La réponse dépend moins de vos goûts que de ce que vous fuyez. Si vous rêvez de nuits qui s’étirent jusqu’à l’aube et d’un marché aux fleurs qui sent le basilic frais, Nice a des arguments. Mais si vous préférez les petits ports où les pêcheurs réparent leurs filets en buvant un café serré, Antibes vous tend les bras. Le truc, c’est que les deux villes se touchent presque – à peine 20 minutes en voiture, une éternité en termes d’atmosphère. Alors, plongeons dans le détail, parce que les guides touristiques, eux, ne vous diront pas tout.
Pourquoi Nice fait rêver (et pourquoi elle peut décevoir)
Nice, c’est la Côte d’Azur en version blockbuster. La Promenade des Anglais, avec ses chaises bleues alignées comme des soldats de plomb, attire les foules comme un aimant. Les touristes s’y pressent pour immortaliser le coucher de soleil sur la baie des Anges, tandis que les joggeurs slaloment entre les rollers et les poussettes. Mais derrière cette carte postale se cache une ville qui ne se laisse pas dompter si facilement.
L’avantage indéniable : une offre culturelle qui ne dort jamais
Le Musée Matisse, niché dans une villa génoise du XVIIe siècle, vaut à lui seul le détour. Ses salles lumineuses abritent des œuvres qui semblent respirer encore, comme si les couleurs de Matisse avaient gardé la chaleur du Midi. À deux pas, le Musée Marc Chagall, avec ses vitraux bibliques et ses toiles oniriques, offre une parenthèse hors du temps. Et n’oublions pas le Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain (MAMAC), où les néons de Niki de Saint Phalle dialoguent avec les sculptures de César.
Mais la culture à Nice, ce n’est pas que des musées. C’est aussi le Théâtre de la Photographie et de l’Image, qui expose des clichés en noir et blanc de Doisneau ou Cartier-Bresson. C’est le Palais Lascaris, un hôtel particulier du XVIIe siècle où l’on peut admirer des instruments de musique anciens en se demandant qui les a touchés avant nous. Et c’est, bien sûr, l’Opéra, un joyau néo-baroque où les mélomanes viennent se perdre dans des airs de Verdi ou de Puccini.
Le revers de la médaille : une ville qui vit à deux vitesses
Nice, c’est un peu comme un gâteau trop sucré : au début, on se régale, puis l’écœurement guette. Les prix des hôtels, par exemple, explosent dès que le thermomètre dépasse les 25 degrés. Une chambre correcte dans le Vieux-Nice ? Comptez au moins 150 euros la nuit en haute saison, et encore, si vous avez la chance de tomber sur une annulation de dernière minute. Les restaurants, eux, surfent sur la vague touristique : une salade niçoise à 18 euros, un verre de vin à 8 euros… Autant dire que votre portefeuille va maigrir plus vite que vous sous le soleil.
Et puis, il y a la foule. En juillet et août, la Promenade des Anglais ressemble à un défilé de mode improvisé, où les selfies prennent plus de place que les vagues. Les plages de galets, si photogéniques sur Instagram, deviennent un calvaire pour les pieds sensibles. Quant aux transports en commun, ils sont saturés dès 8h du matin – un bus bondé sous 35 degrés, c’est l’enfer en version azuréenne.
Reste que Nice a un atout que personne ne peut lui voler : son marché aux fleurs du Cours Saleya. Dès 6h du matin, les étals débordent de pivoines, de lavande et de mimosa, tandis que les marchands crient leurs prix en niçois. C’est là, entre deux bouquets de basilic et une tranche de socca, que l’on comprend pourquoi cette ville fascine autant. Mais est-ce suffisant pour y poser ses valises ?
Antibes, la discrète qui a tout d’une grande
Si Nice est une diva qui attire tous les regards, Antibes, elle, préfère jouer les seconds rôles. Pourtant, cette ville de 75 000 habitants a tout pour plaire : un centre historique préservé, des plages de sable fin (oui, du vrai sable !), et une ambiance qui oscille entre village provençal et station balnéaire chic. Le plus beau ? Elle est à peine à 20 minutes de Nice, mais on a l’impression d’être dans un autre monde.
