Le Venezuela, triste leader des classements mondiaux de la délinquance
Le truc c'est que le Venezuela, ce n'est pas juste un pays qui traverse une mauvaise passe, c'est un effondrement complet des structures étatiques qui a laissé un vide béant, vite comblé par des gangs ultra-organisés. On parle souvent de Caracas comme de la ville la plus dangereuse du monde (enfin, une des plus dangereuses, ça dépend si vous demandez à l'ONU ou à une ONG locale qui compte les corps à la morgue). Là-bas, l'impunité dépasse les 90 %, ce qui veut dire qu'un criminel a quasiment toutes les chances de ne jamais voir l'intérieur d'une cellule de prison.
L'effondrement économique comme moteur de la violence
Quand l'inflation atteint des sommets stratosphériques et que le salaire minimum ne permet même plus d'acheter un kilo de riz, la survie devient une lutte quotidienne. Or, cette misère noire nourrit directement les réseaux de criminalité organisée qui recrutent des jeunes n'ayant plus rien à perdre. Je reste convaincu que sans une stabilisation économique radicale, aucune mesure policière ne pourra endiguer cette vague de violence qui submerge le pays depuis plus d'une décennie.
Le biais des statistiques officielles à Caracas
Il y a un hic. Le gouvernement vénézuélien a cessé de publier des données fiables depuis des années, préférant occulter une réalité qui dérange l'image de la révolution. Résultat : les chercheurs doivent se baser sur les rapports des hôpitaux, les témoignages des familles et les articles de presse pour estimer le taux d'homicide, qui oscille entre 40 et 60 pour 100 000 habitants selon les années. C'est flou, c'est contesté, mais c'est terrifiant.
L'Amérique Centrale et le spectre des gangs transfrontaliers
Juste derrière, on retrouve souvent le Honduras et le Salvador, même si la situation évolue de manière spectaculaire dans ce dernier. Au Honduras, le problème vient surtout du narcotrafic. Le pays sert de pont pour la cocaïne qui remonte vers le Nord, et là où il y a de la drogue, il y a des armes, de la corruption et des règlements de comptes sanglants. C'est mathématique.
Le cas particulier du Salvador et la méthode Bukele
Le Salvador a longtemps été considéré comme le pays le plus dangereux au monde, hors zone de guerre, avec des taux d'homicide dépassant les 100 pour 100 000 habitants en 2015. Mais là, on assiste à un virage à 180 degrés qui divise les observateurs internationaux. Le président Nayib Bukele a lancé une guerre totale contre les "maras", ces gangs qui terrorisaient la population. Aujourd'hui, le taux de criminalité s'est effondré, mais à quel prix ?
L'impact dévastateur des Maras et la réponse carcérale
Les Maras, comme la MS-13 ou le Barrio 18, fonctionnaient comme des États dans l'État, gérant l'extorsion et la violence de rue avec une cruauté inouïe. La réponse du gouvernement a été de construire des méga-prisons et d'arrêter des dizaines de milliers de personnes, parfois sans preuves solides. C'est efficace sur le court terme, certes, mais on est loin du compte en termes de respect des droits de l'homme. La sécurité est revenue, mais la liberté, elle, semble s'être fait la malle.
Le Honduras, plaque tournante du trafic de drogue
Au Honduras, la situation reste précaire car les institutions sont gangrénées par l'argent sale. On n'y pense pas assez, mais la criminalité n'est pas qu'une affaire de bandits de grand chemin ; c'est aussi une affaire de cols blancs qui ferment les yeux en échange de valises de billets. Le taux d'homicide y reste l'un des plus élevés de la région, avec environ 35 morts pour 100 000 habitants, un chiffre qui ferait pâlir n'importe quel ministre de l'Intérieur européen.
L'Afrique du Sud : une violence endémique et structurelle
Si on quitte les Amériques pour l'Afrique, l'Afrique du Sud apparaît immédiatement dans le haut du panier. C'est un pays magnifique, mais avec une face sombre d'une violence rare. Le problème ici est différent : il s'agit d'une violence ancrée dans des inégalités sociales abyssales héritées de l'apartheid. On ne parle pas seulement de vols, on parle d'agressions d'une brutalité extrême, de viols (le pays a l'un des taux les plus élevés au monde) et de meurtres gratuits.
La culture de l'enfermement et les "gated communities"
En Afrique du Sud, si vous avez de l'argent, vous vivez derrière des murs de trois mètres de haut surmontés de barbelés électrifiés. C'est une réalité quotidienne. On vit dans la peur constante du "carjacking" ou du "home invasion". Soit dit en passant, cette ségrégation spatiale ne fait qu'accentuer le ressentiment et, par extension, la violence. C'est un cercle vicieux dont le pays n'arrive pas à s'extraire malgré les promesses politiques successives.
Les chiffres qui font froid dans le dos
Chaque jour, en moyenne, 75 personnes sont assassinées en Afrique du Sud. Vous avez bien lu : 75. Pour donner un ordre de grandeur, c'est comme si une petite ville française disparaissait chaque année sous les balles ou les coups de couteau. Les zones comme les Cape Flats, près du Cap, sont de véritables zones de guerre où la police ne rentre qu'en convoi blindé. À ceci près que ce n'est pas une guerre officielle, juste le quotidien de millions de gens.
