Et si l’amour avait une adresse dans le ciel ?
Alors bon, je ne vais pas te faire un cours d’astrologie comme si j’étais spécialiste, hein. Moi, l’astro, je connais les bases – mon Soleil en Scorpion, ma Lune en Gémeaux, toute cette histoire. Mais l’étoile de l’amour ? Là, j’avoue, je sèche un peu. Sauf que… j’ai creusé. Par curiosité, tu vois ? Parce que quand même, depuis des millénaires, les gens regardent le ciel pour comprendre leurs sentiments.
Dans l’Antiquité, ils juraient tous par Vénus. La planète de l’amour, de la beauté, du désir. Bon, techniquement, c’est une planète, pas une étoile, mais on s’en fout un peu, non ? Elle brille fort, surtout le matin ou le soir, selon les saisons. J’ai vu Vénus, une fois, depuis le balcon de mon ex. On buvait du vin blanc, un peu tiède, et elle pointait du doigt ce point lumineux dans le ciel. Elle disait : « C’est là qu’on devrait aller. » On n’y est jamais allés. Mais ce moment… il restera.
Et Sirius alors ? La vraie étoile de l’amour ?
Du coup, j’ai fait des recherches, entre deux épisodes de série. Et là, je tombe sur Sirius. L’étoile la plus brillante du ciel nocturne. Elle est dans la constellation du Grand Chien – ouais, je sais, pas très romantique comme nom. Mais attends. En Égypte ancienne, Sirius marquait le début de l’inondation du Nil, ce qui voulait dire fertilité, renouveau… et donc, amour, dans un sens large.
Les Grecs y voyaient aussi un signe de passion, parfois même de folie amoureuse. Quand Sirius brillait fort, les amants devenaient fous. Bon, moi, la dernière fois que j’étais fou amoureux, j’avais mangé un kebab périmé, donc bon… pas sûr que ce soit l’étoile. Mais bon, l’idée est là.
Et le cœur des humains, alors ?
Parce que, franchement, est-ce qu’on a vraiment besoin d’une étoile pour savoir où va l’amour ? Moi, je pense que non. L’amour, il est là, dans le regard, dans un silence, dans une main qui se tend. L’année dernière, j’étais à Lisbonne, seul, un peu perdu. J’ai rencontré une fille dans un tramway – elle lisait Rilke, tu parles d’un cliché. On a discuté deux stations. Puis trois. Puis on a fait tout le tour de la ville. On ne s’est jamais revus. Mais ce jour-là… l’amour était là. Pas dans le ciel. Dans le rire, dans les hésitations, dans les phrases à moitié finies.
Alors oui, peut-être que Sirius brille. Peut-être que Vénus tourne autour du Soleil en faisant des clins d’œil. Mais l’étoile de l’amour ? C’est peut-être juste ce truc invisible qui s’allume entre deux personnes. Un truc qu’aucun télescope ne peut capter.
Et les constellations d’amour, alors ?
Au fait, tu connais celle du Cygne ? Paraît que c’est l’incarnation d’Apollon amoureux. Et puis il y a Cassiopée, Persée… plein de mythes grecs où l’amour sauve, détruit, transfigure. Les anciens mettaient leurs drames sentimentaux dans les étoiles. Comme si dire « je t’aime » n’était pas assez fort – fallait que ça dure des millénaires, gravé dans le cosmos.
Je trouve ça beau. Un peu naïf, mais beau. Parce que quand tu aimes quelqu’un, tu voudrais que ce soit éternel. Alors tu le mets dans les étoiles. Tu dis : « Regarde, c’est nous là-haut. » Même si c’est n’importe quoi. Même si c’est juste un point de lumière à des années-lumière.
Et toi, tu y crois ?
Franchement, je ne sais pas. Un jour oui, un jour non. Quand je suis seul, je lève les yeux, je cherche une étoile qui scintille plus fort. Je me dis : « Peut-être que c’est elle, l’étoile de l’amour. » Mais après, je rigole, parce que je me rappelle que je suis en terrasse, que j’ai oublié mes lunettes, et que c’est sûrement juste un avion.
Mais bon. Peut-être que l’important, ce n’est pas de trouver l’étoile. C’est de chercher. De croire, un peu, même quand on sait que c’est du vent. Parce que l’amour, c’est aussi ça : se laisser bercer par une belle connerie.
Alors, quelle est l’étoile de l’amour ? Aucune. Ou toutes. Ou celle que tu veux. Choisis la tienne. Et dis-toi que ce soir, peut-être, elle brillera un peu plus fort. Enfin bref… moi, je vais aller regarder le ciel. Avec ou sans lunettes.
