Car si certains jurent par cette méthode pour enfin perdre ces kilos récalcitrants, d’autres haussent les épaules en rappelant que le corps humain ne se résume pas à une équation mathématique. Alors, faut-il sauter dans le train en marche ou attendre que les études tranchent ? Spoiler : la réponse n’est pas aussi binaire qu’on pourrait le croire.
D’où sort cette règle 30/30/30 ? Un mélange de biochimie et de marketing bien huilé
L’histoire commence avec un livre, comme souvent. En 2022, le nutritionniste canadien Tim Ferriss popularise le concept dans *The 4-Hour Body*, avant que la méthode ne soit reprise et adaptée par des influenceurs fitness et des coachs en ligne. Mais l’idée de base n’est pas née de nulle part : elle s’inspire de recherches sur la satiété, la thermogenèse et la gestion de l’insuline. Le problème, c’est que ces études sont souvent sorties de leur contexte – ou extrapolées à l’excès.
Prenons les protéines du matin. Trente grammes, c’est environ ce que contient un yaourt grec géant, trois œufs, ou une portion de blanc de poulet. L’argument ? Un apport élevé en protéines au réveil réduirait les fringales de la journée en stimulant la production de peptides comme le GLP-1, connu pour son effet coupe-faim. Sauf que – et c’est là que ça se complique – la plupart des études sur le sujet ont été menées sur des populations spécifiques : sportifs de haut niveau, personnes en surpoids sévère, ou patients diabétiques. Autant dire que généraliser ces résultats à Monsieur Tout-le-Monde relève un peu du pari.
L’exercice à jeun : une vieille astuce remise au goût du jour
La partie "trente minutes d’activité" puise dans une autre tradition : l’entraînement à jeun, censé puiser dans les réserves de graisse plutôt que dans les glucides récemment ingérés. Là encore, les données sont mitigées. Une méta-analyse publiée dans *Sports Medicine* en 2021 montre que l’exercice à jeun peut effectivement favoriser une légère augmentation de l’oxydation des lipides… mais seulement chez les hommes, et sans impact significatif sur la perte de poids à long terme. Chez les femmes, les résultats sont encore plus flous, avec des variations hormonales qui brouillent les pistes.
Et puis il y a le timing. Attendre trente minutes avant de consommer des glucides ? L’idée vient d’une étude japonaise de 2017 sur les souris, où un délai entre protéines et glucides améliorait la sensibilité à l’insuline. Sauf que – surprise – les souris ne sont pas des humains, et que transposer ces résultats à notre métabolisme relève de la spéculation. D’ailleurs, les auteurs de l’étude eux-mêmes précisaient que leurs conclusions ne devaient pas servir de base à des recommandations nutritionnelles. Dommage que personne ne l’ait lu jusqu’au bout.
Pourquoi cette méthode a-t-elle autant de succès malgré tout ?
Parce qu’elle coche toutes les cases du régime "parfait" : simple, mesurable, et avec un côté scientifique qui rassure. Trente grammes de protéines ? On peut les peser. Trente minutes d’exercice ? Un chrono suffit. Trente minutes d’attente ? Un minuteur sur son téléphone. Dans un monde où les régimes complexes et restrictifs ont montré leurs limites, cette approche minimaliste séduit. Et puis, il y a l’effet placebo : quand on croit dur comme fer qu’une méthode va marcher, on modifie inconsciemment ses comportements pour que ça marche. C’est ce qu’on appelle l’adhérence psychologique, et c’est souvent le vrai secret des régimes qui fonctionnent.
Comment appliquer la règle 30/30/30 sans se planter (et sans se ruiner)
Bon, admettons que vous vouliez tester. Par où commencer ? D’abord, oubliez l’idée de tout révolutionner du jour au lendemain. Votre corps a ses habitudes, et lui imposer un changement brutal, c’est le meilleur moyen de le braquer – et de craquer au bout de trois jours. Commencez par ajuster une seule variable à la fois, histoire de voir comment vous réagissez.
