Le marquage de l'écran : l'épée de Damoclès des dalles OLED
On ne peut pas parler de LG sans évoquer l'OLED, et on ne peut pas parler d'OLED sans aborder le sujet qui fâche : le burn-in. C'est le talon d'Achille historique de cette technologie. Le principe est simple : les pixels organiques s'usent de manière inégale. Si vous avez l'habitude de laisser une chaîne d'information en continu avec un bandeau rouge vif en bas de l'écran pendant 4 heures par jour, vous risquez de voir ce fantôme apparaître définitivement sur votre dalle.
Le phénomène du burn-in en conditions réelles
Le truc c'est que les fabricants, LG en tête, jurent que ce problème appartient au passé grâce aux algorithmes de nettoyage de pixels. Or, la physique reste la physique. Un pixel qui émet sa propre lumière finit par fatiguer. J'ai vu des modèles de la série C1 ou C2 présenter des traces résiduelles après seulement deux ans d'utilisation intensive par des joueurs acharnés qui laissent l'interface de leur jeu (le HUD) fixe à l'écran. C'est rare, certes, mais quand ça arrive, la garantie de base ne couvre généralement pas ce "dommage esthétique". Résultat : vous vous retrouvez avec une tache sombre au milieu de votre film préféré.
Les logos fixes et les interfaces de jeux vidéo
Les éléments statiques sont les ennemis jurés de votre TV LG. Les scores de matchs de foot, les logos de chaînes comme BFM ou LCI, ou même les icônes de votre barre de tâches si vous utilisez votre téléviseur comme moniteur PC, sont des candidats idéaux pour l'impression permanente. Bien que LG ait intégré des fonctions de déplacement de pixels (Pixel Shift), l'efficacité n'est pas de 100 %. C'est un stress constant pour l'utilisateur averti qui finit par changer de chaîne juste par peur d'abîmer son joujou à 2000 euros.
La dégradation de la luminosité sur le long terme
Au-delà du marquage pur et dur, il y a une réalité dont on parle moins : la perte de punch. Après 5000 ou 10000 heures de vol, une dalle OLED perd inévitablement de sa superbe. Les couleurs deviennent un peu plus ternes, le blanc tire vers le gris. Ce n'est pas une panne franche, c'est un vieillissement lent, presque imperceptible au quotidien, mais flagrant si vous posez un modèle neuf juste à côté. Pour un appareil censé durer dix ans, cette obsolescence programmée de la matière organique est un point noir non négligeable.
Pourquoi l'absence de HDR10+ chez LG est une impasse technique
C'est une guerre de formats qui rappelle celle du VHS contre le Betamax, sauf qu'ici, le perdant, c'est vous. LG refuse obstinément d'intégrer le support du HDR10+ sur ses téléviseurs, préférant miser tout son budget sur le Dolby Vision. Mais là où ça coince, c'est que des plateformes majeures comme Amazon Prime Video utilisent massivement le HDR10+ pour leurs contenus originaux. Si vous regardez Les Anneaux de Pouvoir sur une TV LG, vous ne profiterez pas des métadonnées dynamiques optimales prévues pour ce format.
Le téléviseur va alors se rabattre sur du HDR10 classique, beaucoup moins précis dans la gestion des zones sombres et des hautes lumières. C'est d'autant plus frustrant que des marques comme Panasonic ou Philips proposent des téléviseurs "universels" qui gèrent tous les formats sans distinction. Chez LG, on reste enfermé dans une chapelle technologique par pur orgueil industriel, et c'est franchement dommage pour le consommateur qui veut juste la meilleure image possible, peu importe la source.
WebOS : l'interface qui se transforme en panneau publicitaire
Il fut un temps où WebOS était la référence absolue en matière de fluidité et de simplicité. Ce temps est révolu. Aujourd'hui, allumer sa TV LG, c'est un peu comme ouvrir un site web sans bloqueur de publicité. La moitié de l'écran est occupée par des recommandations sponsorisées, des applications que vous n'avez jamais demandées et des bandes-annonces qui se lancent toutes seules. On est loin de l'élégance minimaliste des débuts.
