D’où sort cette règle du 70/30, et pourquoi 70-30 plutôt que 80-20 ?
La règle du 70/30 n’a rien d’un dogme sorti d’un manuel d’architecture. Elle émerge plutôt d’une observation empirique : nos yeux et notre cerveau ont besoin de repères stables pour se sentir à l’aise dans un espace. (D’ailleurs, on la retrouve sous des formes légèrement différentes dans d’autres domaines, comme le jardinage ou même la gestion de projet.) Le principe ? Consacrer 70 % de votre décoration à des éléments neutres, apaisants, qui forment l’ossature de la pièce – murs, sol, meubles principaux. Les 30 % restants ? C’est là que tout se joue : couleurs vives, textures audacieuses, objets qui racontent une histoire.
Pourquoi ce ratio et pas un autre ? Parce que 70/30, c’est le seuil où l’équilibre bascule. Moins de 30 % d’éléments marquants, et la pièce risque de paraître fade, comme un tableau sans accent. Plus de 30 %, et c’est l’effet "bazar chic" garanti – ou pire, le fouillis pur et simple. Or, ce n’est pas une coïncidence si les intérieurs qui résistent à l’épreuve du temps respectent souvent cette proportion, même sans le savoir. Les magazines de décoration regorgent d’exemples où ce ratio est appliqué sans être nommé : un canapé gris (70 %), des coussins rouge bordeaux (30 %) ; un mur blanc cassé (70 %), une étagère remplie de livres et de souvenirs (30 %).
Mais attention : cette règle n’est pas gravée dans le marbre. Certains designers la poussent jusqu’à 60/40 pour des espaces plus dynamiques, comme les lofts industriels. D’autres la réduisent à 80/20 pour des intérieurs minimalistes, où chaque objet doit justifier sa présence. Le vrai enjeu, c’est de comprendre pourquoi ce ratio fonctionne, pas de l’appliquer bêtement. Car une fois qu’on a saisi la logique, on peut la tordre, la réinventer, ou même l’ignorer quand c’est nécessaire.
Les origines floues d’un principe universel
Personne ne sait vraiment qui a inventé la règle du 70/30. Certains l’attribuent aux architectes d’intérieur scandinaves des années 1950, qui cherchaient à concilier fonctionnalité et esthétique dans des espaces souvent petits. D’autres y voient l’influence des théories du Bauhaus sur l’équilibre des formes et des couleurs. Une chose est sûre : ce n’est pas une invention marketing, mais plutôt une intuition partagée par des générations de décorateurs. (Et si vous fouillez dans les vieux numéros de Elle Décoration ou AD, vous tomberez sur des intérieurs qui l’appliquent sans jamais la nommer.)
Le plus intéressant, c’est que cette règle transcende les styles. Que vous aimiez le bohème, le contemporain ou le rustique, le 70/30 s’adapte. La différence réside dans ce que vous mettez dans chaque partie. Un intérieur industriel misera sur 70 % de béton, métal et lignes épurées, avec 30 % de touches organiques (bois brut, plantes). Un salon bohème, lui, inversera presque la logique : 70 % de textures douces et de couleurs chaudes, et 30 % d’éléments graphiques ou métalliques pour éviter l’effet "trop sucré".
Pourquoi notre cerveau adore ce ratio (même sans le savoir)
Des études en neurosciences de l’esthétique montrent que notre cerveau préfère les environnements qui combinent stabilité et stimulation. Trop de stabilité ? Ennui. Trop de stimulation ? Stress. Le 70/30, c’est le juste milieu. Les 70 % de neutralité créent un cadre rassurant, une toile de fond qui permet aux 30 % restants de briller sans agresser. C’est un peu comme en musique : une mélodie simple (70 %) avec quelques notes inattendues (30 %) qui la rendent mémorable.
Et puis, il y a cette question de hiérarchie visuelle. Dans une pièce, certains éléments doivent dominer pour guider le regard. Si tout crie en même temps, l’œil ne sait plus où se poser. Le 70/30, c’est une façon de dire : "Voici l’essentiel, et voici ce qui le met en valeur." Prenez un salon avec un canapé beige (70 %), une lampe design (15 %) et une toile abstraite (15 %). Le canapé sert de base, la lampe et le tableau apportent du caractère. Sans cette répartition, la pièce perdrait son équilibre – et vous, votre sérénité.
