Un palmarès colossal forgé à la sueur du front : état des lieux d'une carrière hors norme
Honnêtement, c'est flou pour pas mal de monde quand on tente de lister de tête tout ce qu'a gagné le natif de Chambéry. On se souvient du sacre de 2018 en Russie ou de la nuit d'Oporto sous le maillot de Chelsea face à Manchester City. Sauf qu'on oublie souvent d'où part ce bonhomme. En 2010, il trottinait encore sur les pelouses de Ligue 2 sous le maillot de Tours. Deux ans plus tard ? Champion de France avec Montpellier en devançant le PSG version Qatar avec 21 jetons au compteur. Une anomalie statistique pure et simple. Le mec a traversé l'Angleterre, posé ses valises à Londres — côté Arsenal puis Chelsea —, empilé les buts décisifs avant de débarquer à Milan pour décrocher un Scudetto historique en 2022 après 11 ans de disette pour les Rossoneri.
Le sacre mondial de 2018 contre les promesses manquées des Euros
2016 reste la grande blessure. Une finale perdue à la maison contre le Portugal de Saint Eder. C'est le genre de détail qui vous hante un vestiaire pendant dix piges. Certes, il y a eu le miracle russe deux ans après, mais l'Euro refuse obstinément de lui sourire. Et le truc c'est que la défaite de 2024 en demi-finale face aux Espagnols a définitivement scellé ce chapitre international avec 57 buts en 137 sélections. Dommage pour le bonhomme.
L'Angleterre et l'Italie comme terrains de jeu privilégiés
Quatre FA Cups dans la besace (2014, 2015, 2017 avec les Gunners, 2018 sous la tunique des Blues). Une League Cup ? Même pas. Mais une Ligue des Champions grattée à 34 ans bien tassés sous la houlette de Thomas Tuchel. Autant le dire clairement, aucun attaquant français moderne n'a montré une telle capacité à empiler les titres majeurs en club sans jamais être le premier choix médiatique sur la ligne de départ. Une vraie énigme.
La quête européenne : entre la C1 sacrée et les zones d'ombre continentales
Là où ça coince, c'est quand on regarde de très près les différentes catégories de compétitions européennes estampillées UEFA. Giroud a soulevé la Coupe aux grandes oreilles en 2021 à Porto. Il a aussi détruit la Ligue Europa en 2019 — 11 réalisations sur la campagne, dont une tête plongeante mémorable en finale contre son ancien club Arsenal à Bakou. Résultat : deux des trois Coupes d'Europe figurent en bonne place dans sa vitrine. Mais la troisième ?
La Ligue Europa Conférence : ce titre de troisième tiers jamais disputé
Créée en 2021 par l'instance européenne pour donner de l'air aux clubs de seconde zone, la C4 échappe totalement à l'ancien Montpelliérain. Et pour cause. Durant cette période, Giroud jouait les premiers rôles en Italie ou se battait dans les hauteurs de la Serie A avec l'AC Milan. Jamais ses clubs n'ont dégringolé jusqu'au niveau de la Ligue Conférence durant ses passages. Ça divise les spécialistes : faut-il regretter de ne pas avoir complété le triptyque européen façon José Mourinho ? Je trouve cette analyse un peu absurde tant la C4 ressemble à un lot de consolation pour gros bras en crise. On est loin du compte par rapport aux frissons d'un mardi soir de C1 au San Siro devant 75 000 tifosi.
La Supercoupe d'Europe et le Mondial des Clubs : les lignes oubliées
En 2021, Chelsea remporte la Supercoupe de l'UEFA contre Villarreal au bout du suspense lors des tirs au but. Sauf que le pivot tricolore avait déjà plié bagage pour la Lombardie quelques semaines plus tôt ! Un timing à côté de la plaque qui l'a privé d'une ligne supplémentaire. Même schéma pour la Coupe du monde des clubs de la FIFA qui a suivi en février 2022. Il a regardé ses anciens coéquipiers londoniens soulever le trophée depuis son appartement milanais. La poisse du mercato.
Sélection nationale : le paradoxe du meilleur buteur des Bleus
Si la trajectoire en club force le respect, sa carrière en Équipe de France frôle le roman grec. Meilleur buteur de l'histoire de la sélection nationale devant Thierry Henry et ses 51 unités — titre provisoire en attendant que le phénomène de Bondy ne rafle tout —, le natif d'Isère affiche un tableau de chasse gargantuesque. Mais il y a un trou dans la raquette. Deux même.
