Le truc, c’est que *#61# n’est pas qu’un simple interrupteur. C’est une porte d’entrée vers des réglages que votre opérateur préfère garder discrets. Et si je vous disais que ce code peut vous éviter de rater des appels importants, ou au contraire, vous débarrasser des indésirables sans bloquer personne ? On est loin du simple "mode avion" ou du "ne pas déranger". Ici, on parle de rediriger vos appels vers un autre numéro, de définir un délai avant bascule, ou même de créer des règles conditionnelles selon l’heure de la journée. Bref, un outil de pro, mais accessible à tous. À condition de savoir s’en servir.
Derrière le code *#61# : la mécanique invisible de vos appels
D’abord, clarifions un point : *#61# n’est pas un numéro de téléphone. C’est ce qu’on appelle un code USSD (Unstructured Supplementary Service Data), une sorte de langage secret entre votre téléphone et le réseau de votre opérateur. Quand vous tapez cette combinaison, vous envoyez une requête directe au cœur du système, sans passer par une application ou un site web. Résultat : la réponse est instantanée, et surtout, elle contourne toutes les interfaces graphiques qui pourraient vous cacher des options.
Mais pourquoi *61* en particulier ? Le "61" fait référence à une fonction spécifique du réseau GSM : le renvoi d’appel conditionnel. Contrairement au renvoi inconditionnel (*21#), qui redirige tous vos appels sans distinction, le *61# ne s’active que si une condition est remplie. La plus courante ? Votre téléphone ne répond pas après un certain nombre de sonneries. Or, cette condition, vous pouvez la paramétrer. Et c’est là que ça devient intéressant.
Les trois types de renvois que vous ne connaissez (probablement) pas
On croit souvent que le renvoi d’appel se limite à "tout rediriger vers la messagerie". Sauf que le réseau GSM propose bien plus que ça. Voici ce que *#61# peut réellement gérer :
1. Le renvoi sur non-réponse : c’est le cas par défaut. Si vous ne décrochez pas après X sonneries, l’appel bascule vers un autre numéro (généralement votre messagerie). Mais ce numéro, vous pouvez le changer. Pourquoi ne pas le rediriger vers un collègue, un numéro professionnel, ou même un service de transcription automatique ?
2. Le renvoi sur occupé (*#67#) : si votre ligne est déjà en communication, l’appel entrant est redirigé. Utile pour les professionnels qui ne veulent pas faire attendre leurs clients. Sauf que là encore, vous pouvez choisir la destination. Un standard, un assistant vocal, ou même un numéro de secours.
3. Le renvoi sur indisponibilité (*#62#) : si votre téléphone est éteint ou hors réseau, l’appel est redirigé. C’est ce qui se passe quand vous volez en avion et que quelqu’un tombe directement sur votre messagerie. Mais saviez-vous que vous pouvez désactiver ce renvoi ? Ou le rediriger vers un autre appareil ?
Le problème, c’est que la plupart des utilisateurs ne savent même pas que ces options existent. Et les opérateurs, eux, ne se bousculent pas pour les mettre en avant. Après tout, plus vous utilisez leur messagerie vocale, plus ils gagnent de l’argent. D’où l’intérêt de maîtriser ces codes.
Comment *#61# peut sauver vos appels (ou les saboter, si vous vous y prenez mal)
Composer *#61# ne sert à rien si vous ne savez pas interpréter la réponse. Voici ce que vous allez voir s’afficher à l’écran :
"Désactivation du renvoi d’appel activée. Numéro de renvoi : +336XXXXXXXX. Délai : 20 secondes."
Décomposons cette phrase, car elle contient trois informations cruciales :
1. L’état du renvoi : activé ou désactivé ?
Si le message indique "Désactivation du renvoi d’appel activée", cela signifie que le renvoi est actuellement actif. Oui, la formulation est contre-intuitive. C’est comme si on vous disait "le mode silencieux est désactivé" pour dire que votre téléphone sonne. Bref, un vrai casse-tête linguistique. Mais retenez ceci : si le mot "désactivation" apparaît, c’est que le renvoi est en place.
