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Lénine et Staline : deux visages de la révolution russe qui ont changé l'histoire

On les imagine souvent comme les deux faces d'une même pièce. Sauf que la pièce en question, c'est l'URSS, et ses deux côtés n'ont pas été frappés avec la même violence. Pour comprendre ce qui les sépare vraiment, il faut remonter aux sources – pas seulement aux livres de Marx, mais aux ruelles de Petrograd, aux prisons sibériennes, et à cette fameuse nuit d'octobre 1917 où tout a basculé. Et si on commençait par le début ?

Des origines sociales aux premiers pas révolutionnaires : deux hommes, deux destins

Lénine, l'intellectuel bourgeois qui a choisi la révolte

Vladimir Ilitch Oulianov – alias Lénine – naît en 1870 dans une famille de la petite noblesse russe. Son père, inspecteur des écoles, lui offre une éducation privilégiée. Le jeune Vladimir lit Marx à 18 ans, et c'est le déclic : il abandonne ses études de droit (où il excellait, soit dit en passant) pour se consacrer à la cause révolutionnaire. Mais attention, pas n'importe quelle révolution. Lui, ce qu'il veut, c'est une rupture nette avec le capitalisme, menée par une avant-garde éclairée – le parti bolchevique.

Son parcours est celui d'un homme de cabinet. Il passe plus de temps dans les bibliothèques de Genève ou de Londres que dans les usines russes. Et pourtant, c'est lui qui va donner le coup d'envoi de la première révolution socialiste de l'histoire. Le paradoxe ? Lénine détestait la Russie tsariste, mais il en connaissait les moindres recoins – y compris ses faiblesses. (Un détail qui aura son importance plus tard.)

Staline, le fils du peuple qui a appris la violence dans la rue

Iossif Vissarionovitch Djougachvili – Staline – voit le jour en 1878 à Gori, en Géorgie. Son père, cordonnier ivrogne, le bat régulièrement. Sa mère, lavandière, rêve pour lui d'une carrière de prêtre. Sauf que le jeune Iossif a d'autres plans : il intègre le séminaire orthodoxe de Tbilissi, avant d'en être renvoyé pour "propagande marxiste". Là où Lénine théorise, Staline agit. Il organise des grèves, braque des banques pour financer le parti, et se fait arrêter à huit reprises. À chaque fois, il s'évade ou est déporté en Sibérie – d'où il revient plus dur, plus cynique.

La différence fondamentale ? Lénine croit en la révolution comme on croit en une équation mathématique. Staline, lui, la voit comme une guerre – et dans une guerre, tous les coups sont permis. D'ailleurs, son surnom, "Staline" (l'homme d'acier), il ne le doit pas à sa douceur légendaire. Un pseudonyme qu'il adopte en 1912, après avoir prouvé qu'il savait tenir une bande de révolutionnaires indisciplinés. (Spoiler : il les tenait à coups de menaces et de chantage.)

La théorie vs la pratique : comment chacun a façonné le marxisme à sa manière

Lénine, le marxiste qui a adapté la doctrine à la Russie

Marx avait prédit que la révolution viendrait des pays industrialisés – l'Allemagne, la France, l'Angleterre. Sauf que la Russie de 1917, c'est 80% de paysans analphabètes et une industrie naissante. Lénine, pragmatique malgré ses airs de doctrinaire, comprend une chose : si on attend que la Russie devienne capitaliste pour faire la révolution, on est bons pour attendre cent ans. Alors il invente le "léninisme" – une version accélérée du marxisme, où le parti bolchevique joue le rôle de locomotive de l'histoire.

Ses textes les plus célèbres – Que faire ? (1902), L'État et la Révolution (1917) – sont des manifestes pour l'action. Pas de la philosophie pure. Lénine y explique que le prolétariat, laissé à lui-même, ne dépassera jamais le stade des revendications syndicales. Il faut une élite révolutionnaire pour le guider. (Une idée qui fera grincer des dents plus d'un marxiste orthodoxe.) Mais attention : pour lui, le parti n'est pas une fin en soi. C'est un outil. Un marteau pour briser l'État bourgeois.

