La série S, le choix de la raison impitoyable et de la performance brute
On ne va pas se mentir, la série S, et plus particulièrement le modèle Ultra, représente le sommet de ce que l'on peut attendre d'un smartphone conventionnel aujourd'hui. C'est un bloc de technologie qui ne fait aucun compromis. Quand on prend en main un S24 Ultra, on sent tout de suite qu'on est sur un produit fini, mature, presque intouchable. La série S est le porte-étendard de la stabilité, une valeur refuge pour quiconque ne veut pas se soucier de la fragilité de son écran ou de la poussière qui pourrait s'insérer dans une charnière complexe.
La photographie comme argument massue face aux pliables
C'est précisément là que le bât blesse pour la série Z. Si vous êtes un mordu de photo, la question ne se pose même pas. Le capteur principal de 200 mégapixels du S24 Ultra, couplé à son zoom optique périscopique, offre une polyvalence que le Z Fold 6 ou le Z Flip 6 ne peuvent tout simplement pas égaler pour des raisons physiques évidentes. Loger des optiques de haute volée dans un châssis qui doit se plier en deux est un casse-tête d'ingénierie que Samsung n'a pas encore totalement résolu. Résultat : les photos de nuit sont plus nettes sur la série S, et le grain de peau est bien mieux géré lors des portraits complexes.
Le zoom optique, le vrai luxe du quotidien
Avoir un zoom capable d'aller chercher un détail à l'autre bout d'une place ou de capturer un visage lors d'un concert sans transformer l'image en bouillie de pixels, c'est un confort dont on a du mal à se passer une fois goûté. Le S24 Ultra propose un téléobjectif de 50 MP avec zoom 5x qui, grâce au recadrage numérique intelligent, surclasse n'importe quel zoom de la série Z. Et c'est frustrant, car on paie souvent plus cher pour un Fold qui, sur ce point précis, fait moins bien qu'un S24 classique vendu deux fois moins cher.
Une endurance qui ne flanche jamais
Parlons un peu de l'autonomie, car c'est un point qui fâche souvent les utilisateurs de smartphones pliables. Avec une batterie de 5000 mAh sur l'Ultra et une gestion thermique exemplaire grâce à une chambre à vapeur généreuse, la série S tient la distance. On peut facilement terminer une journée intensive avec 30 % de batterie restante. Sur un Z Flip, c'est une autre paire de manches. Même si le Z Flip 6 a fait des progrès avec ses 4000 mAh, la physique reste têtue : deux écrans consomment plus qu'un seul, et l'espace interne limité empêche d'intégrer des accumulateurs géants.
Pourquoi la série Z n'est plus un simple gadget de salon
Pourtant, malgré ces défauts, la série Z exerce une attraction magnétique. Ce n'est pas juste pour la frime, même si sortir un Fold dans le métro attire encore quelques regards curieux. Le truc, c'est que la série Z change radicalement votre rapport à l'information. On n'est plus sur une simple consultation passive, on entre dans une phase de création ou de multitâche réel. Le passage d'un écran externe de 6,3 pouces à une dalle interne de 7,6 pouces sur le Fold 6, c'est un peu comme si vous passiez d'un studio étroit à un loft spacieux en un clin d'œil.
Le Fold, ce petit iPad qui tient dans la poche de votre jean
Je reste convaincu que pour un cadre ou un créatif, le Fold est un outil supérieur. Lire un tableur Excel ou annoter un PDF sur un écran de Fold est une expérience infiniment moins pénible que sur un S24 Ultra, malgré la largeur de ce dernier. Samsung a optimisé One UI pour que l'on puisse glisser-déposer des fichiers d'une application à l'autre avec une fluidité déconcertante. C'est là que la série Z gagne ses galons : elle remplace deux appareils. Mais attention, cela demande un temps d'adaptation pour configurer ses raccourcis et ses habitudes de navigation.
Le Flip ou le retour du format compact sans compromis de puissance
Le Z Flip, lui, joue sur un autre tableau. C'est le smartphone des minimalistes ou de ceux qui en ont marre d'avoir une brique dans la poche. Une fois plié, il se fait oublier. Or, dès qu'on l'ouvre, on retrouve la puissance d'un Snapdragon 8 Gen 3. C'est ce contraste qui plaît. L'écran externe "Flex Window" permet maintenant de répondre à des messages ou de consulter Maps sans même ouvrir le téléphone. C'est un gain de temps, et paradoxalement, une aide pour moins scroller sur les réseaux sociaux, puisqu'on n'ouvre le grand écran que pour les tâches importantes.
