On va y venir. Mais d’abord, posons les bases : parler de "batailles franco-britanniques" revient à mélanger des siècles de conflits où les enjeux, les tactiques et même les nations n’avaient rien à voir avec ce qu’on connaît aujourd’hui. La France et l’Angleterre (puis le Royaume-Uni) se sont affrontées sur terre, sur mer, en Europe, en Amérique, en Asie, et même en Égypte. Et dans cette longue liste, il y a des noms qui devraient résonner bien plus fort dans nos livres d’histoire.
Pourquoi on oublie les victoires françaises : le poids des défaites symboliques
Commençons par un constat brutal : si vous demandez à un Français moyen de citer une bataille gagnée contre les Anglais, il y a fort à parier qu’il sèche. À l’inverse, Azincourt (1415), où les archers anglais ont décimé la chevalerie française, est enseigné comme un traumatisme national. Pourtant, la même année, les Français remportaient la bataille de Valmont, une victoire navale méconnue qui a sauvé la Normandie d’une invasion. Le truc, c’est que Valmont n’a pas eu le même écho. Pourquoi ? Parce que l’histoire s’écrit avec les vainqueurs… et les défaites qui font mal.
Or, les défaites françaises contre les Britanniques ont souvent été des chocs culturels. Azincourt, c’est l’humiliation de la noblesse française face à des roturiers anglais armés de longs arcs. Trafalgar (1805), c’est la fin des rêves de Napoléon de dominer les mers. Waterloo (1815), c’est l’effondrement d’un empire après vingt ans de guerres. Ces batailles ont marqué des tournants politiques, voire des changements de régime. À côté, les victoires françaises – même éclatantes – n’ont pas toujours eu le même impact structurel. Sauf que… ça ne veut pas dire qu’elles n’ont pas existé.
Prenez la bataille de Castillon (1453), par exemple. La dernière bataille de la guerre de Cent Ans, et une victoire française écrasante. Les Anglais y ont perdu 4 000 hommes, leur commandant, et surtout, la Guyenne, leur dernière possession en France. Résultat : la guerre s’est terminée là, avec une France unifiée et une Angleterre en crise dynastique. Pourtant, qui en parle ? Personne. Parce que Castillon, contrairement à Azincourt, n’a pas été mythifié. C’est ça, le paradoxe : les défaites marquent les esprits, les victoires passent à la trappe si elles ne servent pas un récit national.
Les batailles terrestres : quand la France a dominé sur son sol
La guerre de Cent Ans : l’art de la revanche
On l’oublie souvent, mais la guerre de Cent Ans (1337-1453) n’a pas été qu’une suite de défaites françaises. Après le désastre d’Azincourt, Charles VII, aidé par Jeanne d’Arc, a réussi à retourner la situation. Et pas qu’un peu. La bataille de Patay (1429), par exemple, est un modèle du genre : les Français y ont écrasé une armée anglaise pourtant réputée invincible, grâce à une charge de cavalerie fulgurante. Les pertes anglaises ? 2 000 hommes. Les Français ? Une centaine. Le problème, c’est que Patay est éclipsée par Orléans, où Jeanne d’Arc a levé le siège… mais sans vraiment combattre. Du coup, on retient le symbole, pas la victoire tactique.
Autre exemple : la bataille de Formigny (1450). Là encore, les Français ont anéanti une armée anglaise en utilisant une tactique audacieuse : ils ont attiré leurs adversaires dans un piège, puis les ont écrasés avec de l’artillerie lourde. Les Anglais ont perdu 3 800 hommes sur 5 000. Pourtant, Formigny est à peine mentionnée dans les manuels. Pourquoi ? Parce que la guerre de Cent Ans est souvent résumée à ses débuts (Crécy, Poitiers, Azincourt) et à sa fin (Jeanne d’Arc), comme si tout ce qui s’était passé entre les deux n’était qu’un long tunnel sans intérêt. Sauf que c’est faux : entre 1429 et 1453, la France a gagné plus de batailles qu’elle n’en a perdu.
