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Pêche artisanale vs pêche moderne : deux mondes que tout oppose, ou presque

Commençons par le commencement : la pêche artisanale, c’est l’histoire d’hommes et de femmes qui sortent en mer avec des embarcations souvent plus vieilles qu’eux, des techniques transmises comme des secrets de famille, et une connaissance du milieu qui tient plus de l’intuition que de la science. La pêche moderne, elle, ressemble à une usine flottante où le GPS a remplacé la boussole, où les sonars décident des zones de pêche, et où le poisson finit en tranches sous plastique avant même d’avoir touché le quai. Sauf que – et c’est là que ça se complique – les deux modèles coexistent, se disputent les mêmes eaux, et défendent bec et ongles leur légitimité. Alors, qui a raison ? Personne. Ou peut-être les deux. À condition de ne pas se voiler la face sur leurs limites.

Quand la mer était un jardin : ce que signifie vraiment "pêche artisanale"

Imaginez un bateau en bois, pas plus long qu’un bus, avec un moteur qui tousse comme un fumeur de Gitanes. À bord, trois ou quatre marins, souvent de la même famille, qui connaissent chaque courant, chaque rocher, chaque saison où le poisson se rassemble comme par magie. C’est ça, la pêche artisanale. Pas une activité, un mode de vie. Et surtout, une résistance.

Des bateaux qui racontent des histoires

En Bretagne, certains chalutiers côtiers ont plus de cinquante ans. Leur coque est rapiécée, leur peinture écaillée, mais ils tiennent la mer mieux que des navires neufs. Pourquoi ? Parce que leurs propriétaires les entretiennent comme on soigne un vieux compagnon. Un moteur qui lâche ? On le répare avec les moyens du bord. Une voile déchirée ? On la coud à la main. Ces bateaux ne sont pas des outils, ce sont des héritages. Et ça change tout.

En Méditerranée, les pointus – ces petites embarcations effilées – sortent encore avec des filets maillants dérivants, une technique vieille comme la pêche elle-même. Pas de sonar, pas de carte électronique : juste l’expérience du patron, qui sait que les sardines remontent avec la lune montante, et que les anchois fuient les eaux trop claires. (D’ailleurs, si vous demandez à un pêcheur artisanal comment il choisit ses zones de pêche, il vous répondra probablement : "Je sens." Pas très scientifique, mais diablement efficace.)

Des prises qui ont du goût – et un prix

Le poisson artisanal, c’est comme le vin : il a du terroir. Une dorade pêchée au filet dans le golfe du Lion n’a rien à voir avec celle élevée en cage en Grèce. La première a nagé librement, mangé des crustacés et des algues, développé des muscles fermes et un goût prononcé. La seconde ? Elle a grandi dans un espace confiné, nourrie aux granulés, et son goût rappelle vaguement… du poisson. Sauf que le consommateur lambda ne fait pas la différence. Et c’est bien là le problème.

Un kilo de bar pêché à la ligne en Bretagne se vend entre 25 et 40 euros sur les étals des poissonneries locales. Le même poisson, élevé en aquaculture intensive, coûte 12 euros en grande surface. Autant dire que le choix est vite fait pour le portefeuille. Mais à quel prix pour la mer ?

La pêche moderne : quand la technologie remplace l’instinct (et parfois le bon sens)

Si la pêche artisanale est une histoire de patience et de savoir-faire, la pêche moderne, elle, mise sur la puissance et la vitesse. Des navires de 100 mètres de long, équipés de sonars capables de repérer un banc de maquereaux à 5 kilomètres, de chaluts qui raclent le fond comme des bulldozers, et de chaînes du froid qui transforment le poisson en produit standardisé avant même qu’il n’atteigne le port. Bienvenue dans l’ère de la pêche industrielle.

