Un traiteur peut-il vendre de l'alcool ? La réponse courte (et fausse)
Et là, je suis tombé dans un vrai terrier de lapin administratif. Alors, je vais tout t’expliquer. C’est un peu galère, mais hyper important.
Vente d’alcool : une réglementation super stricte
Pas de licence, pas de mojito
Le point clé, c’est la fameuse licence. En gros, tu peux pas vendre d’alcool comme tu vends des croissants. Même en étant traiteur, il te faut une licence de débit de boissons. Et là, ça se complique un peu :
Si tu veux vendre du vin, de la bière ou du cidre = Licence 3
Si tu veux aller plus loin (spiritueux, cocktails, etc.) = Licence 4
Sauf que ces licences sont pas données, hein. La licence 4, par exemple, elle est même plus délivrée depuis des années (tu dois en racheter une à quelqu’un d’autre… à prix d’or parfois).
La distinction entre "vente" et "offre"
Attention piège : offrir un verre dans une réception privée, c’est pas pareil que vendre de l’alcool. Et là, l'administration est tatillonne. Si t’inclus l’alcool dans un forfait traiteur, c’est considéré comme une vente. Même si tu dis “boissons offertes”, si c’est dans le prix global, c’est soumis à la loi.
La fameuse Licence “Petite Restauration” : une fausse bonne idée ?
Tu peux te dire : “Bon, j’ai une activité traiteur avec un peu de bouffe, je prends la licence restauration, ça passe ?” Eh ben… pas vraiment.
Cette licence te permet de servir de l’alcool uniquement pendant les repas. Genre, t’as pas le droit de faire un apéro ou un bar à cocktails en dehors du service de nourriture. Et encore, faut prouver que les gens mangent vraiment (oui, un bol de chips, ça compte pas…).
J’ai failli me faire avoir là-dessus perso, sur un mariage où le client voulait un bar à champagne avant le repas. J’avais pas la bonne licence. J’ai dû appeler une amie qui bossait dans l'événementiel et faire appel à un prestataire extérieur qui, lui, avait la licence 4. Chaud patate.
Et pour une réception privée ? Mariages, anniversaires...
Si c’est "chez toi" ou chez le client
Tiens, c’est un peu la zone grise. Tu te dis : “Si je fais ça dans une salle louée, c’est bon, je suis tranquille ?” Bah pas toujours. Si la salle est ouverte au public (genre une salle municipale), il faut une licence temporaire ou passer par quelqu’un qui l’a.
Et même chez un particulier, si tu factures l’alcool, t’es toujours soumis à la réglementation.
Solution : la licence temporaire (ou licence "buvette")
Celle-là, tu peux la demander à la mairie pour un événement ponctuel (fête de village, kermesse, etc.). C’est la fameuse licence 1 jour, valable jusqu’à 5 fois par an (et souvent réservée aux assos, pas aux pros). Donc ouais, c’est pas vraiment viable pour un traiteur qui bosse tous les week-ends.
Quelles sont les vraies solutions pour un traiteur ?
1. Obtenir une licence adaptée
C’est la voie "officielle". Formation, demande en préfecture ou en mairie, achat d’une licence existante… Pfff, c’est long et coûteux, mais au moins t’es dans les clous.
2. Collaborer avec un pro licencié
C’est ce que je fais maintenant : je bosse avec un caviste indépendant qui facture directement les clients. Moi je reste sur la bouffe, et lui gère les boissons. Nickel.
3. Passer par la sous-traitance
T’as aussi des prestataires événementiels qui viennent avec leur propre bar mobile, leur équipe, et surtout leur licence. Franchement, c’est reposant. Et plus safe juridiquement.
Conclusion : méfie-toi, c’est pas aussi simple que ça en a l’air
Je te cache pas que j’ai été super frustré la première fois que j’ai réalisé que je pouvais pas vendre un pauvre verre de vin sans risquer une amende (ou pire). Mais bon, maintenant je fais gaffe.
Si t’es traiteur (ou que tu veux le devenir), renseigne-toi bien avant de te lancer dans la vente d’alcool. Les clients s’en foutent souvent, mais si t’as un contrôle… t’es seul·e à trinquer (sans mauvais jeu de mot).
Et si t’as un doute, parle-en à ton comptable ou à la CCI locale. Ou mieux : appelle Julien, il adore ces discussions de fin de service .

