Le pardon, c’est pas juste dire “c’est pas grave”
Un soir, à la terrasse d’un café, j’en parlais avec Samira (c’est une amie très cash, genre pas de filtre). Elle me sort : “Tu parles de pardon, mais tu veux pas vraiment lâcher. T’es encore en colère.”
Et bam. Elle avait raison.
Le pardon conditionnel : “je te pardonne SI…”
Quand tu attends une contrepartie
Ce type de pardon, je le connais bien. C’est celui que tu donnes… à moitié. Du genre : “Je veux bien te pardonner, mais faut que tu t’excuses”. Ou “OK, mais tu changes ton comportement, hein.”
C’est un pardon qui dépend d’un truc extérieur. Et souvent, on l’utilise pour garder un peu de pouvoir. Un peu comme dire “je te tiens, tu me dois ça”.
Honnêtement ? Ça soulage un temps, mais ça guérit rarement.
Je l’ai utilisé avec mon cousin après une embrouille familiale. Je lui ai dit “je te pardonne” — mais en vrai, j’attendais qu’il revienne ramper. Spoiler : il l’a jamais fait. Et j’ai gardé la rancune pendant des années.
Le pardon silencieux : quand tu pardonnes… mais tu dis rien
Celui qu’on donne sans jamais en parler
Bon, celui-là est plus discret, mais il est puissant. C’est quand tu décides de ne pas te venger, de ne pas ruminer, même si l’autre sait même pas qu’il t’a blessé.
Ça m’est arrivé au boulot. Une collègue (Julie, pour pas la nommer) m’a totalement descendu en réunion. Sans prévenir. J’étais furax. Mais au lieu de faire un esclandre, j’ai pris sur moi. J’ai respiré. Et j’ai laissé couler. Elle saura peut-être jamais, mais moi, j’ai gagné en paix.
Ce type de pardon, c’est plus pour toi que pour l’autre. Genre un nettoyage intérieur.
Le pardon réconciliateur : quand on se retrouve vraiment
Là, on parle du grand pardon, version cinéma
C’est celui qu’on voit dans les films. Deux personnes qui pleurent, se prennent dans les bras, se disent tout, et recommencent sur de bonnes bases.
Mais dans la vraie vie ? Bah... c’est rare. Parce que ça demande deux personnes prêtes à bosser sur leurs blessures. Et franchement, c’est pas tous les jours que ça arrive.
Mais quand ça marche, c’est magique. J’ai vu ça entre mon oncle et ma mère, après des années de froid. Ils ont vidé leur sac (en hurlant, faut pas rêver), mais ils se sont retrouvés. Et maintenant ? Ils s’appellent tous les dimanches. J’y croyais pas.
Le pardon intérieur : le plus dur, le plus long
Celui que tu te dois à toi-même
Ah, celui-là... je crois que c’est le plus compliqué. C’est se pardonner à soi-même. Pour une erreur, un mauvais choix, une faiblesse. Et y a pas de raccourci pour ça.
Je me rappelle une époque où je m’en voulais d’avoir quitté une relation trop vite. J’avais l’impression d’avoir tout gâché. J’ai passé des mois à me refaire le film, à me dire “t’es nul”, “t’aurais dû faire autrement”.
Un jour, en thérapie (oui, j’en parle sans honte), ma psy m’a regardé et a dit : “Tu juges ton passé avec ton regard d’aujourd’hui. Sois plus doux avec toi.”
Et là, ouais… j’ai compris. Le pardon, c’est aussi se traiter comme on traiterait un ami.
Finalement… pardonner, c’est pas oublier
Tu sais, pendant longtemps j’ai cru que pardonner = tirer un trait. Mais c’est faux.
Pardonner, c’est pas dire que c’était OK, ni minimiser ce qu’on a ressenti. C’est juste refuser que la blessure décide pour toi.
Alors voilà :
Parfois tu pardonnes pour avancer.
Parfois tu pardonnes sans que l’autre sache.
Parfois tu pardonnes et tu reviens.
Et parfois… tu pardonnes, mais tu t’éloignes quand même. Et c’est pas grave.
L’important, c’est que ce pardon vienne de toi, pas de la pression des autres.
Et si t’en es pas encore là ? Bah… c’est OK aussi. Le pardon, c’est pas une obligation. C’est un chemin. Et chacun va à son rythme.