La pollution publicitaire et la lenteur croissante
Le problème, c'est que cette débauche de contenus à la demande sature le processeur, même sur les modèles haut de gamme comme la série G4. Il n'est pas rare de constater des micro-lags lorsqu'on navigue dans les menus juste après le démarrage. Et ne parlons pas de la collecte de données personnelles. LG est particulièrement gourmand en informations sur vos habitudes de visionnage pour nourrir ses régies publicitaires. On paie le prix fort pour le matériel, mais on reste le produit pour le logiciel. Soit dit en passant, désactiver toutes ces options de suivi demande de fouiller dans des sous-menus planqués au fin fond des paramètres système.
La Magic Remote : entre génie et crise de nerfs
La télécommande Magic Remote divise les foules. Son système de pointeur gyroscopique, façon manette de Wii, est censé faciliter la saisie de texte ou la navigation. Sauf que dans les faits, le curseur est souvent trop sensible. On finit par cliquer sur "Acheter" au lieu de "Retour" parce que la télécommande a bougé d'un millimètre. Et pour ceux qui préfèrent utiliser les flèches directionnelles classiques, le pointeur a la fâcheuse tendance à réapparaître dès qu'on effleure la télécommande sur le canapé. Bref, c'est une fausse bonne idée qui n'a pas vraiment évolué en dix ans.
Luminosité : le combat perdu face au Mini-LED
Si vous comptez placer votre nouveau téléviseur dans un salon baigné de lumière, face à une baie vitrée orientée plein sud, réfléchissez-y à deux fois avant de choisir un OLED LG. Malgré les progrès des dalles MLA (Micro Lens Array) qui boostent la luminosité, l'OLED reste structurellement limité par rapport au QLED ou au Mini-LED de chez Samsung ou Sony. Là où un écran Mini-LED peut grimper à 2000 ou 3000 nits pour faire ressortir les reflets du soleil sur une carrosserie, LG plafonne souvent bien plus bas.
Le résultat : en plein après-midi, l'image peut paraître sombre, voire illisible dans les scènes de nuit. L'écran se transforme en un miroir géant où votre propre reflet devient plus intéressant que l'intrigue du film. Certes, le contraste est infini, mais à quoi bon avoir des noirs parfaits si on ne voit pas le reste de l'image à cause des reflets ambiants ? Les traitements antireflets de LG sont corrects, mais ils ne font pas de miracles face à la puissance brute d'un rétroéclairage LED classique.
Qualité sonore : le sacrifice de la finesse
Les téléviseurs LG sont de plus en plus fins. C'est superbe sur un mur, on dirait un tableau. Mais les lois de l'acoustique sont impitoyables : pour produire du bon son, il faut du volume d'air. Et dans 2 centimètres d'épaisseur, il n'y a pas de place pour des haut-parleurs dignes de ce nom. Le son des TV LG est, disons-le clairement, médiocre. Les basses sont aux abonnés absents et les voix peuvent paraître nasillardes dès qu'on monte un peu le volume.
C'est un calcul cynique de la part du constructeur : on vous vend un écran magnifique tout en sachant pertinemment que vous devrez débourser 400 ou 600 euros supplémentaires pour une barre de son afin de ne pas avoir l'impression d'écouter votre film à travers un téléphone portable. Sony, avec sa technologie Acoustic Surface qui fait vibrer la dalle elle-même, s'en sort bien mieux. Chez LG, l'audio reste le parent pauvre de la fiche technique, une simple case cochée pour dire que "ça marche".
Des prix qui piquent et une décote fulgurante
Acheter une TV LG au prix fort lors de sa sortie en avril ou mai est, selon moi, une erreur stratégique majeure. La politique tarifaire de la marque est pour le moins erratique. Un modèle lancé à 2500 euros peut se retrouver à 1600 euros lors du Black Friday, six mois plus tard. C'est frustrant pour les "early adopters" qui voient leur investissement perdre 30 % de sa valeur en un clin d'œil.
De plus, LG segmente sa gamme de manière parfois confuse. Entre les séries A, B, C et G, les différences techniques sont réelles mais le marketing brouille les pistes. On se retrouve parfois à payer beaucoup plus cher pour un modèle "G" (Gallery) simplement parce qu'il est livré avec un support mural plutôt qu'un pied, alors que la dalle est quasiment identique à celle de la série "C" moins onéreuse. Il faut avoir un doctorat en références techniques pour ne pas se faire avoir par les subtilités de la gamme.