Comment appliquer la règle du 70/30 pièce par pièce (sans tout casser)
Appliquer le 70/30, c’est un peu comme cuisiner : il faut doser les ingrédients sans suivre la recette à la lettre. Voici comment l’adapter à chaque espace, en évitant les pièges classiques.
Le salon : où tout se joue (et où tout peut déraper)
Le salon, c’est souvent la pièce la plus complexe à équilibrer. Entre le canapé, les fauteuils, la table basse, les étagères et la déco murale, les éléments s’accumulent vite. La clé ? Distinguer l’ossature des accents. Vos 70 % neutres incluront :
- Les murs (peinture, papier peint uni ou très discret)
- Le sol (parquet, carrelage, moquette dans des tons naturels)
- Les meubles principaux (canapé, table basse, bibliothèque)
- Les textiles de base (rideaux, tapis dans des couleurs sobres)
Les 30 % d’accents, eux, peuvent se nicher partout :
- Coussins et plaids aux motifs ou couleurs vives
- Une lampe design ou une suspension originale
- Des objets déco (vases, sculptures, cadres)
- Une plante d’intérieur imposante (un monstera ou un olivier, par exemple)
- Un mur d’accent (peinture ou papier peint à motif, mais sur un seul pan de mur)
Le piège ? Vouloir trop en faire. J’ai vu des salons où les 30 % d’accents finissaient par représenter 50 % de la pièce, simplement parce que le propriétaire avait ajouté "juste un petit coussin de plus". Résultat : un espace surchargé où l’œil ne sait plus où se poser. (Et où les invités finissent par s’asseoir en se demandant s’ils vont casser quelque chose.)
La chambre : l’art de l’équilibre entre repos et personnalité
Dans une chambre, le 70/30 prend une dimension presque thérapeutique. Les 70 % neutres sont là pour favoriser le repos :
- La literie (draps, couette, oreillers dans des tons apaisants)
- Les murs (couleurs douces comme le bleu pâle, le gris perle ou le beige rosé)
- Les meubles principaux (lit, table de chevet, armoire)
Les 30 % d’accents, eux, servent à exprimer votre personnalité sans perturber le sommeil :
- Une tête de lit originale (en velours, en bois sculpté, ou même un mur peint en dégradé)
- Des luminaires design (une applique murale, une lampe de chevet asymétrique)
- Des textiles avec des motifs (un tapis à motifs géométriques, un jeté de lit rayé)
- Une œuvre d’art ou une photo personnelle (mais pas trop grande, pour éviter l’effet "galerie d’art")
Là où ça coince souvent, c’est avec les couleurs. Beaucoup pensent qu’une chambre doit être 100 % neutre pour bien dormir. Sauf que… une pièce trop monochrome peut devenir étouffante. Le 30 % d’accents permet d’ajouter une touche de couleur sans tomber dans l’excès. Par exemple, un mur bleu canard (30 %) avec le reste de la pièce en blanc et gris (70 %) crée un équilibre parfait. (Et si vous avez peur que ça soit trop stimulant, optez pour des tons profonds mais doux, comme le vert sauge ou le terracotta.)
La cuisine : où le fonctionnel rencontre l’esthétique
La cuisine est un cas particulier. Ici, le 70/30 ne s’applique pas seulement à la déco, mais aussi à l’ergonomie. Les 70 % neutres incluent :
- Les meubles de cuisine (plan de travail, placards, électroménager)
- Le sol et les murs (carrelage, peinture résistante)
- Les éléments fonctionnels (évier, hotte, robinetterie)
Les 30 % d’accents, eux, transforment une cuisine utilitaire en un espace chaleureux :
- Une crédence originale (carrelage métro coloré, miroir, ou même un mur en ardoise)
- Des accessoires design (pots à épices en céramique, planche à découper en bois massif)
- Un îlot central avec un plateau en marbre ou en bois exotique
- Des luminaires suspendus (des suspensions en rotin ou en métal brossé)
- Des plantes aromatiques ou un petit potager d’intérieur
Le défi en cuisine, c’est de ne pas confondre "accents" et "désordre". Une étagère ouverte remplie de vaisselle colorée peut vite virer au bric-à-brac si elle n’est pas organisée. (Et personne n’a envie de chercher une casserole au milieu d’un fouillis de bols en céramique.) La solution ? Limiter les accents à 2-3 éléments max, et les choisir avec soin. Par exemple : une crédence en carreaux de ciment (20 %), des suspensions en laiton (5 %), et une collection de pots en verre pour les pâtes et les céréales (5 %).