Staline, l'homme qui a transformé le marxisme en religion d'État

Staline, lui, n'a jamais été un grand théoricien. Son apport au marxisme ? Le "stalinisme" – un mot qu'il détestait, d'ailleurs. Pour lui, le marxisme n'était pas une science, mais une arme. Une arme pour justifier ce qu'il faisait déjà : concentrer le pouvoir, éliminer ses rivaux, et transformer l'URSS en superpuissance industrielle. Son texte le plus connu, Les Questions du léninisme (1926), est moins une œuvre originale qu'une compilation de citations de Lénine, soigneusement sélectionnées pour légitimer sa propre ligne.

Le vrai génie de Staline, c'est d'avoir compris une chose : les idées ne suffisent pas. Il faut des symboles, des rituels, une mythologie. Alors il réécrit l'histoire. Il fait de Lénine un saint laïque, de la révolution un récit épique, et de lui-même l'héritier incontestable. (Un héritage qu'il n'hésitera pas à trahir, d'ailleurs, en abandonnant progressivement les principes léninistes au profit d'un culte de la personnalité.)

Octobre 1917 : quand Lénine prend le pouvoir, Staline prépare déjà la suite

La révolution d'Octobre, c'est le moment où tout bascule. Lénine, depuis son exil en Finlande, envoie des lettres enflammées : "Il faut prendre le pouvoir MAINTENANT !" Staline, lui, est déjà sur place, à Petrograd, en train d'organiser les bolcheviks locaux. Les deux hommes jouent des rôles complémentaires – mais leurs objectifs commencent déjà à diverger.

Lénine, le stratège qui voulait une révolution mondiale

Pour Lénine, la révolution russe n'est qu'un premier pas. Son vrai but ? Étendre le socialisme à l'Europe entière. En 1919, il crée la IIIe Internationale (le Komintern), une organisation chargée d'exporter la révolution. Il mise tout sur l'Allemagne, où la situation est mûre après la défaite de 1918. Sauf que ça ne marche pas. Les révoltes spartakistes sont écrasées, et l'Europe reste capitaliste. Résultat : Lénine doit improviser. Il lance la NEP (Nouvelle Politique Économique) en 1921, un retour partiel au capitalisme pour sauver l'économie soviétique. Une décision pragmatique, mais qui scandalise les puristes du parti.

Et c'est là que ça coince. Parce que pendant que Lénine négocie avec les paysans et les petits entrepreneurs, Staline, lui, consolide son pouvoir dans l'ombre. Secrétaire général du Parti depuis 1922, il contrôle les nominations, les archives, et surtout, l'information. (Un poste en apparence technique, mais qui va se révéler décisif.)

Staline, le bureaucrate qui a transformé la révolution en machine à broyer

Staline n'a pas participé aux combats d'Octobre. Il n'a pas écrit de textes théoriques majeurs. Mais il a compris une chose que Lénine, dans son idéalisme, a sous-estimée : le pouvoir ne se prend pas seulement dans la rue. Il se construit aussi dans les couloirs, les dossiers, et les petites trahisons entre camarades.

Son arme secrète ? La bureaucratie. En tant que secrétaire général, il place ses hommes à tous les postes clés. Il isole Trotski, le grand rival, en le privant d'alliances. Et surtout, il exploite les divisions au sein du parti. Quand Lénine meurt en 1924, Staline est déjà en position de force. Il prononce un discours émouvant aux funérailles – puis fait embaumer le corps de Lénine pour en faire un objet de culte. (Un détail macabre qui en dit long sur sa façon de voir le pouvoir.)

La terreur rouge vs la Grande Terreur : quand la violence change d'échelle

Lénine et Staline ont tous les deux utilisé la violence. Mais pas de la même manière, ni à la même échelle. Pour Lénine, la terreur était un moyen – brutal, mais temporaire. Pour Staline, elle est devenue une fin en soi.

Lénine et la terreur "nécessaire" : 1918-1922

Dès 1918, Lénine instaure la Tchéka, la police politique, et lance la "terreur rouge". Objectif : éliminer les ennemis de la révolution – nobles, bourgeois, prêtres, et surtout, les socialistes-révolutionnaires, ces rivaux de gauche qui osent contester les bolcheviks. Les chiffres donnent le vertige : entre 1918 et 1922, la Tchéka exécute entre 50 000 et 200 000 personnes. Sans procès. Sans pitié.

