Parce que oui, votre téléphone peut être transformé en mouchard sans que vous ne remarquiez rien. Pas besoin d’être un ministre ou un PDG pour attirer l’attention des pirates : un simple conflit familial, une rupture compliquée, ou même un collègue un peu trop curieux suffisent. Alors avant de paniquer ou de jeter votre appareil par la fenêtre, voici comment procéder. Sans jargon inutile, sans promesses miracles, et surtout sans tomber dans les pièges des arnaques "anti-espionnage" qui pullulent en ligne.
Pourquoi les codes USSD comme *#21# ne servent (presque) à rien
Commençons par le mythe le plus tenace : le fameux *#21#. Ce code, censé révéler les "renvois d’appels" activés sur votre ligne, est souvent présenté comme la solution ultime pour détecter un espionnage. Sauf que. Sauf que les logiciels espions modernes n’ont plus besoin de détourner vos appels pour vous surveiller. Ils se greffent directement aux capteurs du téléphone – microphone, GPS, caméra – sans laisser de traces visibles dans les paramètres réseau.
Pire : certains malwares sophistiqués (comme Pegasus, utilisé par des États) désactivent carrément les notifications des renvois d’appels pour éviter d’être repérés. Résultat, vous tapez *#21#, vous voyez "Pas de déviation", et vous vous croyez en sécurité. Alors que votre téléphone transmet peut-être vos données en temps réel à un serveur situé à l’autre bout du monde.
Cela dit, ces codes ne sont pas totalement inutiles. Ils peuvent révéler des configurations suspectes – un renvoi vers un numéro inconnu, par exemple – mais ils ne couvrent qu’une infime partie des menaces. Le vrai travail commence ailleurs.
Les codes qui marchent (un peu) et ceux qui sont bidon
Voici une liste non exhaustive des commandes qui circulent, avec leur degré d’efficacité réel :
✅ *#62# : Affiche le numéro vers lequel vos appels sont redirigés en cas de non-réponse. Utile si vous suspectez un détournement de ligne, mais inefficace contre les logiciels espions modernes.
✅ *#06# : Affiche le numéro IMEI de votre téléphone. Indispensable pour bloquer un appareil volé, mais ça ne détecte rien en soi. (Notez-le quelque part, au cas où.)
❌ *#0*# : Code de diagnostic Samsung qui affiche un menu technique. Certains sites prétendent qu’il révèle des logiciels espions. Faux. Il teste simplement les capteurs de l’écran et du vibreur.
❌ *#*#4636#*#* : Affiche des statistiques d’utilisation des apps. Pratique pour voir quelles applications tournent en arrière-plan, mais ça ne détecte pas un malware qui se cache dans le système.
Le problème, c’est que ces codes datent d’une époque où les smartphones étaient bien moins complexes. Aujourd’hui, un logiciel espion digne de ce nom se niche dans les couches basses du système d’exploitation – là où même les outils de diagnostic natifs ne vont pas fouiller. Pour le débusquer, il faut creuser plus profond.
Les signes qui ne trompent pas (et ceux qui mentent)
Votre téléphone chauffe même quand vous ne l’utilisez pas ? La batterie se vide en quelques heures ? Des applications s’ouvrent toutes seules ? Avant de crier au complot, sachez que ces symptômes ont souvent des explications bien plus banales : un fond d’écran animé gourmand, une mise à jour en arrière-plan, ou simplement un vieillissement de la batterie.
En revanche, certains comportements devraient vous alerter immédiatement :
1. L’activité réseau anormale
Un téléphone au repos ne devrait pas envoyer des données en continu. Pour vérifier :
- Sur Android : Paramètres > Réseau et Internet > Utilisation des données. Triez par application et regardez celles qui consomment le plus en arrière-plan. Si une app inconnue (ou une app système comme "Services Google Play") envoie des centaines de Mo sans raison, c’est suspect.
- Sur iPhone : Paramètres > Données mobiles. Même principe, mais attention : iOS limite la visibilité des apps système. Si vous voyez "Système" ou "Services iOS" avec une consommation anormalement élevée, creusez.
Le truc c’est que : même avec ces vérifications, certains malwares savent se cacher. Ils envoient des données par petites rafales, ou profitent des mises à jour automatiques pour passer inaperçus. D’où l’intérêt de croiser plusieurs méthodes.