La salle de bain : le 70/30 version "spa à la maison"
Dans une salle de bain, le 70/30 prend une dimension presque sensorielle. Les 70 % neutres sont là pour créer une ambiance apaisante :
- Les murs et le sol (carrelage blanc, gris clair ou beige)
- Les meubles (vasque, rangements, miroir)
- Les éléments sanitaires (baignoire, douche, WC)
Les 30 % d’accents, eux, apportent du caractère sans sacrifier la fonctionnalité :
- Une paroi de douche en verre teinté ou à motifs
- Des accessoires colorés (serviettes, panier à linge, porte-savon)
- Un mur d’accent (carrelage noir, papier peint résistant à l’humidité, ou même un mur végétalisé)
- Un luminaire design (une applique en forme de vague, une suspension en rotin)
- Des plantes résistantes à l’humidité (fougères, tillandsias, ou un petit palmier)
Le piège en salle de bain ? Vouloir trop en faire. J’ai vu des salles de bain où les 30 % d’accents finissaient par ressembler à un catalogue de déco, avec des serviettes à motifs, un carrelage mural coloré, des robinets dorés et des étagères remplies de produits design. Résultat : une pièce qui ressemble plus à une vitrine qu’à un espace de détente. (Et où on a peur de poser son savon de peur de gâcher l’harmonie.) La solution ? Choisir un seul élément fort (par exemple, un carrelage mural à motifs) et garder le reste sobre.
Les 5 erreurs qui transforment le 70/30 en cauchemar déco
La règle du 70/30 semble simple sur le papier. Pourtant, dans la pratique, beaucoup s’y cassent les dents. Voici les erreurs les plus courantes – et comment les éviter.
Erreur n°1 : Confondre "neutre" et "ennuyeux"
Beaucoup pensent que les 70 % neutres doivent être… neutres au point de disparaître. Résultat : des intérieurs aseptisés, où tout est beige, blanc ou gris, sans aucune texture ni variation. Or, "neutre" ne veut pas dire "sans personnalité". Un mur blanc cassé avec une finition mate aura un rendu très différent d’un mur blanc brillant. Un parquet en chêne clair n’a rien à voir avec un sol en béton ciré. Les 70 % neutres doivent servir de toile de fond riche, pas de décor minimaliste.
La solution ? Jouer sur les matières et les finitions. Par exemple :
- Un canapé en velours (70 %) avec des coussins en lin (30 %)
- Un mur en enduit à la chaux (70 %) avec une étagère en bois brut (30 %)
- Un sol en pierre naturelle (70 %) avec un tapis en laine bouclée (30 %)
L’idée, c’est que les 70 % aient déjà du caractère, pour que les 30 % puissent briller sans effort.
Erreur n°2 : Vouloir tout mettre dans les 30 %
C’est le syndrome du "trop c’est trop". On a 30 % d’accents à disposition, alors on en profite pour tout caser : une lampe design, un tapis à motifs, des coussins colorés, une œuvre d’art, une plante géante, et pourquoi pas un mur peint en rouge. Sauf que… 30 %, c’est peu. Si vous ajoutez trop d’éléments, vous perdez l’effet d’équilibre. (Et votre pièce ressemble à un magasin de déco en période de soldes.)
La solution ? Sélectionner 2-3 éléments forts et laisser le reste respirer. Par exemple :
- Un mur d’accent (15 %) + une suspension design (10 %) + des coussins colorés (5 %)
- Un tapis à motifs (20 %) + une plante d’intérieur (10 %)
- Une œuvre d’art (20 %) + des accessoires en laiton (10 %)
L’astuce, c’est de hiérarchiser vos accents. Un seul élément doit dominer (le mur d’accent, le tapis), et les autres doivent le compléter sans lui voler la vedette.