Étape 1 : Le petit-déjeuner protéiné, sans tomber dans le piège des aliments ultra-transformés
Trente grammes de protéines au réveil, c’est faisable, mais pas avec n’importe quoi. Les shakes protéinés en poudre ? Pratiques, mais souvent bourrés d’édulcorants et d’additifs dont on se passerait bien. Les barres hyperprotéinées ? Même combat. Alors, quoi ? Voici quelques options qui tiennent la route :
Un bol de fromage blanc 0% avec des amandes et des graines de chia (environ 25g de protéines), une omelette aux épinards et fromage de chèvre (30g), ou un smoothie maison avec lait de soja, poudre de protéines végétales et une banane (attention aux calories, quand même). Le piège à éviter ? Compenser le manque de glucides par des quantités astronomiques de lipides – un avocat entier avec votre omelette, par exemple, et vous aurez déjà englouti la moitié de vos besoins caloriques de la journée avant même d’avoir quitté la cuisine.
Et si vous n’avez pas faim au réveil ? Forcer un petit-déjeuner, c’est contre-productif. Dans ce cas, attendez une heure ou deux, le temps que votre appétit se réveille. L’important, c’est la fenêtre de quatre heures après le lever, pas l’heure exacte à laquelle vous mangez. (D’ailleurs, c’est là que la règle 30/30/30 montre ses limites : elle part du principe que tout le monde a le même rythme circadien, ce qui est loin d’être vrai.)
Étape 2 : L’exercice modéré, ou comment bouger sans se décourager
Trente minutes d’activité, c’est bien. Mais trente minutes de quoi ? La méthode ne précise pas, et c’est là que les interprétations divergent. Marche rapide ? Vélo ? Natation ? Yoga dynamique ? La réponse dépend de votre condition physique, mais aussi de vos préférences. Car le meilleur exercice, c’est celui que vous ferez régulièrement – pas celui qui vous fera abandonner au bout d’une semaine.
Si vous partez de zéro, commencez par dix minutes de marche à un rythme soutenu, puis augmentez progressivement. L’idéal ? Une activité qui élève légèrement votre rythme cardiaque sans vous essouffler au point de ne plus pouvoir parler. Pour les plus sportifs, un entraînement en résistance (musculation, Pilates) peut être plus efficace pour préserver la masse musculaire pendant un déficit calorique. Mais attention : trop en faire, c’est risquer le surentraînement, et avec lui, les fringales incontrôlables et la fatigue chronique.
Un détail qui change tout : l’intensité. Une étude de l’université de Bath en 2020 a montré que l’exercice à intensité modérée (60-70% de la fréquence cardiaque maximale) était plus efficace pour la perte de graisse que les séances HIIT, souvent présentées comme la panacée. Pourquoi ? Parce que les séances courtes et intenses stimulent la faim, alors que les efforts modérés et prolongés favorisent l’oxydation des lipides sans déclencher de compensation alimentaire. Bref, si vous voulez maigrir sans vous affamer, ralentissez.
Étape 3 : Le timing des glucides, ou l’art de ne pas tout gâcher à la dernière minute
Attendre trente minutes avant de consommer des glucides, c’est la partie la plus controversée de la méthode. L’idée ? Laisser le temps aux protéines de stimuler la sécrétion d’insuline, ce qui améliorerait la sensibilité à cette hormone et limiterait les pics glycémiques. Sauf que, comme on l’a vu plus haut, les preuves chez l’humain sont minces. Très minces.
En pratique, ça donne quoi ? Si vous avez pris un petit-déjeuner protéiné à 7h, vous pouvez ajouter des glucides (une tranche de pain complet, des flocons d’avoine, un fruit) vers 7h30. Mais si vous avez déjà englouti votre omelette avec une poignée de noix, est-ce que ces trente minutes de plus vont vraiment faire la différence ? Probablement pas. D’autant que, pour la plupart des gens, le vrai problème n’est pas le timing, mais la qualité et la quantité des glucides ingérés. Une étude publiée dans *The American Journal of Clinical Nutrition* en 2019 a montré que remplacer les glucides raffinés par des céréales complètes réduisait le risque de prise de poids de 17% sur quatre ans – sans se soucier du moment où on les mangeait.
Alors, faut-il jeter cette règle aux oubliettes ? Pas forcément. Si elle vous aide à structurer vos repas et à éviter le grignotage de 10h, pourquoi pas ? Mais si vous vous retrouvez à chronométrer chaque bouchée comme un athlète olympique, autant lâcher prise. Votre corps n’est pas une horloge suisse.