Pour le désactiver complètement, tapez ##61#. Le message changera alors pour "Renvoi d’appel désactivé". Simple, non ? Sauf que là encore, les opérateurs jouent avec les mots. Certains affichent "Service non activé", d’autres "Aucun renvoi configuré". Bref, on est loin de la clarté.
2. Le numéro de renvoi : vers où partent vos appels ?
Le "+336XXXXXXXX" est le numéro vers lequel vos appels sont redirigés en cas de non-réponse. Par défaut, il s’agit de votre messagerie vocale. Mais vous pouvez le modifier. Pour cela, composez **61*numéro*11*délai#. Par exemple :
**61*+33612345678*11*25#
Cette commande redirige vos appels vers le +33612345678 après 25 secondes de sonnerie. Pourquoi 25 secondes ? Parce que le "11" dans la commande représente le type de renvoi (11 = non-réponse), et le "25" est le délai en secondes. Vous pouvez choisir entre 5 et 30 secondes, par paliers de 5. Un détail qui change tout : un délai trop court, et vos correspondants n’auront pas le temps de décrocher. Trop long, et ils risquent de raccrocher avant la bascule.
3. Le délai : combien de temps avant la bascule ?
Le "20 secondes" dans le message initial indique le temps d’attente avant que l’appel ne soit redirigé. Ce paramètre est modifiable via la commande que je viens de vous donner. Mais attention : tous les opérateurs ne respectent pas exactement ce délai. Certains arrondissent à la sonnerie la plus proche, d’autres appliquent un délai fixe de 20 secondes quoi qu’il arrive. Résultat : si vous réglez 15 secondes, l’appel peut basculer après 18 ou 22 secondes. C’est imprévisible, et ça peut jouer des tours.
Et c’est précisément là que les choses se compliquent. Car ce délai, vous ne pouvez pas le régler depuis les paramètres de votre téléphone. Il faut passer par ces codes USSD, ou parfois par l’espace client de votre opérateur. Sauf que tous les opérateurs ne proposent pas cette option en ligne. Orange, par exemple, le permet. Free, en revanche, vous renvoie vers les codes. Bref, un vrai parcours du combattant.
Les pièges à éviter avec *#61# (et comment les contourner)
Utiliser *#61# sans précaution, c’est comme jouer avec les réglages du tableau de bord d’une voiture sans savoir à quoi servent les boutons. Ça peut marcher… ou tout casser. Voici les erreurs les plus courantes, et comment les éviter.
1. Oublier de vérifier l’état du renvoi après modification
Vous venez de changer le numéro de renvoi ? Parfait. Mais avez-vous vérifié que la modification a bien été prise en compte ? Beaucoup d’utilisateurs composent une commande, voient un message de confirmation, et passent à autre chose. Sauf que parfois, le réseau met quelques secondes (voire minutes) à appliquer le changement. Du coup, vos appels continuent d’être redirigés vers l’ancien numéro.
La solution ? Recomposez *#61# après chaque modification. Si le numéro affiché n’a pas changé, attendez une minute et réessayez. Et si rien ne bouge, contactez votre opérateur. Car oui, il arrive que le système bugue. Notamment sur les lignes prépayées, où les restrictions sont plus strictes.
2. Confondre *#61# et *#62# (et se retrouver sans appels en roaming)
Rappelez-vous : *#61# gère le renvoi sur non-réponse. *#62#, lui, gère le renvoi sur indisponibilité (téléphone éteint ou hors réseau). Si vous activez les deux en même temps, vos appels peuvent être redirigés deux fois de suite. Imaginez : vous ne répondez pas, l’appel bascule vers votre messagerie (*61#). Mais comme votre téléphone est éteint, il bascule à nouveau (*62#), cette fois vers un autre numéro. Résultat : votre correspondant tombe sur une boîte vocale inconnue, ou pire, sur un numéro surtaxé si vous avez mal configuré le renvoi.
Pour éviter ce scénario, désactivez toujours *#62# avant de toucher à *#61#. Composez ##62# pour le désactiver, puis vérifiez avec *#62# que le service est bien "non activé". Une fois *#61# configuré, vous pourrez réactiver *#62# si besoin. Mais dans 90% des cas, vous n’en aurez pas besoin.