Erreur n°3 : Oublier la lumière (le vrai 70/30 invisible)
La lumière, c’est le 70/30 invisible. Beaucoup l’oublient, alors qu’elle peut faire ou défaire une pièce. Une lumière trop froide (6000K) va donner un côté hôpital à vos 70 % neutres. Une lumière trop chaude (2700K) peut rendre vos 30 % d’accents jaunâtres et peu flatteurs. Or, la lumière idéale dépend de la pièce :
- Cuisine et salle de bain : 4000K (lumière neutre, proche de la lumière du jour)
- Salon et chambre : 2700K-3000K (lumière chaude, pour une ambiance cosy)
- Bureau : 4000K-5000K (lumière froide, pour la concentration)
Le piège ? Se fier uniquement aux ampoules "blanc chaud" ou "blanc froid" sans tenir compte de l’intensité. Une ampoule à 2700K mais à 800 lumens va donner une lumière tamisée, parfaite pour un salon. La même ampoule à 1500 lumens va éclairer comme un projecteur. (Et personne n’a envie de dîner sous les feux de la rampe.)
La solution ? Varier les sources de lumière :
- Un éclairage général (plafonnier ou suspension) pour les 70 %
- Des éclairages d’ambiance (lampes de table, appliques) pour les 30 %
- Un éclairage fonctionnel (lampe de bureau, éclairage sous les meubles de cuisine) si nécessaire
Erreur n°4 : Négliger les proportions (quand 30 % devient 50 %)
Le 70/30, c’est une question de surface visuelle, pas de nombre d’objets. Un seul mur peint en rouge peut représenter 30 % d’accents dans un salon, alors que dix petits coussins colorés n’en représenteront que 5 %. Le problème, c’est que notre cerveau a tendance à surestimer les petits éléments et à sous-estimer les grands. Du coup, on se retrouve avec des pièces où les 30 % d’accents occupent en réalité 50 % de l’espace visuel.
Comment éviter ça ? Voici une méthode simple :
- Prenez une photo de votre pièce.
- Imprimez-la ou affichez-la sur un écran.
- Découpez mentalement l’image en 10 parties égales.
- Comptez combien de parties sont occupées par vos éléments neutres (70 %) et combien par vos accents (30 %).
Si vos accents dépassent 3 parties sur 10, c’est qu’ils prennent trop de place. (Et si vous n’osez pas faire ce test, c’est probablement que vous savez déjà que le résultat ne sera pas bon.)
Erreur n°5 : Croire que le 70/30 s’applique à tout (spoiler : non)
Le 70/30, c’est un outil, pas une religion. Il y a des pièces où il ne fonctionne pas, et des styles où il est carrément contre-productif. Par exemple :
- Les intérieurs maximalistes : ici, la règle est plutôt 50/50, voire 30/70. L’idée, c’est de créer un effet "cabinet de curiosités" où chaque objet a son importance.
- Les espaces minimalistes : certains poussent le 70/30 jusqu’à 90/10, avec un seul élément fort (une œuvre d’art, un meuble design) qui capte toute l’attention.
- Les pièces fonctionnelles (buanderie, dressing) : ici, le 70/30 n’a pas vraiment de sens. L’important, c’est l’ergonomie, pas l’esthétique.
Le vrai danger, c’est de vouloir appliquer le 70/30 partout par principe. J’ai vu des gens refuser d’accrocher un tableau dans leur salon parce que "ça ferait trop d’accents". Résultat : une pièce aseptisée, sans âme. (Et un tableau qui finit au grenier, ce qui est dommage pour tout le monde.)
70/30 vs 80/20 vs 60/40 : lequel choisir selon votre style ?
La règle du 70/30 n’est pas la seule en décoration. Selon vos goûts et votre personnalité, d’autres ratios peuvent mieux convenir. Voici comment les distinguer – et quand les utiliser.
Le 80/20 : pour les minimalistes et les puristes
Le 80/20, c’est le ratio des intérieurs épurés, où chaque objet doit justifier sa présence. Ici, les 80 % neutres sont ultra-dominants : murs blancs, sol clair, meubles aux lignes simples. Les 20 % d’accents sont réduits à leur plus simple expression : une lampe design, une plante, une œuvre d’art. (Et encore, certains poussent jusqu’à 90/10.)
Pour qui ?
- Les amateurs de style scandinave ou japandi
- Ceux qui aiment les espaces apaisants et fonctionnels
- Les personnes qui ont du mal à se séparer de leurs affaires (moins d’accents = moins de désordre)
Exemple concret :
- 80 % : murs blancs, parquet clair, canapé gris, table basse en bois brut
- 20 % : une suspension en papier washi, un vase en céramique noire, une plante verte
Le risque ? Un intérieur qui manque de personnalité. Si vous optez pour le 80/20, misez sur des matériaux nobles (bois massif, pierre naturelle, lin) pour éviter l’effet "showroom Ikea".