Des usines flottantes qui avalent la mer

Prenez un chalutier-usine comme ceux qui opèrent en Atlantique Nord. Ces monstres d’acier peuvent embarquer jusqu’à 60 marins, rester en mer pendant des semaines, et traiter des tonnes de poisson par jour. Leur secret ? Le chalutage pélagique, une technique qui consiste à traîner un filet géant entre deux eaux pour capturer tout ce qui passe à portée. Résultat : des prises massives, mais aussi un gaspillage colossal. Car dans ces filets, on trouve souvent des espèces non ciblées – les fameuses "prises accessoires" – qui finissent jetées par-dessus bord, mortes ou mourantes.

En 2020, la FAO estimait que 9,1 millions de tonnes de poissons étaient ainsi rejetées chaque année. Soit l’équivalent de 10 % des captures mondiales. (Et encore, ce chiffre est probablement sous-estimé, car beaucoup de pays ne déclarent pas leurs rejets.) Le problème, c’est que ces prises accessoires incluent des espèces menacées, comme les requins ou les tortues marines. Autant dire que la pêche moderne a un sérieux problème avec le concept de "durabilité".

Le GPS, les sonars et la fin des mystères de la mer

Autrefois, un pêcheur devait deviner où se cachait le poisson. Aujourd’hui, il suffit d’allumer un écran. Les sonars modernes permettent de cartographier les fonds marins avec une précision chirurgicale, tandis que les satellites fournissent des données en temps réel sur la température de l’eau, les courants et même la concentration en plancton. Certains navires sont même équipés de caméras sous-marines qui filment en direct ce qui se passe dans les filets. Bref, la pêche est devenue une science exacte. Sauf que.

Sauf que cette technologie a un coût. Un chalutier-usine, c’est un investissement de 20 à 50 millions d’euros. Pour rentabiliser la bête, il faut pêcher. Beaucoup. Toujours plus. Et c’est là que le bât blesse : quand la technologie permet de vider la mer plus vite que les poissons ne peuvent se reproduire, on finit par se retrouver avec des zones de pêche exsangues. Comme au large de Terre-Neuve, où la morue a pratiquement disparu dans les années 1990 après des décennies de surpêche intensive. (Le Canada a dû imposer un moratoire en 1992, mettant 30 000 pêcheurs au chômage du jour au lendemain. Une leçon qui, visiblement, n’a pas servi à grand monde.)

Artisanale vs moderne : le match des impacts (et des hypocrisies)

Comparer la pêche artisanale et la pêche moderne, c’est un peu comme comparer un potager bio à une ferme industrielle. L’une nourrit quelques familles avec des méthodes douces, l’autre alimente des millions de personnes avec des méthodes radicales. Mais laquelle est la plus "durable" ? La réponse n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire.

L’empreinte carbone : qui pollue le plus ?

On pourrait penser que la pêche artisanale, avec ses petits bateaux et ses moteurs poussifs, est plus écologique. Détrompez-vous. Un chalutier artisanal consomme en moyenne 0,5 à 1 litre de gasoil par kilo de poisson pêché. Un chalutier-usine, lui, en consomme 0,3 à 0,6 litre. Pourquoi ? Parce que les grands navires sont optimisés pour la rentabilité : ils pêchent plus, plus vite, et sur de plus longues distances. Leur empreinte carbone par kilo de poisson est donc souvent inférieure à celle des petits pêcheurs.

Sauf que. Sauf que les petits pêcheurs ne parcourent pas 5 000 kilomètres pour vendre leur poisson. Ils le débarquent sur le port le plus proche, où il est vendu en circuit court. Un thon pêché en Méditerranée et vendu à Marseille aura une empreinte carbone bien moindre que le même thon pêché dans le Pacifique, congelé, expédié en Chine pour être transformé, puis renvoyé en Europe. Le problème, ce n’est pas seulement la pêche, c’est toute la chaîne logistique qui va avec.

La pression sur les stocks : qui épuise vraiment la mer ?

Là, les chiffres parlent d’eux-mêmes. La pêche artisanale représente 25 % des captures mondiales, mais 90 % des emplois dans le secteur. La pêche industrielle, elle, représente 75 % des captures, mais seulement 10 % des emplois. Autrement dit, une poignée de gros navires capturent l’essentiel du poisson, tandis que des millions de petits pêcheurs se partagent les miettes. (Et encore, "miettes" est un euphémisme : dans certaines régions, les petits pêcheurs n’ont même plus accès aux zones de pêche, accaparées par les flottes industrielles.)

