La finale que personne n’a vue venir
Stade Français, le retour inattendu
Du coup, quand j’ai vu qu’ils avaient battu Toulon en demi-finale, j’étais scotché. Moi qui avais parié 20 balles sur La Rochelle (bon, j’ai perdu, mais bon), je me suis dit : « Mais attends, c’est sérieux là ? » Parce que le Stade, ces dernières années, c’était plus trop ça. Des entraîneurs qui partaient en claquant la porte, des joueurs stars qui débarquaient puis disparaissaient… Et là, paf, une saison sobre, travailleuse, avec Dupont (pas Antoine, hein, le coach, Christophe) qui a remis de l’ordre. Et surtout, une défense qui tenait la route.
Vous savez quoi ? J’étais au Stade Jean-Bouin pour le quart contre Bordeaux. Il pleuvait à seaux, le terrain ressemblait à une patinoire, et pourtant… il y avait une ambiance de dingue. Mon pote Mehdi, celui qui porte toujours son maillot 1998 avec les étoiles découpées à la main, hurlait comme un possédé quand Bastareaud a enfoncé le dernier essai. « On y croit ! » qu’il criait. Moi j’étais plus sceptique. Mais bon, ils ont tenu.
Et Toulouse, toujours là, quoi qu’on dise
Bon, Toulouse, on va pas se mentir, ils étaient largement favoris. Avec leurs All Blacks en deuxième ligne, leur ouvreur qui voit trois passes en avance, et ce stade de Toulouse où même les arbitres ont peur d’aller. Mais cette année, ils ont fait le job sans trop briller. Un peu comme un ancien champion de tennis qui gagne en fond de court, sans smash, sans folie. Juste solide. Très solide.
En demi, ils ont écrasé Clermont, 24-13. Rien de très spectaculaire, mais efficace. J’avais regardé ça chez mon cousin à Pau, avec des merguez et une bière tiède. Il me dit : *« Tu vois, eux, ils savent pas perdre. »* Et c’est vrai. Même quand ils jouent mal, ils trouvent un moyen. C’est agaçant, mais c’est comme ça.
La finale : un choc de styles
Donc voilà, le grand soir : Toulouse vs Stade Français. Le colosse tranquille contre le ressuscité. Le rugby façon laboratoire contre le rugby du cœur, un peu foutraque mais sincère. La finale s’est jouée à Saint-Denis, bien sûr. Plein à craquer. Moi j’avais pas pu avoir de places, donc j’ai regardé au Bar des Sports, à Montmartre. Celui avec la télé qui fait des lignes horizontales quand il pleut.
Le match ? Pas le plus beau de l’histoire. Beaucoup de fautes, de fautes, encore des fautes. Le terrain était gras, les joueurs glissaient, le ballon faisait ce qu’il voulait. Mais à la 72e minute, incroyable : un drop de l’ouvreur du Stade, un jeunot, Machenaud je crois ? Non, pas lui, l’autre, Dupuy ! Enfin bref, un petit mec méconnu, il l’a tenté… et il l’a rentré. 25-24. Silence dans le bar. Même le patron, Marcel, a arrêté de râler contre la facture d’électricité.
Et après ?
Bon, après, Toulouse a eu une dernière mêlée. Ils ont poussé, poussé… mais non. La sirène a sonné. Stade Français en finale… mais battu. Parce que deux minutes plus tard, un centre toulousain, je crois que c’était Ramos, a percé sur l’aile. Et c’était fini. 31-24. Encore eux.
Franchement, j’étais partagé. D’un côté, ça me soûlait qu’ils gagnent encore. De l’autre… bon, c’est Toulouse. C’est comme ça. Et puis le Stade, ce soir-là, il a redressé la tête. Il a montré qu’il était pas mort. Et ça, c’est déjà pas mal.
Enfin bref, les finalistes du Top 14 2023 ? Toulouse et Stade Français. Un duo que personne n’avait vu venir. Mais c’est le rugby : y a toujours une surprise qui te fout un coup de pied là où tu t’y attends pas.