2. Les permissions abusives
Une lampe torche qui demande l’accès à vos contacts ? Une appli de météo qui veut activer le microphone ? C’est le signe qu’un développeur peu scrupuleux (ou un malware) tente de siphonner vos données. Pour vérifier :
- Android : Paramètres > Applications > [Nom de l’app] > Autorisations. Désactivez tout ce qui n’a pas de sens.
- iPhone : Paramètres > Confidentialité et sécurité. Passez en revue chaque catégorie (Localisation, Contacts, Micro, etc.) et retirez les accès inutiles.
Mais attention : certains logiciels espions se greffent à des apps légitimes (comme WhatsApp ou Facebook) pour hériter de leurs permissions. Dans ce cas, même une vérification minutieuse ne suffira pas.
3. Les processus inconnus dans le gestionnaire de tâches
Sur Android, activez les "Options pour les développeurs" (en tapant 7 fois sur "Numéro de build" dans À propos du téléphone), puis allez dans "Services en cours d’exécution". Si vous voyez des noms bizarres comme "com.android.systemupdate" ou "com.secureservice", faites une recherche Google. Certains sont légitimes, d’autres non.
Sur iPhone, c’est plus compliqué : Apple verrouille l’accès aux processus système. Vous pouvez essayer des apps comme "System Status" (disponible sur l’App Store), mais leur utilité reste limitée.
Et c’est précisément là que ça coince : les outils intégrés aux smartphones sont conçus pour masquer certaines activités, pas pour les révéler. Pour aller plus loin, il faut sortir l’artillerie lourde.
Les outils qui détectent vraiment les logiciels espions (et ceux qui sont des arnaques)
Le marché des logiciels "anti-espionnage" est un vrai Far West. Entre les apps qui promettent monts et merveilles (et qui installent elles-mêmes des malwares), et les solutions payantes qui ne servent à rien, il est facile de se faire avoir. Voici ce qui marche vraiment, et ce qu’il faut éviter à tout prix.
Les solutions gratuites (et efficaces)
1. Malwarebytes pour Android
Cette app, développée par une entreprise sérieuse, scanne votre téléphone à la recherche de logiciels malveillants. Elle détecte la plupart des keyloggers, des chevaux de Troie et des apps espions classiques. Le scan est rapide (5-10 minutes) et ne nécessite pas de root.
Le problème ? Elle ne voit pas les malwares les plus avancés (comme ceux qui se cachent dans le noyau du système). Mais c’est déjà un bon début.
2. iMazing pour iPhone (version d’essai)
Contrairement à ce que beaucoup pensent, les iPhone peuvent aussi être espionnés. iMazing, un logiciel pour PC/Mac, permet d’analyser les sauvegardes de votre iPhone et de repérer les apps suspectes ou les modifications du système. La version gratuite est limitée, mais suffisante pour un premier diagnostic.
Attention : iMazing ne détecte pas Pegasus ou les malwares "zero-click" (qui s’installent sans interaction de l’utilisateur). Mais pour les logiciels espions classiques, c’est l’un des meilleurs outils disponibles.
3. Wireshark (pour les utilisateurs avancés)
Si vous suspectez que votre téléphone envoie des données à un serveur inconnu, Wireshark (un analyseur de trafic réseau) peut vous aider à le confirmer. Le principe : vous connectez votre téléphone à un réseau Wi-Fi contrôlé (votre box, par exemple), puis vous observez les connexions sortantes.
C’est technique, et ça demande un minimum de connaissances en réseau. Mais si vous voyez votre téléphone communiquer avec une IP située en Russie ou en Chine alors que vous n’avez rien ouvert, c’est mauvais signe.
Les arnaques à éviter absolument
❌ Les apps "anti-espionnage" sur le Play Store ou l’App Store. 90% d’entre elles sont soit inefficaces, soit des malwares déguisés. Exemples : "Spyware Detector", "Anti Spy Mobile", "Cell Spy Catcher".
❌ Les services en ligne qui promettent un "scan complet" de votre téléphone. Ils vous demandent de télécharger un fichier APK ou IPA, puis de l’installer. Spoiler : ce fichier est souvent un virus.
❌ Les "experts" qui proposent de "nettoyer" votre téléphone à distance pour 50 ou 100€. La plupart sont des escrocs qui profitent de votre paranoïa.