Pourquoi le taux d'homicide ne dit pas tout sur la dangerosité
Il faut arrêter de ne regarder que les meurtres. La criminalité, c'est aussi le vol à la tire, l'extorsion, le kidnapping et la cybercriminalité. Un pays peut avoir un taux d'homicide relativement bas mais être un enfer pour ses habitants à cause de la petite délinquance omniprésente. Prenez certains pays d'Asie du Sud-Est ou même certaines zones urbaines en Europe : le sentiment d'insécurité y est parfois plus fort qu'ailleurs, car la justice semble impuissante face aux incivilités répétées.
Délinquance de rue vs criminalité organisée
Le truc, c'est de faire la distinction entre le risque pour le touriste et le risque pour le local. Au Mexique, par exemple, le taux de criminalité est énorme, mais il est concentré sur la guerre entre cartels. Si vous ne vendez pas de drogue et que vous ne vous mêlez pas des affaires des Zetas ou du cartel de Sinaloa, vos chances de survie augmentent drastiquement. Par contre, au Brésil, la délinquance de rue est beaucoup plus aléatoire : un vol de téléphone peut dégénérer en drame en une seconde.
L'indice de perception : la peur est-elle rationnelle ?
Il y a une différence majeure entre être en danger et se sentir en danger. Certains pays scandinaves voient leur indice de perception de la criminalité augmenter à cause de faits divers ultra-médiatisés, alors que statistiquement, ils restent des havres de paix. À l'inverse, dans certaines dictatures, le taux de criminalité affiché est de zéro. Pourquoi ? Car personne n'ose porter plainte et que la police fait disparaître les dossiers gênants. Bref, les chiffres sont des menteurs patentés si on ne les croise pas avec la réalité du terrain.
Les erreurs de lecture courantes quand on compare les nations
Comparer le taux de criminalité de la France avec celui de la Papouasie-Nouvelle-Guinée n'a aucun sens si on ne prend pas en compte le taux de dépôt de plainte. Dans les pays développés, on signale quasiment tout. Dans les pays où la police est perçue comme plus dangereuse que les criminels eux-mêmes, on ne signale rien. D'où des statistiques qui semblent parfois absurdes.
Le biais des systèmes judiciaires performants
Plus un pays est efficace pour traquer le crime, plus son taux de criminalité enregistré peut paraître élevé. C'est le paradoxe du policier : si vous mettez plus de flics dans la rue, vous allez constater plus d'infractions, pas parce qu'il y en a plus, mais parce que vous les voyez enfin. C'est précisément là que beaucoup d'analystes de salon se plantent royalement.
La définition du "crime" varie d'une frontière à l'autre
Ce qui est un crime ici ne l'est pas forcément ailleurs. La consommation de drogues, la prostitution ou même certains délits d'opinion peuvent gonfler artificiellement les chiffres de certains pays. Pour avoir une vision juste, il faut se concentrer sur les crimes violents, ceux qui portent atteinte à l'intégrité physique. C'est le seul indicateur qui permet vraiment de mesurer la température d'une société.
Questions fréquentes sur la criminalité mondiale
Quel est le pays le plus sûr du monde ?
L'Islande arrive souvent en tête, suivie de près par Singapour et le Danemark. En Islande, les policiers ne portent même pas d'armes à feu lors de leurs patrouilles régulières. On est loin, très loin du compte par rapport au Venezuela ou au Nigeria. C'est presque un autre monde, une autre dimension sociale où la confiance envers l'autre est la norme, pas l'exception.
Est-ce que le tourisme est dangereux dans les pays à fort taux de criminalité ?
Tout dépend de votre comportement. Au Mexique ou au Brésil, si vous restez dans les zones balisées et que vous ne jouez pas aux aventuriers dans les favelas à 3 heures du matin, les risques sont limités. Mais le risque zéro n'existe pas. Franchement, qui irait se promener à Port-au-Prince sans escorte aujourd'hui ? Il faut savoir faire la part des choses entre curiosité et inconscience pure.
Le taux de criminalité augmente-t-il globalement ?
C'est une idée reçue. Globalement, le monde est moins violent qu'il y a cinquante ans. Cependant, certaines régions s'embrasent à cause de l'instabilité politique ou du trafic de drogue. La violence s'est déplacée, elle est devenue plus spectaculaire avec les réseaux sociaux, mais elle n'est pas forcément plus fréquente à l'échelle de la planète. Sauf que, quand ça tape, ça tape fort.
Le verdict : au-delà du simple classement
Identifier le pays avec le pire taux de criminalité revient souvent à pointer du doigt le Venezuela, le Honduras ou l'Afrique du Sud. Mais au-delà de la compétition macabre des chiffres, ce qu'il faut retenir, c'est que la criminalité est le symptôme d'une maladie plus grave : l'absence d'État, l'injustice sociale et le manque d'avenir pour la jeunesse. Un pays ne devient pas dangereux par hasard ou par culture ; il le devient par nécessité ou par abandon.
Honnêtement, c'est flou de vouloir établir une hiérarchie exacte. Entre un pays en guerre civile larvée comme la Syrie (où les crimes ne sont même plus comptabilisés) et un pays gangréné par les cartels comme le Mexique, qui souffre le plus ? La réponse n'est pas dans un tableau Excel. Elle est dans les yeux des populations qui, chaque soir, s'enferment à double tour en espérant que le lendemain sera un peu moins violent que la veille. La sécurité n'est pas un luxe, c'est le socle de toute civilisation, et là où elle manque, tout le reste s'écroule, irrémédiablement.