Un patrimoine qui ne paie pas de mine (mais qui vaut le détour)
Le Vieux-Port d’Antibes, avec ses bateaux de pêche alignés comme des soldats au garde-à-vous, est l’un des plus anciens de la Méditerranée. Les Grecs y ont accosté il y a plus de 2 500 ans, et aujourd’hui encore, on y respire l’histoire à chaque coin de rue. La ville a conservé ses remparts du XVIe siècle, construits par Vauban pour résister aux attaques espagnoles. En se promenant sur les fortifications, on domine la baie de Juan-les-Pins, avec ses yachts amarrés et ses voiliers qui dansent sur l’eau.
Mais le vrai joyau d’Antibes, c’est le Musée Picasso. Installé dans un château du XIIe siècle, il abrite plus de 200 œuvres du maître, offertes par Picasso lui-même après son séjour dans la ville en 1946. Les salles, avec leurs plafonds voûtés et leurs fenêtres ouvertes sur la mer, donnent l’impression de pénétrer dans l’atelier de l’artiste. On y découvre des céramiques colorées, des dessins préparatoires pour "La Guerre et la Paix", et même des photographies de Picasso en train de travailler. Le plus émouvant ? Les graffitis qu’il a laissés sur les murs – des dessins à la craie qui semblent tout droit sortis de son imagination.
Des plages qui changent tout (et des criques secrètes)
À Nice, les plages sont en galets, et croyez-moi, marcher pieds nus sur des cailloux chauffés à blanc, c’est une expérience que l’on n’oublie pas – mais pas forcément dans le bon sens du terme. À Antibes, en revanche, le sable est roi. La plage de la Gravette, en plein centre-ville, est un petit paradis de sable fin où les familles viennent pique-niquer et les enfants construisent des châteaux. Plus loin, la plage de la Salis, avec ses eaux turquoise et ses pins qui offrent un peu d’ombre, est parfaite pour ceux qui veulent éviter la foule.
Mais le vrai trésor d’Antibes, ce sont ses criques cachées. La plage de la Garoupe, accessible après une petite randonnée depuis le cap d’Antibes, est un spot prisé des locaux. L’eau y est si claire que l’on distingue les poissons à travers les vagues. Et si vous avez envie d’aventure, prenez un bateau pour l’île Sainte-Marguerite, où les forêts de pins côtoient des eaux cristallines. Robinson Crusoé n’aurait pas fait mieux.
Une vie nocturne qui ne fait pas de bruit (mais qui existe)
Antibes n’a pas la réputation de Juan-les-Pins, sa voisine festive, mais elle a ses petits secrets. Le bar du Marché, par exemple, est un endroit où l’on vient boire un verre de rosé en regardant les étals se vider peu à peu. Le soir, les terrasses des restaurants du port s’animent, et l’on peut déguster une bouillabaisse en regardant les bateaux rentrer au port. Pour ceux qui veulent danser, le Club 54, une institution depuis les années 70, propose des soirées électro ou des concerts de jazz.
Mais le vrai charme d’Antibes, c’est son côté "village". Les habitants se connaissent, les commerçants vous appellent par votre prénom, et l’on se salue dans la rue comme si l’on faisait partie de la même famille. C’est cette authenticité qui manque cruellement à Nice, où l’on se sent souvent comme un touriste parmi d’autres.
Le coût de la vie : où dépenser moins sans renoncer au soleil ?
Si vous pensez que la Côte d’Azur est réservée aux millionnaires, détrompez-vous. Enfin, presque. Nice et Antibes ont des budgets très différents, et le choix entre les deux peut se résumer à une question d’argent. Voici ce qu’il faut savoir avant de réserver.
Nice : la ville où votre portefeuille va maigrir (même sans régime)
À Nice, tout est plus cher. Une location saisonnière dans le Vieux-Nice ? Comptez entre 100 et 200 euros la nuit pour un appartement correct. Un repas dans un restaurant moyen ? Entre 25 et 40 euros par personne, sans le vin. Et ne parlons même pas des parkings : 3 euros de l’heure dans le centre, et jusqu’à 5 euros en haute saison. Autant dire que si vous venez en voiture, prévoyez un budget "stationnement" digne d’un palace.
Les hôtels, eux, affichent des tarifs qui feraient pâlir un banquier suisse. Un trois-étoiles correct ? Entre 150 et 250 euros la nuit en juillet-août. Un cinq-étoiles avec vue sur la mer ? Comptez plutôt 500 euros, et encore, si vous réservez six mois à l’avance. Les locations Airbnb ne sont pas en reste : un studio à 80 euros la nuit, c’est le strict minimum, et encore, il faudra probablement marcher 20 minutes pour rejoindre la plage.