3. Utiliser un numéro de renvoi incompatible
Tous les numéros ne peuvent pas recevoir vos appels redirigés. Voici les restrictions les plus courantes :
- Les numéros surtaxés (commençant par 08) sont souvent bloqués par les opérateurs. Logique : ils ne veulent pas que vous redirigiez vos appels vers des services payants.
- Les numéros internationaux peuvent fonctionner… ou pas. Tout dépend de votre forfait. Certains opérateurs autorisent les renvois vers l’étranger, d’autres les bloquent par défaut.
- Les numéros courts (comme les 39XX de Free) sont généralement refusés. Le système les considère comme des services internes, pas comme des lignes classiques.
Le conseil : testez toujours avec un appel entrant après avoir modifié le renvoi. Si l’appel bascule bien vers le nouveau numéro, c’est bon. Sinon, vérifiez que le numéro est valide, et que votre forfait le permet. Et si rien ne fonctionne, contactez votre opérateur. Certains numéros sont blacklistés sans que vous le sachiez.
Quand *#61# devient un outil professionnel (et comment en tirer parti)
La plupart des gens utilisent *#61# sans réfléchir, comme un simple interrupteur pour leur messagerie vocale. Mais dans un contexte professionnel, ce code peut devenir un véritable couteau suisse. Voici comment.
1. Créer un standard téléphonique low-cost
Imaginez : vous êtes indépendant, et vous ne voulez pas donner votre numéro personnel à vos clients. Vous pouvez configurer *#61# pour rediriger vos appels vers un numéro professionnel (un standard virtuel, par exemple) après 10 secondes de sonnerie. Si vous décrochez avant, l’appel reste sur votre ligne personnelle. Sinon, il bascule vers le standard, qui peut prendre un message ou transférer l’appel vers un collègue.
Mieux encore : vous pouvez combiner *#61# avec *#67# (renvoi sur occupé). Résultat : si vous êtes déjà en communication, l’appel bascule directement vers le standard, sans sonner sur votre ligne. Pratique pour éviter les appels en double.
Le coût ? Presque nul. Les standards virtuels comme ceux de OVH ou de RingCentral coûtent quelques euros par mois. Et contrairement à une ligne fixe traditionnelle, vous pouvez les configurer en quelques clics. Le seul inconvénient ? Si votre téléphone est éteint, les appels basculeront quand même vers le standard (*62#). À vous de voir si c’est un avantage ou un inconvénient.
2. Gérer les appels en horaires décalés (sans réveiller tout le monde)
Vous travaillez avec des clients à l’étranger, et vous ne voulez pas être dérangé la nuit ? Configurez *#61# pour rediriger les appels vers un service de messagerie vocale professionnelle (comme Google Voice ou un répondeur OVH) entre 22h et 7h. Voici comment :
1. Activez le renvoi vers votre messagerie professionnelle avec **61*numéro*11*20# (20 secondes de délai).
2. À 22h, activez le renvoi inconditionnel (*21*numéro#) pour que tous les appels basculent directement vers la messagerie.
3. À 7h, désactivez le renvoi inconditionnel (##21#) pour revenir au renvoi conditionnel.
Le problème, c’est que cette méthode nécessite de composer les codes manuellement. Sauf si vous utilisez une application comme Tasker (Android) ou Shortcuts (iOS) pour automatiser le processus. Avec Tasker, par exemple, vous pouvez créer une tâche qui active *21# à 22h et ##21# à 7h. Pratique, non ?
Mais attention : cette astuce ne fonctionne que si votre téléphone reste allumé et connecté au réseau. Si vous l’éteignez la nuit, les appels basculeront vers *62# (renvoi sur indisponibilité), et non vers votre messagerie professionnelle. D’où l’intérêt de bien configurer les deux codes.
3. Éviter les frais de roaming (sans désactiver les données)
Quand vous voyagez à l’étranger, les frais de roaming peuvent vite devenir un cauchemar. Sauf que désactiver complètement les appels, c’est risquer de rater un appel important. La solution ? Redirigez vos appels vers un numéro local (un collègue, un numéro de bureau) avec *#61#. Voici comment :
1. Avant de partir, notez le numéro de renvoi actuel avec *#61#.
2. À l’étranger, composez **61*numéro_local*11*20# pour rediriger les appels vers un numéro local.
