Le duel des matériaux ou pourquoi l'A55 ne joue plus dans la même cour que l'A35
C'est frappant dès la première prise en main. Si vous posez les deux téléphones sur une table, la ressemblance est là, mais dès que les doigts effleurent la tranche, le verdict tombe. L'A35 se contente d'un cadre en plastique de haute qualité, alors que l'A55 adopte l'aluminium. C'est le petit détail qui change tout. On n'y pense pas assez souvent, mais la sensation de froid du métal apporte cette satisfaction psychologique d'avoir un bel objet entre les mains, loin du côté "jouet" que certains reprochaient aux générations précédentes. Le poids grimpe d'ailleurs à 213 grammes contre 209 pour l'A35. Ce n'est pas grand-chose sur le papier, sauf qu'en main, l'équilibre des masses semble mieux géré sur le modèle supérieur.
La Key Island, une signature visuelle partagée mais mieux exploitée
Les deux modèles partagent cette fameuse protubérance au niveau des boutons de volume et d'alimentation, baptisée Key Island par le marketing de Samsung. Sauf que sur l'A55, la finition brossée du métal souligne cette courbe de manière bien plus élégante. Le truc c'est que Samsung a compris que le design ne se résume pas à l'apparence. En utilisant du verre Gorilla Glass Victus+ sur les deux faces de l'A55, la marque sud-coréenne offre une protection contre les rayures identique à celle de l'A35, à ceci près que l'assemblage de l'A55 paraît plus hermétique, plus dense. À mon avis, c'est ce genre de finitions qui fait que l'on garde un smartphone trois ans plutôt que dix-huit mois.
Une question de coloris et de reflets sous la lumière
Le choix chromatique influe aussi sur la perception de ces améliorations. Les reflets sur le dos en verre de l'A55 sont plus profonds. Est-ce dû à la couche de peinture ou à la proximité immédiate du châssis métallique qui reflète la lumière différemment sur les bords ? C'est flou, honnêtement. Mais le résultat est là : l'A35 fait très "propre", très minimaliste, alors que l'A55 cherche l'œil. Notez que les deux appareils profitent de la certification IP67, donc ne paniquez pas si votre café décide de repeindre le bureau. On est loin du compte par rapport à un S24 Ultra, bien sûr, mais pour du milieu de gamme lancé en mars 2024, le niveau de construction est bluffant.
L'Exynos 1480 face à l'Exynos 1380 : le cœur du problème enfin résolu ?
Le véritable fossé, le voici. L'A35 récupère le processeur de l'A54 de l'an dernier, l'Exynos 1380. C'est une puce honnête, mais qui commence à montrer des signes de fatigue dès qu'on pousse un peu les réglages sur des jeux comme Genshin Impact ou même lors d'un montage vidéo rapide pour les réseaux sociaux. L'A55, lui, inaugure l'Exynos 1480. La grande nouveauté, ce n'est pas tant le CPU, mais le GPU Xclipse 530 basé sur l'architecture AMD RDNA 2. On parle d'un gain de performance graphique d'environ 32% selon les benchmarks synthétiques. Résultat : là où ça coince sur l'A35 avec quelques micro-saccades, l'A55 déroule sans sourciller.
Le passage au 4 nm, une révolution invisible pour l'autonomie
On ne le voit pas, mais la gravure en 4 nanomètres du processeur de l'A55 contre 5 nanomètres pour celui de l'A35 change la donne sur la gestion de l'énergie. Car plus les transistors sont petits, moins ils chauffent pour effectuer la même tâche. Or, la chaleur est l'ennemi numéro un de la batterie. Sur une journée de test intensif mêlant 5G, GPS et streaming, l'A55 finit souvent avec 15% de batterie supplémentaire par rapport à son petit frère. C'est d'autant plus impressionnant qu'ils possèdent tous deux une cellule de 5000 mAh. Et c'est là qu'on voit que l'optimisation matérielle prime sur la force brute.
RAM LPDDR5 contre LPDDR4X : la vitesse de l'ombre
On n'en parle pas assez dans les fiches techniques grand public, mais l'A55 utilise une mémoire vive plus rapide. L'A35 reste sur des standards plus anciens. Concrètement, cela signifie que les applications s'ouvrent plus vite et que le passage d'une tâche à l'autre est plus instantané. C'est subtil au début. Mais après une semaine, revenir à l'A35 donne l'impression d'un léger voile de lenteur, un petit temps de latence presque imperceptible mais présent. Le modèle A55 est disponible avec 8 Go ou 12 Go de RAM, tandis que l'A35 plafonne généralement à 6 ou 8 Go. Pour la pérennité logicielle, les 12 Go sont un luxe qu'il ne faut pas négliger.
