Le mot “sosie”, tout simplement
Bon, déjà, le terme le plus courant, c’est “sosie”. T’as dû l’entendre au moins une fois. “Il est le sosie de Bruce Willis !” Franchement, ça claque, non ? C’est fluide, c’est court, ça s’installe bien dans une conversation de bistrot. Le truc, c’est que “sosie” vient du grec, ou enfin, du latin… Attends, je vérifie dans ma tête — non, en fait, je crois que c’est du latin sosia, comme un personnage de comédie chez Plaute. Un type qui s’habille comme un autre pour le remplacer. Bon, peu importe l’origine, hein. L’important, c’est qu’aujourd’hui, on l’utilise pour dire : “Ce mec, il a le même visage que Brad Pitt, mais en moins bronzé.”
Et puis, tiens, une anecdote : l’an dernier, au mariage de ma cousine Sophie à Lyon, un des serveurs — un grand brun, sourire en coin — s’est pointé avec un nœud papillon, et là, toute la tablée a crié : “Mais c’est le sosie de Colin Firth !” Même la tata Monique, qui connaît rien aux films anglais, a hoché la tête en disant : “Oui, le monsieur de *Love Actually*.” Du coup, on l’a appelé “Colin” toute la soirée. Il a même signé des autographes, en rigolant. Le pouvoir du sosie, tu vois ?
Et si c’est plus fort que juste une ressemblance ?
Parce que bon, parfois, c’est pas juste “un air de famille”. Parfois, c’est flippant. Genre, tu regardes une photo, t’as un doute, tu zoomes… et là tu réalises que non, ce n’est pas ton pote, c’est un parfait inconnu. Comment appelle-t-on ce genre de ressemblance quasi surnaturelle ?
Alors là, on peut parler de “double”. “Il a son double dans la nature.” Plus dramatique, un peu sombre, comme si t’attendais la fin d’un film d’horreur. “Le miroir vivant”, aussi, ça sonne bien dans un poème, mais personne ne l’utilise vraiment, sauf peut-être un prof de français en crise existentielle.
Et puis y’a le “look-alike”, version anglaise, qu’on utilise surtout dans le milieu du spectacle. Tu sais, les gens payés pour imiter des stars. J’ai un pote, Greg — pas très futé, mais bon cœur — qui fait le sosie de Depp. Enfin, “fait le sosie”, c’est vite dit : il met un chapeau, une barbe de trois jours, et il se balade dans les mariages en murmurant “Sparrow, c’est moi”. Il gagne 150 balles par soirée. Pas mal, non ?
C’est quoi, la science derrière tout ça ?
Parce que bon, on rigole, mais t’y as déjà pensé ? Pourquoi deux personnes qui ne sont pas parentes peuvent se ressembler comme deux gouttes d’eau ? Une étude espagnole — je l’ai lue dans un article chelou sur Internet, mais j’ai l’impression que c’était sérieux — a montré que certaines personnes partagent jusqu’à 8 points communs sur le visage, rien qu’au hasard. Comme si, sur 7 milliards d’humains, le nez, les yeux, la bouche pouvaient se réarranger de façon identique. Un peu flippant, hein ?
Et puis, il paraît que notre cerveau adore les schémas. Du coup, il cherche des visages connus, même quand y’a rien. C’est pour ça que tu vois Jésus dans une tartine ou Poutine dans ton voisin du dessus. C’est pas de la folie, c’est de la neurologie. Enfin, je crois.
Et nous, on y pense trop ?
Sérieusement, pourquoi on est tous obsédés par les ressemblances ? Moi, j’ai un collègue, Fabrice, qui jure que je ressemble à un acteur belge. “Tu sais, le petit, là, dans *Le Tout Nouveau Testament*…” Je connais pas, j’ai jamais vu. Il insiste. Depuis, chaque fois que je toussote, il me dit : “Tu vas pas écrire le monde à l’envers, j’espère.” Bon, ça fait rire deux secondes, après, tu t’sens un peu con.
Peut-être que chercher des sosies, c’est une façon de se rassurer. De dire : “Je ne suis pas seul à avoir cette tête-là.” Ou alors, c’est juste qu’on aime bien les coïncidences. Le hasard qui fait mouche. Comme quand tu penses à quelqu’un et qu’il t’appelle deux secondes après. Sauf que là, c’est visuel.
Et les faux sosies, hein ?
Parce que bon, faut pas se mentir : parfois, la ressemblance, elle est dans nos têtes. Je me souviens, en vacances à Biarritz, j’étais persuadé que le boulanger ressemblait à Depardieu. Gros nez, voix rauque, moustache… J’ai même dit à ma copine : “Tu vois pas le truc ?” Elle : “Non. Mais t’arrêtes de fixer les gens comme ça, tu fais peur.”
Et puis, trois jours après, il enlève sa casquette… et là, c’est un mec normal, genre prof de gym à la retraite. Du coup, j’ai arrêté de parler de sosie. Jusqu’à ce que je croise un type dans le RER qui ressemblait à mon ancien prof de maths. Et là, bah… j’ai craqué. “Sosie” ou pas, l’habitude, elle est prise.
En vrai, est-ce qu’on a tous un sosie ?
J’ai lu ça quelque part : on aurait tous, en moyenne, six sosies dans le monde. Six ! Tu te rends compte ? Il y a un mec au fin fond du Pakistan qui a ton nez, tes oreilles en feuille de chou, et qui rigole pareil que toi. C’est beau, non ? Ou terrifiant. Selon ton rapport aux inconnus.
Moi, j’aimerais bien rencontrer mon sosie. Juste pour voir. Pour lui serrer la main, lui offrir un café, lui dire : “T’as vu, on a le même air paumé au réveil.” Mais en même temps, j’ai peur que ce soit gênant. Et puis, s’il est plus beau que moi ?
Allez, je me lance : vous, vous pensez avoir un sosie ? Ou vous en avez déjà croisé un ? Parce que franchement, entre nous, c’est toujours un peu magique, non ?