Les pièges à éviter : quand la règle 30/30/30 devient contre-productive
Comme toute méthode, celle-ci a ses limites. Et si vous ne faites pas attention, vous risquez de tomber dans des pièges qui annuleront tous vos efforts. En voici quelques-uns, glanés auprès de nutritionnistes et de patients qui ont testé la méthode.
Piège n°1 : Compenser les protéines par des calories cachées
Un petit-déjeuner hyperprotéiné, c’est bien. Un petit-déjeuner hyperprotéiné ET hypercalorique, c’est une catastrophe. Pourtant, c’est ce qui arrive souvent quand on se met à ajouter du beurre de cacahuète à la cuillère, des tranches de bacon à volonté, ou des fromages à pâte dure en quantité industrielle. Résultat : au lieu de créer un déficit calorique, on se retrouve avec un surplus sans même s’en rendre compte.
Exemple concret : un bol de fromage blanc 0% avec des graines de lin et des myrtilles, c’est environ 250 kcal. Le même bol, mais avec du fromage blanc entier, du miel et des noix de cajou, ça peut monter à 600 kcal. Soit l’équivalent d’un repas complet. Et si vous ajoutez un café latte avec du lait entier, vous avez déjà englouti 800 kcal avant 9h. Autant dire que la perte de poids, dans ces conditions, relève du miracle.
Piège n°2 : Négliger les autres repas de la journée
La règle 30/30/30 se concentre sur le petit-déjeuner, mais quid du déjeuner et du dîner ? Beaucoup de gens pensent que, s’ils respectent la méthode le matin, ils peuvent se lâcher le reste de la journée. Grave erreur. Une étude de l’université de Californie en 2018 a montré que les personnes qui mangeaient léger le matin mais lourd le soir prenaient plus de poids que celles qui équilibraient leurs apports sur la journée. Pourquoi ? Parce que le métabolisme ralentit le soir, et que les excès sont moins bien "brûlés".
Le conseil des pros ? Appliquer la règle des tiers : un tiers de vos calories au petit-déjeuner, un tiers au déjeuner, un tiers au dîner. Et si vous avez faim entre les repas, privilégiez les collations riches en fibres (légumes croquants, fruits à coque) plutôt que les barres chocolatées ou les viennoiseries. (Oui, même si c’est tentant.)
Piège n°3 : Oublier que l’exercice seul ne fait pas tout
Trente minutes d’activité par jour, c’est bien. Mais si vous passez le reste de votre temps assis devant un écran, vous annulez une bonne partie des bénéfices. Une étude publiée dans *The Lancet* en 2016 a montré que les personnes qui faisaient une heure d’exercice par jour mais restaient sédentaires le reste du temps avaient un risque de mortalité similaire à celles qui ne bougeaient pas du tout. Le message ? Bougez tout au long de la journée : levez-vous toutes les heures, marchez pendant vos appels téléphoniques, prenez les escaliers. Ces petits gestes comptent autant, sinon plus, que votre séance de sport du matin.
Et puis, il y a la récupération. Trop d’exercice sans repos, c’est le meilleur moyen de se blesser, de s’épuiser, et de finir par tout abandonner. Les muscles se reconstruisent pendant les phases de repos, pas pendant l’effort. Alors, un jour de repos par semaine, ce n’est pas une option, c’est une nécessité.
30/30/30 vs autres méthodes : laquelle choisir quand on veut perdre du poids durablement ?
La règle 30/30/30 n’est pas la seule méthode en vogue. Entre le jeûne intermittent, le régime cétogène, le comptage de macros et les approches intuitives, le choix est vaste. Alors, comment s’y retrouver ? Voici un comparatif des forces et faiblesses de chaque approche, pour vous aider à trancher.
1. Le jeûne intermittent (16/8) : la simplicité avant tout
Le principe : jeûner pendant seize heures (généralement de 20h à 12h le lendemain), puis manger pendant une fenêtre de huit heures. Pas de restriction sur ce que vous mangez, juste sur le moment où vous mangez.
Les avantages : pas besoin de compter les calories, une meilleure sensibilité à l’insuline, et une réduction naturelle des apports caloriques (quand on saute le petit-déjeuner, on mange souvent moins sur la journée). Une étude de l’université de Chicago en 2020 a montré que le jeûne intermittent pouvait entraîner une perte de poids de 3 à 8% sur trois à six mois, avec des bénéfices sur la pression artérielle et le cholestérol.
