Introduction : Quand le sort du fabuliste dépend d'une femme…
Le contexte : La Fontaine, orphelin de mécène
Petite mise en situation : on est en 1672. Jean de La Fontaine n'est plus tout à fait un inconnu, mais il ne roule pas sur l'or non plus. Son principal soutien, la très influente Madame de La Sablière, vient de perdre son mari. Et, comme le veut la logique impitoyable du siècle, qui dit veuvage, dit parfois fin de la protection pour les artistes. On pourrait croire que La Fontaine va se retrouver à la rue, son manuscrit sous le bras, faisant la tournée des salons parisiens… Mais non ! Le destin, facétieux, a d’autres plans pour lui.
La révélation : Madame de La Sablière, plus qu'une mécène
Eh oui, c’est bien elle, Madame de La Sablière, qui va prendre la relève… et même plus ! Après le décès de son époux, elle choisit de maintenir, voire d’intensifier, sa protection envers La Fontaine. C’est une décision audacieuse, presque révolutionnaire pour l’époque, où le veuvage impose souvent la discrétion et le retrait du monde.
Mais pourquoi donc ? Voilà la vraie question. Est-ce l’admiration pour le talent du poète ? Un simple goût pour la littérature, ou bien un attachement plus personnel ? Les historiens s’en donnent à cœur joie… et moi aussi, j’y vais de mon grain de sel : à mon avis, il y avait là un vrai coup de foudre intellectuel. Madame de La Sablière, c’est la femme moderne avant l’heure, indépendante, curieuse, et surtout très cultivée. Elle ouvre son salon à tout ce que Paris compte d’esprits brillants… et La Fontaine y trouve un refuge, un laboratoire d’idées, et une amitié précieuse.
La Sablière et La Fontaine : une alliance qui change tout
Un soutien sans faille
Ce qui m’impressionne, c’est la constance de Madame de La Sablière. Elle ne se contente pas d’offrir un toit au poète – elle l’intègre à son cercle, le pousse à écrire, le nourrit littéralement et spirituellement. Grâce à elle, La Fontaine peut enfin souffler, écrire sans avoir à flatter les puissants, et surtout publier certaines de ses fables les plus célèbres.
Une inspiration inépuisable
Impossible de ne pas voir l’influence de cette femme dans l’œuvre de La Fontaine post-1672. Les thèmes deviennent plus profonds, parfois plus audacieux. L’amitié, la condition humaine, la critique sociale… tout ça prend une ampleur nouvelle. Et là, on sent toute la force de la relation : une protectrice qui agit comme un véritable catalyseur de création.
Petite digression sur le rôle des femmes dans la vie des artistes
L’histoire de Madame de La Sablière et de La Fontaine, c’est aussi celle de toutes ces femmes de l’ombre, qui, par leur générosité, leur intelligence, et parfois leur amour, ont permis à des chefs-d’œuvre de voir le jour. On les oublie trop souvent ! Et franchement, sans Madame de La Sablière, aurions-nous eu le même La Fontaine ? J’en doute…
Conclusion : Quand le génie rencontre la bienveillance
Alors, qui deviendra la protectrice de Jean de La Fontaine en 1672 ? Vous l’aurez compris : c’est bien Madame de La Sablière, cette femme exceptionnelle, un peu rebelle, qui offre au fabuliste bien plus qu’un toit. Elle lui offre le luxe inestimable de la liberté créatrice. Et si aujourd’hui encore, les fables de La Fontaine résonnent dans nos mémoires, c’est aussi grâce à elle. Comme quoi, derrière chaque grand homme, il y a (souvent) une grande femme. À méditer !
