Le truc, c’est que « ma chérie », ça résonne
En vrai, j’ai jamais vraiment réfléchi à ça avant. C’est venu tout seul, comme ça, un matin à Lyon, dans la cuisine de notre premier appart. On était en 2016, Camille faisait griller du pain (trop, comme d’hab), et j’ai dit : « T’es vraiment ma chérie, toi… » Elle s’est retournée, a rigolé, et là, paf, c’est entré dans le vocabulaire du quotidien. Un truc léger, affectueux, sans prise de tête.
Mais bon, je me suis souvent demandé : est-ce que ça sonne ringard ? Vieux jeu ? Trop mièvre ? Parce que niveau surnoms, on est tous un peu coincés entre « bébé », « mon cœur », et « mon amour » — et perso, « mon cœur », j’ai du mal. On dirait un personnage de BD des années 50. « Mon amour », ça fait un peu série turque. Et « bébé », non, on a trente-cinq piges, du coup…
Chaque couple a son dialecte d’amour
La vérité, c’est qu’il n’y a pas de bonne ou mauvaise formule. C’est l’intention qui fait tout. J’ai un pote, Julien, qui appelle sa copine « grenouille ». Oui, « grenouille ». Et elle adore. Parce qu’un soir de pluie, elle avait glissé dans une flaque. Voilà. Un truc con, mais sincère. Depuis, « ma petite grenouille » est devenu leur truc.
Alors après, tu peux dire « ma douce », « mon ange », « trésor », « poulette »… Moi, un jour, j’ai testé « ma caille ». Pourquoi ? Aucune idée. Mais Camille a adoré. Elle m’a dit : « C’est nul… mais c’est nous. » Et c’est ça, en fait. Le mot parfait, c’est celui qui vous appartient.
Et si on changeait de registre ?
Parce que bon, moi, j’aime bien varier. Parfois tendre, parfois taquin. Du coup, j’ai mes classiques, mais aussi mes délires. « Ma choupette », « ma puce », « ma belle »… Et puis, en mode rigolo, « chef » ou « patronne ». Genre : « Chef, tu veux un café ? » Elle répond : « Oui, mon lieutenant. » On rigole, mais ça crée une complicité.
J’ai aussi remarqué que l’intonation change tout. Même un mot banal, dit avec les yeux qui pétillent ou la voix un peu rauque au réveil, ça prend une autre dimension. Je me souviens d’un dimanche à Marseille, pluie dehors, on était sous la couette, et j’ai murmuré « ma chérie » comme si je redécouvrais le mot. Elle a eu les larmes aux yeux. Juste pour ça. Pas pour le mot, pour le moment.
Pas besoin de chercher le mot parfait
Enfin bref, tu vois, je crois qu’on se prend trop la tête. On cherche le surnom idéal comme si c’était une performance amoureuse. Mais non. Parfois, c’est juste « toi », dit doucement, en posant la main sur son épaule. Parfois, c’est un silence. Parfois, c’est un surnom ridicule que personne d’autre ne comprend.
Camille, l’autre soir, elle m’a dit : « Tu sais, j’aime bien quand tu dis “ma chérie”, même si c’est pas original. Parce que c’est toi. » Alors voilà. Peut-être que le vrai truc, c’est ça : pas la phrase, pas le mot, mais la personne qui le dit.
Et vous, d’ailleurs ? Vous l’appelez comment, votre moitié ? Parce que moi, je suis curieux. Parfois, les meilleurs surnoms, on les trouve en écoutant les autres. Ou en se plantant lamentablement. (« Ma crevette », ça a duré deux jours. Trop cucul. On a enterré ça dignement au resto japonais.)
Bref. Ma chérie. Ma vie. Mon café cramé. Mon amour. Ma caille. Peu importe le nom, tant que c’est dit avec le cœur, non ?