Mais attention aux généralisations. La pêche artisanale n’est pas toujours vertueuse. Dans certains pays, comme le Sénégal ou le Maroc, les petits pêcheurs utilisent des techniques destructrices – comme la pêche à la dynamite ou les filets maillants de fond – qui ravagent les écosystèmes. À l’inverse, certaines pêcheries industrielles ont mis en place des quotas stricts et des méthodes de pêche sélectives pour limiter leur impact. Bref, tout n’est pas blanc ou noir.

L’emploi : qui fait vivre les côtes ?

Un seul chalutier-usine emploie une soixantaine de marins, souvent payés au salaire minimum (quand ils ne sont pas sous-traités via des sociétés écrans pour éviter les charges sociales). Une flottille de 200 petits bateaux, elle, fait vivre 1 000 familles. Et ça change tout pour les économies locales.

En Bretagne, par exemple, la pêche artisanale génère 10 000 emplois directs et indirects – poissonniers, mareyeurs, restaurateurs, touristes qui viennent pour les ports pittoresques. En Norvège, où la pêche industrielle domine, les villages côtiers se vident, faute de travail. Le poisson est pêché par des navires-usines, transformé dans des usines automatisées, et exporté vers l’Asie. Les locaux, eux, n’en voient pas la couleur. (D’ailleurs, si vous visitez un port norvégien en hiver, vous aurez l’impression d’être dans une ville fantôme.)

Les idées reçues qui faussent le débat (et qu’il faut arrêter de colporter)

Sur la pêche, tout le monde a son avis. Les écolos accusent les industriels de vider les océans. Les industriels répondent que sans eux, les supermarchés seraient vides. Les artisans se plaignent d’être étouffés par les réglementations. Et les consommateurs, eux, ne savent plus où donner de la tête. Résultat : un débat truffé de clichés et de demi-vérités. En voici quelques-uns, passés au crible.

"La pêche artisanale est forcément durable"

Faux. Ou du moins, pas toujours. Comme on l’a vu, certains petits pêcheurs utilisent des techniques destructrices – filets dérivants qui capturent les dauphins, chaluts de fond qui arrachent les coraux, pêche à la senne qui encercle les bancs entiers de poissons. En Méditerranée, par exemple, les filets maillants dérivants sont responsables de la mort de milliers de cétacés chaque année. (En 2019, une étude de l’Ifremer estimait que 1 000 à 4 000 dauphins communs mouraient ainsi chaque hiver sur la côte atlantique française.)

La durabilité ne dépend pas de la taille du bateau, mais des méthodes utilisées. Un petit pêcheur qui respecte les quotas et utilise des engins sélectifs est bien plus "durable" qu’un chalutier-usine qui triche sur ses déclarations. Le problème, c’est que les petits pêcheurs n’ont pas toujours les moyens de se payer des engins plus propres. Et les contrôles, eux, se concentrent souvent sur les gros navires – ceux qui ont les moyens de payer des amendes.

"La pêche industrielle est plus rentable, donc plus efficace"

Vrai et faux. Oui, un chalutier-usine peut capturer 100 tonnes de poisson en une seule sortie. Oui, il peut le transformer à bord et le congeler en quelques heures. Oui, il peut vendre ce poisson à bas prix dans les grandes surfaces. Mais à quel coût ?

D’abord, il y a le coût écologique. Les chaluts de fond, par exemple, détruisent les habitats marins. En mer du Nord, certaines zones ont été tellement raclées qu’elles mettent des décennies à se reconstituer. Ensuite, il y a le coût social. Quand un seul navire peut pêcher autant que 200 petits bateaux, c’est 200 familles qui se retrouvent sans revenus. Enfin, il y a le coût économique à long terme. Quand une espèce est surpêchée, elle finit par disparaître. Et là, même les industriels sont dans la panade.

