Une question qui touche le cœur des Français
Le piège des célébrités éphémères
On pourrait penser aux stars du moment. Un footballeur qui marque trois buts en Ligue 1, une chanteuse qui cartonne sur TikTok… Mais non. L’amour vrai, celui qui colle à la peau du pays, c’est pas du flash. C’est du solide. Du lent. Du lourd. Comme un bon camembert bien fait. Et puis, soyons honnête : les Français, ils aiment bien râler. Surtout contre ceux qui ont trop de pognon ou qui parlent trop fort. Donc, pas sûr que Kylian Mbappé, malgré son talent de ouf, soit vraiment la personne la plus aimée. Respect, oui. Adoration populaire pure ? Mouais…
Les prétendants au trône du cœur français
Alors, qui ? Faisons un tour du propriétaire, sans se presser, comme un apéro qui s’éternise.
Michel Drucker : le papy national
On rigole, mais attendez. Depuis les années 70, ce type est dans nos salons. Il a vu passer tout le monde. Des chanteurs ringards aux politiques coincés. Il sourit, il écoute, il dit « mon cher ami » à tout le monde. Même quand l’invité est à moitié bourré. C’est un peu l’oncle un peu chiant mais qu’on supporte parce qu’il connaît toute la famille. Et puis, il a fait 50 ans de télé sans jamais se faire détester. En France ! C’est un exploit. Il est là, tranquille, comme un meuble. Mais un meuble qu’on aime bien.
Patrick Sébastien : le rigolo du dimanche soir
« Mes amis, bonsoir ! »… Ce cri de guerre, on l’a tous entendu au moins une fois. Lui, il a bâti son royaume sur la bonne humeur, les claquettes, les sketches potaches. Il a fait rire des millions de gens, souvent moqués par la critique. Mais les critiques, elles, ne regardent pas Le plus grand cabaret du monde. Les gens, si. Surtout les régions, surtout les plus de 60 ans. Il a été viré de France Télévisions ? Scandale national dans certains foyers. Ma tante Jacqueline, à Clermont-Ferrand, elle a même appelé sa députée. Vrai. J’ai vu le courrier. Elle disait : « On nous vole notre bonheur du samedi soir. »
Johnny Hallyday : l’éternel revenant
Mort en 2017. Et pourtant… Est-ce qu’il n’est pas encore l’un des plus aimés ? 800 000 personnes dans les rues de Paris pour son hommage. Des larmes, des drapeaux, des motards partout. Un truc de dingue. Il n’était pas parfait. Loin de là. Mais il incarnait quelque chose : la révolte douce, la voix rauque qui console, le type qui chante « Je te promets » et qu’on croit, même à 70 piges. Il y a des gens qui l’aiment plus aujourd’hui qu’avant. C’est fou, non ?
Et si la réponse n’était pas une star ?
Peut-être qu’on cherche au mauvais endroit. Parce que l’amour, en vrai, il ne se mesure pas à l’audimat. Il est dans les petites choses. Dans les habitudes. Dans les voix du matin à la radio.
Nagui : le roi du petit-déj
Franchement, qui n’a jamais dansé en faisant la vaisselle sur un vieux tube de Toto ? Nagui, c’est 30 ans de matins plus légers. Sur France Inter, sur France 2, il est partout. Il parle vite, il rit fort, il fait des blagues nulles… mais on l’aime. Pourquoi ? Parce qu’il est là. Toujours. Comme le café. Comme les croissants. Il a fait N’oubliez pas les paroles pendant plus de 15 ans. Des gamins ont grandi en chantant avec lui. Des familles entières. Il est pas « cool » pour les jeunes. Il est pire : il est sympa. Et en France, c’est peut-être la qualité la plus rare.
Le facteur, la boulangère, la prof d’histoire-géo
Et si la personne la plus aimée, c’était pas à la télé ? Si c’était Madame Lefebvre, la voisine qui garde les colis ? Ou le papy qui donne des bonbons aux enfants après l’école ? L’amour populaire, parfois, c’est silencieux. C’est discret. C’est dans les gestes. Comme cette infirmière à Lille, que j’ai croisée pendant le Covid. Elle s’appelait Chloé. Elle chantait La Vie en rose aux patients en fin de vie. Pour les apaiser. Personne ne l’a vue à la télé. Mais ceux qui l’ont entendue… ils n’ont jamais oublié. Et moi non plus.
Et la réponse est… ?
Il n’y en a pas. Ou alors, il y en a mille. Parce que l’amour, en France, c’est pas un seul visage. C’est une mosaïque. Faite de rires forcés à Fort Boyard, de larmes devant les obsèques de Johnny, de sourires en entendant Nagui dire « On va pas se mentir… ». C’est affectif. C’est irrationnel. C’est parfois ridicule. Mais c’est vrai.
Alors non, il n’y a pas une personne la plus aimée. Il y a des présences. Des voix qui résonnent. Des silhouettes familières. Des gens qui, sans le savoir, nous tiennent compagnie. Et parfois, c’est suffisant.
Comme disait un vieux sage au comptoir du café à Montluçon : « L’amour, c’est pas qui crie le plus fort. C’est qui est encore là à 23h, avec son pull troué, à parler de rien. »
