On pourrait croire qu'après avoir passé dix ans sur les plateaux de Harry Potter aux côtés des plus grands noms du cinéma britannique, Emma Watson aurait une réponse toute faite, un peu lisse, un peu convenue. Sauf que la réalité est plus nuancée. Ce n'est pas juste une question de talent brut ou de nombre d'Oscars sur la cheminée. Pour celle qui a prêté ses traits à Hermione Granger pendant une décennie, l'admiration naît souvent dans l'intimité des coulisses, là où le maquillage coule et où la fatigue s'installe après seize heures de tournage. Je reste convaincu que son choix en dit bien plus sur sa propre vision du métier que sur la filmographie de ses idoles.
L'ombre bienveillante de Kevin Kline sur le plateau de La Belle et la Bête
Quand on interroge Emma Watson sur ses influences, le nom de Kevin Kline revient avec une régularité presque déconcertante. Ce n'est pas forcément l'acteur auquel on pense immédiatement quand on évoque les blockbusters hollywoodiens actuels, et pourtant. Pour Emma, Kline représente une forme d'élégance rare, une sorte de maître zen de la comédie et du drame qui ne semble jamais forcer son talent. Le truc c'est que, sur le tournage de la version live-action de Disney en 2017, une connexion très forte s'est établie entre l'actrice de 34 ans et celui qui incarnait son père à l'écran, Maurice.
Une rencontre qui a bousculé ses certitudes
Emma a souvent raconté cette anecdote : elle était pétrifiée à l'idée de chanter et de porter un projet d'une telle envergure. Kline, avec ses décennies d'expérience et son Oscar pour Un poisson nommé Wanda, aurait pu se contenter de faire son job et de repartir dans sa loge. Mais il a fait l'inverse. Il a passé des heures à discuter avec elle, non pas de technique pure, mais de la vie d'artiste. C'est là où ça coince souvent pour les jeunes stars : elles sont entourées de conseillers, mais rarement de mentors. Kline a comblé ce vide. Il lui a appris que l'on pouvait être un immense acteur tout en restant d'une simplicité désarmante, loin des caprices de diva que l'on croise parfois dans ce milieu.
Pourquoi Kline et pas un autre ?
La réponse tient en un mot : l'intégrité. Watson admire chez lui cette capacité à choisir des projets qui font sens, même s'ils ne rapportent pas des millions de dollars au box-office mondial. À 77 ans, Kline possède une aura qui fascine Emma. Elle a même avoué dans plusieurs interviews pour la presse américaine qu'elle le considérait comme son "acteur préféré de tous les temps". C'est un choix de connaisseuse, un choix qui montre qu'elle privilégie la texture du jeu d'acteur à la simple célébrité. Et entre nous, quand on voit la subtilité de Kline, on comprend vite pourquoi une intellectuelle comme Watson a succombé à son charme professionnel.
Meryl Streep, le modèle absolu de la carrière parfaite selon Emma
Si Kevin Kline est son coup de cœur humain, Meryl Streep est son étoile polaire sur le plan de la carrière. On ne va pas se mentir, citer Streep comme référence, c'est un peu un cliché dans le milieu du cinéma, un peu comme dire qu'on aime la pizza. Mais pour Emma Watson, c'est différent. Ce n'est pas seulement la performance dans Le Diable s'habille en Prada ou Le Choix de Sophie qui l'anime. C'est la capacité de Streep à utiliser sa voix pour des causes qui dépassent le cadre du septième art. Car oui, pour Emma, l'actrice et la militante sont indissociables.
L'engagement au-delà de l'écran de cinéma
On se souvient tous du discours d'Emma Watson à l'ONU pour la campagne HeForShe en 2014. Ce jour-là, elle a franchi une étape. Elle n'était plus seulement "la fille de Harry Potter", elle devenait une figure de proue du féminisme moderne. Et qui était là pour la soutenir, parfois publiquement, parfois dans l'ombre ? Meryl Streep. L'admiration est réciproque, mais pour Emma, Streep reste la référence ultime de la femme qui a réussi à naviguer dans les eaux troubles d'Hollywood sans jamais perdre son âme ni ses convictions. C'est un équilibre que peu d'actrices parviennent à maintenir sur quarante ans de carrière.
La technique de jeu : une fascination partagée pour le détail
Watson est une bosseuse. Une vraie. Elle annote ses scripts, fait des recherches approfondies sur ses personnages, va jusqu'à s'inscrire à l'université de Brown pour garder un pied dans la réalité académique. Elle voit en Meryl Streep cette même rigueur quasi scientifique. Lors du tournage de Les Filles du docteur March (Little Women) réalisé par Greta Gerwig en 2019, Emma a pu observer Streep de près. Voir comment elle module sa voix, comment elle utilise ses mains, comment elle habite l'espace. Pour Emma, c'était un peu comme un étudiant en physique qui regarderait Einstein faire des calculs au tableau. Autant dire que l'expérience a renforcé son idée que Streep est la reine incontestée du domaine.