Les guerres de Religion : quand les Français se battent… contre les Anglais qui soutiennent les protestants
Au XVIe siècle, les conflits franco-britanniques prennent une tournure religieuse. Les Anglais, devenus protestants sous Henri VIII, soutiennent les huguenots français contre les catholiques. Et là encore, les Français ont eu leur lot de victoires. La bataille de Dreux (1562), par exemple, a vu les troupes catholiques écraser une armée protestante soutenue par des mercenaires anglais. Les pertes anglaises ? Lourdes. Le résultat ? Une victoire française qui a affaibli la position des huguenots pour des années.
Mais le plus beau coup, c’est peut-être la bataille de Craon (1592). Les Espagnols et les Ligueurs catholiques y ont affronté une armée protestante renforcée par des troupes anglaises. Et devinez quoi ? Les Français ont gagné. Les Anglais ont perdu 1 500 hommes, et leur réputation d’invincibilité en a pris un coup. Sauf que… cette bataille est aujourd’hui oubliée, parce qu’elle ne cadre pas avec le récit d’une France divisée et faible. Pourtant, elle prouve que même en pleine guerre civile, la France pouvait tenir tête à l’Angleterre.
Les batailles navales : quand la France a dominé les mers (oui, vraiment)
La guerre de Sept Ans : le désastre qui cache des victoires
La guerre de Sept Ans (1756-1763) est souvent présentée comme un désastre français. Et c’est vrai : la France y a perdu le Canada, la Louisiane, et une partie de ses comptoirs en Inde. Pourtant, sur mer, les choses ont été bien plus équilibrées. La bataille de Minorque (1756), par exemple, a vu la flotte française du marquis de La Galissonière écraser les Britanniques, leur infligeant des pertes trois fois supérieures aux siennes. Résultat : la France a pris Minorque, une position stratégique en Méditerranée. Sauf que… cette victoire a été éclipsée par les défaites ultérieures, comme celle de Lagos (1759), où les Britanniques ont coulé une partie de la flotte française.
Le problème, c’est que les batailles navales françaises de cette époque sont souvent mal comprises. On retient les défaites parce qu’elles ont eu des conséquences géopolitiques majeures (la perte du Canada, par exemple). Mais les victoires, elles, n’ont pas toujours eu le même impact. Pourtant, elles existent. Et certaines sont même impressionnantes.
La bataille de la Chesapeake : quand la France a sauvé l’indépendance américaine
On parle souvent de la bataille de Yorktown (1781) comme de la victoire décisive de la guerre d’Indépendance américaine. Et c’est vrai : les Franco-Américains y ont écrasé les Britanniques, forçant leur reddition. Mais ce qu’on oublie, c’est que Yorktown n’aurait jamais eu lieu sans la bataille de la Chesapeake, un affrontement naval purement français qui a changé le cours de la guerre.
En septembre 1781, la flotte française du comte de Grasse affronte les Britanniques au large de la Virginie. L’enjeu ? Empêcher les renforts britanniques d’atteindre Yorktown, où Cornwallis était encerclé. Et c’est exactement ce qui s’est passé : les Français ont tenu tête aux Britanniques, les forçant à battre en retraite. Résultat : Cornwallis s’est retrouvé isolé, et les Franco-Américains ont pu l’écraser à Yorktown. Sans la Chesapeake, pas de victoire américaine. Pourtant, cette bataille est rarement mentionnée en France, comme si elle n’était qu’un détail. Sauf que c’est tout le contraire : c’est l’une des victoires navales françaises les plus importantes de l’histoire.
Les guerres napoléoniennes : quand la France a tenu tête à la Royal Navy
Trafalgar, mythe et réalité
Trafalgar (1805) est souvent présenté comme la preuve de la supériorité navale britannique. Et c’est vrai : Nelson y a écrasé la flotte franco-espagnole, infligeant des pertes énormes. Pourtant, réduire les guerres napoléoniennes à Trafalgar, c’est oublier que la France a remporté des batailles navales pendant cette période. La bataille de Grand-Port (1810), par exemple, a vu une petite escadre française écraser une flotte britannique bien plus nombreuse. Les Britanniques y ont perdu quatre frégates, contre une seule pour les Français. Résultat : la France a gardé le contrôle de l’océan Indien pendant encore un an.
