dans une culture du tabac très spécifique. À l'époque, les rumeurs disaient qu'il avait recommencé à fumer pour "sentir" le personnage. C'est là où ça coince pour beaucoup d'observateurs : la frontière entre la méthode de l'Actor's Studio et les habitudes personnelles est souvent poreuse. Mais honnêtement, c'est flou. Des membres de l'équipe de tournage ont rapporté qu'il ne touchait pratiquement pas aux cigarettes une fois que les caméras s'éteignaient. Il utilisait souvent des cigarettes aux herbes, sans nicotine, pour éviter de devenir accro pendant les longues semaines de production. C'est une astuce de vieux briscard que beaucoup d'acteurs utilisent pour protéger leurs poumons tout en gardant un look de dur à cuire.
Grease ou l'apologie du tabac chez les jeunes des années 50
En 1978, l'ambiance était radicalement différente. Fumer était synonyme de rébellion, de maturité et de sex-appeal. Dans Grease, la cigarette est un accessoire de mode au même titre que le blouson en cuir noir. John Travolta, alors âgé de 24 ans, jouait le jeu à fond. Mais saviez-vous que même à cette époque, il n'était pas considéré comme un "gros" fumeur par ses partenaires de jeu ? Olivia Newton-John, par exemple, était bien plus préoccupée par sa propre santé que par les éventuelles habitudes tabagiques de sa co-star. Le problème, c'est qu'à force de le voir avec une tige à la main dans chaque scène culte, le public a fini par imprimer cette image de manière indélébile. Résultat : on lui prête une addiction qu'il n'a probablement jamais vraiment eue à ce niveau-là.
La technique de l'acteur pour simuler l'inhalation
Regardez attentivement ses films. Un vrai fumeur inhale profondément, avec une certaine détente des épaules. Travolta, lui, a souvent une manière très théâtrale de rejeter la fumée. C'est une technique de jeu. Il garde la fumée dans la bouche ou ne l'aspire que superficiellement. C'est flagrant dans certains plans rapprochés où l'on voit que ses yeux ne réagissent pas à l'irritation de la fumée, un signe qui ne trompe pas chez ceux qui ne sont pas habitués à consommer 20 cigarettes par jour. Je reste convaincu que son rapport au tabac a toujours été purement utilitaire, un outil de travail qu'il rangeait au vestiaire une fois la journée finie.
La passion des cigares : un hobby de gentleman plus que d'addict
Reste que tout n'est pas blanc ou noir. Si la cigarette semble bannie de son univers, le cigare, lui, a fait quelques apparitions remarquées. On n'y pense pas assez, mais Hollywood a une culture du cigare très ancrée, surtout chez les acteurs de la génération de Travolta. On l'a vu à plusieurs reprises, notamment dans les années 2000, arborer un beau barreau de chaise lors de premières ou de soirées privées. Mais attention, on est loin de la dépendance nerveuse. On est plutôt dans le registre de l'épicurisme, du plaisir lent et coûteux qu'on s'accorde après un bon dîner.
Les apparitions publiques avec un barreau de chaise
Il existe quelques clichés de paparazzi, datant d'une quinzaine d'années, où l'on voit la star de Face/Off profiter d'un cigare sur un yacht ou à la sortie d'un restaurant huppé de Los Angeles. Ces photos ont alimenté les débats sur les forums de fans. Est-il accro ? La réponse semble être un grand non. Le cigare ne s'inhale pas de la même manière et ne crée pas le même type de besoin compulsif que la cigarette. Pour Travolta, c'est sans doute une question d'image sociale, un moyen de marquer son statut de patriarche du cinéma mondial. Soit dit en passant, il n'a jamais fait de promotion pour une marque de tabac, contrairement à d'autres célébrités de son rang.
La différence entre dépendance à la nicotine et plaisir épicurien
Il faut bien comprendre la nuance. Un fumeur de cigarettes cherche sa dose de nicotine toutes les heures. Un amateur de cigares peut passer trois mois sans y toucher. Dans le cas de John, les témoignages convergent vers une consommation extrêmement sporadique. À ceci près que l'odeur du cigare est tenace, ce qui laisse parfois croire à son entourage qu'il fume plus qu'il ne le fait réellement. Mais au fond, qui peut lui reprocher un petit plaisir de temps en temps après une carrière aussi dense ? Ce n'est pas cela qui va entamer son capital santé de manière dramatique, surtout au vu de son hygiène de vie globale par ailleurs.