La règle d’or : si un outil ou un service semble trop beau pour être vrai, c’est qu’il l’est. Les solutions sérieuses sont rarement gratuites (ou alors, elles ont des limites claires), et elles ne promettent jamais de résultats miracles.
Comment vérifier si votre téléphone est infecté par Pegasus (ou un malware d’État)
Pegasus, le logiciel espion développé par NSO Group, est devenu le symbole des cybermenaces d’État. Il est capable d’infecter un iPhone sans que l’utilisateur ne clique sur quoi que ce soit ("zero-click"), et de siphonner l’intégralité des données du téléphone. Détecter Pegasus est extrêmement difficile, mais pas impossible.
1. Le Mobile Verification Toolkit (MVT) d’Amnesty International
Amnesty International a développé un outil open-source, le MVT, qui permet de scanner un téléphone à la recherche de traces de Pegasus. Le processus est complexe :
- Il faut d’abord faire une sauvegarde complète de son téléphone (via iTunes pour iPhone, ou via ADB pour Android).
- Ensuite, il faut exécuter le MVT sur un ordinateur, en suivant les instructions détaillées disponibles sur GitHub.
- L’outil génère un rapport listant les fichiers suspects, les connexions réseau anormales, et les modifications du système.
Le MVT ne détecte pas Pegasus à 100%, mais il repère les artefacts laissés par le malware. Si le rapport mentionne des fichiers comme "libtouchplant.dylib" ou des connexions vers des domaines liés à NSO Group, c’est très mauvais signe.
2. Les indicateurs de compromission (IOC)
Les chercheurs en cybersécurité publient régulièrement des listes d’"Indicateurs de Compromission" (IOC) pour Pegasus. Ces listes contiennent :
- Des adresses IP suspectes (comme 103.231.144.0/24)
- Des noms de domaine utilisés par le malware (comme "bpush.apple.com" – un faux domaine Apple)
- Des hachages de fichiers malveillants
Vous pouvez comparer ces IOC avec les connexions réseau de votre téléphone (via Wireshark, par exemple). Si vous trouvez une correspondance, c’est la preuve d’une infection.
3. Les signes indirects
Pegasus laisse peu de traces, mais certains comportements peuvent mettre la puce à l’oreille :
- Une consommation de données anormalement élevée, même quand le téléphone est au repos.
- Des redémarrages intempestifs (le malware a besoin de recharger ses composants).
- Une surchauffe inexpliquée (le malware utilise beaucoup de ressources).
- Des SMS ou des notifications étranges, souvent envoyés par le malware pour communiquer avec son serveur de commande.
Si vous cumulez plusieurs de ces signes, il est temps de prendre des mesures radicales.
Que faire si votre téléphone est vraiment espionné ?
Vous avez suivi toutes les étapes, et le verdict est sans appel : votre téléphone est compromis. Que faire maintenant ? Voici la marche à suivre, dans l’ordre.
1. Isoler le téléphone
La première chose à faire : couper toute connexion avec l’extérieur. Éteignez le Wi-Fi, la 4G/5G, et le Bluetooth. Si possible, retirez la carte SIM et placez le téléphone en mode avion. L’objectif est d’empêcher le malware de communiquer avec son serveur de commande.
Ne vous contentez pas de le mettre en veille : certains malwares continuent de fonctionner même quand l’écran est éteint. Si vous avez un doute, retirez carrément la batterie (si votre téléphone le permet).
2. Ne pas utiliser de sauvegardes cloud
Si vous restaurez une sauvegarde iCloud ou Google Drive sur un nouveau téléphone, vous risquez de réinstaller le malware. Préférez une sauvegarde locale (via iTunes ou ADB), que vous scannerez avec un antivirus avant de la restaurer.
Et surtout : ne réutilisez pas le même mot de passe ou le même code PIN. Les logiciels espions enregistrent souvent ces informations.
3. Réinitialiser le téléphone (mais pas n’importe comment)
Une réinitialisation d’usine est la solution la plus radicale, mais elle n’est pas infaillible. Certains malwares (comme Pegasus) peuvent survivre à une réinitialisation standard. Pour maximiser vos chances :
- Sur Android : Faites une réinitialisation via le mode recovery (éteignez le téléphone, puis maintenez Power + Volume Haut). Cela efface les partitions système, là où se cachent les malwares les plus coriaces.
