Pourquoi cette idée nous hante-t-elle autant ?
Alors, d'abord, pourquoi on se pose même la question ? Parce que, avoue, petit, on compare tout. 'Maman, pourquoi lui il a un nouveau vélo et pas moi ?' Ou alors, 'Papa passe plus de temps avec ma sœur, c'est pas juste !' Du coup, on grandit avec cette petite voix qui murmure : y a un préféré, et c'est pas toi. Moi, je pense que c'est normal, hein, les parents sont humains, ils ont leurs faiblesses. Mais bon, ça fait mal quand même. Tu as déjà ressenti ça, toi ? Genre, un Noël où le cadeau de l'autre brillait plus que le tien ?
Et puis, y a des études là-dessus, tu sais. Des psychologues qui disent que 70% des parents avouent en privé avoir un chouchou. Attends, 70% ? C'est énorme ! Mais ils le cachent bien, parce que l'idée d'un favoritisme, ça fout le bazar dans la famille. Moi, je me souviens d'une fois, j'étais ado, et j'ai surpris ma mère dire à une amie : 'Mon petit dernier, il est si doux...' Et bim, moi l'aînée, je me suis sentie invisible. C'était pas méchant, juste... humain, quoi.
Mon histoire avec mon frère, ou comment j'ai compris
Parlons concret, d'ailleurs. Laisse-moi te raconter une anecdote perso, parce que sans ça, on tourne autour du pot. J'ai un frère, appelons-le Alex, on a grandi à Lyon, dans un appart un peu bruyant du quartier de la Guillotière. Nos parents, ils bossaient dur – papa mécano, maman infirmière – et du coup, le soir, c'était la course. Mais Alex, lui, il était le bébé de la famille, trois ans de moins que moi. Et franchement, il avait tout : les câlins en plus, les sorties au foot rien que pour lui, même quand j'aurais bien aimé taguer le long. Une fois, c'était l'anniversaire des 10 ans d'Alex, et maman avait fait un gâteau immense, avec des bonbons partout. Le mien, deux ans avant ? Un truc tout simple, sorti du commerce. J'ai ravalé ma salive, mais intérieurement, ça bouillonnait. 'C'est l'enfant préféré', que je me disais.
Mais attends, je corrige un peu : c'était pas si noir et blanc. Parce que, au fil du temps, j'ai vu que moi, j'avais d'autres trucs. Genre, papa me confiait plus les responsabilités, les discussions sérieuses. Du coup, peut-être que le préféré change selon le moment ? Ouais, c'est ça qui est vicieux. Tu penses que c'est fixe, mais non, ça fluctue. Et toi, dans ta famille, y a eu des moments comme ça ?
Les signes qui ne trompent pas, ou presque
Bon, essayons de décortiquer un peu, sans faire le prof. Quels sont les signes qu'il y a un chouchou ? Déjà, les petites attentions : qui mange en premier à table ? Qui a la plus grande chambre ? Ou alors, les punitions : l'un se fait gronder pour un rien, l'autre passe entre les mailles. Moi, avec Alex, c'était clair sur les notes. Lui, même s'il ramassait des 8/20, papa disait 'T'as fait de ton mieux, fiston'. Moi, un 16/20 et c'était 'Tu pouvais faire mieux'. Aïe. Répétition dans l'air, hein ? Mais c'est vrai, ces trucs-là, ils s'accumulent.
Et psychologiquement, ça marque. J'ai lu un bouquin là-dessus – attends, il s'appelait 'Les frères et sœurs' ou un truc du genre, je sais plus exactement – et l'auteur expliquait que le sentiment d'être le moins aimé peut mener à des jalousies qui durent toute la vie. Franchement, vous savez quoi ? Ça m'a fait réfléchir sur mes propres gosses, maintenant que j'en ai. J'essaie de pas tomber dans le piège, mais c'est dur. L'aînée, elle est si indépendante, et le petit, si câlin... Du coup, je me surprends à doser les bisous.
Une autre anecdote, pour rire un peu
Allez, pour détendre l'atmosphère, une autre histoire. C'était l'été 2015, on était en vacances à la campagne, chez des cousins à côté de Grenoble. Alex et moi, on avait 25 et 22 ans, on était censés être adultes, hein ? Mais voilà, un soir au barbecue, papa sort l'album photos. Et bim, page après page sur les exploits d'Alex bébé : premier pas, premier Noël, tout le tralala. Moi ? Deux ou trois clichés rapides. Ma sœur – attends, j'ai une sœur aussi, j'en ai pas parlé avant, oups – elle rigole et me dit : 'T'es la grande oubliée !' On a ri, mais au fond, ça piquait. Et le pire, c'est que maman a ajouté : 'C'est parce qu'Alex était si mignon, on pouvait pas s'empêcher de le mitrailler.' Sympa, non ? Enfin bref, ce genre de moment te fait douter pour de bon.
Mais bon, je vais pas me plaindre éternellement. C'est la vie, les familles sont pas parfaites. Et toi, si t'as un frère ou une sœur, t'as tes propres anecdotes, j'en suis sûre.
Comment en parler sans tout casser ?
Du coup, la grande question : faut-il en discuter avec ses parents ? Moi, j'ai essayé une fois, avec maman, autour d'un thé. J'ai dit, hésitante : 'Tu sais, des fois je me sens comme la moins favorite...' Elle a nié, bien sûr, 'Mais non, chérie, vous êtes tous égaux pour moi !' Mais ses yeux disaient autre chose, peut-être. Ou peut-être que je projette. C'est ça le truc, on doute même de nos doutes. Les experts conseillent d'en parler calmement, sans accusation, genre 'Je ressens ça, et ça me blesse'. Mais franchement, est-ce que ça change vraiment ?
Et si t'es parent, toi ? Essaie de surveiller tes gestes. Pas de cadeaux disproportionnés, pas de 'mon petit trésor' tout le temps pour un seul. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire, hein ? La spontanéité prend le dessus.
En conclusion, ou presque
Alors, qui est l'enfant préféré ? Probablement celui qui en a le moins besoin, ironie du sort. Ou peut-être qu'il n'y en a pas, et que c'est juste notre perception qui déforme tout. Moi, avec le temps, j'ai appris à lâcher prise. Alex et moi, on est potes maintenant, on en rit même. Mais ce sujet, il reste sensible, comme une égratignure qui guérit pas tout à fait. Et toi, qu'est-ce que t'en penses ? Si t'as vécu ça, raconte-moi, autour du prochain café virtuel. Bon, je m'arrête là, sinon on y passe la nuit !