L'aviation, le véritable frein à une consommation excessive
C'est ici que l'argument du "non-fumeur" prend tout son sens. John Travolta n'est pas juste un acteur qui aime les avions ; c'est un pilote chevronné, certifié sur plusieurs types d'appareils, dont le mythique Boeing 707 et des jets Gulfstream. Et là, on ne plaisante pas avec la santé. Pour garder ses licences de vol, surtout en tant que pilote de ligne privé, il doit passer des examens médicaux réguliers et extrêmement rigoureux auprès de la FAA (Federal Aviation Administration). Fumer massivement est le meilleur moyen de rater ces tests à cause de problèmes cardiovasculaires ou d'une capacité pulmonaire réduite.
Piloter un Boeing 707 demande une hygiène de fer
Imaginez un instant : vous êtes aux commandes d'un appareil de plusieurs tonnes, avec votre famille à bord. Vous ne pouvez pas vous permettre d'avoir les bronches encombrées ou une tension artérielle qui joue au yo-yo à cause de la nicotine. Travolta prend son rôle de pilote très au sérieux, peut-être même plus que ses rôles au cinéma. Il a accumulé plus de 5 000 heures de vol. Un tel niveau d'engagement est incompatible avec un tabagisme lourd. La discipline nécessaire pour piloter de tels engins impose une certaine sobriété physique. D'où sa silhouette qui, malgré les années, reste celle d'un homme actif et alerte.
Les examens médicaux de la FAA pour les pilotes privés
Les pilotes de la catégorie de Travolta doivent se soumettre à une visite médicale de classe 1 ou 2 tous les ans, voire tous les six mois après un certain âge. On y vérifie l'ECG (électrocardiogramme), la vision, mais aussi la fonction respiratoire. Un fumeur chronique laisse des traces indélébiles que les médecins de l'aviation repèrent immédiatement. S'il avait été un accro à la cigarette, il aurait probablement dû renoncer à certaines de ses certifications de vol depuis longtemps. C'est pour moi la preuve la plus tangible qu'il mène une vie saine loin des cendriers. Autant le dire clairement : ses avions sont ses véritables poumons.
L'influence de la Scientologie sur ses habitudes de vie
On ne peut pas parler de la vie privée de John Travolta sans évoquer son appartenance à l'Église de Scientologie. C'est un sujet qui divise, certes, mais qui a un impact direct sur ses choix de consommation. La doctrine scientologue met un point d'honneur sur la pureté du corps et de l'esprit. Bien que le tabac ne soit pas formellement interdit comme peuvent l'être les drogues psychiatriques ou les stupéfiants illégaux, il est fortement découragé. On prône des cures de purification, souvent à base de saunas et de vitamines, pour éliminer les toxines.
Une approche pragmatique de la santé physique
Le programme de "Purification" est un pilier de leur pratique. L'idée est de nettoyer le corps de tous les résidus chimiques. Dans ce contexte, fumer des cigarettes apparaît comme un non-sens total pour un membre dévoué. Travolta, étant l'un des ambassadeurs les plus célèbres de ce mouvement, se doit de montrer l'exemple. On l'imagine mal sortir d'une séance de "purification" pour s'enfiler un paquet de Marlboro. C'est une pression sociale interne qui, au-delà de la santé pure, joue un rôle de garde-fou non négligeable. Mais bon, on sait aussi que la réalité des coulisses est parfois différente des dogmes affichés.
Les rumeurs de cures de désintoxication naturelles
Certains tabloïds ont affirmé par le passé que l'acteur avait eu recours à ces méthodes pour arrêter définitivement toute consommation de tabac après le tournage de certains films éprouvants. Info ou intox ? Difficile à dire. Ce qui est sûr, c'est que sa communication officielle a toujours mis en avant une vitalité débordante, incompatible avec les dents jaunes et le teint grisâtre d'un fumeur invétéré. Il y a une forme de narcissisme positif chez lui : il aime son image, il aime être beau et en forme. Et le tabac est l'ennemi numéro un de la jeunesse éternelle à Hollywood.
Les idées reçues sur la santé des stars de sa génération
Il y a cette tendance un peu agaçante à croire que tous les acteurs qui ont connu les années 70 sont des rescapés du tabac et de l'alcool. C'est une erreur de jugement. Si un type comme Keith Richards est un miracle de la nature, Travolta appartient à cette catégorie d'acteurs qui ont très vite compris que leur corps était leur fonds de commerce. Il a vu des amis sombrer, il a vu les ravages du cancer du poumon chez ses pairs. Ça change la donne quand vous voyez vos mentors disparaître à cause d'une mauvaise habitude prise sur un plateau de tournage.
