Le contexte historique de la propriété et qui possède l'OM depuis les années Tapie
Pour comprendre la situation actuelle, il faut remonter bien avant l'ère McCourt. Le club a connu des fortunes diverses entre repreneurs flamboyants et crises de gouvernance majeures. Bernard Tapie, aux commandes de 1986 à 1994, a incarné l'âge d'or avec la Ligue des champions 1993, avant que les affaires judiciaires ne plongent l'OM dans le chaos financier. Mais qui possède l'OM après cette décennie trouble ? Des figures comme Robert Louis-Dreyfus débarquent en 1996 pour sauver le navire de la faillite.
L'ère Louis-Dreyfus et la transition vers l'inconnu
Pendant deux décennies, l'industriel franco-suisse injecte des millions pour maintenir le club au sommet, malgré des résultats sportifs en dents de scie et un titre de champion de France en 2010. À son décès en 2009, sa veuve Margarita prend les rênes à contre-coeur. Fatiguée par la pression populaire et les déficits chroniques, elle finit par céder la majorité des parts en 2016 pour environ 45 millions d'euros. Autant le dire clairement, la gestion de cette période ressemblait à un panier de crabes où les supporters exigeaient sans cesse des investissements massifs sans réelle vision industrielle à long terme.
La galaxie Frank McCourt et la structure financière du club marseillais
Racheter un club de football ne se résume pas à signer un chèque à un notaire. Frank McCourt a structuré son investissement à travers la holding European Champions Investment LLC. Le truc c'est que le financement repose en grande partie sur la fortune personnelle de l'Américain, amassée notamment grâce à la vente des Dodgers de Los Angeles en 2012 pour la modique somme de 2,1 milliards de dollars. Sauf que les supporters l'attendent toujours au tournant concernant sa capacité à rivaliser avec le Paris Saint-Germain et ses propriétaires qatariens. Le budget annuel du club oscille désormais entre 130 et 150 millions d'euros, ce qui représente un gouffre financier si l'on oublie d'inclure les droits TV et les recettes billetterie du Vélodrome.
Le rôle opérationnel du président et la gestion de Pablo Longoria
McCourt ne vit pas à Marseille et délégue l'opérationnel. Pablo Longoria, nommé président en février 2021, incarne cette volonté de professionnaliser le recrutement avec un système de trading de joueurs ultra-actif. Résultat : des dizaines de mouvements lors de chaque mercato estival et hivernal, entre prêts, plus-values records et paris sur des entraîneurs de renom comme Jorge Sampaoli, Gennaro Gattuso ou Roberto De Zerbi. (On oublie trop souvent que le sportif subit la dictature des résultats immédiats). La direction tente tant bien que mal de pérenniser le modèle économique tout en évitant les foudres du fair-play financier de l'UEFA, qui surveille de très près le déficit structurel du club.
Les rumeurs de vente récurrentes et qui possède l'OM selon les théories du complot
Dès que les résultats plongent ou qu'un match s'achève par une défaite au Vélodrome, le hashtag #VenteOM s'emballe sur les réseaux sociaux. Là où ça coince, c'est que la rumeur persistante d'un rachat par l'Arabie saoudite via le PIF alimente les fantasmes des supporters depuis 2021. Mais qu'en est-il réellement ? Rien de concret n'a jamais été officialisé par un document légal ou un communiqué boursier. McCourt a répété à plusieurs reprises que l'institution n'était pas à vendre, même si les offres mirobolantes font toujours réfléchir dans le milieu du sport business. Entre les déclarations rassurantes de la direction et les scoops douteux de certains influenceurs web, la vérité se perd souvent dans le tumulte médiatique marseillais.
Comparaison avec le modèle des autres cadors de Ligue 1
Contrairement au PSG adossé à QSI ou à l'AS Monaco propriété de Dmitry Rybolovlev, l'OM fonctionne avec un investisseur milliardaire certes, mais dont les activités principales (immobilier, tech avec Project Liberty) sont distinctes du football. Les autres clubs historiques comme Lyon, désormais géré par Eagle Football Holding de John Textor, ou le RC Lens, possèdent des configurations actionnariales bien plus diversifiées avec des fonds d'investissement américains. Mais l'OM reste unique en son genre en raison de sa ferveur populaire et de sa pression médiatique étouffante.