Mais le vrai budget qui explose, c’est celui des extras. Un cocktail en terrasse sur la Promenade des Anglais ? 15 euros. Une glace artisanale chez Fenocchio ? 5 euros les deux boules. Un ticket de bus pour aller à l’aéroport ? 1,70 euro – et encore, c’est parce que la ville subventionne les transports. Bref, à Nice, on paie pour tout, et surtout pour l’illusion d’être au cœur de l’action.
Antibes : l’alternative maline (qui ne sacrifie pas le confort)
À Antibes, les prix sont plus raisonnables, sans pour autant tomber dans le low-cost. Une location saisonnière dans le centre-ville ? Entre 80 et 150 euros la nuit pour un appartement avec vue sur le port. Un repas dans un bon restaurant ? Entre 20 et 35 euros par personne, avec une bouteille de rosé à 25 euros. Et les parkings ? 2 euros de l’heure dans le centre, et souvent gratuits en périphérie.
Les hôtels, eux, affichent des tarifs plus doux. Un trois-étoiles correct ? Entre 100 et 180 euros la nuit en haute saison. Un quatre-étoiles avec piscine ? Entre 200 et 300 euros. Et si vous cherchez une alternative encore plus économique, les chambres d’hôtes sont légion : entre 60 et 100 euros la nuit, avec petit-déjeuner inclus. Autant dire que pour le prix d’une nuit à Nice, vous pouvez vous offrir deux nuits à Antibes – et un bon dîner en prime.
Mais le vrai avantage d’Antibes, c’est son marché. Le Marché Provençal, avec ses étals de fromages, d’olives et de fruits frais, permet de manger pour trois fois rien. Une tranche de socca ? 3 euros. Un panier de tomates anciennes ? 5 euros. Une bouteille de vin local ? 8 euros. Et si vous avez envie d’un pique-nique sur la plage, c’est l’endroit idéal pour faire le plein de bonnes choses sans vous ruiner.
Transports : comment se déplacer sans perdre son temps (et sa patience) ?
Se déplacer sur la Côte d’Azur, c’est un peu comme jouer à Tetris : il faut optimiser chaque mouvement pour éviter les bouchons, les grèves et les parkings saturés. Nice et Antibes ont chacune leurs atouts et leurs faiblesses en la matière. Voici ce qu’il faut savoir avant de prendre le volant – ou les transports en commun.
Nice : une ville où la voiture est un boulet (mais où les bus sauvent la mise)
À Nice, la voiture est un cauchemar. Les bouchons sont légendaires, surtout en été, quand les touristes s’ajoutent aux Niçois pressés. Le périphérique, censé fluidifier la circulation, ressemble souvent à un parking à ciel ouvert. Et les parkings ? Saturés dès 10h du matin. Si vous tenez absolument à venir en voiture, prévoyez un budget "stationnement" de 20 à 30 euros par jour – et beaucoup de patience.
Heureusement, Nice a un réseau de transports en commun plutôt efficace. Les bus, gérés par la Lignes d’Azur, desservent toute la ville et ses alentours. Un ticket coûte 1,70 euro, et un pass 24h est disponible à 5,20 euros. Les lignes 1, 2 et 10 sont particulièrement utiles : elles relient le centre-ville aux plages, à l’aéroport et aux gares. Le tramway, lui, est une bénédiction : rapide, climatisé et gratuit dans le centre-ville. La ligne 1, qui va de l’aéroport à Pont-Michel, est un must pour éviter les embouteillages.
Mais attention : les bus sont souvent bondés en été, et les retards sont fréquents. Si vous avez un train ou un avion à prendre, prévoyez large. Et si vous voulez aller à Monaco ou à Menton, le TER (train express régional) est la meilleure option : un trajet coûte entre 5 et 10 euros, et les trains sont fréquents.
Antibes : une ville où la voiture est (presque) un plaisir
À Antibes, la voiture est moins un calvaire. Les bouchons existent, bien sûr, surtout aux heures de pointe, mais ils sont moins denses qu’à Nice. Les parkings, eux, sont plus nombreux et moins chers : 2 euros de l’heure dans le centre, et souvent gratuits en périphérie. Si vous logez en dehors du centre-ville, vous pouvez même trouver des places gratuites dans les rues résidentielles.
