La force politique et économique, c’est souvent le premier truc qui vient en tête
Bon, d'accord, on pourrait commencer par ça. L'Algérie, le Maroc et la Tunisie, les trois grands piliers du Maghreb, chacun avec ses atouts et ses galères. L'Algérie, par exemple, a ce gaz naturel qui lui donne un poids énorme dans la région. Je me rappelle une fois, à Oran, un ami m’expliquait comment ces ressources, ça peut être un vrai levier, mais aussi un piège si tu diversifies pas ton économie. Le Maroc, lui, c'est un peu le boss du tourisme et de l'agriculture, sans oublier son industrie textile qui cartonne. La Tunisie, elle, joue souvent la carte de la technologie et de la formation, surtout après la révolution — ça a un peu secoué tout le monde, vous vous souvenez ?
Mais la force, c’est pas que les chiffres. C’est aussi comment ces pays tiennent le coup face aux défis du monde moderne, la jeunesse, le chômage, la politique. Franchement, parfois j’ai l’impression que c’est un peu chacun pour soi, mais y’a quand même une belle solidarité quand ça chauffe.
Et la culture alors ? Parce que ça, c’est pas rien non plus
Vous savez quoi ? Pour moi, la vraie force du Maghreb, elle est là. Dans cette richesse culturelle qui fait vibrer tout le bassin méditerranéen. Entre la musique chaâbi, le raï, le gnawa, le malouf, et les mille dialectes qu’on parle, c’est un feu d’artifice. L’autre jour, à Casablanca, j’ai croisé un groupe de jeunes qui improvisaient un rap en darija, et franchement, ça envoyait du lourd. Ça m’a rappelé mes années à Tunis, quand on traînait dans les ruelles, à écouter des histoires racontées par des anciens, un peu comme des trésors oraux. Cette transmission, c’est une vraie force.
Mais on peut pas vraiment dire qu’un pays est plus fort que l’autre, non ?
Exactement. Et puis, c’est quoi la force, au fond ? L’unité dans la diversité, peut-être. J’ai un pote, Karim, originaire d’Alger, qui m’a souvent répété : « Le Maghreb, c’est pas un monstre à une tête, c’est une constellation. » Ça m’a marqué. Parce qu’on a beau vouloir comparer, on est tous liés par l’histoire, les familles, les rêves.
Vous avez déjà senti cette complicité, vous ?
Moi, oui. Une fois, à Tunis, lors d’un mariage, il y avait des invités marocains, algériens, tunisiens, tous mélangés. On chantait, on dansait, on riait, comme si les frontières n’existaient plus. C’est ça, la vraie force : la capacité à se retrouver, à partager, à s’entraider malgré tout.
Alors, au final, qui est le plus fort du Maghreb ? Peut-être que c’est chacun de nous, dans sa façon de porter cette identité, cette énergie. Pas besoin de sacre officiel, juste cette fierté d’être là, ensemble, avec nos différences et nos ressemblances.
Et vous, vous en pensez quoi ? C’est quoi, pour vous, cette force maghrébine ?