Tom Felton : entre béguin d'enfance et respect artistique profond
Il est impossible d'écrire sur les préférences d'Emma Watson sans mentionner Tom Felton. Alors certes, on s'éloigne un peu de la figure du "mentor" pour entrer dans quelque chose de plus personnel, de plus viscéral. Pendant les premières années de la saga Harry Potter, Emma était éperdument amoureuse de celui qui jouait Drago Malefoy. Elle l'a admis elle-même lors de l'émission spéciale pour les 20 ans de la franchise sur HBO Max. Mais au-delà de l'anecdote romantique qui fait vibrer les fans sur TikTok, il y a une réelle admiration pour l'acteur.
Tom Felton a cette capacité à jouer les méchants avec une vulnérabilité que peu de jeunes acteurs possédaient à l'époque. Emma a souvent souligné que Tom était, dans la vraie vie, la personne la plus douce du monde, ce qui rendait sa performance d'antagoniste encore plus impressionnante à ses yeux. Le problème, c'est que le public a tendance à les enfermer dans cette relation platonique alors que leur lien est avant tout basé sur une reconnaissance mutuelle de leur travail. Ils se comprennent sans se parler, ayant vécu ensemble ce traumatisme joyeux qu'est la célébrité mondiale précoce.
Ces comédiens de la vieille garde qu'elle admire en secret
On n'y pense pas assez, mais Emma Watson a été éduquée par la crème de la crème du théâtre britannique. Imaginez un instant : vous avez 11 ans et vous donnez la réplique à Maggie Smith, Alan Rickman ou Gary Oldman. Forcément, ça laisse des traces indélébiles sur votre perception de ce qu'est un bon acteur. Elle a souvent confié que Maggie Smith, avec son humour acéré et sa discipline de fer, était un modèle de longévité. Elle ne cherchait pas à plaire, elle cherchait la justesse.
Gary Oldman, quant à lui, représente pour elle le caméléon absolu. Elle a été fascinée par sa transformation en Sirius Black, mais aussi par sa capacité à rester d'une humilité totale malgré son statut de légende vivante. Ces acteurs ne sont pas seulement ses préférés, ils sont ses fondations. Elle a pioché chez chacun d'eux un petit bout de technique ou une philosophie de vie. Résultat : elle possède aujourd'hui une palette de jeu qui essaie de synthétiser toutes ces influences prestigieuses.
Pourquoi la notion d'acteur préféré est-elle si complexe pour une star ?
Honnêtement, c'est flou. Quand vous êtes une personnalité publique comme Emma Watson, dire "mon acteur préféré est X" peut avoir des répercussions énormes. On va analyser vos propos, chercher des messages cachés, ou pire, vexer d'anciens collaborateurs. C'est pour ça qu'elle reste souvent prudente. Mais là où ça devient intéressant, c'est quand elle sort des sentiers battus pour citer des acteurs de cinéma indépendant ou des artistes de théâtre moins connus du grand public.
Elle cherche avant tout l'authenticité. Dans un monde de filtres Instagram et de communication millimétrée, Watson est attirée par ceux qui osent être imparfaits. Elle a déjà mentionné admirer la prise de risque d'acteurs comme Daniel Day-Lewis, capable de disparaître totalement derrière un rôle. Mais elle sait aussi que ce niveau d'implication a un coût psychologique qu'elle n'est pas forcément prête à payer. C'est une nuance importante : on peut admirer un artiste sans vouloir copier son mode de vie destructeur.
Les critères secrets d'Emma Watson pour juger une performance
Si l'on décortique ses interviews au fil des ans, on s'aperçoit qu'Emma Watson ne s'arrête pas à la simple beauté d'une scène. Elle a des critères très précis, presque une grille d'évaluation interne. D'abord, il y a le naturel. Elle déteste le surjeu, ce qu'on appelle le "hammy acting" en anglais. Pour elle, un acteur est bon quand on oublie qu'il joue. C'est sans doute pour cela que Kevin Kline reste son favori : il a cette aisance naturelle qui donne l'impression que les répliques viennent d'être inventées à l'instant même.
Ensuite, il y a l'éthique de travail. Emma est connue pour être une élève modèle sur les plateaux. Elle arrive à l'heure, connaît son texte sur le bout des doigts et respecte chaque membre de l'équipe technique, du réalisateur au stagiaire café. Elle ne peut pas admirer un acteur, aussi talentueux soit-il, s'il se comporte mal avec les autres. C'est un point non négociable pour elle. L'humain prime sur l'artiste. C'est peut-être ce qui la différencie de certains cinéphiles qui séparent l'homme de l'œuvre.