Mais le vrai avantage d’Antibes, c’est sa taille. La ville est petite, et tout se fait à pied. Le centre historique, les plages, les musées : tout est accessible en moins de 20 minutes. Et si vous avez envie de vous aventurer plus loin, les bus sont là. La ligne 100, par exemple, relie Antibes à Nice en 30 minutes pour 1,70 euro. La ligne 200, elle, va jusqu’à Cannes en 40 minutes. Et si vous voulez explorer les villages perchés de l’arrière-pays, les lignes 600 et 610 sont parfaites.
Le seul bémol ? Les bus sont moins fréquents qu’à Nice, et les horaires peuvent être capricieux. Si vous comptez sur les transports en commun pour vos déplacements, prévoyez un peu de marge. Et si vous voulez aller à Monaco ou à Menton, le TER est toujours la meilleure option : un trajet coûte entre 5 et 10 euros, et les trains sont fréquents.
Où sortir le soir : entre bars branchés et ambiance village
La nuit sur la Côte d’Azur, c’est un peu comme un bon vin : ça se déguste avec modération, mais ça peut vite monter à la tête. Nice et Antibes ont des ambiances nocturnes radicalement différentes, et le choix entre les deux dépend de ce que vous cherchez : une soirée endiablée ou une nuit tranquille sous les étoiles.
Nice : la ville qui ne dort jamais (ou presque)
Nice, c’est la capitale de la nuit azuréenne. Les bars et les clubs y pullulent, et l’ambiance est électrique dès la tombée du jour. Le Vieux-Nice, avec ses ruelles étroites et ses façades colorées, est le cœur battant de la vie nocturne. Les bars à cocktails y côtoient les caves à vin et les terrasses animées. Le Comptoir du Marché, par exemple, est un incontournable : on y déguste des tapas et des vins locaux dans une ambiance décontractée. Le Wayne’s, lui, est un bar à bières où l’on vient boire une IPA en regardant un match de rugby.
Pour ceux qui veulent danser, Nice a aussi de quoi faire. Le High Club, un club branché du port, propose des soirées électro et house jusqu’au petit matin. Le Ghost, lui, est un bar à cocktails qui se transforme en club après minuit. Et si vous avez envie d’un peu de glamour, le Plongeoir, un bar flottant sur la mer, est l’endroit idéal pour siroter un mojito en regardant le soleil se coucher.
Mais attention : Nice, c’est aussi une ville où les prix explosent après 22h. Un cocktail ? 15 euros. Une bière ? 8 euros. Et si vous voulez entrer en boîte, prévoyez 20 euros de droit d’entrée – sans compter les consommations. Autant dire que votre portefeuille va prendre un coup.
Antibes : la nuit tranquille (avec quelques pépites)
Antibes, c’est l’anti-Nice. La ville s’endort tôt, et les bars ferment souvent avant minuit. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne se passe rien. Le centre-ville, avec ses ruelles pavées et ses places ombragées, est parfait pour une soirée en amoureux ou entre amis. Le Bar du Marché, par exemple, est un endroit où l’on vient boire un verre de rosé en regardant les étals se vider. Le Café du Port, lui, est un bar à vins où l’on déguste des tapas en regardant les bateaux rentrer au port.
Pour ceux qui veulent danser, Antibes a quelques adresses secrètes. Le Club 54, une institution depuis les années 70, propose des soirées électro et des concerts de jazz. Le Sun Beach, en bord de mer, est un club en plein air où l’on danse sous les étoiles. Et si vous avez envie d’un peu de glamour, le Bâton de Rouge, un bar à cocktails du centre-ville, est l’endroit idéal pour siroter un mojito en écoutant du jazz.
Mais le vrai charme d’Antibes, c’est son côté "village". Les habitants se connaissent, les commerçants vous appellent par votre prénom, et l’on se salue dans la rue comme si l’on faisait partie de la même famille. C’est cette authenticité qui manque cruellement à Nice, où l’on se sent souvent comme un touriste parmi d’autres.
Les erreurs à éviter (et les idées reçues qui ont la vie dure)
Choisir entre Nice et Antibes, c’est un peu comme choisir entre un croissant au beurre et une baguette tradition : les deux sont bons, mais pas pour les mêmes raisons. Pourtant, certains clichés persistent, et certaines erreurs reviennent souvent. Voici ce qu’il faut savoir pour ne pas gâcher vos vacances.