Pourtant, Lénine garde un semblant de contrôle. Il ordonne des purges ciblées, mais il évite (pour l'instant) de s'en prendre aux membres du parti. Et surtout, il fixe des limites. En 1922, il écrit une lettre où il s'inquiète de la "bureaucratisation" de la Tchéka. (Un avertissement que Staline, bien sûr, ignorera.)

Mais le plus glaçant, c'est peut-être cette phrase, tirée d'une directive de 1918 : "Il faut encourager l'énergie et le caractère de masse de la terreur." Autrement dit, pour Lénine, la violence n'est pas un accident. C'est une politique.

Staline et la Grande Terreur : 1936-1938

Staline, lui, va plus loin. Beaucoup plus loin. Entre 1936 et 1938, pendant ce qu'on appelle la Grande Terreur, il fait arrêter, torturer et exécuter près d'un million de personnes. Des paysans, des ouvriers, mais aussi – et c'est ça qui change tout – des membres du parti. Des anciens bolcheviks, des héros de la révolution, des hommes qui avaient combattu aux côtés de Lénine.

Le prétexte ? La lutte contre les "ennemis du peuple". La réalité ? Staline élimine toute opposition, réelle ou imaginaire. Il invente des complots, force des aveux sous la torture, et organise des procès truqués. Le plus célèbre, celui de Boukharine en 1938, est une mascarade. L'accusé, un ancien proche de Lénine, est contraint d'avouer des crimes qu'il n'a pas commis. (Il sera fusillé quelques jours plus tard.)

Et le pire, c'est que ça marche. Parce que Staline ne se contente pas de tuer. Il crée un climat de paranoïa généralisée. Les gens dénoncent leurs voisins, leurs collègues, parfois même leur famille. Pourquoi ? Parce que dans l'URSS stalinienne, la peur est devenue une méthode de gouvernement.

L'économie : quand le communisme de guerre cède la place au socialisme dans un seul pays

Lénine et Staline n'ont pas eu la même approche de l'économie. Le premier a dû improviser face à la guerre civile. Le second a transformé l'URSS en superpuissance industrielle – au prix de millions de vies.

Lénine et la NEP : le capitalisme comme mal nécessaire

En 1921, l'économie soviétique est au bord du gouffre. La guerre civile (1918-1921) a fait 5 millions de morts. Les paysans se révoltent contre les réquisitions forcées. Les ouvriers font grève. Lénine comprend qu'il faut reculer pour mieux sauter. Alors il lance la NEP : les paysans peuvent vendre une partie de leur production, les petites entreprises privées sont autorisées, et les investisseurs étrangers sont les bienvenus.

Résultat : l'économie se redresse. Mais la NEP est un compromis. Un compromis que les bolcheviks purs et durs détestent. (Trotski la qualifie de "retour au capitalisme".) Et c'est là que Staline va jouer sa carte. En 1928, il abandonne la NEP et lance le premier plan quinquennal. Objectif : industrialiser l'URSS en cinq ans. Coût humain : 5 à 10 millions de morts dans les campagnes, victimes de la collectivisation forcée.

Staline et les plans quinquennaux : l'industrialisation à marche forcée

Staline ne croit pas aux compromis. Pour lui, l'économie doit obéir à un seul maître : l'État. Alors il lance la collectivisation des terres. Les paysans sont regroupés dans des kolkhozes (fermes collectives), et ceux qui résistent – les koulaks – sont déportés ou exécutés. Conséquence : une famine dévastatrice en Ukraine (l'Holodomor), qui fait entre 3 et 5 millions de morts.

Pourtant, sur le papier, ça marche. En dix ans, l'URSS devient la troisième puissance industrielle du monde. Des villes entières sortent de terre, comme Magnitogorsk, construite en plein milieu de la steppe. Des barrages géants, des usines d'armement, des réseaux ferroviaires : Staline transforme le pays en machine de guerre. (Une machine qui servira, plus tard, à vaincre les nazis.)

Mais à quel prix ? Les ouvriers travaillent dans des conditions effroyables. Les accidents du travail sont légion. Et surtout, la productivité reste faible. Parce que dans un système où la peur remplace la motivation, les gens font semblant de travailler – et l'État fait semblant de les payer.