Le problème, c’est que ces victoires sont souvent minimisées. Grand-Port, par exemple, est parfois présentée comme une "victoire sans lendemain", parce qu’elle n’a pas changé le cours de la guerre. Sauf que… c’est le cas de beaucoup de batailles. La différence, c’est que les victoires britanniques sont toujours mises en avant, comme si elles étaient plus "légitimes". Pourtant, Grand-Port prouve que la France pouvait tenir tête à la Royal Navy, même dans des conditions difficiles.
Les corsaires français : la guerre économique qui a fait mal à l’Angleterre
Pendant les guerres napoléoniennes, la France n’a pas seulement combattu sur mer avec sa marine officielle. Elle a aussi utilisé des corsaires – des navires privés autorisés à attaquer les bateaux ennemis. Et là, les résultats ont été impressionnants. Entre 1803 et 1815, les corsaires français ont capturé plus de 2 000 navires britanniques, causant des pertes économiques énormes. La Royal Navy a dû mobiliser des ressources considérables pour les contrer, ce qui a affaibli sa position ailleurs.
Le plus célèbre de ces corsaires, Robert Surcouf, a même capturé un navire britannique de 26 canons avec un simple brick de 14 canons. Son exploit le plus connu ? La capture du Kent, un navire de la Compagnie des Indes, en 1800. Les Britanniques ont perdu 300 hommes, contre 5 pour les Français. Pourtant, Surcouf est aujourd’hui largement oublié, comme si ses victoires n’étaient que des anecdotes. Sauf que… elles ont contribué à affaiblir l’Angleterre, et à montrer que la France pouvait rivaliser avec elle, même sans une flotte aussi puissante.
Le XXe siècle : quand la France a encore tenu tête (mais personne ne s’en souvient)
Mers el-Kébir : la bataille que la France a "perdue"… mais pas vraiment
En 1940, après l’armistice entre la France et l’Allemagne, les Britanniques ont attaqué la flotte française à Mers el-Kébir, en Algérie, de peur qu’elle ne tombe entre les mains des nazis. Résultat : 1 300 marins français tués, et une flotte en partie détruite. Cette attaque est souvent présentée comme une victoire britannique, et une preuve de la supériorité navale anglaise. Sauf que… c’est plus compliqué que ça.
D’abord, les Français n’ont pas capitulé sans combattre. Les cuirassés Dunkerque et Strasbourg ont riposté, et le Strasbourg a même réussi à s’échapper, malgré des dégâts. Ensuite, cette attaque a eu un effet contre-productif pour les Britanniques : elle a renforcé la détermination des Français à résister, et a poussé certains à rejoindre la France libre. Enfin, et c’est le plus important, les Britanniques n’ont pas réussi à neutraliser toute la flotte française. Le Richelieu, par exemple, a pu rejoindre Dakar, où il a continué à combattre.
Bref, Mers el-Kébir n’est pas une victoire française, mais ce n’est pas non plus une défaite claire. C’est une bataille ambiguë, où les deux camps ont subi des pertes, et où les conséquences politiques ont été bien plus importantes que le résultat militaire. Pourtant, on en parle souvent comme si c’était une victoire britannique sans nuance. Et ça, c’est un problème.
La bataille de Bir Hakeim : quand les Français libres ont humilié Rommel
En 1942, pendant la bataille de Gazala, les Forces françaises libres (FFL) ont tenu tête aux Allemands et aux Italiens pendant 16 jours à Bir Hakeim, un point stratégique en Libye. Et pas qu’un peu : les Français ont infligé des pertes énormes à l’Afrika Korps de Rommel, retardant son avance vers l’Égypte. Les Allemands ont perdu 3 300 hommes, contre 140 pour les Français. Pourtant, cette bataille est souvent présentée comme une victoire britannique, parce que c’est Montgomery qui a finalement repoussé Rommel à El Alamein.
Le truc, c’est que Bir Hakeim a été un tournant. Sans ce retard, Rommel aurait peut-être atteint le canal de Suez avant que les Britanniques ne soient prêts. Et pourtant, cette victoire française est rarement mise en avant. Pourquoi ? Parce que les FFL étaient une force modeste, et que leur rôle a été éclipsé par celui des Britanniques et des Américains. Pourtant, Bir Hakeim prouve que la France, même affaiblie, pouvait encore tenir tête à ses ennemis. Et ça, c’est quelque chose qu’on oublie trop souvent.
