La France, gagnante contre tout le monde (et surtout contre les doutes)
Bon, pour répondre direct : c’est la France qui a gagné la Coupe du monde de football en 1998. Mais dire ça comme ça, c’est un peu sec, non ? Parce que c’était pas juste une victoire. C’était une explosion. Une libération. Un truc de dingue qui nous est tombé dessus, à nous, les Français, qui avions jamais vraiment eu notre moment au sommet du foot mondial.
Avant ’98, on était plutôt connus pour les défaites, les matchs nuls rageants, les éliminations précoces. En 1982, on avait fait un sacré tournoi, mais on était passés à côté. Et puis en 1986, Platini, c’était beau, mais pas la finale. Alors quand on a organisé la Coupe du monde… bon, on espérait, mais on y croyait pas trop. "On va bien accueillir, au moins", qu’on se disait. Et puis paf — les Bleus ont tout défoncé.
Zidane, le dieu du tournoi
Franchement, si tu me demandes qui a fait basculer le match, je te dis : Zinédine Zidane. Pas un mais deux buts au casque, en finale, contre le Brésil. Deux corners, deux écrans de fumée. Tu te souviens de l’image ? Lui, tout calme, il monte, il saute, il marque. Sans panache, mais avec une précision… glaçante.
Et dire qu’il était pas même en forme avant la finale. Il avait pris un carton contre les Pays-Bas en demi-finale, il était suspendu, tout le monde flipait. Et là, BOUM, il explose. D’ailleurs, j’étais chez mon pote Lucas, à Montreuil. On avait installé un écran dans le salon, avec des chips, de la bière, les drapeaux bleu-blanc-rouge partout. Quand il a marqué le premier but, ma mère (qui d’habitude déteste le foot) a crié tellement fort qu’elle a fait tomber le vase de la grand-mère. "Désolée mamie, mais c’est Zizou !", elle a lancé. On a tous explosé de rire.
La finale, un rêve éveillé
Le Brésil, c’était le grand favori. Ronaldo, le meilleur joueur du monde, un monstre. Mais la veille du match, il fait un malaise. On a tous cru à une ruse. Mais non. Vrai. Il joue quand même, mais il est… absent. Et nous, on est là, hyper concentrés. Blanc, Thuram, Desailly, Barthez, Djorkaeff… toute l’équipe était en feu.
Et puis évidemment, y’a eu l’incroyable Penalty de Petit en fin de match. 3-0. Le coup de grâce. Là, sur le canapé, on s’est tous levés, on a dansé, on a pleuré, mon pote Lucas a même renversé sa bière sur le chien. "T’as vu ça ? T’as vu ça ?" qu’il répétait. Et moi, je pensais : putain, c’est nous. On a gagné la Coupe du monde chez nous.
Et après ? Une unité nationale (au moins pour un temps)
Le truc fou, c’est ce qui s’est passé après. Les Champs-Élysées, c’était un délire total. Des centaines de milliers de gens, tous mélangés. Noirs, Blancs, Arabes, Bretons, Corses, papy qui marche avec sa canne… tout le monde chantait "Vive la France" sans se moquer. Pour une fois. On était pas des communautés, on était une équipe. Une France. Enfin, peut-être juste ce soir-là. Mais bon, c’était déjà énorme.
Et les Bleus, ils sont devenus des légendes. Des héros. Des icônes. Blanc avec sa danse, Deschamps qui soulève le trophée, Djorkaeff avec son petit sourire… tous ces visages, on les a vus partout. Sur les cahiers des gamins, les pubs, les tee-shirts, les murales. Même mon prof d’histoire en 3e nous a fait un cours dessus. Et il a même mis Ici tout commence en fond. Un truc de ouf.
Un moment qu’on n’oubliera jamais
Alors ouais, on a gagné en 2018 aussi. Mais 1998… c’était magique. C’était inattendu. C’était pur. C’était… notre première fois. Tu vois ce que je veux dire ?
Et même si certains disent que le foot, c’est que du sport, moi je te dis : non. En 1998, c’était plus que ça. C’était une émotion collective. Un moment de grâce. Une nuit où tout a changé. Enfin… peut-être juste pour quelques jours. Mais putain, qu’est-ce qu’on s’est sentis vivants.
Donc pour répondre à ta question : la France a gagné la Coupe du monde 1998. Et même si t’étais pas né, ou si t’étais trop petit, j’espère que tu comprends ce que ça a voulu dire. Parce que moi, chaque fois que j’entends l’hymne, j’ai la chair de poule. Et je repense à ce 12 juillet. Où tout le monde, vraiment tout le monde, était heureux.