Les inconvénients : les fringales du matin peuvent être difficiles à gérer, surtout si vous êtes habitué à un petit-déjeuner copieux. Et si vous compensez pendant la fenêtre de huit heures en engloutissant des aliments ultra-transformés, vous risquez de prendre du poids au lieu d’en perdre. Sans compter que cette méthode ne convient pas aux personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire, de diabète, ou de problèmes hormonaux.
2. Le régime cétogène : efficace, mais pas pour tout le monde
Là, on parle de réduire drastiquement les glucides (moins de 50g par jour) pour forcer le corps à puiser dans les graisses. Les résultats peuvent être spectaculaires : une perte de poids rapide, une réduction de l’appétit, et une amélioration des marqueurs métaboliques chez certaines personnes.
Mais – et c’est un gros mais – ce régime est difficile à suivre sur le long terme. Les effets secondaires (fatigue, constipation, "keto flu") peuvent être décourageants, et les carences en fibres et en micronutriments sont fréquentes. Une méta-analyse publiée dans *The BMJ* en 2022 a montré que, si le régime cétogène était efficace pour perdre du poids à court terme, il n’offrait pas de bénéfices supplémentaires par rapport à un régime hypocalorique classique sur le long terme. Et puis, il y a la question du coût : les aliments keto (viandes grasses, poissons, avocats, noix) sont souvent plus chers que les pâtes et le riz.
Autre point noir : la reprise de poids. Dès que vous réintroduisez des glucides, le corps stocke l’eau et les réserves de glycogène, ce qui peut donner l’impression d’un rebond. Résultat, beaucoup de gens reprennent les kilos perdus – et parfois plus.
3. Le comptage de macros : précis, mais chronophage
Ici, pas de restriction sur les aliments, juste un équilibre entre protéines, glucides et lipides, calculé en fonction de vos objectifs. L’avantage ? Une grande flexibilité : vous pouvez manger de tout, à condition de respecter vos quotas. Les applications comme MyFitnessPal ou Cronometer simplifient le suivi, et cette méthode est souvent recommandée aux sportifs qui veulent perdre de la graisse sans perdre de muscle.
Le problème ? Ça peut vite devenir obsessionnel. Passer dix minutes à scanner les codes-barres de chaque aliment avant de manger, c’est usant. Et puis, il y a le risque de se focaliser sur les chiffres plutôt que sur la qualité des aliments. Manger 2000 kcal de junk food en respectant ses macros, c’est possible – mais ce n’est clairement pas optimal pour la santé.
Une étude de l’université de Stanford en 2018 a montré que les personnes qui suivaient un régime basé sur la qualité des aliments (légumes, protéines maigres, céréales complètes) perdaient plus de poids que celles qui comptaient simplement leurs calories. La leçon ? Les macros, c’est bien, mais la qualité prime.
4. L’alimentation intuitive : la liberté, mais avec des limites
L’idée ? Écouter son corps, manger quand on a faim, s’arrêter quand on est rassasié, et ne pas se priver. Pas de règles, pas de restrictions, juste une reconnexion à ses signaux internes.
Les avantages sont évidents : moins de culpabilité, moins de frustration, et une relation plus saine avec la nourriture. Une étude publiée dans *Eating Behaviors* en 2021 a montré que les personnes qui pratiquaient l’alimentation intuitive avaient un IMC plus bas et moins de troubles du comportement alimentaire que celles qui suivaient des régimes restrictifs.
Mais – car il y a un mais – cette méthode suppose que vous savez reconnaître la faim réelle de la faim émotionnelle. Et que vous êtes capable de faire la différence entre une envie de sucre et un vrai besoin énergétique. Pour les personnes qui ont passé des années à ignorer leurs signaux de satiété (ou à les confondre avec de l’ennui ou du stress), ça peut prendre du temps. Sans compter que, dans un environnement où la nourriture ultra-transformée est omniprésente, il est facile de se laisser tenter par des aliments qui ne nourrissent pas vraiment.
Pourquoi la règle 30/30/30 peut marcher (même si ce n’est pas magique)
Alors, pourquoi tant de gens jurent par cette méthode ? Parce qu’elle combine plusieurs principes validés par la science, même si elle les simplifie à l’extrême. Voici ce qui fait qu’elle peut donner des résultats – à condition de l’adapter à son mode de vie.