3. À votre retour, rétablissez le renvoi initial avec la même commande, mais avec votre numéro habituel.
L’avantage ? Vous gardez votre ligne active (utile pour les SMS ou les données), mais les appels entrants sont redirigés vers un numéro local, sans frais de roaming. Bien sûr, cette astuce ne fonctionne que si vous avez un contact sur place. Et si vous utilisez WhatsApp ou Telegram pour les appels, elle devient inutile. Mais pour les appels classiques, c’est une bouée de sauvetage.
Pourquoi les opérateurs détestent (un peu) que vous utilisiez *#61#
Si *#61# est si puissant, pourquoi n’en parle-t-on presque jamais ? La réponse tient en un mot : l’argent. Les opérateurs gagnent de l’argent chaque fois que vous utilisez leur messagerie vocale. Et plus vous l’utilisez, plus ils engrangent de revenus. Or, *#61# permet justement de contourner cette messagerie, ou de la remplacer par un service tiers.
Prenons un exemple concret. Chez Orange, chaque appel redirigé vers la messagerie vocale rapporte environ 0,15 € à l’opérateur. Multipliez ça par des millions d’utilisateurs, et vous obtenez une source de revenus non négligeable. Maintenant, imaginez que 10% de ces utilisateurs redirigent leurs appels vers un service gratuit comme Google Voice. Résultat : Orange perd des centaines de milliers d’euros par an.
D’où leur stratégie : rendre ces codes aussi obscurs que possible. Essayez de trouver une page dédiée à *#61# sur le site de votre opérateur. Vous tomberez sur des FAQ génériques, des explications alambiquées, ou pire, des redirections vers des services payants. Chez SFR, par exemple, la page sur les codes USSD mentionne *#61# en passant, sans expliquer comment l’utiliser. Free, lui, propose une liste de codes… mais sans aucun contexte. Bref, on vous donne les outils, mais pas le mode d’emploi.
Et c’est là que le bât blesse. Car ces codes existent pour une raison : ils font partie des standards GSM depuis les années 1990. Les opérateurs sont obligés de les supporter, mais rien ne les oblige à les promouvoir. Résultat : 99% des utilisateurs les ignorent, et continuent d’utiliser la messagerie vocale par défaut. Une aubaine pour les opérateurs.
Mais ce n’est pas tout. Certains opérateurs vont plus loin en bloquant certaines fonctionnalités. Par exemple :
- Free interdit les renvois vers des numéros internationaux sur ses forfaits low-cost.
- Bouygues bloque les renvois vers des numéros surtaxés, même si vous en avez besoin pour un service professionnel.
- Orange limite le délai de renvoi à 20 secondes sur certaines lignes, sans possibilité de le modifier.
Leur argument ? La "sécurité" et la "prévention des fraudes". Sauf que dans les faits, ces restrictions servent surtout à protéger leurs revenus. Et si vous voulez les contourner, il faut souvent souscrire à un forfait plus cher, ou appeler le service client pour "débloquer" la fonctionnalité. Pratique, non ?
Les alternatives à *#61# : quand les codes USSD ne suffisent plus
Le code *#61# est puissant, mais il a ses limites. Notamment :
- Il ne permet pas de créer des règles complexes (ex : "rediriger les appels de mon patron vers mon collègue, mais garder les autres pour moi").
- Il ne fonctionne pas si votre téléphone est éteint (sauf si vous activez aussi *#62#).
- Il est difficile à automatiser (sauf avec des apps tierces comme Tasker).
Heureusement, il existe des alternatives. En voici trois, classées par complexité.
1. Les applications de renvoi d’appel (pour les non-techniciens)
Si les codes USSD vous donnent mal à la tête, des applications comme Call Forwarding (Android) ou Forward My Calls (iOS) peuvent faire le travail à votre place. Leur avantage ? Une interface graphique simple, et la possibilité de créer des règles basiques.