La mort de Lénine : comment Staline a trahi son héritage

Lénine meurt en 1924, après une série d'attaques cérébrales. Dans son "testament", écrit en 1922-1923, il met en garde contre Staline. Il le décrit comme "trop brutal", "trop capricieux", et demande qu'il soit démis de ses fonctions de secrétaire général. (Un avertissement que le parti, bien sûr, ignorera.)

Le culte de Lénine : quand Staline réécrit l'histoire

Staline a besoin de Lénine. Pas comme mentor, mais comme icône. Alors il transforme le fondateur de l'URSS en saint laïque. Il fait embaumer son corps et l'expose dans un mausolée sur la place Rouge. Il rebaptise Petrograd en Leningrad. Il fait écrire des livres où Lénine apparaît comme un génie infaillible. (Des livres où Staline, bien sûr, joue un rôle clé dans la révolution – alors qu'en réalité, il était loin d'être le numéro deux du parti.)

Pourquoi ce culte ? Parce que Staline sait une chose : pour diriger un pays aussi vaste et divers que l'URSS, il faut une mythologie. Et quoi de mieux que le mythe du père fondateur, mort trop tôt, et dont lui, Staline, serait l'héritier légitime ?

La rupture définitive : quand Staline abandonne le léninisme

En 1929, Staline a éliminé tous ses rivaux. Trotski est en exil. Boukharine est marginalisé. Zinoviev et Kamenev ont été exécutés. Il peut enfin gouverner seul. Et c'est là qu'il trahit vraiment Lénine.

Parce que Lénine, malgré ses méthodes brutales, croyait encore en la révolution mondiale. Staline, lui, invente la théorie du "socialisme dans un seul pays". Autrement dit : peu importe ce qui se passe ailleurs, l'URSS doit d'abord se renforcer. Une idée qui aurait horrifié Lénine, pour qui le socialisme ne pouvait survivre qu'à l'échelle internationale.

Et puis, il y a la question du parti. Pour Lénine, le parti était un outil au service de la révolution. Pour Staline, le parti devient une fin en soi – une machine à produire de l'obéissance. Les débats sont interdits. Les oppositions sont écrasées. Et les membres du parti, autrefois des révolutionnaires, deviennent des fonctionnaires apeurés.

Idées reçues et vérités qui dérangent : ce qu'on croit savoir sur Lénine et Staline

"Lénine était un humaniste, Staline un monstre"

C'est la version officielle – celle que Khrouchtchev a popularisée après 1956, quand il a dénoncé les crimes de Staline. Sauf que la réalité est plus nuancée. Lénine n'était pas un tendre. C'est lui qui a créé la Tchéka, lui qui a ordonné les premières exécutions de masse, lui qui a interdit les autres partis socialistes. La différence avec Staline ? Lénine croyait encore que la violence était un mal nécessaire. Staline, lui, en a fait un mode de gouvernement.

Autre nuance : Lénine n'aurait probablement pas approuvé tout ce que Staline a fait. Mais il a créé les conditions qui ont permis à Staline d'agir. Sans la centralisation du pouvoir, sans la suppression des libertés, sans la terreur comme outil politique, Staline n'aurait jamais pu prendre le contrôle. (Un peu comme si Lénine avait construit la cage, et Staline l'avait remplie de fauves.)

"Staline a sauvé l'URSS des nazis"

C'est vrai. Sans Staline, l'URSS n'aurait probablement pas résisté à l'invasion allemande en 1941. Mais c'est aussi lui qui a affaibli le pays avant la guerre. Les purges des années 1930 ont décapité l'Armée rouge : 30 000 officiers exécutés ou emprisonnés, dont la moitié des généraux. Résultat : en 1941, l'armée soviétique est désorganisée, mal équipée, et dirigée par des incompétents promus pour leur loyauté plutôt que pour leur talent.

Et puis, il y a la question des pertes humaines. Pendant la guerre, Staline envoie des vagues d'assaut contre les lignes allemandes, sans se soucier des morts. (On estime que 8 à 10 millions de soldats soviétiques sont morts au combat – contre 4 millions pour l'Allemagne.) Une stratégie qui a fonctionné, mais à quel prix ?