Prenez l’exemple de la morue de Terre-Neuve. Dans les années 1960-1980, les chalutiers-usines en pêchaient des milliers de tonnes par an. Résultat : en 1992, les stocks se sont effondrés. Le Canada a dû interdire la pêche à la morue, mettant 30 000 personnes au chômage. Aujourd’hui, les stocks commencent à peine à se reconstituer. Mais il a fallu 30 ans. Autant dire que la "rentabilité" à court terme a un prix.

"Le poisson d’élevage est la solution"

Ah, l’aquaculture. La panacée qui va sauver les océans, selon certains. Sauf que la réalité est un peu plus nuancée.

D’un côté, l’aquaculture permet de produire du poisson sans pêcher en mer. De l’autre, elle pose une série de problèmes. D’abord, il faut nourrir les poissons d’élevage. Et pour ça, on pêche des tonnes de poissons sauvages (anchois, sardines, harengs) qu’on transforme en farine et en huile. Résultat : pour produire 1 kilo de saumon d’élevage, il faut 1,5 à 2 kilos de poisson sauvage. Pas très durable, n’est-ce pas ?

Ensuite, il y a la pollution. Les fermes aquacoles rejettent des tonnes de déchets – excréments, restes de nourriture, produits chimiques – qui asphyxient les écosystèmes locaux. En Norvège, par exemple, les fjords sont tellement pollués par les élevages de saumon que certaines zones sont devenues des déserts marins. (Et pourtant, la Norvège reste le premier producteur mondial de saumon d’élevage. Allez comprendre.)

Enfin, il y a le problème des maladies. Dans les fermes aquacoles, les poissons sont entassés dans des cages, ce qui favorise la propagation des virus et des parasites. Pour lutter contre ça, les éleveurs utilisent des antibiotiques et des pesticides. Résultat : le saumon d’élevage contient souvent des résidus de produits chimiques. Pas vraiment ce qu’on appelle une alimentation saine.

Comment choisir son poisson sans se faire avoir ?

Face à ce tableau, le consommateur a de quoi être perdu. Entre les labels bio, les mentions "pêche durable", les appellations floues et les prix qui varient du simple au triple, comment s’y retrouver ? Voici quelques pistes pour ne pas se faire avoir.

Les labels à connaître (et ceux à éviter)

Premier réflexe : regarder les labels. Mais attention, tous ne se valent pas.

MSC (Marine Stewardship Council) : C’est le label le plus connu. Il certifie que le poisson provient d’une pêcherie durable. Sauf que. Sauf que le MSC a été critiqué à plusieurs reprises pour avoir certifié des pêcheries controversées – comme la pêche au thon rouge en Méditerranée, pourtant en voie de disparition. Bref, le MSC, c’est mieux que rien, mais ce n’est pas la panacée.

ASC (Aquaculture Stewardship Council) : L’équivalent du MSC, mais pour l’aquaculture. Il certifie que les poissons d’élevage respectent certains critères environnementaux et sociaux. Là encore, le label est critiqué pour sa clémence envers les grands groupes aquacoles. Mais c’est toujours mieux que rien.

Bio : En Europe, le label bio pour le poisson d’élevage impose des densités d’élevage plus faibles, une alimentation sans OGM et sans produits chimiques. Mais attention : le label bio ne garantit pas que le poisson a été nourri avec des farines de poisson durables. Et surtout, il ne concerne que l’aquaculture – pas la pêche sauvage.

Pêche durable : Une mention qui ne veut rien dire. N’importe quel producteur peut l’apposer sur son emballage, sans contrôle. À fuir.

Les espèces à privilégier (et celles à éviter)

Deuxième réflexe : choisir les bonnes espèces. Certaines sont plus durables que d’autres.

À privilégier :

• La sardine et l’anchois : ces petits poissons se reproduisent vite et sont pêchés avec des méthodes peu destructrices (senne tournante, filets maillants).

• Le maquereau : encore une espèce résiliente, pêchée en Atlantique Nord avec des méthodes sélectives.