Affichage et luminosité : des jumeaux techniques avec un bémol
Sur le papier, les écrans semblent identiques. On a droit à deux dalles Super AMOLED de 6,6 pouces avec un taux de rafraîchissement de 120 Hz. Pourtant, il y a un loup. Samsung a doté l'A55 d'une gestion HDR10+ un peu plus fine, capable d'atteindre des pics de luminosité de 1000 nits en plein soleil de manière plus stable. L'A35 y arrive aussi, mais il a tendance à baisser la garde plus rapidement pour éviter la surchauffe. Est-ce que vous verrez la différence en regardant vos mails dans le métro ? Probablement pas. Par contre, sur une terrasse en plein mois de juillet à Marseille, l'écran de l'A55 reste lisible là où celui de l'A35 demande de plisser les yeux.
La bordure de l'écran, ce détail qui trahit le prix
Regardez attentivement les bordures noires autour de l'affichage. Sur l'A35, elles sont légèrement plus épaisses, ce qui donne un ratio écran/corps un peu moins flatteur. L'A55 affine le trait. On gagne quelques millimètres de surface utile, ce qui renforce cet aspect "premium abordable". On pourrait croire que c'est un caprice de designer, sauf que cela impacte l'immersion visuelle. Et puis, il faut mentionner la technologie Vision Booster. Elle est présente sur les deux, mais l'A55 semble disposer d'un algorithme de contraste dynamique plus agressif, ce qui rend les couleurs éclatantes sans pour autant dénaturer les tons chair dans les vidéos.
Quelles alternatives pour ceux qui hésitent encore entre ces deux modèles ?
Si le budget est le nerf de la guerre, l'A35 se place souvent autour de 350 euros, alors que l'A55 flirte avec les 450, voire 500 euros à sa sortie. C'est une différence de 30% environ. Est-ce que les améliorations valent ce surcoût ? Ça divise les spécialistes. Pour un utilisateur "basique" qui se contente de WhatsApp et de quelques photos de famille, l'A35 suffit largement. D'autant que chez la concurrence, un Google Pixel 7a ou un Nothing Phone (2a) viennent jouer les trouble-fêtes. Le Pixel gagne sur la photo pure, mais perd lamentablement sur l'autonomie et la qualité de l'écran face aux deux Samsung.
Le marché de l'occasion et des anciens fleurons
C'est l'alternative qu'on oublie souvent. Pour le prix d'un A55 neuf, on trouve parfois des Galaxy S23 d'occasion ou en reconditionné. Le S23 est plus petit, plus puissant, mais sa batterie est moins endurante. L'A55 reste donc le choix de la raison pour celui qui veut un grand écran et une autonomie solide sans pour autant vider son compte épargne. Autant le dire clairement, Samsung a créé une hiérarchie très rigide cette année. L'A35 est le choix pragmatique, l'A55 est le choix du plaisir technique. Mais attention, car le secteur bouge vite et les promos sur l'A55 sont fréquentes, réduisant parfois l'écart à moins de 50 euros. Dans ce cas précis, l'A35 n'a plus aucun argument pour lui.
Faut-il vraiment croire que le Samsung Galaxy A55 5G enterre le A35 sur tous les fronts ?
Le marketing est une machine de guerre redoutable, surtout quand on cherche à justifier un écart de prix de cent euros. On entend partout que le Galaxy A55 est une révolution de métal face au plastique du A35. L'erreur classique consiste à imaginer une fracture technologique là où Samsung a surtout opéré un glissement de gamme. Le problème, c'est que beaucoup d'acheteurs pensent que l'écran du A35 est "au rabais". C'est faux. Les deux dalles partagent la technologie Super AMOLED 120 Hz avec une luminosité de pointe de 1000 nits. Si vous espériez une lisibilité radicalement supérieure en plein soleil sur le modèle premium, vous risquez de déchanter devant la réalité des fiches techniques identiques.
L'illusion de la supériorité photographique totale
On lit souvent que le capteur principal de 50 mégapixels du A55 écrase celui de son petit frère. Reste que la différence réside principalement dans la taille du capteur (1/1.56 pouce contre 1/1.96 pouce sur le A35) et non dans une recette logicielle magique. Autant le dire : en plein jour, 90 % des utilisateurs ne verront aucune nuance sur un post Instagram. La véritable plus-value se cache dans le traitement du bruit numérique lors des clichés nocturnes grâce au processeur de signal image (ISP) plus musclé. Mais car l'optique reste physiquement limitée, le fossé n'est pas l'abîme décrit par certains influenceurs. Le Galaxy A35 produit des clichés tout à fait respectables pour son segment.
Le mythe de la puissance brute pour tous
Croire que l'Exynos 1480 change la vie de l'utilisateur lambda par rapport à l'Exynos 1380 est une autre idée reçue tenace. Oui, les scores de benchmark affichent une hausse d'environ 15 % en monocœur et 25 % en multicœur. Résultat : une fluidité accrue dans les menus et un lancement d'applications plus véloce de quelques millisecondes. Sauf que pour consulter vos mails, scroller sur TikTok ou répondre à un WhatsApp, la différence de réactivité est imperceptible. Le processeur du A55 est un monstre d'efficacité pour le jeu vidéo grâce à son GPU AMD RDNA 2, mais est-ce que votre grand-père ou votre ado qui ne joue qu'à Candy Crush en ont vraiment l'usage ? Or, on continue de conseiller le modèle le plus cher par pur automatisme de consommation.