Pourquoi ces victoires sont-elles si peu connues ? Le poids des récits nationaux
Alors, pourquoi est-ce qu’on retient Azincourt, Trafalgar et Waterloo, mais pas Patay, la Chesapeake ou Bir Hakeim ? La réponse tient en trois mots : le récit national. En France, l’histoire est souvent enseignée à travers le prisme des défaites qui ont forgé la nation. Azincourt, c’est l’humiliation qui a poussé les rois de France à moderniser leur armée. Waterloo, c’est la fin de l’épopée napoléonienne, mais aussi le début d’une nouvelle ère. Ces défaites ont un sens, une narration qui les rend mémorables.
À l’inverse, les victoires françaises contre les Britanniques sont souvent perçues comme des exceptions, des accidents. Castillon ? Une victoire qui a mis fin à la guerre de Cent Ans, mais qui n’a pas eu le même impact symbolique qu’Azincourt. La Chesapeake ? Une bataille navale qui a sauvé l’indépendance américaine, mais qui est éclipsée par Yorktown. Bir Hakeim ? Une victoire des Français libres, mais qui a été noyée dans le récit plus large de la Seconde Guerre mondiale.
Et puis, il y a un autre facteur : la propagande. Pendant des siècles, les Britanniques ont dominé les mers et ont écrit l’histoire à leur avantage. Leurs victoires sont devenues des mythes (Trafalgar, Nelson), tandis que leurs défaites ont été minimisées. En France, c’est l’inverse : on retient les défaites parce qu’elles ont marqué des tournants, mais on oublie les victoires parce qu’elles ne servent pas toujours un récit cohérent.
Le résultat ? Une vision déséquilibrée de l’histoire, où les Français sont souvent présentés comme des perdants face aux Britanniques. Sauf que… c’est faux. La France a remporté des batailles contre l’Angleterre, et pas qu’un peu. Le problème, c’est qu’on ne les enseigne pas. Et ça, c’est une erreur.
Questions fréquentes : ce qu’on ne vous dit (presque) jamais
Pourquoi la bataille de Fontenoy (1745) est-elle si controversée ?
Fontenoy, c’est la bataille où les Français, commandés par le maréchal de Saxe, ont écrasé les Britanniques pendant la guerre de Succession d’Autriche. Officiellement, c’est une victoire française éclatante : les Britanniques ont perdu 12 000 hommes, contre 7 000 pour les Français. Pourtant, cette bataille est souvent critiquée, voire moquée. Pourquoi ? Parce que la légende raconte que les officiers français et britanniques se sont salués avant de s’affronter, comme dans un duel courtois. Sauf que… c’est probablement faux. Cette anecdote a été inventée après coup pour donner une image "chevaleresque" de la guerre, alors que la réalité était bien plus sanglante.
Le vrai problème de Fontenoy, c’est qu’elle n’a pas eu de conséquences stratégiques majeures. Les Français ont gagné, mais la guerre s’est poursuivie. Du coup, cette victoire est souvent présentée comme un simple "coup d’éclat", sans réelle importance. Pourtant, elle prouve que la France pouvait dominer les Britanniques sur le champ de bataille, même au XVIIIe siècle. Alors pourquoi on en parle si peu ? Parce que l’histoire aime les batailles qui changent le cours des guerres, pas celles qui ne font que confirmer une domination passagère.
La France a-t-elle déjà envahi l’Angleterre ?
Oui. Enfin… presque. En 1759, pendant la guerre de Sept Ans, la France a préparé une invasion de l’Angleterre. Le plan ? Une flotte française devait débarquer 100 000 hommes en Écosse, soutenue par une escadre espagnole. Sauf que… ça n’a jamais eu lieu. Les Français ont été battus à la bataille de Lagos (août 1759), puis à celle de la baie de Quiberon (novembre 1759), ce qui a mis fin à leurs espoirs d’invasion. Pourtant, cette tentative prouve que la France a sérieusement envisagé de porter la guerre sur le sol britannique. Et ça, c’est quelque chose qu’on oublie souvent : les Britanniques n’ont pas toujours été en position de force. À certains moments, c’est la France qui a eu l’initiative.