• La moule et l’huître : élevées en mer, elles ne nécessitent ni nourriture ni produits chimiques. Et en plus, elles filtrent l’eau !

À éviter :

• Le thon rouge : en voie de disparition à cause de la surpêche. Même le thon "pêche durable" est souvent capturé avec des méthodes controversées (comme la senne avec DCP, qui capture aussi des dauphins).

• Le saumon d’élevage : comme on l’a vu, son impact environnemental est désastreux. Si vous en mangez, choisissez du saumon bio ou certifié ASC.

• La crevette tropicale : souvent élevée dans des fermes qui détruisent les mangroves (des écosystèmes essentiels pour la biodiversité). Et pêchée avec des chaluts qui raclent les fonds marins.

Le circuit court : la solution ultime ?

Si vous voulez être sûr de ce que vous mangez, rien ne vaut le circuit court. Acheter son poisson directement au pêcheur, sur le port ou dans une AMAP, permet de savoir d’où il vient, comment il a été pêché, et à quel prix. Et en plus, ça soutient l’économie locale.

En Bretagne, par exemple, de plus en plus de pêcheurs vendent leur poisson en direct, via des plateformes comme Poiscaille ou La Marée. Le poisson est frais, souvent pêché le matin même, et vendu à un prix juste – ni trop cher pour le consommateur, ni trop bas pour le pêcheur. (D’ailleurs, si vous habitez près d’un port, allez faire un tour au retour des bateaux. Vous serez surpris de voir à quel point les prix sont raisonnables.)

Autre avantage du circuit court : vous pouvez poser des questions. Demandez au pêcheur comment il a capturé son poisson, où il l’a pêché, et s’il respecte les quotas. Un pêcheur artisanal n’aura aucun mal à vous répondre. Un industriel, lui, vous enverra vers son service marketing.

Questions fréquentes (celles que tout le monde se pose, mais que personne n’ose demander)

Pourquoi la pêche artisanale est-elle si chère ?

Parce que pêcher à petite échelle coûte cher. Un petit bateau consomme moins de gasoil qu’un chalutier-usine, mais il rapporte aussi beaucoup moins de poisson. Résultat : le coût par kilo est plus élevé. Sans compter que les petits pêcheurs ne bénéficient pas des mêmes économies d’échelle que les industriels. Ils ne peuvent pas acheter leurs filets en gros, ni négocier des tarifs préférentiels avec les mareyeurs. Et surtout, ils ne reçoivent pas les mêmes subventions.

En Europe, 80 % des aides à la pêche vont aux flottes industrielles. Les petits pêcheurs, eux, doivent se débrouiller avec les miettes. (En 2020, la France a versé 130 millions d’euros de subventions à la pêche. Sur ce montant, seulement 10 % sont allés aux pêcheurs artisanaux. Le reste a servi à moderniser les gros chalutiers. Allez comprendre.)

La pêche moderne peut-elle devenir durable ?

Oui, mais à condition de changer radicalement de modèle. Aujourd’hui, la plupart des pêcheries industrielles misent sur la quantité. Demain, elles devront miser sur la qualité. Comment ?

• En adoptant des méthodes de pêche sélectives, qui ne capturent que les espèces ciblées. Par exemple, les casiers pour les crustacés, ou les lignes pour le thon.

• En réduisant les prises accessoires. Les chaluts pourraient être équipés de dispositifs d’échappement pour les espèces non ciblées, comme les tortues ou les dauphins.

• En respectant strictement les quotas. Aujourd’hui, beaucoup de navires trichent en déclarant moins de captures qu’ils n’en font réellement. (En 2019, une étude de l’UE estimait que 20 % des captures en Méditerranée n’étaient pas déclarées. Soit 100 000 tonnes de poisson par an.)

• En limitant la taille des navires. Plus un bateau est gros, plus il pêche. Et plus il pêche, plus il épuise les stocks. Certains pays, comme la Norvège, ont déjà imposé des limites de taille pour les chalutiers. D’autres devraient suivre.

Mais le vrai changement viendra des consommateurs. Tant que la demande en poisson bon marché sera là, les industriels continueront à pêcher n’importe comment. C’est aux consommateurs de dire stop.