L'Euro de football : la grande ombre au tableau tricolore
Trois tentatives (2016, 2021, 2024), zéro couronne continentale. La défaite en finale de 2016 au Stade de France au bout de la prolongation fait encore grimacer l'intéressé quand les journalistes remettent une pièce dans la machine. En 2021, le retour fracassant de Karim Benzema l'a relégué à un rôle de figurant lors du fiasco suisse à Bucarest. Enfin, en Allemagne pour l'Euro 2024, le vieux lion de 37 ans n'a eu droit qu'à des miettes de jeu sous la direction de Didier Deschamps. L'Euro reste la seule grande compétition internationale senior qui manque à son tableau de chasse avec le maillot bleu sur les épaules.
La Ligue des Nations : le trophée de 2021 glané sans lui ?
On n'y pense pas assez, mais la France a remporté la Ligue des Nations de l'UEFA en octobre 2021 face à l'Espagne sur cette pelouse de San Siro qu'il connaissait par cœur. Le problème ? Giroud n'était pas dans la liste des 23 convoqués cette semaine-là. Deschamps avait préféré tester d'autres options tactiques après le naufrage de l'Euro deux mois plus tôt. Le Savoyard a donc manqué ce rendez-vous international, regardant la frappe éclair de Kylian Mbappé depuis les tribunes. Un rendez-vous manqué de plus avec les trophées récents de l'UEFA.
Les titres nationaux annexes : ce qu'il a laissé en chemin
Si on se penche sur la scène domestique dans les différents pays où le colosse a usé ses crampons, des trous apparaissent sur le CV. Pas de Coupe de la Ligue en France sous le maillot montpelliérain (éliminé prématurément par des équipes de rang inférieur à l'époque). Pas de League Cup anglaise non plus. À deux reprises, il a foulé la pelouse de Wembley pour des finales de Coupe de la Ligue britannique avec les Gunners, essuyant deux revers cinglants notamment face au Manchester City de Pep Guardiola en 2018 sur un score sans appel de 3-0.
La Coupe d'Italie : le rendez-vous manqué sous le maillot milanais
Durant ses trois campagnes sous le maillot rouge et noir de l'AC Milan entre 2021 et 2024, Giroud a tout tenté. Mais la Coppa Italia est restée une terre hostile. Le Milan AC n'a plus soulevé ce trophée depuis 2003. Même avec l'apport du tricolore, l'aventure s'est à chaque fois arrêtée nette en quart ou en demi-finale face à des rivaux historiques comme l'Inter ou l'Atalanta Bergame. Un manque regrettable pour parfaire un passage italien par ailleurs brillant sur le plan individuel et collectif.
Le Trophée des Champions et la Supercoupe d'Italie
Il a remporté la Community Shield à trois reprises en Angleterre (2014, 2015, 2017), le pendant britannique du Trophée des Champions. En revanche, la version italienne — la Supercoppa Italiana — lui a filé entre les doigts de manière brutale au début de l'année 2023. Une gifle 3-0 administrée par l'Inter Milan lors d'une délocalisation controversée à Riyad, en Arabie Saoudite. Une soirée noire où rien n'a fonctionné pour les hommes de Stefano Pioli.
Palmarès d'Olivier Giroud : les erreurs de jugement les plus répandues
Le mythe de l'absence totale de Ligue des champions au compteur
Beaucoup d'amateurs d'apéro-foot répètent à l'envie que le natif de Chambéry a raté le coche européen. C'est faux. Sauf que la mémoire collective flanche vite dès qu'on évoque la campagne 2020-2021 avec Chelsea. Olivier Giroud a bel et bien soulevé la C1 cette année-là sous les ordres de Thomas Tuchel, claquant au passage un retourné acrobatique mémorable contre l'Atlético de Madrid en huitièmes de finale. Son tableau d'honneur continental est en réalité quasi blindé, n'en déplaise à ses détracteurs les plus féroce.