"Sans Staline, l'URSS serait restée un pays pauvre"

Staline a industrialisé l'URSS à marche forcée. Mais était-ce nécessaire ? La NEP de Lénine avait déjà relancé l'économie dans les années 1920. Et d'autres pays, comme la Chine après 1978, ont réussi leur décollage économique sans recourir à la terreur de masse. (Un détail qui fait réfléchir.)

Le vrai problème, c'est que le modèle stalinien était inefficace. Oui, l'URSS est devenue une superpuissance. Mais à quel coût ? Les pénuries étaient chroniques. Les biens de consommation manquaient. Et surtout, le système était incapable d'innover. Dans les années 1980, l'URSS était encore dépendante des technologies occidentales. Preuve que la terreur, à long terme, ne paie pas.

Questions fréquentes : ce que tout le monde se demande sur Lénine et Staline

Pourquoi Lénine a-t-il choisi Staline ?

Il ne l'a pas vraiment choisi. En 1922, quand Staline devient secrétaire général, le poste est considéré comme technique, presque administratif. Personne – pas même Lénine – ne voit le potentiel de ce poste. Staline, lui, comprend tout de suite qu'il peut en faire une arme. Il contrôle les nominations, les archives, et surtout, l'information. Quand Lénine se rend compte du danger, il est trop tard. (D'où son "testament", où il demande la destitution de Staline – un texte que le parti enterre soigneusement.)

Staline a-t-il vraiment trahi Lénine ?

Oui et non. Staline a trahi l'esprit du léninisme – cette idée que la révolution devait être mondiale, que le parti devait rester un outil au service des masses. Mais il a gardé la lettre du léninisme : la centralisation du pouvoir, la suppression des libertés, la terreur comme outil politique. En ce sens, Staline est bien le fils de Lénine – un fils qui a poussé la logique de son père jusqu'à l'absurde.

La vraie trahison, c'est peut-être ça : Staline a transformé le marxisme en religion d'État. Pour Lénine, le marxisme était une science. Pour Staline, c'était un dogme. Et les dogmes, ça ne se discute pas.

Qu'aurait été l'URSS sans Staline ?

Personne ne le sait. Mais on peut imaginer quelques scénarios. Sans Staline, Trotski aurait peut-être pris le pouvoir. Or, Trotski était un internationaliste : il aurait probablement relancé la révolution en Europe. Résultat : soit l'URSS se serait retrouvée isolée (et aurait peut-être implosé plus tôt), soit elle aurait réussi à exporter le socialisme – avec des conséquences géopolitiques immenses.

Autre possibilité : un dirigeant plus modéré, comme Boukharine, aurait pu prendre les rênes. Dans ce cas, l'URSS aurait peut-être évolué vers un socialisme plus démocratique, moins répressif. (Un scénario qui aurait changé l'histoire du XXe siècle.)

Mais une chose est sûre : sans Staline, l'URSS n'aurait pas connu la Grande Terreur, les famines artificielles, ou les purges des années 1930. Des millions de vies auraient été épargnées. (Et ça, c'est déjà énorme.)

Pourquoi Staline reste-t-il populaire dans certains pays ?

Parce que la mémoire est sélective. En Russie, par exemple, Staline est associé à la victoire de 1945. Les gens oublient les purges, les famines, les millions de morts – et retiennent seulement que c'est lui qui a vaincu Hitler. (Un peu comme si on ne retenait de Napoléon que ses victoires militaires, en oubliant les centaines de milliers de morts des guerres napoléoniennes.)

Et puis, il y a la nostalgie de l'ordre. Dans les années 1990, après la chute de l'URSS, la Russie a connu le chaos économique. Beaucoup de Russes ont alors idéalisé l'époque soviétique – et Staline avec. (Un phénomène qu'on observe aussi dans d'autres pays ex-communistes, comme la Géorgie ou la Moldavie.)

Enfin, il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de la propagande. Pendant des décennies, l'URSS a présenté Staline comme un grand dirigeant. Et les habitudes ont la vie dure. (Surtout quand on n'a pas accès à d'autres sources d'information.)