- Sur iPhone : Utilisez le mode DFU (Device Firmware Update) pour réinstaller complètement iOS. C’est plus long, mais plus efficace qu’une simple réinitialisation.
Après la réinitialisation, ne restaurez que les données essentielles (contacts, photos), et évitez les apps tierces pendant quelques jours. Observez le comportement du téléphone avant de tout réinstaller.
4. Changer tous vos mots de passe (et activer la 2FA)
Si votre téléphone était espionné, il est probable que vos comptes en ligne le soient aussi. Changez immédiatement :
- Les mots de passe de vos emails (Gmail, Outlook, etc.)
- Ceux de vos réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram)
- Ceux de vos comptes bancaires et services financiers (PayPal, banque en ligne)
- Ceux de vos services cloud (iCloud, Google Drive, Dropbox)
Activez la double authentification (2FA) partout où c’est possible, de préférence avec une app comme Google Authenticator ou Authy (évitez les SMS, qui peuvent être interceptés).
5. Porter plainte (si nécessaire)
Si vous pensez être victime d’espionnage par un proche, un employeur, ou un État, vous pouvez porter plainte. En France, l’espionnage informatique est puni par l’article 323-1 du Code pénal (jusqu’à 2 ans de prison et 60 000€ d’amende).
Pour monter un dossier solide :
- Faites une capture d’écran des preuves (logs réseau, rapports d’analyse)
- Conservez le téléphone infecté (ne le jetez pas, il peut servir de preuve)
- Contactez un expert en cybersécurité pour une analyse forensique (comptez entre 500 et 2000€ pour un rapport détaillé)
Si l’espionnage est lié à un contexte professionnel ou familial, envisagez aussi de consulter un avocat spécialisé en droit du numérique.
Les erreurs qui aggravent la situation (et comment les éviter)
Quand on découvre que son téléphone est espionné, la panique peut pousser à prendre de mauvaises décisions. Voici les pièges à éviter absolument.
1. Installer un "antivirus" au hasard
Comme mentionné plus haut, la plupart des apps "anti-espionnage" sont inefficaces, voire dangereuses. Si vous installez un faux antivirus, vous risquez d’aggraver la situation en donnant accès à encore plus de données à un pirate.
Préférez les solutions éprouvées : Malwarebytes pour Android, iMazing pour iPhone, ou un scan avec un antivirus réputé (comme Kaspersky ou Bitdefender) depuis un ordinateur.
2. Continuer à utiliser le même téléphone
Certains pensent qu’un simple redémarrage ou une réinitialisation suffit. Faux. Si le malware est profondément ancré dans le système, il peut survivre à ces manipulations. Dans le doute, achetez un téléphone neuf (ou un modèle d’occasion réinitialisé) et transférez uniquement les données essentielles.
Et surtout : ne réutilisez pas la même carte SIM. Certains malwares interceptent les SMS, et une nouvelle carte SIM peut suffire à les réactiver.
3. Ignorer les signes avant-coureurs
Si votre téléphone a des comportements étranges depuis des semaines (surchauffe, batterie qui se vide vite, apps qui plantent), ne les ignorez pas. Plus vous attendez, plus le malware a le temps de s’installer et de voler vos données.
Un exemple frappant : en 2021, une journaliste française a découvert que son iPhone était infecté par Pegasus… six mois après les premiers signes d’infection. Pendant ce temps, le malware avait eu tout le loisir de siphonner ses conversations, ses photos, et même ses déplacements.
4. Parler de l’infection à tort et à travers
Si vous suspectez un espionnage, évitez d’en parler au téléphone ou par SMS. Certains malwares activent le microphone ou enregistrent les messages dès qu’un mot-clé est prononcé ("espionnage", "Pegasus", "NSO", etc.).
Préférez les conversations en face-à-face, dans un endroit neutre (pas chez vous, ni au bureau). Et si vous devez écrire un message sensible, utilisez une app chiffrée comme Signal ou WhatsApp (en activant la vérification en deux étapes).
Questions fréquentes (et réponses sans langue de bois)
Mon téléphone peut-il être espionné sans que je clique sur un lien ?
