Le ch’ti : une langue pleine de couleurs (et de fesses)
Y’a pas longtemps, on discutait avec mon pote Dédé, un pur gars du Nord, genre Lensois qui dit “hein” à la fin de chaque phrase. Et au détour d’une bière (et d’un welsh bien gras), il balance :
“Oh, t’as vu le croupion d’la voisine ?!”
J’étais mort de rire. Croupion ? Sérieux ? Et c’est là que j’ai creusé le sujet.
Les mots ch’tis les plus connus pour dire "cul"
Le fameux “croupion”
Alors ouais, "croupion", c’est sans doute le plus classique et rigolo. C’est un terme qu’on utilisait pour parler du derrière des poules à la base (véridique), mais dans le Nord, on s’en sert souvent pour parler du postérieur des gens... avec tendresse ou moquerie, hein.
Exemple typique :
“Ramène ton croupion, on va être en retard !”
Ça passe crème, même avec mamie. Un peu vieillot peut-être, mais super authentique.
“Qû” (prononcé “cuu”)
Bah ouais, le ch’ti sait simplifier. Le mot “cul” se dit aussi très simplement “qû”, avec l’accent qui va bien. C’est plus cru, faut le dire, un peu comme en français standard, mais avec ce petit twist régional qui fait sourire.
Genre :
“Il s’est vautré sur son qû, j’te jure !”
Là, c’est franc, direct, pas besoin d’explication. Et c’est souvent celui que t’entends dans les discussions un peu salées au bistrot.
“Bachou” (moins connu mais vrai)
Alors celui-là, je l’ai entendu UNE fois, et j’ai cru que le mec se foutait de moi. Mais non, “bachou” ou “bachot”, c’est une vieille expression ch’ti qui désigne les fesses. Rare, mais encore utilisée dans quelques coins du Hainaut, surtout chez les anciens.
Genre :
“Assieds-toi sur ton bachot et mange !”
Pfff, j’ai pas pu m’empêcher de rire. C’est affectueux, presque enfantin.
Quand utiliser quel mot ? Ça dépend de l’ambiance
En famille (et avec modération)
Avec les anciens, “croupion” passe nickel. C’est drôle, ça fait sourire et ça choque personne.
Mais évite “qû” à table avec ta grand-tante de 83 ans, sauf si elle a l’habitude, hein…
Entre potes : tout est permis
Franchement, entre copains, les trois passent. D’ailleurs, on a fait un petit jeu l’autre soir : deviner le mot ch’ti selon des expressions. Quand c’était “cul”, c’était festival.
On est même tombés sur une perle :
“Il a pris un coup d’pied dans l’croupion tellement fort qu’il a volé jusqu’à Lille !”
En public : fais gaffe
Bon, comme partout, évite de crier “mon qû me fait mal” en pleine rue. Même en ch’ti, ça attire des regards.
Un peu d’histoire : pourquoi ces mots sont si vivants ?
Le ch’ti, c’est pas juste rigolo. C’est une vraie langue, un patois picard avec des racines wallonnes, flamandes, germaniques. Et comme toutes les langues populaires, elle aime les mots du quotidien, les mots du corps, les mots crus mais vrais.
J’ai demandé à mon oncle Jean-Marie (70 ans, moustache d’époque, parle encore ch’ti avec son chien) s’il connaissait d’autres mots pour le “cul”.
Il m’a regardé, a souri, et m’a dit :
“Bah, l’cul, c’est comme la soupe : y’en a partout, faut juste savoir comment l’appeler.”
Conclusion : le “cul” en ch’ti, c’est une affaire de style
Alors, comment dire cul en ch’ti ?
“Croupion” pour les puristes tendres
“Qû” pour les brutes rigolardes
“Bachot” pour les nostalgiques du coin
Et au final, peu importe le mot : l’important, c’est de garder la langue vivante, de la transmettre, et d’en rire un bon coup.
Parce qu’un bon croupion bien placé dans une phrase, ça fait toujours son petit effet.