Faut-il arrêter de manger du poisson ?

Non, mais il faut en manger moins. Et mieux.

L’Organisation mondiale de la santé recommande de consommer 1 à 2 portions de poisson par semaine. En France, on en mange en moyenne 35 kilos par an et par personne. Soit deux fois plus que la moyenne mondiale. Autant dire qu’on est loin du compte.

Plutôt que d’arrêter complètement, mieux vaut réduire sa consommation et choisir des espèces durables. Privilégiez les petits poissons (sardines, anchois, maquereaux), qui sont moins menacés et plus riches en oméga-3. Évitez les espèces en voie de disparition (thon rouge, espadon, requin). Et surtout, variez les plaisirs : le poisson n’est pas la seule source de protéines. Les légumineuses, les œufs, la viande (avec modération) peuvent très bien le remplacer.

Et si vous voulez vraiment faire un geste pour la planète, boycottez les espèces pêchées de manière destructrice. Comme la crevette tropicale, le saumon d’élevage ou le thon en boîte. (D’ailleurs, saviez-vous que 90 % du thon en boîte provient de la pêche industrielle, souvent avec des méthodes controversées ? La prochaine fois, regardez l’étiquette.)

Les quotas de pêche, ça marche vraiment ?

Oui, mais seulement si tout le monde les respecte. Et c’est là que le bât blesse.

Les quotas sont fixés chaque année par les scientifiques, en fonction de l’état des stocks. En Europe, c’est le Conseil des ministres de la pêche qui décide des totaux admissibles de captures (TAC). Sauf que ces TAC sont souvent revus à la hausse sous la pression des lobbies de la pêche. Résultat : les quotas sont souvent trop élevés, et les stocks continuent de décliner.

En 2021, par exemple, les scientifiques recommandaient de réduire de 10 % les quotas de cabillaud en mer du Nord. Le Conseil des ministres a finalement décidé de les augmenter de 5 %. (Parce que, visiblement, les poissons se reproduisent mieux quand les ministres sont contents.)

Autre problème : les quotas ne sont pas toujours respectés. En Méditerranée, où il n’y a pas de TAC (seulement des tailles minimales de capture), la surpêche est endémique. En 2020, une étude de la Commission européenne estimait que 75 % des stocks méditerranéens étaient surexploités. Soit le taux le plus élevé au monde.

Bref, les quotas, c’est bien. Mais sans contrôles stricts et sans volonté politique, ça ne sert à rien.

Verdict : laquelle des deux pêcheries mérite qu’on la sauve ?

La réponse est simple : les deux. Mais pas n’importe comment.

La pêche artisanale, d’abord, parce qu’elle est le dernier rempart contre la désertification des côtes. Sans elle, des milliers de villages perdraient leur âme, leur économie, et leur raison d’être. Mais pour qu’elle survive, il faut lui donner les moyens de se moderniser – sans perdre son âme. Des bateaux plus propres, des engins de pêche sélectifs, des circuits de distribution plus courts. Et surtout, des subventions qui ne favorisent pas systématiquement les gros industriels.

La pêche moderne, ensuite, parce qu’elle nourrit des millions de personnes. Mais à condition de la réguler sévèrement. Des quotas respectés, des méthodes de pêche moins destructrices, des contrôles renforcés. Et surtout, une prise de conscience : la mer n’est pas une ressource inépuisable. Si on continue à la vider comme on le fait aujourd’hui, dans 30 ans, il n’y aura plus de poisson. Ni pour les artisans, ni pour les industriels.

Alors, que faire en tant que consommateur ? Trois choses :

1. Manger moins de poisson, mais mieux. Privilégiez les espèces durables, les petits pêcheurs, et les circuits courts.

2. Exiger plus de transparence. Demandez d’où vient votre poisson, comment il a été pêché, et s’il respecte les quotas. Si le vendeur ne sait pas répondre, changez de poissonnerie.