Ce que les tests techniques oublient de vous dire sur la durabilité thermique
Passons aux choses sérieuses, celles que les tableaux comparatifs balayent sous le tapis. Le Galaxy A55 bénéficie d'une chambre à vapeur 74 % plus grande que celle de la génération précédente. C'est ici que l'écart se creuse vraiment avec le A35. Lorsqu'on sollicite le téléphone intensément pendant plus de vingt minutes (montage vidéo 4K ou sessions de gaming intenses), le A35 commence à chauffer. Et là, le processeur bride ses performances pour éviter la surchauffe. Le A55, lui, garde la tête froide. La gestion thermique est le secret le mieux gardé de la longévité d'un smartphone moderne. Un appareil qui chauffe moins, c'est une batterie qui s'use moins vite et des composants qui ne s'oxydent pas prématurément. C'est peut-être l'argument le plus solide pour choisir le modèle supérieur, à ceci près que personne n'en parle au moment de l'achat.
L'importance sous-estimée de la structure en aluminium
Mais au-delà de la température interne, il y a la rigidité structurelle. Le châssis en aluminium du A55 n'est pas qu'une coquetterie esthétique visant à copier la gamme S24. En cas de chute latérale, le métal absorbe l'onde de choc différemment du polycarbonate présent sur le A35. On pourrait croire que le plastique est plus souple et donc plus résistant, mais le cadre métallique offre une protection accrue aux soudures internes de la carte mère. (Il faut tout de même avouer que cela rend le téléphone un peu plus lourd en main, avec ses 213 grammes contre 209 grammes pour le A35). Bref, vous achetez une armure, pas juste un reflet brillant. C'est un conseil d'expert : si vous ne mettez pas de coque, le A55 est votre seule option de survie décente sur le long terme.
Questions fréquemment posées sur les Galaxy A55 et A35
L'autonomie du Galaxy A55 est-elle vraiment meilleure malgré son processeur plus puissant ?
Contre toute attente, le Galaxy A55 offre une endurance supérieure d'environ 10 % par rapport au A35, bien qu'ils partagent une batterie de 5000 mAh. Cette prouesse est due à la gravure en 4 nanomètres de l'Exynos 1480, contre 5 nanomètres pour le processeur du A35. En usage mixte, vous tiendrez facilement 15 heures de navigation web active sur le A55, là où le A35 s'essouffle vers 13 heures 30. La recharge reste identique avec un support de 25W, ce qui est avouons-le, franchement daté en 2026. Prévoyez toujours environ 85 minutes pour une recharge complète de 0 à 100 %, peu importe le modèle choisi.
Peut-on utiliser les mêmes accessoires et coques pour les deux modèles ?
La question semble logique puisque les écrans font tous deux 6,6 pouces, mais la réponse est un non catégorique. Les dimensions physiques diffèrent de quelques fractions de millimètres, notamment à cause de l'épaisseur du cadre en aluminium du A55. Le bouton "Key Island", cette protubérance sur le côté droit, est également usiné de manière plus saillante sur le modèle premium. Résultat : une coque de A35 forcera sur les coins d'un A55 et finira par se fissurer ou ne pas protéger correctement les lentilles photo. Ne faites pas cette économie de bout de chandelle qui mettrait en péril votre investissement à 400 euros.
L'intelligence artificielle est-elle présente sur ces deux smartphones de milieu de gamme ?
Samsung a fait le choix de segmenter ses fonctionnalités "Galaxy AI" de manière assez stricte, même si les mises à jour logicielles floutent les lignes. Le Galaxy A55 profite de capacités de traitement d'image assistées par IA plus poussées, notamment pour le détourage d'objets ou la retouche générative simple. Le A35 se contente des fonctions basiques d'optimisation de scène et de gomme magique. Si vous cherchez l'expérience complète vue sur le S24, aucun de ces deux modèles ne vous comblera totalement. Cependant, le A55 est bien mieux armé pour recevoir les futures fonctionnalités allégées grâce à son unité de traitement neuronal (NPU) beaucoup plus véloce.
Verdict : Le pragmatisme ou le prestige ?
Choisir entre ces deux terminaux revient à décider si vous achetez un outil ou un objet de standing durable. Le Galaxy A35 est le choix de la raison, un appareil honnête qui fait le job sans fioritures mais qui vieillira sans doute moins bien esthétiquement. À l'inverse, le Galaxy A55 s'impose comme le véritable héritier de la gamme S, capable de masquer son statut de milieu de gamme derrière une fiche technique robuste et des matériaux nobles. Pour ma part, je tranche en faveur du A55 : payer un peu plus aujourd'hui pour une structure métallique et une puce gravée en 4nm est un calcul rentable sur quatre ans. Le A35 finira par ramer alors que le A55 en aura encore sous le pied. Ne tombez pas dans le piège de la petite économie immédiate si votre budget permet de franchir le pas.