Par exemple, avec Call Forwarding, vous pouvez :
- Activer/désactiver le renvoi d’un simple clic.
- Choisir le numéro de renvoi depuis vos contacts.
- Régler le délai avant bascule (entre 5 et 30 secondes).
Le problème ? Ces apps ne font que composer les codes USSD à votre place. Si votre opérateur bloque une fonctionnalité, l’app ne pourra rien y faire. De plus, certaines versions gratuites affichent des pubs, ou limitent le nombre de renvois par jour. Bref, une solution pratique, mais pas parfaite.
2. Les standards virtuels (pour les professionnels)
Si vous avez besoin de plus de flexibilité, un standard virtuel comme OVH Télécom ou RingCentral est une meilleure option. Ces services vous donnent un numéro professionnel, et vous permettent de créer des règles de renvoi avancées.
Par exemple, avec OVH Télécom, vous pouvez :
- Rediriger les appels vers différents numéros selon l’heure (ex : vers votre ligne personnelle le jour, vers un collègue la nuit).
- Créer des menus vocaux ("Appuyez sur 1 pour joindre le service commercial, sur 2 pour le support").
- Enregistrer des messages d’accueil personnalisés.
Le coût ? Entre 5 et 20 € par mois, selon les options. Mais pour un indépendant ou une petite entreprise, c’est souvent moins cher qu’une ligne fixe traditionnelle. Et surtout, c’est bien plus flexible que *#61#.
Le seul inconvénient ? Vous dépendez d’un service tiers. Si OVH a une panne, vos appels ne seront pas redirigés. D’où l’intérêt de toujours garder un plan B (comme *#61# configuré en backup).
3. Les solutions VoIP (pour les experts)
Si vous voulez le contrôle total, une solution VoIP comme Asterisk ou 3CX est la Rolls-Royce des renvois d’appel. Ces logiciels open-source vous permettent de créer des règles ultra-personnalisées, comme :
- Rediriger les appels vers différents numéros selon l’identité de l’appelant.
- Basculer automatiquement vers un autre numéro si le premier ne répond pas.
- Enregistrer les appels entrants pour une écoute ultérieure.
Mais attention : ces solutions sont complexes à mettre en place. Il vous faudra un serveur dédié, des connaissances en réseau, et beaucoup de patience. Sans compter que certains opérateurs bloquent les appels VoIP sur leurs réseaux mobiles. Bref, une solution réservée aux technophiles ou aux entreprises avec un service informatique.
Et si vous ne voulez pas vous lancer dans l’aventure, des services comme Google Voice offrent un compromis intéressant. Pour 10 $ par mois, vous obtenez un numéro américain avec des règles de renvoi avancées, et la possibilité de transcrire vos messages vocaux en texte. Le seul problème ? Le service n’est officiellement disponible qu’aux États-Unis. Mais avec un VPN et un peu de débrouillardise, vous pouvez l’utiliser depuis la France. (Je ne vous ai rien dit.)
Questions fréquentes : ce que tout le monde se demande sur *#61#
Pourquoi mon opérateur ne m’a jamais parlé de *#61# ?
Parce que ça n’est pas dans leur intérêt. Comme je l’expliquais plus haut, les opérateurs gagnent de l’argent chaque fois que vous utilisez leur messagerie vocale. Or, *#61# permet justement de contourner cette messagerie, ou de la remplacer par un service tiers. Résultat : moins de revenus pour eux. D’où leur silence sur le sujet.
Cela dit, certains opérateurs commencent à communiquer sur ces codes, notamment dans leurs FAQ techniques. Mais ils le font discrètement, sans mise en avant. Chez Free, par exemple, vous trouverez une liste des codes USSD dans la section "Assistance", mais sans aucune explication sur leur utilité. Bref, c’est à vous de creuser.
Est-ce que *#61# fonctionne à l’étranger ?
Oui, mais avec des restrictions. Les codes USSD comme *#61# sont standardisés au niveau international, donc ils fonctionnent dans la plupart des pays. Cependant :
- Certains opérateurs étrangers peuvent bloquer les renvois vers des numéros internationaux.