Une prétendue disette absolue sur le sol anglais
Autre ineptie courante : croire que ses neuf saisons à Londres se sont résumées à regarder les autres fêter des titres de champion. Le problème, c'est qu'on confond la Premier League et les coupes nationales. Si le trophée de champion d'Angleterre s'est effectivement refusé à lui sous les couleurs d'Arsenal puis de Chelsea, le Savoyard a littéralement braqué la FA Cup à quatre reprises. On parle ici de la plus ancienne compétition du monde, pas d'un tournoi de quartier. Bref, accuser son bilan britannique d'être vierge relève d'une mauvaise foi absolue.
L'illusion d'une armoire à trophées internationale incomplète
On entend parfois dire qu'il n'a pas tout gagné avec le maillot bleu sur les épaules. C'est exact à un détail près. La Ligue des nations 2021 figure bien à son palmarès mondial, aux côtés de la couronne suprême décrochée sur le sol russe en 2018. Seul l'Euro manque à l'appel. Mais qui oserait qualifier d'échec une carrière internationale terminée avec le statut de meilleur buteur de l'histoire de l'équipe de France et 57 réalisations au compteur ? Personne de sérieux.
Ce détail tactique qui a privé l'attaquant tricolore du titre en Premier League
Le syndrome du point d'appui sacrifié par les techniciens modernistes
Pourquoi ce diable de numéro 9 n'a-t-il jamais décroché la Premier League ? La réponse tient en une hérésie tactique propre aux années 2010. Arsène Wenger, puis d'autres tacticiens, ont trop souvent considéré son profil comme un plan B de luxe plutôt que comme un pivot titulaire indiscutable sur 38 journées. Le ratio buts par minute de Giroud dépassait pourtant celui de cadors mieux cotés lors de la saison 2015-2016, où Arsenal finit deuxième derrière l'improbable Leicester City. (Un gâchis monumental qu'il convient de rappeler aux nostalgiques du jeu à la nantaise revisité par les Gunners). Il lui a manqué cette régularité de titularisation que la concurrence féroce ou les schémas en faux neuf lui ont confisquée. Autant le dire franchement : sa générosité sans ballon a parfois servi de fusible aux errances défensives de ses propres coéquipiers.
Questions fréquentes sur les titres manqués d'Olivier Giroud
Quel est le seul grand titre majeur qui manque au palmarès d'Olivier Giroud ?
L'Euro reste la grande blessure sportive du numéro 9 français. Battu en finale par le Portugal en 2016 au Stade de France, puis éliminé prématurément lors des éditions suivantes, il n'a jamais pu soulever Henri-Delaunay. Ce manqué n'efface pas ses 137 sélections avec les Bleus ni ses 57 buts internationaux. Reste que cette compétition continentale demeure l'unique trophée majeur de premier plan qui échappe à son armoire déjà bien remplie.
A-t-il déjà remporté un championnat national dans sa carrière ?
Oui, et à deux reprises dans deux pays différents. Le premier exploit remonte à la saison 2011-2012, lorsqu'il glane la Ligue 1 avec Montpellier en terminant co-meilleur buteur du championnat avec 21 unités. Il a récidivé dix ans plus tard en Serie A. Le Scudetto remporté avec le AC Milan en 2022 a définitivement prouvé sa capacité à porter une équipe vers le sacre national.
Pourquoi la Premier League est-elle son plus grand regret en club ?
Malgré un passage de près de dix ans en Angleterre entre Arsenal et Chelsea, ce titre national lui a obstinément filé entre les doigts. Il a pourtant compilé 90 buts en 255 apparitions dans ce championnat exigeant. Ses quatre FA Cup et ses trois Community Shield tempèrent ce bilan, mais le trophée de Premier League reste le grand absent de son aventure anglaise. Un paradoxe pour un joueur si adapté au football britannique.
Le Verdict
Exiger d'un joueur qu'il gagne absolument tout relève d'une exigence absurde réservée aux jeux vidéo. Quel trophée manque à Giroud au juste ? L'Euro et la Premier League, certes. Et alors ? L'Histoire retiendra un attaquant capable de soulever la Coupe du Monde, la Ligue des champions, la Ligue 1 avec Montpellier et la Serie A avec Milan. Ce bilan brut met à l'amende 99% des avants-centres de sa génération. On peut disserter des heures sur son style parfois rustique ou son manque de vitesse pure. La réalité du terrain tranche d'elle-même : son armoire à diplômes transpire la gagne et le travail acharné.