3. Faire pression sur les politiques. Les quotas de pêche sont décidés par des ministres. Écrivez-leur, manifestez, votez pour des candidats qui défendent une pêche durable. Parce que les océans, ça ne se protège pas tout seul.

Et surtout, n’oubliez pas une chose : derrière chaque filet, il y a des hommes. Des artisans qui se lèvent à 4 heures du matin pour affronter la mer, des industriels qui investissent des millions dans des navires high-tech, des scientifiques qui comptent les poissons comme on compte les moutons. La pêche, ce n’est pas qu’une question de technique ou d’écologie. C’est une histoire de passion, de survie, et parfois, de folie. Alors la prochaine fois que vous mangerez du poisson, pensez à eux. Et demandez-vous : est-ce que ce poisson-là valait vraiment la peine d’être pêché ?

💡 Points clés à retenir

  • Quelle est la différence entre l'activité commerciale et l'activité artisanale ? - Distincte de l'activité commerciale, l'artisanat se limite à des entreprises n'employant pas plus de 10 salariés.
  • Quelle est la différence entre la tragédie classique et moderne ? - Elle veut montrer la condition de l'homme, pris entre ce qu'il ressent, et la difficulté d'exprimer ce qu'il ressent.
  • Quelle est la musique moderne ? - On désigne souvent par musique moderne la musique savante composée pendant la première partie du XX e siècle, le terme de musique contemporaine po
  • Quelle est la différence entre le vaccin Pfizer et le vaccin moderne ? - Quelle différence(s) entre Pfizer et Moderna ? Les vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna sont des vaccins à ARN messager (ARNm).
  • Quelle est l'armée la plus moderne ? - Au sommet du podium, sans surprise, les États-Unis - de loin la première puissance militaire mondiale à tous les niveaux.

❓ Questions fréquemment posées

1. Quelle est la différence entre l'activité commerciale et l'activité artisanale ?

Distincte de l'activité commerciale, l'artisanat se limite à des entreprises n'employant pas plus de 10 salariés. Cet article explore la nature de l'activité artisanale, la différence fondamentale avec l'activité commerciale, ainsi que les qualifications requises pour les métiers réglementés.18 déc. 2023

2. Quelle est la différence entre la tragédie classique et moderne ?

Elle veut montrer la condition de l'homme, pris entre ce qu'il ressent, et la difficulté d'exprimer ce qu'il ressent. Si la tragédie classique révèle symétrie et sens évident, la tragédie moderne s'attache à prouver au contraire que rien n'est clair, et que très peu de choses ont un sens.

3. Quelle est la musique moderne ?

On désigne souvent par musique moderne la musique savante composée pendant la première partie du XX e siècle, le terme de musique contemporaine pouvant s'appliquer à la deuxième moitié.

4. Quelle est la différence entre le vaccin Pfizer et le vaccin moderne ?

Quelle différence(s) entre Pfizer et Moderna ? Les vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna sont des vaccins à ARN messager (ARNm). Principale différence entre les deux sérums : les deux doses initiales de Moderna contiennent 100 microgrammes de vaccin chacune, contre 30 microgrammes pour les doses de Pfizer.8 déc. 2021

5. Quelle est l'armée la plus moderne ?

Au sommet du podium, sans surprise, les États-Unis - de loin la première puissance militaire mondiale à tous les niveaux. La Russie et la Chine sont 2e et 3e du podium, alors que la France se trouve en 9e place du classement. Israël quant à lui est classé 18e de cette liste, entre l'Iran et le Vietnam.15 août 2023

6. Quelle est la ville la plus moderne d'Afrique ?

Située sur un haut-plateau au centre de l'Érythrée, Asmara, une ville moderniste d'Afrique est la capitale du pays et est un exemple exceptionnellement bien préservé de ville coloniale planifiée issue des phases de planification successives entre 1893 et 1941, pendant la période d'occupation coloniale italienne.

7. Quelle est la ville la plus moderne d'Europe ?

VISITER ROTTERDAM Contemporanéité européenne Rotterdam est la ville européenne avec l'architecture contemporaine la plus extraordinaire.

