Le verdict des urnes : Messi et Bonmatí, des choix attendus mais débattus
J'ai suivi la soirée, et franchement, il y avait peu de suspense, surtout pour la catégorie féminine. Aitana Bonmatí, après son année stratosphérique avec Barcelone et l'Espagne, c'était presque une formalité. Elle a remporté tous les grands titres, et quand tu vois son impact sur le terrain, je pense que c'est juste mérité. Elle est une sorte de métronome, tu vois, elle dicte le tempo, et c'est rare d'avoir une joueuse avec une telle vision du jeu, surtout à son âge.
Du côté des hommes, c'est là que ça devient plus subtil. Beaucoup s'attendaient à ce que Kylian Mbappé ou Erling Haaland dominent, et ils étaient bien là dans le trio final, bien sûr. Mais Lionel Messi a raflé la mise, et cela repose principalement sur son exploit à la Coupe du Monde 2022, puisque les critères de vote couvraient la période allant d'août 2022 à décembre 2023. Cela dit, j'ai remarqué que ce système de vote, qui inclut les capitaines, les sélectionneurs, les fans et un journaliste, crée parfois ce genre de décalage entre la saison pure et l'impact historique d'un événement majeur comme un Mondial.
En fait, c'est ce qui crée le débat chaque année. Le trophée The Best est censé récompenser l'année, mais quand un joueur fait quelque chose d'aussi monumental que Messi, la mémoire collective pèse lourd dans la balance, même si techniquement, une partie de cette mémoire date de l'année précédente. C'est mon sentiment, en tout cas.
Les critères de sélection : Comment FIFA décide vraiment
Si tu t'intéresses un peu plus en profondeur aux coulisses, il faut comprendre que ce n'est pas juste une soirée de gala ; c'est un processus de vote assez structuré. Ce que j'ai appris en lisant les détails, c'est que le poids de chaque groupe votant n'est pas égal. Chaque catégorie (sélectionneurs, capitaines, fans, médias) représente 25% du score final. Ce partage théorique devrait garantir l'équilibre, mais il y a toujours des surprises.
Par exemple, les fans ont massivement voté pour certains noms, mais si les journalistes internationaux, qui ont souvent une vision plus globale et moins passionnelle, penchent vers quelqu'un d'autre, ça peut basculer. J'ai d'ailleurs vérifié les votes de certains capitaines, et parfois, tu vois des choix très personnels, des joueurs qui votent pour leur coéquipier en club, ce qui est humain mais pas toujours objectif au sens strict du terme.
Il faut aussi se souvenir que la période couverte est cruciale. Pour The Best 2024, on parle des performances entre le 19 décembre 2022 et le 20 août 2023. C'est une fenêtre courte, et si quelqu'un a eu un creux juste après la Coupe du Monde, ça peut lui coûter cher, même s'il a fait une saison de club phénoménale. C'est un système qui pénalise la régularité sur l'année complète au profit des pics de forme ou des événements majeurs.
Le triomphe incontesté d'Aitana Bonmatí et la force du collectif
Concernant Aitana, je ne peux que m'incliner. Elle a été la meilleure passeuse de la Liga féminine, elle a remporté la Ligue des Champions, et bien sûr, le Mondial. Ce qui me frappe chez elle, c'est sa capacité à ne jamais se cacher dans les grands matchs. Beaucoup de jeunes joueurs talentueux ont tendance à disparaître sous la pression, mais elle, c'est l'inverse. Plus le match est important, plus elle prend le jeu à son compte. C'est une preuve de maturité incroyable. D'ailleurs, si tu regardes ses statistiques de passes progressives, elles sont stratosphériques. Elle ne fait pas que conserver le ballon, elle le fait avancer vers des zones dangereuses, ce qui est la marque des vrais milieux de terrain d'élite.
Les récompenses annexes : Entraîneurs et Prix Puskás
On ne peut pas parler de The Best sans mentionner les autres trophées, parce que c'est souvent là que se cachent les vraies histoires. Pep Guardiola, évidemment, a raflé le prix du meilleur entraîneur masculin pour son triplé historique avec Manchester City. Je pense que c'est sans discussion ; il a révolutionné la façon dont on voit le pressing et la possession ces dernières années, et le résultat est là.
Chez les femmes, Sarina Wiegman, la sélectionneuse anglaise, a encore été récompensée. C'est fascinant de voir comment elle a réussi à transformer une équipe solide en une force capable de rivaliser au plus haut niveau mondial, même après la déception de l'Euro à domicile. Cela montre que la construction d'un projet sur le long terme est aussi valorisée par FIFA, ce qui est une bonne chose.
Et puis il y a le Prix Puskás, celui pour le plus beau but. Cette année, c'est Guilherme Madruga qui a remporté ce prix pour son retourné acrobatique en deuxième division brésilienne. C'est là où je trouve que le vote des fans prend toute son ampleur. Ce n'était pas un but marqué lors d'une finale de Ligue des Champions, mais l'aspect spectaculaire pur a parlé aux gens. C'est une belle façon de mettre en lumière des moments de génie qui ne viennent pas toujours des superstars.
Mon ressenti personnel : L'ombre de la Coupe du Monde plane-t-elle trop ?
Si je dois être honnête, je trouve que la temporalité de ce gala est toujours un peu bizarre. Lorsque les The Best sont décernés en début d'année civile, ils sont inévitablement biaisés par les événements de l'hiver précédent. Pour moi, le football devrait avoir son propre calendrier pour ces récompenses, peut-être en mars, pour juger l'intégralité de la saison européenne qui vient de se terminer.
Je pense que cela dessert parfois les joueurs qui brillent du mois de septembre à mai en club, mais qui n'ont pas eu de grand tournoi international pendant la période de vote. On parle beaucoup de la performance sur 12 mois, mais en réalité, on donne souvent plus de poids à trois semaines de compétition intense en novembre/décembre qu'à neuf mois de labeur régulier. C'est une observation, pas une critique acerbe, mais ça explique pourquoi Messi a encore gagné malgré des saisons de club moins dominantes que ses concurrents directs sur la période post-Mondial.
Comment se préparer pour les prochains The Best ?
Si tu es un joueur et que tu cherches à maximiser tes chances pour la prochaine édition, je pense que la leçon est claire : il faut absolument être décisif lors des tournois majeurs organisés durant la période de notation. Pour les The Best qui récompenseront 2024, l'Euro masculin et la Copa América vont jouer un rôle absolument colossal. Même si tu marques 50 buts en club, si ton pays se fait sortir tôt ou si tu es discret pendant ces compétitions estivales, tes chances diminuent drastiquement.
Il faut aussi miser sur l'impact visuel. Le public, les journalistes, tout le monde aime les gestes spectaculaires. Un but magnifique qui fait le tour du monde sur les réseaux sociaux pèsera plus lourd, je crois, qu'une série de passes courtes parfaites qui mènent à un but cinq actions plus tard. C'est la dure loi du spectacle dans le football moderne, et The Best n'y échappe pas.
En conclusion, les gagnants du trophée The Best 2024 (récompensant 2023) sont Messi et Bonmatí, des choix qui reflètent l'excellence, mais aussi l'influence persistante d'un événement historique majeur sur notre perception de la performance annuelle. C'est le jeu, et c'est ce qui rend ces cérémonies si passionnantes à décortiquer, même quand on a l'impression de connaître le résultat d'avance.