Les fausses vérités sur la propriété de l'Olympique de Marseille et ses coulisses financières
La rumeur persistante d'une vente imminente à un État souverain
Le problème avec les réseaux sociaux réside dans leur capacité à propager des illusions en quelques secondes. Des milliers de supporters croient dur comme fer qu'un fonds d'investissement du Golfe va signer un chèque de 500 millions d'euros dès le prochain mercato. Sauf que Frank McCourt répète à chaque intervention médiatique qu'il reste le seul maître à bord de la boutique phocéenne.
L'idée reçue selon laquelle le club autofinance entièrement son modèle
Autant le dire, un déficit structurel chronique ne s'efface pas par la simple magie des soirs de match au Vélodrome. Certains observateurs imaginent naïvement que les ventes de maillots et la billetterie suffisent à payer les salaires des stars sur la Canebière. Or, les recapitalisations successives orchestrées par la holding de l'homme d'affaires américain démontrent l'exact opposé (avec des apports réguliers se chiffrant en dizaines de millions pour combler les pertes).
Le mythe d'une gestion sportive totalement indépendante de la direction
Reste que l'actionnaire principal garde toujours un œil attentif sur les grandes orientations stratégiques du club. Mais à ceci près que la direction exécute un plan rigoureux dicté par la nécessité d'équilibrer les comptes face au fair-play financier. Résultat : chaque décision de recrutement doit intégrer la contrainte absolue de générer plus de 150 millions d'euros de plus-values sur les transferts.
La stratégie cachée des investissements de long terme sur la Canebière
Pourquoi le patron américain mise sur la transformation numérique
Bref, s'intéresser uniquement au onze aligné sur la pelouse masque la véritable nature du projet entrepreneurial mené par les propriétaires successifs. Derrière les transferts se cache une volonté féroce de moderniser les infrastructures et d'exploiter la marque à l'international grâce au numérique. Et si la rentabilité tarde à pointer le bout de son nez, l'actif immobilier et la valorisation globale de la franchise continuent d'intéresser des partenaires stratégiques en quête de visibilité mondiale.
Questions fréquentes sur le capital de l'OM
Qui détient officiellement la majorité des parts de l'Olympique de Marseille ?
La société McCourt Europe SAS contrôle l'intégralité du capital de la SASP Olympique de Marseille depuis le rachat officiel validé en octobre 2016. L'homme d'affaires bostonien a injecté plus de 500 millions d'euros depuis son arrivée pour éponger les dettes historiques et maintenir le club au sommet. Cette emprise financière totale a été renforcée par une augmentation de capital de 94,5 millions d'euros actée lors de l'assemblée générale de 2025.
Un changement d'actionnaire principal est-il prévu dans un avenir proche ?
Le propriétaire américain a entrouvert la porte à l'arrivée d'un partenaire stratégique minoritaire pour aider l'institution à franchir un palier supplémentaire. Mais aucune cession totale des parts n'est signée ou finalisée sur les tables des cabinets juridiques à ce jour. Les rumeurs de rachat reviennent à chaque période de mercato sans jamais reposer sur des documents officiels vérifiables auprès des instances de régulation.
Quel est le rôle exact de la présidence dans la structure actuelle ?
Le président nommé par l'actionnaire gère l'operationalité quotidienne, la politique sportive et les relations institutionnelles avec la Ligue de Football Professionnel et l'UEFA. Il applique la feuille de route budgétaire fixée par le conseil de surveillance tout en rendant des comptes réguliers à la maison mère américaine. Cette gouvernance bicéphale vise à professionnaliser chaque département pour réduire l'exposition financière du propriétaire.
Un avenir sous tension où la pérennité économique primera toujours sur le romantisme
L'Olympique de Marseille ne sera jamais un club comme les autres, coincé entre la passion incandescente de son public et la froide réalité des bilans comptables. Frank McCourt pilote une structure sous perfusion permanente qui exige des efforts titanesques pour éviter les foudres du fair-play financier européen. Prétendre que l'institution peut s'affranchir de ses logiques capitalistiques relève de l'angélisme pur et simple. À l'heure où les exigences de rentabilité s'accélèrent, seul un actionnariat ultra-puissant ou l'arrivée d'un consortium géant pourra véritablement transformer l'essai. En attendant ce hypothétique grand soir, le club avance sur une ligne de crête financière particulièrement étroite.