1. Les protéines au petit-déjeuner : un effet coupe-faim prouvé
Plusieurs études, dont une publiée dans *The American Journal of Clinical Nutrition* en 2015, ont montré qu’un petit-déjeuner riche en protéines réduisait les fringales de la journée et augmentait la sensation de satiété. Les protéines stimulent la production de peptides comme le PYY et le GLP-1, qui envoient un signal de rassasiement au cerveau. Résultat : on mange moins spontanément au déjeuner et au dîner.
Une expérience menée à l’université du Missouri a même montré que les personnes qui consommaient 30g de protéines au petit-déjeuner (contre 13g dans un petit-déjeuner standard) perdaient plus de graisse et gagnaient plus de muscle sur douze semaines. Le tout sans changer leurs habitudes alimentaires le reste de la journée. Pas mal, non ?
2. L’exercice à jeun : un coup de pouce pour le métabolisme (mais pas une révolution)
Comme on l’a vu plus haut, l’exercice à jeun peut favoriser une légère augmentation de l’oxydation des graisses. Mais le vrai bénéfice, c’est qu’il permet de caser une séance de sport dans une journée chargée. Beaucoup de gens reportent leur entraînement à plus tard, puis finissent par sauter la séance parce qu’ils sont trop fatigués. En faisant du sport le matin, on élimine cette excuse.
Et puis, il y a l’effet psychologique : commencer la journée par une activité physique, c’est se donner un sentiment d’accomplissement qui peut influencer positivement le reste de la journée. Une étude de l’université de Bristol en 2019 a montré que les personnes qui faisaient du sport le matin avaient tendance à manger plus sainement et à être plus productives au travail. Coïncidence ? Peut-être pas.
3. Le timing des glucides : un détail qui peut faire la différence (pour certains)
Même si les preuves scientifiques sont limitées, attendre trente minutes avant de consommer des glucides peut avoir un avantage pratique : ça évite les petits-déjeuners déséquilibrés, où les glucides (pain, céréales, jus de fruits) dominent et où les protéines brillent par leur absence. En commençant par les protéines, on s’assure un apport suffisant en acides aminés, ce qui limite les fringales de milieu de matinée.
Et puis, il y a l’aspect comportemental : ce délai de trente minutes peut servir de transition entre le réveil et le début de la journée. Une sorte de rituel qui permet de prendre conscience de ce qu’on mange, plutôt que d’avaler son petit-déjeuner en cinq minutes entre deux mails. Dans un monde où on mange souvent par réflexe, cette pause peut faire toute la différence.
Questions fréquentes : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la règle 30/30/30
Peut-on adapter la règle 30/30/30 si on est végétarien ou vegan ?
Absolument. L’idée, c’est d’atteindre 30g de protéines au petit-déjeuner, peu importe leur source. Pour les végétariens, les œufs, le fromage blanc, le skyr et les protéines en poudre (lactosérum ou caséine) font très bien l’affaire. Pour les vegans, les options sont un peu plus limitées, mais pas impossibles : tofu brouillé, tempeh, protéines de pois en poudre, graines de chanvre, ou même des lentilles (même si c’est moins pratique le matin).
Le piège à éviter ? Se rabattre sur des substituts de viande ultra-transformés, souvent riches en sel et en additifs. Mieux vaut privilégier les aliments bruts, même si ça demande un peu plus de préparation. Et si vous manquez d’idées, un smoothie avec du lait de soja, de la poudre de protéines végétales et une banane peut faire l’affaire en dépannage.
La règle 30/30/30 fonctionne-t-elle pour les femmes ménopausées ?
C’est là que les choses se compliquent. La ménopause s’accompagne d’une baisse des œstrogènes, ce qui ralentit le métabolisme et favorise le stockage des graisses, surtout au niveau abdominal. Une étude publiée dans *The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism* en 2021 a montré que les femmes ménopausées avaient besoin de plus de protéines pour préserver leur masse musculaire, et que l’exercice en résistance était particulièrement efficace pour limiter la prise de poids.
La règle 30/30/30 peut donc être utile, à condition de l’adapter : augmenter légèrement la dose de protéines (jusqu’à 35-40g), privilégier les exercices de musculation plutôt que le cardio, et surveiller les apports en calcium et en vitamine D pour limiter la perte osseuse. Mais attention : cette méthode ne suffit pas à elle seule. Une alimentation riche en fibres, en oméga-3 et en antioxydants est tout aussi importante pour contrer les effets de la ménopause sur le métabolisme.