Oui. Les malwares "zero-click" (comme Pegasus) s’installent sans aucune interaction de l’utilisateur. Ils exploitent des failles dans des apps légitimes (iMessage, WhatsApp, etc.) pour infecter le téléphone. En 2021, Apple a corrigé une faille qui permettait d’infecter un iPhone simplement en envoyant un iMessage malveillant. La victime n’avait même pas besoin d’ouvrir le message.
Les iPhone sont-ils plus sûrs que les Android ?
Oui et non. iOS est plus sécurisé par défaut, grâce à son écosystème fermé et ses mises à jour régulières. Mais les iPhone sont aussi des cibles de choix pour les malwares haut de gamme (comme Pegasus), précisément parce qu’ils sont utilisés par des personnalités influentes. Un Android bien configuré (avec les mises à jour installées et les apps vérifiées) peut être plus sûr qu’un iPhone jailbreaké ou non mis à jour.
Un antivirus peut-il détecter tous les logiciels espions ?
Non. Les antivirus classiques détectent les malwares "grand public", mais ils sont souvent impuissants face aux logiciels espions ciblés (comme ceux utilisés par les États ou les entreprises de surveillance). Pour ces menaces, il faut des outils spécialisés (comme le MVT d’Amnesty International) et une analyse manuelle.
Faut-il jeter son téléphone si on découvre un espionnage ?
Pas forcément. Si l’infection est récente et que le malware n’est pas trop sophistiqué, une réinitialisation complète (via le mode recovery ou DFU) peut suffire. En revanche, si le téléphone est infecté depuis des mois, ou s’il s’agit d’un malware d’État, mieux vaut le remplacer. Dans tous les cas, ne le jetez pas à la poubelle : conservez-le comme preuve, ou détruisez-le physiquement (en retirant la carte SIM et la carte SD).
Peut-on espionner un téléphone à distance sans accès physique ?
Oui. La plupart des logiciels espions modernes s’installent via des liens malveillants, des apps infectées, ou des failles zero-click. Certains (comme Pegasus) n’ont même pas besoin que la victime clique sur quoi que ce soit. En revanche, les méthodes "physiques" (comme l’installation manuelle d’un spyware) sont plus rares, mais aussi plus difficiles à détecter.
Verdict : votre téléphone est-il espionné ? Voici comment trancher
Après avoir lu tout ça, une question persiste : et si, malgré toutes ces vérifications, vous ne trouvez rien ? Est-ce que ça veut dire que votre téléphone est clean ? Pas forcément. Les logiciels espions les plus avancés sont conçus pour être indétectables, et même les experts en cybersécurité peinent parfois à les repérer.
Voici une méthode en 3 étapes pour y voir plus clair :
1. **Faites un diagnostic rapide** : Vérifiez la consommation de données, les permissions des apps, et les processus en cours. Si tout semble normal, passez à l’étape 2.
2. **Utilisez un outil spécialisé** : Scannez votre téléphone avec Malwarebytes (Android) ou iMazing (iPhone). Si le scan ne révèle rien, mais que vous avez toujours des doutes, allez à l’étape 3.
3. **Faites une analyse approfondie** : Si vous suspectez un malware d’État (comme Pegasus), utilisez le MVT d’Amnesty International ou consultez un expert en cybersécurité. C’est long, technique, et parfois coûteux, mais c’est la seule façon d’être sûr à 100%.
Et si, au final, vous ne trouvez rien ? Tant mieux. Mais ne baissez pas la garde pour autant. Les menaces évoluent en permanence, et un téléphone "propre" aujourd’hui peut être compromis demain. La meilleure défense reste la prévention :
- Mettez à jour votre système d’exploitation dès qu’une nouvelle version est disponible.
- Évitez de cliquer sur des liens suspects (même envoyés par des proches).
- Limitez les permissions des apps au strict nécessaire.
- Utilisez un VPN sur les réseaux publics.
- Et surtout : faites confiance à votre instinct. Si quelque chose vous semble bizarre, c’est probablement qu’il y a une raison.
Parce qu’au fond, le vrai problème n’est pas de savoir si votre téléphone est espionné. C’est de réaliser que, dans un monde où la technologie est partout, la vie privée est devenue un luxe. Et que, parfois, la seule façon d’être vraiment sûr, c’est de débrancher. Littéralement.