- Les frais de roaming s’appliquent si vous redirigez un appel vers un numéro local (même si vous ne décrochez pas).
- Le délai de renvoi peut varier selon le réseau (certains pays imposent un délai minimum de 20 secondes).
Mon conseil : testez toujours *#61# avant de partir à l’étranger, et notez le numéro de renvoi actuel. Comme ça, vous pourrez le rétablir à votre retour sans mauvaise surprise.
Puis-je utiliser *#61# pour bloquer des numéros indésirables ?
Non, et c’est là que le bât blesse. *#61# ne bloque pas les appels, il les redirige. Si vous voulez bloquer un numéro, il faut passer par les paramètres de votre téléphone (Android/iOS), ou utiliser une app tierce comme Hiya ou Truecaller.
Cela dit, vous pouvez contourner le problème en redirigeant les appels indésirables vers un numéro inexistant (ex : 0000). Résultat : l’appel sera rejeté, et votre correspondant tombera sur un message "numéro non attribué". Mais cette astuce ne fonctionne pas avec tous les opérateurs, et certains numéros (comme les services clients) peuvent contourner le renvoi. Bref, une solution imparfaite.
Est-ce que *#61# fonctionne avec les forfaits prépayés ?
Ça dépend de l’opérateur. Certains forfaits prépayés bloquent les codes USSD avancés, par mesure de sécurité. D’autres les autorisent, mais avec des restrictions (ex : impossibilité de rediriger vers un numéro international).
Pour savoir si votre forfait est compatible, composez *#61#. Si vous obtenez une réponse, c’est bon signe. Sinon, contactez votre opérateur pour demander une activation. Et si rien ne fonctionne, vous devrez peut-être passer à un forfait post-payé.
Verdict : *#61# vaut-il le coup, ou est-ce un gadget inutile ?
La réponse est simple : ça dépend de vos besoins. Si vous vous contentez de votre messagerie vocale et que vous n’avez jamais de problème avec vos appels, *#61# ne changera pas votre vie. Mais si vous voulez reprendre le contrôle de votre ligne, ce code est une arme secrète.
Voici trois cas où *#61# fait la différence :
1. Vous êtes indépendant ou freelance : redirigez vos appels vers un standard virtuel pour séparer vie pro et vie perso. Plus de clients qui vous appellent le week-end, et une image plus professionnelle.
2. Vous voyagez souvent : évitez les frais de roaming en redirigeant vos appels vers un numéro local. Ou configurez un renvoi vers votre messagerie professionnelle pour ne pas être dérangé la nuit.
3. Vous gérez une équipe : utilisez *#61# en backup d’un standard virtuel. Si le standard tombe en panne, vos appels basculeront automatiquement vers un numéro de secours.
Mais attention : *#61# n’est pas une solution miracle. Il a ses limites (pas de règles complexes, dépendance au réseau, etc.), et il ne remplace pas un bon standard téléphonique pour les professionnels. De plus, les opérateurs ne facilitent pas son utilisation, et certains le bloquent carrément sur les forfaits low-cost.
Alors, faut-il l’utiliser ? Je reste convaincu que oui, mais avec modération. Commencez par composer *#61# pour voir comment votre renvoi est configuré. Si le numéro affiché est celui de votre messagerie vocale, et que le délai vous convient, vous n’avez probablement pas besoin de toucher à quoi que ce soit. Mais si vous voulez optimiser vos appels, testez les commandes que je vous ai données. Et surtout, vérifiez toujours que les modifications ont bien été prises en compte.
Une dernière chose : si vous utilisez *#61# pour rediriger vos appels vers un autre numéro, prévenez vos correspondants. Rien de plus frustrant que de tomber sur la messagerie d’un inconnu parce que le renvoi a été mal configuré. Et si vous changez souvent de numéro de renvoi, envisagez une solution plus robuste, comme un standard virtuel.
Bref, *#61# est un outil puissant, mais comme tout outil, il faut savoir s’en servir. Et maintenant que vous connaissez ses secrets, vous êtes paré pour en tirer le meilleur parti. Alors, à vos claviers : composez *#61#, et reprenez le contrôle de vos appels.