Le 60/40 : pour les audacieux et les créatifs
Le 60/40, c’est le ratio des intérieurs dynamiques, où les accents prennent plus de place. Ici, les 60 % neutres servent de base, mais les 40 % d’accents permettent des audaces : un mur coloré, un meuble design, des textiles à motifs. (Certains designers vont jusqu’à 50/50 pour des espaces vraiment originaux.)
Pour qui ?
- Les amateurs de style bohème ou éclectique
- Ceux qui aiment oser les couleurs et les motifs
- Les personnes qui veulent une déco personnalisée et chaleureuse
Exemple concret :
- 60 % : murs blancs, parquet chêne, canapé beige
- 40 % : un mur bleu canard, des coussins à motifs ethniques, une étagère remplie d’objets vintage, une lampe en rotin
Le risque ? Un intérieur qui peut sembler chargé. Pour éviter ça, limitez les couleurs à 2-3 max, et jouez sur les textures pour créer de la profondeur.
Le 70/30 : le juste milieu (mais pas toujours)
Le 70/30, c’est le ratio par défaut, celui qui convient à la plupart des gens. Il offre assez de neutralité pour être apaisant, et assez d’accents pour être personnel. Mais attention : ce n’est pas une solution universelle. Certains espaces ont besoin de plus de liberté, d’autres de plus de rigueur.
Quand l’utiliser ?
- Si vous ne savez pas par où commencer
- Si vous aimez les intérieurs équilibrés mais pas ennuyeux
- Si vous avez peur de trop en faire (ou pas assez)
Exemple concret :
- 70 % : murs gris clair, parquet chêne, canapé anthracite, table basse en marbre
- 30 % : un tapis à motifs géométriques, des coussins jaunes moutarde, une suspension en métal, une plante verte
Le vrai avantage du 70/30, c’est sa flexibilité. Vous pouvez le tordre selon vos envies : 70 % de neutres avec 30 % d’accents colorés, ou 70 % de textures douces avec 30 % d’éléments graphiques. L’important, c’est de garder l’esprit de la règle : une base stable, des touches qui la mettent en valeur.
Questions fréquentes (celles que tout le monde se pose, mais que personne n’ose demander)
Faut-il appliquer le 70/30 à chaque pièce de la maison ?
Non, et c’est là que beaucoup se trompent. Le 70/30 est un outil, pas une obligation. Certaines pièces s’y prêtent naturellement (salon, chambre, salle à manger), d’autres non (buanderie, dressing, bureau). L’important, c’est de comprendre l’esprit de la règle : créer un équilibre entre stabilité et stimulation. Dans une buanderie, par exemple, l’équilibre se fera entre fonctionnalité (70 %) et rangement esthétique (30 %). Dans un dressing, ce sera entre organisation (70 %) et déco (30 %).
Et puis, il y a les pièces où le 70/30 n’a tout simplement pas de sens. Une salle de jeux pour enfants ? Ici, c’est plutôt 50/50, avec 50 % d’espace de jeu et 50 % de rangement. Une bibliothèque ? 80 % de livres (neutres) et 20 % de déco. Bref, adaptez la règle à l’usage de la pièce, pas l’inverse.
Comment savoir si mes 30 % d’accents sont trop (ou pas assez) présents ?
C’est une question de feeling, mais il y a quelques astuces pour objectiver les choses. La première, c’est le test du regard : entrez dans la pièce et observez où vos yeux se posent en premier. Si c’est systématiquement sur un seul élément (un mur coloré, un meuble design), c’est qu’il domine trop. Si vos yeux errent sans savoir où se fixer, c’est que les accents sont trop discrets.
La deuxième astuce, c’est le test de la photo : prenez une photo de la pièce et convertissez-la en noir et blanc. Si les accents disparaissent presque complètement, c’est qu’ils ne sont pas assez marqués. S’ils ressortent trop, c’est qu’ils prennent trop de place.
Enfin, il y a le test du temps. Une pièce bien équilibrée doit vous plaire sur la durée. Si après quelques semaines, vous avez envie de changer un élément (parce qu’il vous agace ou qu’il ne vous plaît plus), c’est qu’il n’était pas à sa place dans les 30 %. À l’inverse, si vous ne remarquez plus vos accents, c’est qu’ils sont bien intégrés.