Travolta vs Stallone : deux rapports différents au tabac
Prenez Sylvester Stallone. Lui aussi a souvent été associé au cigare. Mais contrairement à Travolta, Stallone a admis avoir eu une période de tabagisme très intense qui a failli lui coûter cher pendant le tournage de Rocky. Travolta, de son côté, n'a jamais eu ce discours de "repenti". Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il n'a jamais été vraiment "dedans". Il n'a pas d'histoire de lutte contre l'addiction à raconter, car la cigarette n'a jamais été son démon personnel. C'est une nuance de taille que les médias oublient souvent de souligner. On préfère les histoires de rédemption spectaculaires aux réalités plus banales d'une consommation contrôlée ou inexistante.
Pourquoi on veut absolument qu'il soit fumeur
C'est fascinant, cette volonté du public de coller aux basques des stars leurs personnages de fiction. On veut que Travolta fume parce que Vincent Vega est cool. On veut qu'il soit un peu "bad boy" dans la vraie vie. Sauf que dans la réalité, John est un père de famille qui se couche tôt (enfin, quand il ne pilote pas son jet à travers l'Atlantique) et qui fait attention à ce qu'il mange. L'écart entre le fantasme du public et la réalité de l'homme est parfois abyssal. Je trouve ça presque ironique : l'homme qui a rendu la cigarette la plus sexy du cinéma mondial est peut-être celui qui la déteste le plus en privé.
Questions fréquentes sur John Travolta et ses habitudes
Est-ce que John Travolta fumait vraiment dans Grease ?
Oui et non. Pour les scènes où il devait avoir une cigarette allumée, il s'agissait souvent de cigarettes de cinéma. Ces dernières ne contiennent pas de tabac ni de nicotine, mais un mélange de guimauve, de trèfle et d'autres herbes aromatiques. Elles produisent une fumée très dense qui rend très bien à la caméra, mais elles ont un goût absolument infâme, un peu comme si vous fumiez du foin séché. Travolta a dû en "griller" quelques-unes pour la crédibilité de Danny Zuko, mais ce n'était pas par plaisir. On est loin de la pause clope relaxante entre deux prises.
Quel est le cigare préféré de John Travolta ?
Les rares fois où il a été interrogé ou aperçu avec un cigare, les connaisseurs ont cru reconnaître des marques prestigieuses comme Montecristo ou Davidoff. Il semble apprécier les cigares de gros calibre, avec une fumée riche et crémeuse. Mais encore une fois, c'est du domaine de l'exceptionnel. Il n'est pas un collectionneur obsessionnel comme peut l'être Arnold Schwarzenegger, qui possède des caves à cigares monumentales. Pour John, c'est un accessoire de célébration, rien de plus.
A-t-il déjà arrêté de fumer publiquement ?
Il n'a jamais fait de grande annonce du type "J'arrête de fumer" car, officiellement, il n'a jamais commencé de manière sérieuse. Contrairement à des stars comme Barack Obama ou Brad Pitt qui ont dû lutter publiquement contre cette habitude, Travolta a toujours maintenu une ligne de conduite assez floue mais globalement saine. Son "arrêt" s'est fait naturellement par désintérêt et par nécessité professionnelle (aviation). Pas de patchs, pas de gommes à la nicotine sous les projecteurs, juste une transition logique vers un mode de vie de senior athlétique.
Le verdict final sur la consommation de tabac de la star
Au bout du compte, le dossier est assez clair. John Travolta n'est pas un fumeur. Il est un acteur qui sait parfaitement imiter un fumeur, ce qui est le propre de son talent. Entre les exigences de ses licences de pilote, les préceptes de sa foi et une simple volonté de vieillir en bonne santé, la cigarette n'a aucune place dans son emploi du temps. Certes, l'odeur d'un bon cigare peut venir chatouiller ses narines lors d'une soirée de gala à Cannes ou à Los Angeles, mais cela s'arrête là. Il a compris bien avant les autres que pour durer dans cette industrie impitoyable, il fallait préserver son souffle. Et quand on voit l'énergie qu'il déploie encore sur scène ou dans ses rares apparitions dansantes, on se dit que ses poumons se portent à merveille. Bref, si vous espériez le croiser en train de taxer une blonde au coin d'une rue, vous risquez d'attendre longtemps. Travolta préfère nettement l'air pur des hautes altitudes à la fumée des bars de nuit.