Nice n’est pas que pour les touristes (mais il faut savoir où chercher)
Beaucoup pensent que Nice est une ville "usine à touristes", où l’on ne croise que des étrangers en short et des vendeurs de glaces. C’est en partie vrai – surtout en été, quand la Promenade des Anglais ressemble à un défilé de mode improvisé. Mais Nice a aussi ses quartiers authentiques, où les Niçois vivent et travaillent loin de l’agitation touristique.
Le quartier de Libération, par exemple, est un vrai quartier populaire, avec son marché couvert et ses petits commerces. Le quartier de Riquier, lui, est un mélange de maisons anciennes et d’immeubles modernes, où l’on trouve des restaurants typiques et des cafés fréquentés par les locaux. Et si vous voulez échapper à la foule, le parc de la Colline du Château, avec sa vue imprenable sur la baie, est un havre de paix.
Le truc, c’est de sortir des sentiers battus. Au lieu de vous entasser sur la plage de la Réserve, allez à la plage de Carras, moins fréquentée et tout aussi belle. Au lieu de manger dans un restaurant du Vieux-Nice, essayez un petit bistrot du quartier de Cimiez. Et si vous voulez un vrai café niçois, évitez les terrasses de la Promenade des Anglais et allez dans un bar du quartier de Saint-Roch.
Antibes n’est pas qu’un village endormi (mais il faut aimer le calme)
Antibes a la réputation d’être une ville tranquille, où il ne se passe rien. C’est vrai – si vous comparez à Nice ou à Cannes. Mais cela ne veut pas dire qu’Antibes est ennuyeuse. La ville a une vie culturelle riche, avec des festivals, des expositions et des concerts tout au long de l’année.
Le Festival de Jazz d’Antibes-Juan-les-Pins, par exemple, est l’un des plus anciens d’Europe. Chaque été, des musiciens du monde entier viennent jouer dans les pinèdes de Juan-les-Pins. Le Festival des Arts de la Rue, lui, transforme la ville en un immense théâtre à ciel ouvert. Et le Musée Picasso, avec ses expositions temporaires, attire des visiteurs du monde entier.
Mais Antibes, c’est aussi une ville où l’on vit au rythme des saisons. En hiver, les terrasses se vident, les bars ferment tôt, et l’on se retrouve entre locaux dans les petits cafés du centre-ville. Si vous cherchez une ambiance festive, Antibes n’est pas l’endroit idéal. Mais si vous voulez une ville où l’on prend le temps de vivre, où l’on discute avec son boulanger et où l’on se promène sans se presser, alors Antibes est faite pour vous.
Les plages de Nice ne sont pas toutes en galets (mais attention aux pièges)
Une idée reçue tenace : toutes les plages de Nice sont en galets. C’est vrai pour la plupart d’entre elles, mais pas pour toutes. La plage de Carras, par exemple, a une petite portion de sable fin. La plage de la Réserve, elle, est en partie recouverte de sable importé. Et si vous allez jusqu’à la plage de Saint-Jean-Cap-Ferrat, vous trouverez du vrai sable – mais il faudra marcher un peu.
Le problème, c’est que ces plages "sableuses" sont souvent privées. Les clubs de plage, comme le Castel ou le Plongeoir, facturent l’accès à leurs transats entre 20 et 50 euros par jour. Autant dire que si vous voulez bronzer sans vous ruiner, il faudra vous contenter des galets – ou aller à Antibes, où le sable est gratuit et abondant.
Questions fréquentes (et réponses sans langue de bois)
Est-ce que je peux visiter Nice et Antibes dans la même journée ?
Techniquement, oui. Les deux villes sont distantes d’à peine 20 minutes en voiture, et les bus (ligne 100) relient les centres-villes en 30 minutes. Mais honnêtement, c’est un peu comme essayer de voir Paris et Versailles en une journée : vous allez passer plus de temps dans les transports qu’à profiter des lieux.
Si vous tenez absolument à faire les deux, voici comment optimiser votre temps : commencez par Antibes le matin (visite du Musée Picasso, balade dans le Vieux-Port), puis prenez le bus pour Nice en début d’après-midi. Concentrez-vous sur le Vieux-Nice et la Promenade des Anglais, et rentrez avant la nuit. Mais préparez-vous à marcher beaucoup – et à payer cher les parkings si vous êtes en voiture.