Peut-on mélanger plusieurs ratios dans une même pièce ?
Oui, mais avec prudence. Par exemple, vous pouvez avoir un 70/30 global dans votre salon, avec un coin lecture en 80/20 (pour une ambiance plus cosy) et un mur d’accent en 60/40 (pour dynamiser l’espace). L’astuce, c’est de garder une cohérence visuelle. Si vous mélangez trop de ratios, la pièce risque de perdre son unité.
Voici comment faire :
- Définissez un ratio principal pour la pièce (par exemple, 70/30)
- Utilisez des ratios secondaires pour des zones spécifiques (un coin en 80/20, un mur en 60/40)
- Assurez-vous que les accents des différentes zones se répondent (mêmes couleurs, mêmes matières, mêmes styles)
Par exemple :
- Ratio principal (70/30) : murs gris clair, canapé beige, table basse en bois
- Coin lecture (80/20) : fauteuil gris, lampe de table, étagère avec quelques livres
- Mur d’accent (60/40) : peinture bleu canard, étagère remplie d’objets déco
Le résultat ? Une pièce équilibrée, avec des zones qui ont chacune leur personnalité.
La règle du 70/30 fonctionne-t-elle aussi pour les petits espaces ?
Absolument, et c’est même là qu’elle prend tout son sens. Dans un petit espace, chaque élément compte double : un meuble trop imposant ou un mur trop chargé peut vite donner une impression d’étouffement. Le 70/30 permet de maximiser l’espace visuel tout en gardant du caractère.
Voici comment l’appliquer :
- 70 % neutres : murs clairs (blanc, gris très pâle), sol uni, meubles aux lignes simples
- 30 % d’accents : un seul mur d’accent (peinture ou papier peint), des textiles colorés, une plante verte, un luminaire design
L’astuce pour les petits espaces, c’est de limiter les contrastes. Par exemple, évitez un mur rouge vif dans une pièce blanche : le contraste sera trop fort et rétrécira visuellement l’espace. Préférez des tons profonds mais doux, comme le vert foncé ou le bleu marine.
Et surtout, n’oubliez pas les miroirs. Un grand miroir peut faire partie des 30 % d’accents, tout en agrandissant visuellement la pièce. (C’est un peu comme tricher, mais sans culpabilité.)
Verdict : la règle du 70/30 est-elle faite pour vous ?
La règle du 70/30 n’est ni une science exacte ni une mode passagère. C’est un outil d’équilibre, une boussole pour naviguer dans l’océan infini des possibilités déco. Elle fonctionne parce qu’elle repose sur une vérité simple : notre cerveau a besoin de repères stables pour apprécier les surprises. Sans les 70 % de neutralité, les 30 % d’accents perdent leur impact. Sans les 30 % d’accents, les 70 % de neutralité deviennent ennuyeux.
Mais attention : cette règle n’est pas une prison. Elle se plie, se tord, et parfois se brise selon les espaces et les envies. Le vrai talent en décoration, ce n’est pas d’appliquer des principes à la lettre, mais de savoir quand les ignorer. Un salon en 60/40 peut être sublime si les accents sont bien choisis. Une chambre en 80/20 peut être apaisante si les matériaux sont nobles. L’important, c’est de comprendre pourquoi la règle fonctionne, pour pouvoir la réinventer.
Alors, le 70/30 est-il fait pour vous ? Posez-vous ces questions :
- Aimez-vous les intérieurs équilibrés, sans excès ?
- Vous sentez-vous submergé par trop de couleurs ou de motifs ?
- Voulez-vous une déco qui résiste à l’épreuve du temps ?
Si vous avez répondu oui à au moins deux de ces questions, alors oui, cette règle est faite pour vous. Mais si vous préférez les espaces audacieux, les mélanges de styles ou les intérieurs qui racontent une histoire, alors n’hésitez pas à la tordre. Après tout, la meilleure déco, c’est celle qui vous ressemble – même si elle ne respecte aucune règle.
Et si vous ne deviez retenir qu’une chose, ce serait ceci : le 70/30, c’est comme le sel dans un plat. Trop peu, et c’est fade. Trop, et c’est immangeable. La juste dose, c’est celle qui fait que tout le reste a du goût.