Comparaison : Kevin Kline vs Meryl Streep – Qui gagne vraiment ?
Si on devait faire un match amical entre les deux piliers de son panthéon personnel, le résultat serait serré. D'un côté, nous avons Kline, le mentor de proximité, celui avec qui elle a partagé des moments de vulnérabilité sur un plateau immense. De l'autre, Streep, l'idole lointaine (même si elles se connaissent désormais), la figure tutélaire qui montre le chemin de l'excellence et de l'engagement politique. À ceci près que Kline semble toucher une corde plus sensible, plus émotionnelle chez elle.
On sent que Kline est l'acteur qu'elle appellerait pour demander un conseil sur un choix de carrière difficile. Streep est celle qu'elle regarderait en boucle avant de préparer un rôle complexe. L'un nourrit son cœur, l'autre nourrit son ambition. C'est une dualité saine qui lui permet de ne pas s'enfermer dans un seul type d'admiration. Mais si on la poussait vraiment dans ses retranchements, je parie que c'est le nom de Kline qui sortirait en premier, simplement à cause de cette expérience humaine unique vécue pendant les mois de tournage de La Belle et la Bête.
Questions fréquentes sur les goûts d'Emma Watson
Est-ce qu'Emma Watson aime travailler avec ses amis de Harry Potter ?
Absolument. Elle est restée très proche de Daniel Radcliffe et Rupert Grint. Même s'ils ne sont pas ses "acteurs préférés" au sens académique du terme, elle a une admiration sans bornes pour la façon dont ils ont géré l'après-Potter. Elle considère Daniel comme un bourreau de travail inspirant, notamment pour ses choix audacieux au théâtre et dans le cinéma indépendant. C'est une forme de respect différente, plus fraternelle.
Quels sont les films préférés d'Emma Watson ?
Elle a souvent cité Notting Hill comme un film doudou, ce qui montre son attachement aux comédies romantiques bien écrites. Elle apprécie aussi le cinéma plus exigeant, comme les œuvres de Jean-Luc Godard, preuve de sa culture cinématographique assez vaste. Mais son cœur penche souvent vers des histoires où l'humain et les relations sociales sont au centre du récit, plutôt que vers les grands spectacles d'effets spéciaux.
A-t-elle déjà mentionné des acteurs français ?
Emma Watson est née à Paris et a vécu en France jusqu'à l'âge de 5 ans. Elle garde un lien fort avec la culture française. Bien qu'elle ne cite pas souvent de noms précis, elle a déjà exprimé son admiration pour le naturel des actrices françaises comme Catherine Deneuve ou Isabelle Huppert. Elle apprécie cette liberté de ton et cette absence de fard qui caractérisent souvent le cinéma hexagonal, loin des standards de perfection parfois étouffants de Los Angeles.
Quel est le rôle qu'elle aurait aimé jouer ?
Elle n'a jamais caché son envie de rôles plus sombres ou plus complexes physiquement. Elle admire les actrices qui n'ont pas peur de s'enlaidir pour un rôle, comme Charlize Theron dans Monster. Cela montre que son acteur ou son actrice préféré(e) doit avoir cette capacité de transformation totale. Elle cherche constamment à casser son image de "jeune fille parfaite" pour explorer des zones plus troubles de la psyché humaine.
Le verdict sur l'idole de la petite sorcière
Au final, l'acteur préféré d'Emma Watson n'est pas une figure figée dans le marbre. C'est un mélange d'influences. Si Kevin Kline occupe une place spéciale pour la chaleur humaine qu'il dégage, l'ensemble de ses choix montre une jeune femme en quête de sens. Elle n'admire pas la gloire, elle admire le travail, la rigueur et surtout, la capacité à rester soi-même dans un tourbillon médiatique permanent. C'est peut-être ça, le plus grand talent qu'elle recherche chez les autres : la vérité.
On est loin du compte si on pense qu'elle se contente de suivre les modes. Ses goûts sont le reflet de ses propres combats : le féminisme, l'éducation, l'écologie. Pour elle, un grand acteur est quelqu'un qui rend le monde un peu plus compréhensible ou un peu plus supportable. Que ce soit par un éclat de rire provoqué par Kline ou par une prise de conscience politique portée par Streep, l'objectif reste le même. Et c'est précisément là que réside la cohérence d'Emma Watson : ses idoles lui ressemblent, elles sont exigeantes, brillantes et profondément engagées dans leur époque.