Où manger les meilleures spécialités niçoises ?
À Nice, bien sûr – mais pas n’importe où. Évitez les restaurants du Vieux-Nice qui affichent des menus en 10 langues : ce sont des pièges à touristes. Préférez les petits bistrots du quartier de Libération ou de Cimiez. Le Café de Turin, par exemple, est une institution pour les amateurs de fruits de mer. Chez Acchiardo, un petit restaurant familial, on sert une daube niçoise à tomber par terre. Et si vous voulez une socca digne de ce nom, allez chez René Socca, un food truck installé près du cours Saleya.
À Antibes, les bonnes adresses sont plus discrètes. Le Restaurant du Bac, sur le port, sert une bouillabaisse qui rivalise avec celles de Marseille. La Taverne du Safranier, dans le centre historique, propose des plats provençaux revisités. Et si vous voulez un sandwich niçois, essayez le Comptoir des Saveurs, un petit traiteur qui fait des pan bagnat à s’en lécher les doigts.
Faut-il louer une voiture pour explorer la région ?
Ça dépend. Si vous restez à Nice ou à Antibes, non : les transports en commun sont suffisants, et la voiture est plus un boulet qu’un atout. Mais si vous voulez explorer l’arrière-pays (les villages perchés de Saint-Paul-de-Vence, Gourdon ou Èze), alors oui, la voiture est indispensable. Les bus existent, mais ils sont lents et peu fréquents.
Si vous louez une voiture, prévoyez un budget "carburant" et "stationnement" conséquent. Les péages sur l’autoroute A8 coûtent cher (comptez 10 euros pour aller de Nice à Cannes), et les parkings dans les villages perchés sont souvent chers et saturés. Et attention aux bouchons : en été, l’A8 est un enfer aux heures de pointe.
Quels sont les meilleurs mois pour visiter sans la foule ?
Mai et septembre. En mai, les températures sont douces (entre 20 et 25 degrés), les plages sont encore peu fréquentées, et les prix des hôtels n’ont pas encore explosé. En septembre, c’est l’inverse : les touristes sont partis, mais la mer est encore chaude et les soirées sont douces.
Juin et juillet, c’est l’enfer. Les plages sont bondées, les prix des hôtels ont triplé, et les bouchons sont légendaires. Août, c’est un peu mieux : les Niçois sont partis en vacances, ce qui libère un peu d’espace. Mais les touristes étrangers sont là, et les prix restent élevés.
Verdict : Antibes pour l’authenticité, Nice pour l’énergie (mais à quel prix ?)
Alors, Antibes ou Nice ? La réponse n’est pas aussi simple qu’un "oui" ou un "non". Tout dépend de ce que vous cherchez, de votre budget, et de votre tolérance à la foule. Voici ce qu’il faut retenir, sans fioritures.
Si vous voulez une ville qui pulse, où l’on peut sortir jusqu’à l’aube et où les musées rivalisent avec les plus grands d’Europe, choisissez Nice. Mais préparez-vous à payer cher – très cher – pour ce privilège. Les hôtels, les restaurants, les parkings : tout est calculé pour faire sortir l’argent de votre portefeuille. Et si vous venez en été, prévoyez des nerfs d’acier : les bouchons, les plages bondées et les prix exorbitants peuvent vite gâcher le plaisir.
Si vous préférez une ville à taille humaine, où l’on prend le temps de vivre et où les plages de sable fin sont gratuites, alors Antibes est faite pour vous. Les prix sont plus doux, l’ambiance est plus authentique, et l’on se sent moins comme un touriste que comme un invité. Mais attention : Antibes n’est pas une ville festive. Si vous cherchez des nuits endiablées, vous serez déçu.
Et puis, il y a une troisième option : pourquoi pas les deux ? Louez un appartement à Antibes, et faites des escapades à Nice en bus ou en TER. Comme ça, vous profiterez du calme d’Antibes et de l’énergie de Nice, sans vous ruiner. Après tout, la Côte d’Azur est faite pour être explorée, pas pour être subie.
Alors, prêt à faire votre choix ? Une chose est sûre : que vous optiez pour Nice ou pour Antibes, le soleil, lui, sera au rendez-vous. Et ça, c’est déjà une sacrée victoire.