LG vs Samsung vs Sony : le match des compromis
Le problème de LG, c'est qu'il se retrouve coincé entre deux géants qui ont chacun un argument massue. Sony propose un traitement d'image (le processeur XR) bien plus naturel, avec une mise à l'échelle des sources non-4K qui écrase littéralement ce que fait LG. Si vous regardez beaucoup de TNT ou de vieux films, Sony est devant. De l'autre côté, Samsung propose avec ses modèles QD-OLED des couleurs beaucoup plus vives et saturées, qui font paraître les couleurs de LG un peu "lavées" en comparaison.
LG reste le roi du gaming avec ses 4 ports HDMI 2.1 et son temps de réponse de 0.1 ms, mais pour un cinéphile pur dur, le choix est plus complexe. Le rendu LG est très chirurgical, parfois trop. On a cette sensation de "vidéo" très numérique qui peut déplaire à ceux qui cherchent le grain et la texture du cinéma argentique. C'est une question de goût, mais le manque de personnalité de l'image LG est un reproche qui revient souvent chez les experts.
Idées reçues : les dalles LG sont-elles vraiment les meilleures ?
On entend souvent dire que "toutes les dalles OLED viennent de chez LG Display, donc toutes les TV se valent". C'est faux. Si LG Display fabrique effectivement la majorité des dalles, l'électronique qui pilote ces pixels change tout. Le processeur Alpha 9 de LG a tendance à trop lisser les visages ou à créer des artefacts autour des objets en mouvement rapide si on ne désactive pas toutes les aides au mouvement. Reste que la concurrence, en achetant les dalles à LG, parvient parfois à en tirer un meilleur parti grâce à une meilleure gestion de la chaleur et des pics de luminosité.
Questions fréquentes sur les problèmes des téléviseurs LG
Comment éviter le marquage sur ma TV LG ?
Il n'y a pas de solution miracle, mais quelques réflexes aident. Évitez de laisser la luminosité OLED à 100 % en permanence, surtout sur des contenus avec des logos fixes. Ne débranchez jamais votre téléviseur de la prise secteur la nuit, car c'est pendant la veille qu'il effectue ses cycles de nettoyage automatique de la dalle. Si vous coupez le courant, vous empêchez cette maintenance vitale.
Pourquoi ma TV LG s'éteint toute seule ?
C'est un problème qui revient souvent sur les forums. Souvent, c'est lié aux paramètres d'économie d'énergie ou à la fonction CEC (SimpLink) qui reçoit un signal erroné d'une box TV ou d'une console. Mais dans certains cas plus graves, cela peut provenir d'une défaillance des condensateurs de la carte d'alimentation, un défaut de fabrication qui a touché plusieurs séries par le passé.
L'application Netflix plante souvent sur WebOS, que faire ?
C'est l'un des inconvénients des téléviseurs LG : la gestion de la mémoire cache des applications est parfois désastreuse. La solution consiste souvent à réinitialiser l'application ou, plus radicalement, à débrancher la télé pendant 60 secondes pour vider la RAM. C'est le genre de manipulation qu'on ne s'attend pas à faire sur un produit dit "intelligent".
Le verdict : faut-il passer son chemin ?
Honnêtement, c'est flou. Les téléviseurs LG ne sont pas de mauvais produits, loin de là. Ce sont même d'excellentes machines de guerre pour les joueurs de PS5 ou de Xbox Series X qui cherchent une réactivité parfaite. Mais pour le spectateur exigeant, les défauts s'accumulent. Entre une interface WebOS qui ressemble de plus en plus à un catalogue de supermarché, l'absence de HDR10+ qui bride l'expérience sur certaines plateformes, et cette fragilité intrinsèque de l'OLED face au marquage, le tableau n'est pas tout rose.
Je reste convaincu que LG se repose un peu trop sur ses lauriers. La marque a inventé le marché de l'OLED grand public, mais elle semble aujourd'hui plus préoccupée par la monétisation de son interface que par l'innovation pure en qualité d'image ou en ergonomie. Si vous trouvez une promotion imbattable, foncez, mais gardez en tête que vous achetez un produit qui demande de l'entretien, de la vigilance et, très probablement, l'achat d'un système audio externe pour ne pas saigner des oreilles. Bref, LG c'est le choix de la raison technologique, mais pas forcément celui du cœur ni de la tranquillité d'esprit sur le long terme.