8. Quelle est la différence entre LA et LA ?

  • Le déterminant « la » s'écrit sans accent et se place toujours devant un nom.
  • Le pronom complément « la » s'écrit sans accent et se place devant un verbe.
  • L'adverbe « là » indique un lieu et s'écrit avec un accent. Il peut être remplacé par « ici ».
  • 9. Quelle est la ville la plus moderne de la France ?

    Et c'est Villefranche-sur-Saône qui tient la tête du classement. Cette ville de 36.000 habitants située dans le Rhône, cumule un total de 2,5 passages mensuels moyens dans le centre-ville. Elle est suivie de près par Chambéry (Savoie), 58.000 habitants avec 2,1 millions de passages.22 mars 2021

    10. Quelle est la maison la plus moderne du monde ?

    1- Villa Farfalla (Toscane - Italie) Située sur les hauteurs de la Toscane, cette maison d'architecte est la promesse d'un séjour dans une villa unique. Une oeuvre d'art à part entière tant les courbes et le style sont novateurs. Elle fait définitivement partie des plus belles maisons modernes.6 sept. 2017

    11. Quelle est la ville la plus moderne du monde ?

    Dubaï, Émirats Arabes Unis La ville la plus futuriste au monde a notamment annoncé la construction l'an prochain d'un « Musée de l'avenir » dédié aux innovations technologiques.21 sept. 2021

    12. Quelle est la ville la plus moderne du Maroc ?

    Casablanca, la ville Casablanca est la principale ville du Maroc et aussi la plus grande avec ses quatre millions d'habitants. Il s'agit du premier centre industriel commercial et portuaire du pays.2 oct. 2022

    13. Quelle est la voiture la plus moderne du monde ?

    La Bugatti Bolide, véritable symbole de la haute performance, est une démonstration du savoir-faire français en matière d'automobile de luxe. Avec son moteur W16 quadri-turbo de 8.0 l et ses 1 850 chevaux, elle représente le summum de l'ingénierie moderne.11 oct. 2023

    14. Quelle est la ville la plus moderne de France ?

    Et c'est Villefranche-sur-Saône qui tient la tête du classement. Cette ville de 36.000 habitants située dans le Rhône, cumule un total de 2,5 passages mensuels moyens dans le centre-ville. Elle est suivie de près par Chambéry (Savoie), 58.000 habitants avec 2,1 millions de passages.22 mars 2021

    15. Quelle est la différence entre ET et est ?

    Les homophones en conjugaison : et et est
  • ET s'utilise pour relier les mots entre eux et peut se remplacer par OU.
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    • Choisir un match de plusieurs matchs sur la liste affichée ;
    • Remplir un bulletin de pari avec le numéro des matchs, votre prédiction et votre mise ;
    • Donner le bulletin FDJ au buraliste ;

    22. Comment faire sortir de l'argent sur 1xbet ?

    Une fois que vous cliquez sur ce logo, un menu s'ouvre alors sur la gauche de l'écran, avec toutes les options disponibles de votre compte, votre solde y sera également affiché. Cliquez sur "Retirer des fonds" pour accéder à la page des retraits sur laquelle de nombreuses méthodes de retrait seront affichées.

    23. Quel est le numéro WhatsApp de 1xBet ?

    1xbet Côte d'Ivoire - Contacter ce numéro WhatsApp 777942831 | Facebook.

    24. Comment avoir 1xBet personnalisé ?

    Connectez-vous sur le site internet 1xBet. Cliquez sur l'onglet «inscription» placé en haut et à droite de l'écran. Choisissez le mode d'inscription (en un clic, par réseaux sociaux, par email, par téléphone). Choisissez votre nationalité, puis cliquez sur «s'inscrire».

    25. Comment gagner 1.000 euros sur TikTok ?

    Pour gagner de l'argent avec TikTok, vous devez être âgé de 18 ans ou plus, avoir au moins 10 000 abonnés et avoir eu plus de 100 000 vues sur vos vidéos au cours des 30 derniers jours. Vous pouvez ensuite vous adresser au TikTok Creator Fund via l'application.