Peut-on combiner la règle 30/30/30 avec le jeûne intermittent ?
Techniquement, oui. Mais ça demande un peu d’organisation. Si vous pratiquez le jeûne 16/8 (jeûne de 20h à 12h), vous pouvez appliquer la règle 30/30/30 dès la fin de votre jeûne. Par exemple : à 12h, vous prenez un repas riche en protéines, vous faites votre séance de sport, puis vous attendez trente minutes avant d’ajouter des glucides.
Le risque ? Que cette combinaison soit trop restrictive et finisse par vous décourager. Le jeûne intermittent seul peut déjà être difficile à suivre sur le long terme, alors si vous ajoutez des contraintes supplémentaires, vous risquez de craquer. Mon conseil : testez d’abord chaque méthode séparément, puis combinez-les si vous vous sentez à l’aise. Et surtout, écoutez votre corps. Si vous avez faim, mangez. Si vous êtes fatigué, reposez-vous. Aucune règle ne vaut la peine de se sentir mal.
La règle 30/30/30 est-elle compatible avec un régime hypocalorique ?
Oui, mais avec des nuances. Un déficit calorique est nécessaire pour perdre du poids, mais si vous réduisez trop vos apports, vous risquez de perdre du muscle en plus de la graisse. Or, les protéines du matin aident justement à préserver la masse musculaire. Le piège ? Compenser le déficit en réduisant les calories des autres repas, ce qui peut mener à des carences et à une fatigue chronique.
L’idéal ? Un déficit modéré (300 à 500 kcal par jour), avec un apport en protéines suffisant (1,6 à 2,2g par kilo de poids corporel). Par exemple, si vous pesez 70 kg, visez entre 112 et 154g de protéines par jour, réparties sur vos trois repas. Et n’oubliez pas les légumes : riches en fibres et en micronutriments, ils aident à combler le déficit sans frustration.
Verdict : faut-il adopter la règle 30/30/30 ou passer son chemin ?
Alors, on fait quoi ? On saute dans le train en marche, ou on attend que la science tranche ? Honnêtement, ça dépend de vous. Si vous cherchez une méthode simple pour structurer vos matinées et éviter les fringales de 10h, la règle 30/30/30 peut être un bon point de départ. Elle combine plusieurs principes validés (protéines au petit-déjeuner, exercice régulier, timing des repas) et peut donner des résultats, surtout si vous partiez de zéro.
Mais – et c’est un gros mais – elle ne fait pas de miracles. Si vous continuez à manger n’importe quoi le reste de la journée, à sauter vos séances de sport, ou à négliger votre sommeil, vous n’obtiendrez pas les résultats escomptés. Pire : vous risquez de vous décourager et de tout abandonner. Car le vrai secret de la perte de poids, ce n’est pas une règle magique, mais la constance. Et ça, aucune méthode ne peut le remplacer.
Mon avis perso ? Je trouve que cette approche a le mérite de simplifier les choses, mais qu’elle est trop rigide pour convenir à tout le monde. Si vous voulez tester, faites-le, mais adaptez-la à votre rythme. Commencez par ajouter des protéines au petit-déjeuner, puis introduisez l’exercice, et enfin, voyez si le timing des glucides vous convient. Et surtout, ne vous focalisez pas sur les chiffres : 30g de protéines, c’est bien, mais 25g ou 35g, ce n’est pas la fin du monde. L’important, c’est de trouver un équilibre qui vous permette de tenir sur la durée.
Et puis, n’oubliez pas que la perte de poids, c’est comme un marathon, pas un sprint. Les méthodes qui promettent des résultats rapides sont souvent celles qui mènent à l’échec. Alors, prenez votre temps, soyez indulgent avec vous-même, et rappelez-vous que chaque petit pas compte. Même si vous ne perdez "que" 500g par mois, c’est toujours ça de pris. Et au bout d’un an, ça fait 6 kg. Pas mal, non ?
Alors, prêt à essayer ? Ou vous préférez attendre que les études soient plus claires ? Dans les deux cas, une chose est sûre : le meilleur régime, c’est celui que vous pouvez suivre sans vous sentir privé. Et ça, c’est une règle qui ne changera jamais.
