On en parle depuis des décennies… mais rien ne change
Les experts donnent des dates… mais pas d’accord entre eux
Je me souviens, il y a deux ans, j’étais à une conférence à Lyon — un truc sur la transition énergétique. Un type, docteur en géologie, balance tranquillement : “On a encore 50 ans de pétrole facile.” Un autre, juste après, dit : “Ouais, mais après, ça devient du cauchemar technique et écologique.” Du coup, j’ai posé la question : “Donc on va pas en manquer, mais on va arrêter d’en vouloir ?” Il m’a regardé, a rigolé, et a dit : “Exactement. La question n’est pas ‘quand on va manquer’, mais ‘quand on va décider d’arrêter’.”
Franchement, ça m’a marqué. Parce que c’est vrai : le pétrole, il est encore là, sous terre, sous les mers, partout. Mais est-ce qu’on aura encore envie de le sortir quand ça coûtera un bras, polluera dix fois plus, et que les alternatives seront matures ?
On ne manque pas de pétrole… mais de pétrole facile
Alors, petit détail qu’on oublie souvent : le pétrole, il n’est pas qu’un seul truc. Il y a le pétrole doux, léger, qu’on pompe facilement — genre le Moyen-Orient. Et puis il y a le lourd, le bitumeux, le schiste, ce genre de trucs qu’il faut gratter, chauffer, casser la roche… Et là, niveau impact, c’est pas joli joli.
En fait, on n’est pas à court de ressources, on est à court de facilité. Le pétrole facile, on l’a déjà largement exploité. Ce qui reste, c’est compliqué, cher, risqué. Du coup, même si techniquement on pourrait continuer des décennies, est-ce qu’on aura les moyens — politiques, économiques, écologiques — de le faire ?
Et puis il y a la demande… qui ralentit
Il y a un truc marrant : en 2023, pour la première fois, les ventes de voitures thermiques ont baissé en Europe. Pas de beaucoup, mais elles ont baissé. Et en Norvège ? Franchement, c’est presque fini : 80 % des voitures vendues, c’est de l’électrique. Alors oui, en Inde, au Nigeria, au Brésil, la demande grimpe encore. Mais la tendance globale, elle est là : on commence à décrocher.
Et les gouvernements, même les plus réticents, commencent à lâcher du lest. Regardez la France : interdiction des voitures thermiques en 2035. Pas demain, mais bon, c’est dans 10 ans. C’est demain, en termes industriels. Du coup, les pétroliers, ils savent que leurs marges vont se rétrécir. Certains, comme TotalEnergies, se repositionnent déjà sur le solaire, l’éolien… Pas par amour de la planète, hein, mais parce qu’ils voient le mur arriver.
Et si on ne manque jamais vraiment de pétrole ?
Au fait, c’est une idée bizarre, mais : et si on ne manquait jamais de pétrole ? Pas parce qu’il y en a une infinité, mais parce qu’on aura arrêté d’en vouloir avant ? Un peu comme on n’a jamais vraiment “manqué” de chevaux pour les voitures — on a juste passé à autre chose.
Pareil pour le pétrole : il pourrait devenir un truc de niche. Pour l’aviation, peut-être, ou la chimie. Mais pour rouler en bagnole ? Plus trop. Et les réserves, elles resteront là, sous terre, comme un vieux souvenir. Un peu comme le charbon aujourd’hui : on en a encore, mais qui en veut ?
Mon pote Mehdi, et son histoire de forage raté
Je vous raconte un truc. Mon pote Mehdi, il bosse dans le forage, en Afrique de l’Ouest. Il m’a appelé l’an dernier, super énervé. Il venait de perdre deux mois sur un forage au Sénégal : ils ont creusé, rien trouvé. Coût : 80 millions. Et ce genre de truc, c’est de plus en plus fréquent. Moins de succès, plus de risques, plus de pression. Du coup, même les gros groupes hésitent. Ils préfèrent investir dans le gaz, ou dans les énergies renouvelables. Parce que bon, faut bien payer les actionnaires, non ?
Et nous, dans tout ça ?
On est un peu passifs, non ? On attend que les politiques décident, que les techs avancent, que les pétroliers lâchent l’affaire. Mais en vrai, on peut déjà agir. Moi, j’ai changé de voiture en 2022 — électrique. Pas pour être vert, mais parce que c’est moins cher à l’usage. Et franchement, c’est agréable. Silence, accélération… bon, les bornes de recharge, c’est encore la galère parfois. Mais ça vient.
Je pense que la fin du pétrole, elle sera douce. Pas un claquement de doigts, mais un lent décrochage. On ne manquera pas de pétrole du jour au lendemain. On en aura juste… de moins en moins besoin. Comme le fax, ou les lecteurs DVD.
Enfin bref, personne ne sait vraiment
Alors, pour répondre à la question initiale : quand le pétrole va manquer ? Aucune idée. Peut-être dans 30 ans. Peut-être dans 80. Ou peut-être qu’on s’en foutera bien avant. Parce que le vrai problème, ce n’est pas de savoir quand on va manquer de pétrole, mais de savoir ce qu’on va faire en attendant.
Enfin bref. Moi, je vais aller charger ma bagnole. Et penser à autre chose.