Verdict : deux hommes, deux visions du pouvoir, un seul héritage empoisonné

Lénine et Staline ont marqué l'histoire, mais pas de la même manière. L'un a théorisé la révolution, l'autre l'a transformée en cauchemar bureaucratique. L'un croyait encore en l'émancipation des masses, l'autre n'a vu en elles qu'un troupeau à diriger. Pourtant, sans Lénine, Staline n'aurait jamais existé. Et sans Staline, le léninisme serait peut-être resté une expérience marginale, plutôt qu'un système qui a dominé le XXe siècle.

Alors, qui était le pire des deux ? La question est mal posée. Parce que Lénine a créé les conditions qui ont permis à Staline d'agir. Il a légitimé la violence comme outil politique. Il a centralisé le pouvoir au point de le rendre incontrôlable. Et surtout, il a cru que la fin justifiait les moyens – une idée que Staline a poussée jusqu'à l'extrême.

Le vrai problème, ce n'est pas Lénine ou Staline. C'est l'idée que le pouvoir peut être exercé sans limites, sans contre-pouvoirs, sans démocratie. Une idée qui a fait des millions de victimes – et qui, malheureusement, n'a pas disparu avec eux.

Alors la prochaine fois que vous entendrez quelqu'un vanter les mérites du "socialisme réel", rappelez-vous une chose : derrière les slogans et les statues, il y a des vies brisées, des espoirs trahis, et une leçon que l'humanité n'a toujours pas comprise. (Et ça, c'est peut-être le pire héritage de Lénine et Staline.)

💡 Points clés à retenir

  • Quelle est la différence entre Lénine et Staline ? - Lénine et Trotski prônaient au contraire la révolution internationale, permanente jusqu'à la victoire ; Staline développa une forme de nationalis
  • Quelle est la différence entre Staline et Lénine ? - Lénine et Trotski prônaient au contraire la révolution internationale, permanente jusqu'à la victoire ; Staline développa une forme de nationalis
  • Quelle est la nationalité de Staline ? - Joseph StalineFonctionsPrésident du Conseil des ministres de l'URSSSépultureMausolée de Lénine (1953-1961) Nécropole du mur du Kremlin (depuis 19
  • Quelle est la police de Staline ? - La Guépéou (ou GPU, ГПУ sigle en alphabet cyrillique) est la police d'État de l'Union soviétique entre 1922 et 1934.
  • Quelle est la différence entre ET et est ? - Les homophones en conjugaison : et et estET s'utilise pour relier les mots entre eux et peut se remplacer par OU.

❓ Questions fréquemment posées

1. Quelle est la différence entre Lénine et Staline ?

Lénine et Trotski prônaient au contraire la révolution internationale, permanente jusqu'à la victoire ; Staline développa une forme de nationalisme — ce qui était l'inverse du principe de l'internationalisme (une des bases du communisme).

2. Quelle est la différence entre Staline et Lénine ?

Lénine et Trotski prônaient au contraire la révolution internationale, permanente jusqu'à la victoire ; Staline développa une forme de nationalisme — ce qui était l'inverse du principe de l'internationalisme (une des bases du communisme).

3. Quelle est la nationalité de Staline ?

Joseph Staline
Fonctions
Président du Conseil des ministres de l'URSS
SépultureMausolée de Lénine (1953-1961) Nécropole du mur du Kremlin (depuis 1961)
NationalitéRusse (1878-1922) Soviétique (1922-1953)
Parti politiquePOSDR (1898-1903) POSDR(b) (1903-1918) PCR(b) (1918-1925) PCP(b) (1925-1952) PCUS (1952-1953)
37 autres lignes

4. Quelle est la police de Staline ?

La Guépéou (ou GPU, ГПУ sigle en alphabet cyrillique) est la police d'État de l'Union soviétique entre 1922 et 1934. La GPU est constituée en février 1922 à partir de la Tchéka (premier nom de la police politique soviétique), comme « commissariat de l'Union » dans la première constitution fédérale de 1922.

5. Quelle est la différence entre ET et est ?

Les homophones en conjugaison : et et est
  • ET s'utilise pour relier les mots entre eux et peut se remplacer par OU.
  • EST est le verbe être et peut se remplacer par était.
  • 6. Quelle est la différence entre LA et LA ?

