Des cheveux, oui, mais pas que
Alors bon, les cheveux, c’est juste de la kératine. Un truc biologique, mort au bout, enfin bref, rien de magique. Et pourtant… partout dans le monde, depuis toujours, ils ont une signification. Profonde. Parfois même sacrée. En Inde, par exemple, certains pèlerins se rasent la tête entière avant d’entrer dans un temple. C’est un acte de renoncement. De pureté. Comme s’ils disaient : « Je laisse mon ego ici, j’entre vide. »
Et d’un coup, tu te dis : mais attend, moi je me fais une couleur toutes les six semaines pour avoir l’air « plus moi ». C’est l’inverse total. Mon ego, je le peaufine. Franchement, c’est drôle quand on y pense.
Samson et ses dreadlocks bibliques
Il y a cette histoire, dans la Bible, de Samson. Un gars hyper fort, genre super-héros avant l’heure. Et sa force ? Elle vient de ses cheveux. Tant qu’il a ses sept mèches, il soulève des portes, massacre des armées. Mais dès qu’une certaine Dalila les lui coupe… paf. Plus rien. Il devient faible, aveugle, esclave.
Alors évidemment, ce n’est pas qu’une question de poils. C’est une métaphore. La force, liée à une promesse, à une identité, à une foi. Mais quand même — l’image est puissante. On la retrouve un peu partout. En Rastafari, les dreadlocks, c’est pas un style. C’est une déclaration. Un lien avec Dieu, avec l’Afrique, avec la résistance. Rasé ? C’est une humiliation. C’est ce qu’on faisait aux prisonniers, aux déportés pendant la guerre. Enlever les cheveux, c’est enlever l’identité.
Et les femmes, dans tout ça ?
Enfin bref, les hommes, leurs cheveux, c’est la force. Mais les femmes ? Ah, là, c’est une autre histoire. Depuis toujours, les cheveux longs, c’est la féminité. La beauté. La séduction. Regardez Raiponce. Une princesse enfermée, mais avec une chevelure de folie. Elle ne peut pas marcher, mais elle fait monter les gens avec ses tresses. C’est beau, mais un peu flippant aussi, non ?
Et puis tu as les femmes qui se rasent la tête. Volontairement. Parfois après un cancer. Parfois par révolte. Comme cette amie, Lucie, à Lyon — elle avait 28 ans, elle a tout perdu à cause de la chimio. Un jour, elle m’a envoyé un message : « Je vais le faire. Je coupe tout. » Elle a posté une photo. Crâne rasé, sourire énorme, un bandeau rouge. Et tu sais quoi ? Elle était magnifique. Plus forte que jamais. Elle m’a dit : « J’ai l’impression de reprendre le pouvoir. »
Le style, c’est aussi du langage
Et puis il y a le côté mode. Parce que, bon, on va pas se mentir, les cheveux, c’est aussi du code. Une mèche rose, c’est une tribu. Un carré net, c’est du sérieux. Une crête punk, c’est du « je vous emmerde ». Moi, je me souviens, au lycée, j’avais un pote, Tom, il s’appelait. Il s’est fait virer d’un entretien d’embauche en centre commercial parce qu’il avait les cheveux verts. Le responsable a dit : « C’est pas l’image de la marque. » Tom a répondu : « Et ben changez de marque alors. » (Après, il a ouvert un salon de coiffure alternatif. Ironique, non ?)
Les cheveux, c’est un langage muet. On choisit sa coupe comme on choisit ses mots. Parfois on se trompe. Parfois on se cherche. Moi, l’année dernière, j’ai fait une frange. Catastrophe. Trop courte. J’avais l’air d’un mouton énervé. Mais pendant deux mois, je l’ai gardée. Parce que c’était « mon choix ». Même si j’avais honte de sortir.
Et toi, tu en fais quoi, de tes cheveux ?
Alors je me demande… est-ce qu’on contrôle vraiment ce qu’on envoie aux autres ? Parce que moi, je veux juste être à l’aise. Mais en même temps, chaque fois que je vais chez le coiffeur, je réfléchis pendant dix minutes devant la vitrine. Je me dis : « Aujourd’hui, je veux avoir l’air… sûr de moi. Calme. Ou peut-être un peu rebelle ? »
C’est dingue, non, cette pression ? Pour des poils. Mais bon, c’est comme ça. Les cheveux, c’est un masque. Un drapeau. Une armure. Parfois un bouclier. Parfois, juste une mauvaise frange.
Enfin bref. Ce que j’en retiens, c’est que la symbolique des cheveux, elle est partout. Dans les religions, dans les cultures, dans les révoltes, dans les salons de coiffure de quartier. C’est pas qu’un détail. C’est un choix. Même quand on ne fait rien. Parce que ne rien faire, c’est aussi choisir.
Et vous, franchement… vous y pensez, à ce que disent vos cheveux ?
