Une question qui revient souvent, surtout en ce moment
Altice, c’est qui déjà ?
Alors déjà, pour poser le décor : Altice, c’est le groupe fondé par Patrick Drahi. Un mec discret, super riche, pas très médiatique, mais qui tient une bonne partie de la communication en France. Et pas qu’en France, d’ailleurs. Il est aussi en Belgique, au Portugal, aux États-Unis… Il a des chaînes d’info, des opérateurs télécoms, des sites web, des radios. Lourd, quoi.
Et du coup, quand tu vois ça, tu te dis : ok, mais d’où vient tout cet argent ? Parce que construire un truc pareil, ça coûte des milliards. Et franchement, je me suis posé la question y’a pas longtemps en regardant le journal de BFM. J’étais chez ma sœur à Lyon, elle adore leur info en continu, moi je suis plus sur France Inter, mais bon, j’ai regardé. Et là, je me suis dit : mais c’est bizarre, non ? Ce sont les mêmes proprios qui vendent la fibre et qui nous racontent l’actualité ? Un peu gênant, non ?
Le fondateur, Patrick Drahi, mais après ?
Patrick Drahi, c’est le big boss. Il a monté Altice dans les années 2000, en rachetant des opérateurs ici et là. Il a commencé en Israël, puis en France avec SFR, et après, c’est parti en vrille. Il a tout racheté. Mais bon, un mec seul, même s’il est ultra riche, il peut pas financer des milliards d’euros d’acquisitions tout seul dans son coin. Surtout quand t’achètes SFR pour 13 milliards, en 2014, comme ça, en claquant des doigts.
Alors oui, il a mis de l’argent perso, bien sûr. Mais la grosse partie ? C’est du financement externe. Banques, emprunts, obligations… En gros, Altice s’est endetté comme pas permis. Et c’est là que ça se complique.
Les banques, les obligations, les fonds…
J’ai regardé un peu les comptes, pas en détail hein, je suis pas expert en finance, mais bon, on trouve des trucs sur Internet. Et en gros, Altice a émis des tonnes d’obligations. C’est comme des prêts que des investisseurs lui donnent. Des fonds d’investissement, des assurances, des gérants d’épargne… ils achètent ces obligations en se disant : tiens, on va gagner 5-6 % par an, c’est pas mal.
Le problème ? C’est que maintenant, Altice est hyper endetté. On parle de plusieurs milliards d’euros de dette. Et quand t’es en dette comme ça, tu dois payer des intérêts, et si les recettes baissent — ce qui arrive, genre avec la concurrence entre opérateurs qui fait chuter les prix — bah tu stresses. Et les banques aussi.
Et les États dans tout ça ?
Au fait, je me suis demandé aussi : est-ce que l’État français a aidé un jour Altice ? Genre indirectement ? Parce que bon, SFR, c’est un opérateur historique, ils ont eu des fréquences, des licences…
Officiellement, non, l’État ne finance pas Altice. Mais bon… il leur a vendu des ressources publiques. Les ondes, les réseaux… C’est pas de l’argent direct, mais c’est une forme d’avantage, non ? Enfin bref, c’est un peu flou.
Les médias, c’est rentable comme financement ?
Je rigole un peu, mais non, clairement pas. BFM, RMC, L’Express… ces boîtes, elles ne rapportent pas des masses. Enfin, peut-être à la marge, mais elles sont surtout là pour le pouvoir d’influence. Et ça, c’est un autre type de capital. Pas financier, mais politique, médiatique.
Et là, je repense à une discussion que j’avais eue avec un pote journaliste, Hugo, il bosse chez une petite radio associative à Toulouse. Il m’a dit : “Tu sais, quand tu travailles dans un média qui appartient au même groupe que l’opérateur qui vend Internet aux vieux, tu fais gaffe à pas trop critiquer les pratiques commerciales…” Je trouve ça lourd. Vraiment.
Et aujourd’hui, ça va comment ?
Alors là, nouvelle donne. Depuis 2023, Altice France (donc SFR, les médias, etc.) est détenu à 70 % par des créanciers. Oui, tu as bien lu. Les banques et fonds qui avaient prêté de l’argent ont fini par reprendre le contrôle. Patrick Drahi, il est toujours là, mais il a perdu la majorité.
C’est un peu comme si tu achetais une maison à crédit, que tu pouvais plus payer, et que la banque finissait par s’installer chez toi. Sauf qu’ici, c’est une multinationale. Du coup, maintenant, les vrais décideurs, ce sont des fonds américains comme Centerbridge, Cerberus, ou encore les assureurs français comme CNP Assurances.
Centrebridge, Cerberus… des noms bizarres, non ?
Oui, ça sonne comme des méchants de film. Et en vrai, ce sont des fonds dits “vautours” parfois. Ils rachètent des entreprises en difficulté, restructurent, vendent des actifs, pressentent un max pour récupérer leur mise. Pas franchement tendres.
Et du coup, aujourd’hui, quand tu regardes BFM, tu regardes un média qui appartient à une boîte dont les principaux actionnaires sont des fonds financiers internationaux qui s’en foutent un peu du journalisme, mais qui veulent des résultats trimestriels. Franchement, c’est pas très rassurant.
Et nous, on peut faire quoi ?
Je me pose souvent la question. Parce que bon, on consomme leurs services, on lit leurs infos, on regarde leurs chaînes… mais on sait pas toujours qui tire les ficelles.
Vous savez quoi ? J’ai commencé à noter d’où viennent les infos que je consomme. Pas pour devenir parano, mais juste pour être au clair. Par exemple, j’ai arrêté de prendre SFR quand j’ai déménagé à Nantes. J’ai pris un petit opérateur, pas parfait, mais au moins, je sais pas qui c’est, mais j’espère que c’est pas un milliardaire ou un fonds spéculatif.
Et pour l’info, je mixe. Un peu de publique, un peu d’indépendant, un peu de presse écrite. J’essaie. Parce qu’au final, si on veut garder une info libre, faut peut-être commencer par regarder qui paye les factures.
En résumé, qui finance Altice ?
En gros : des créanciers, des banques, des fonds d’investissement. Patrick Drahi a lancé le truc, mais il a trop emprunté. Résultat : les prêteurs ont pris le pouvoir. Et maintenant, c’est eux qui décident.
Est-ce que c’est grave ? Je vous dirais bien que ça dépend. Si t’aimes bien BFM et que ça te va, ok. Mais si tu t’inquiètes un peu du lien entre télécoms, dette, et info en continu… alors là, peut-être qu’il faut ouvrir l’œil.
Enfin bref, moi je dis ça, je dis rien. Mais bon, savoir qui finance qui, c’est pas du luxe. Surtout quand c’est dans ton salon tous les soirs à 19h.