  • Le déterminant « la » s'écrit sans accent et se place toujours devant un nom.
  • Le pronom complément « la » s'écrit sans accent et se place devant un verbe.
  • L'adverbe « là » indique un lieu et s'écrit avec un accent. Il peut être remplacé par « ici ».
  • 7. Quelle était le but de Staline ?

    Dans l'immédiat, le but de Staline n'est pas de construire une société sans classes (objectif officiel du communisme) mais d'assurer la « construction du socialisme dans un seul pays ».

    8. Quelle est la différence entre Est et AI ?

    etes, estai, aie, aies, ait
    conjonction de coordinationverbe ou auxiliaire êtreverbe ou auxiliaire avoir
    -étais, étaitavais, avait

    9. Qui est venu après Staline ?

    Khrouchtchev émergea comme le vainqueur de la lutte de pouvoir provoquée par la mort de Staline en 1953.

    10. Quelle est la différence entre pat et échec et mat ?

    si le nombre de pièces est insuffisant pour mettre échec et mat l'adversaire. Si le seul coup jouable est de mettre son roi en échec (ce qui est interdit) et que le joueur ne peut bouger aucune autre pièce, le roi est dit pat et la partie est nulle.Partie nulle, abandoncanoprof.frhttps://atelier-canope-19.canoprof.fr › eleve › res › Parti...canoprof.frhttps://atelier-canope-19.canoprof.fr › eleve › res › Parti... si le nombre de pièces est insuffisant pour mettre échec et mat l'adversaire. Si le seul coup jouable est de mettre son roi en échec (ce qui est interdit) et que le joueur ne peut bouger aucune autre pièce, le roi est dit pat et la partie est nulle.

    11. Quelle est la différence entre FR et BFR et TN ?

    Par la différence entre ses composantes, c'est-à-dire entre la trésorerie positive (soldes bancaires positifs et VMP, valeurs mobilières de placement) et la trésorerie négative (découverts bancaires) Par la différence entre le fonds de roulement (FR) et le besoin en fonds de roulement (BFR).10 févr. 2022

    12. Quelle est la différence entre échec et échec et mat ?

    Ici par exemple, la Tour blanche attaque le Roi noir. Celui-ci est en échec, les blancs peuvent d'ailleurs l'annoncer en disant à haute voix « Échec ! ». Vous gagnez quand le roi est « échec et mat », c'est-à-dire qu'il ne peut pas parer cet échec et sortir du viseur de la pièce qui l'attaque.

    13. Quelle est la différence entre plaque et or et or ?

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    14. Quelle est la différence entre ce et démonstratifs et possessifs ?

    Le nom et son déterminant s'accordent en genre (masculin ou féminin) et en nombre (singulier ou pluriel). ces (quand on désigne les choses) ! Ils indiquent à qui appartient la chose ou la personne dont on parle. Les déterminants démonstratifs Ils indiquent ce que l'on montre.

    15. Qui dirigeait la Russie avant Staline ?

    Vladimir Ilitch Oulianov (Lénine) ( 8 novembre 1917 - 3 avril 1922 ) : dirigeant de fait des bolcheviks tout en étant chef du gouvernement.

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    Une fois que vous cliquez sur ce logo, un menu s'ouvre alors sur la gauche de l'écran, avec toutes les options disponibles de votre compte, votre solde y sera également affiché. Cliquez sur "Retirer des fonds" pour accéder à la page des retraits sur laquelle de nombreuses méthodes de retrait seront affichées.

    23. Quel est le numéro WhatsApp de 1xBet ?

    1xbet Côte d'Ivoire - Contacter ce numéro WhatsApp 777942831 | Facebook.

    24. Comment avoir 1xBet personnalisé ?

    Connectez-vous sur le site internet 1xBet. Cliquez sur l'onglet «inscription» placé en haut et à droite de l'écran. Choisissez le mode d'inscription (en un clic, par réseaux sociaux, par email, par téléphone). Choisissez votre nationalité, puis cliquez sur «s'inscrire».

    25. Comment gagner 1.000 euros sur TikTok ?

    Pour gagner de l'argent avec TikTok, vous devez être âgé de 18 ans ou plus, avoir au moins 10 000 abonnés et avoir eu plus de 100 000 vues sur vos vidéos au cours des 30 derniers jours. Vous pouvez ensuite vous adresser au TikTok Creator Fund via l'application.