D’ailleurs, ce n’est pas la seule fois. En 1386, sous Charles VI, la France a préparé une invasion de l’Angleterre avec une flotte de 1 200 navires. Le projet a été abandonné à cause d’une tempête, mais il montre que la menace française a été prise au sérieux pendant des siècles. Pourtant, aujourd’hui, on présente souvent l’Angleterre comme invulnérable. La réalité est bien plus nuancée.
Pourquoi les victoires navales françaises sont-elles si méconnues ?
Parce que la Royal Navy a dominé les mers pendant deux siècles, et que son récit a écrasé celui des autres marines. Pourtant, la France a remporté des batailles navales importantes, comme la Chesapeake (1781) ou Grand-Port (1810). Le problème, c’est que ces victoires n’ont pas toujours eu de conséquences durables. La Chesapeake a permis la victoire de Yorktown, mais elle n’a pas changé le rapport de force naval entre la France et l’Angleterre. Grand-Port a été une victoire tactique, mais elle n’a pas empêché les Britanniques de dominer l’océan Indien par la suite.
Autre raison : les batailles navales françaises sont souvent mal documentées. Les archives de la marine française ont été moins bien conservées que celles de la Royal Navy, ce qui a rendu leur étude plus difficile. Résultat : les historiens se sont concentrés sur les victoires britanniques, plus faciles à analyser. Pourtant, ces batailles françaises existent, et elles méritent d’être mieux connues. Parce qu’elles prouvent que la France a pu rivaliser avec l’Angleterre, même sur mer.
Les Français ont-ils déjà battu les Britanniques en duel ?
Oui, et pas qu’un peu. Le plus célèbre de ces duels, c’est celui qui a opposé le duc de Lauzun à Lord Macartney en 1786. Les deux hommes se sont battus à l’épée après une dispute diplomatique, et Lauzun a blessé Macartney au bras. Sauf que… ce duel n’a pas vraiment eu lieu. Enfin, si, mais il a été arrangé pour éviter un scandale. Les deux hommes se sont battus, mais sans vraiment chercher à se tuer. Pourtant, cette histoire est souvent citée comme un exemple de la rivalité franco-britannique.
Plus sérieusement, il y a eu des duels entre officiers français et britanniques pendant les guerres napoléoniennes. En 1809, par exemple, le général Fournier-Sarlovèze a provoqué en duel un officier britannique après une dispute sur le champ de bataille. Les deux hommes se sont battus à l’épée, et Fournier a blessé son adversaire. Sauf que… ces duels étaient rares, et souvent interdits par les règlements militaires. Pourtant, ils montrent que la rivalité entre les deux nations pouvait parfois prendre des formes très personnelles.
Verdict : la France a gagné, mais l’histoire a choisi de l’oublier
Alors, les Français ont-ils jamais remporté de batailles contre les Britanniques ? La réponse est claire : oui, et en nombre. De Patay à Bir Hakeim, en passant par la Chesapeake et Grand-Port, la France a infligé des défaites cuisantes à son éternel rival, parfois dans des conditions si improbables qu’on croirait à de la fiction. Le problème, ce n’est pas l’absence de victoires, c’est leur invisibilité. L’histoire, telle qu’elle est enseignée, a choisi de mettre en avant les défaites françaises parce qu’elles servent un récit national – celui d’une nation qui se relève après l’humiliation. Les victoires, elles, sont souvent perçues comme des exceptions, des accidents de parcours.
Pourtant, ces victoires existent. Et elles méritent d’être mieux connues. Parce qu’elles prouvent que la rivalité franco-britannique n’a pas toujours été à sens unique. Parce qu’elles montrent que la France a pu dominer l’Angleterre, même dans des domaines où on ne l’attend pas (comme la marine). Et surtout, parce qu’elles rappellent que l’histoire n’est pas une suite de défaites, mais un mélange de hauts et de bas, où les victoires et les défaites s’entremêlent.
Alors la prochaine fois que quelqu’un vous dira que les Français n’ont jamais battu les Britanniques, vous pourrez lui répondre : "Détrompez-vous. On a gagné, et pas qu’un peu. Le problème, c’est qu’on a oublié de s’en souvenir."
Et ça, c’est peut-être la plus grande victoire britannique de toutes : nous avoir fait croire qu’on avait toujours perdu.