La question qui fâche : la durabilité et l'angoisse de la charnière
Soyons honnêtes, c'est ici que les doutes s'installent. Acheter un Galaxy S, c'est acheter la tranquillité pour les cinq ou six prochaines années. La structure en titane et le verre Gorilla Glass Armor du S24 Ultra sont conçus pour encaisser les aléas de la vie. À ceci près que la série Z, malgré les certifications IP48 (protection contre les petits objets et l'eau), reste intrinsèquement plus fragile. Le film protecteur de l'écran interne finit souvent par se décoller au bout de 12 ou 18 mois, créant une bulle d'air disgracieuse sur la pliure centrale.
Le coût caché de l'innovation pliable
Le problème n'est pas tant la solidité initiale que le coût des réparations hors garantie. Changer un écran interne de Fold peut coûter le prix d'un smartphone milieu de gamme complet. Samsung a fait des efforts avec son programme Samsung Care+, mais cela reste une dépense supplémentaire à anticiper. Sur une série S, n'importe quel réparateur de quartier peut intervenir sur l'écran. Sur une série Z, c'est une opération chirurgicale que peu maîtrisent vraiment. D'où l'importance de bien réfléchir à son niveau de soin avant de craquer pour le pliable.
La sensation tactile de la pliure, un détail ou un calvaire ?
On s'y habitue, disent les fans. C'est vrai, au bout de trois jours, l'œil ignore la petite dépression au centre de l'écran du Fold ou du Flip. Mais sous le doigt, lors d'un scroll infini sur Twitter ou Instagram, on la sent. Et pour certains, c'est un point de rupture. La série S offre une surface parfaitement plane, lisse, avec un traitement antireflet sur le S24 Ultra qui est, soit dit en passant, une véritable révolution visuelle en plein soleil. On ne se rend pas compte à quel point les reflets sont agaçants avant d'avoir testé ce nouveau verre.
Duel de productivité : S-Pen contre surface d'affichage
Le S24 Ultra intègre son stylet directement dans le châssis. C'est brillant. On le sort pour signer un contrat ou déclencher l'appareil photo à distance. Le Fold 6 est également compatible avec le S-Pen, mais il faut l'acheter à part et utiliser une coque spécifique pour le ranger, ce qui rend l'ensemble assez massif. Du coup, on se retrouve face à un dilemme : préférez-vous la précision du stylet toujours disponible ou le confort d'un écran géant pour lire ?
Le multitâche, le vrai terrain de jeu du Fold
Sur un S24 Ultra, faire du multitâche revient à diviser un écran déjà étroit en deux rectangles encore plus étroits. C'est possible, mais c'est du dépannage. Sur un Fold, on peut afficher trois applications simultanément de manière lisible. On peut avoir sa boîte mail à gauche, son calendrier en haut à droite et Slack en bas à droite. Pour gérer une urgence en déplacement, c'est imbattable. Reste que tout le monde n'a pas besoin d'un centre de commandement dans sa poche arrière.
L'intelligence artificielle au service des deux gammes
Samsung mise énormément sur Galaxy AI. Que vous choisissiez un S24 ou un Z Fold 6, vous aurez accès à la traduction en temps réel, à l'édition de photos générative et au résumé de notes. Cependant, l'IA prend tout son sens sur le Fold pour la traduction. Imaginez : vous pliez le téléphone à 90 degrés, l'écran externe affiche la traduction pour votre interlocuteur tandis que l'écran interne affiche la vôtre. C'est malin, bien pensé, et ça donne une utilité concrète au format pliable au-delà du simple aspect visuel.
Le verdict financier : le portefeuille a ses raisons
On arrive au moment où il faut sortir la carte bleue. Un Galaxy S24 se trouve régulièrement aux alentours de 800 euros, tandis que le S24 Ultra tourne autour de 1200 euros selon les promotions. Le Z Fold 6, lui, flirte avec les 2000 euros. C'est un investissement colossal. Est-ce que l'expérience pliable vaut 800 euros de plus qu'un Ultra ? Honnêtement, c'est flou. Pour le prix d'un Fold, vous pouvez vous offrir un S24 Ultra ET une très bonne tablette Android.
La décote, l'ennemi invisible de la série Z
Un autre point souvent occulté par les tests est la valeur de revente. La série S garde une cote assez stable sur le marché de l'occasion, un peu comme les iPhone. Les séries Z, à cause des craintes sur la durabilité de l'écran et de la sortie rapide de nouveaux modèles, perdent leur valeur à une vitesse vertigineuse. Si vous changez de téléphone tous les ans, la perte financière sera bien plus douloureuse avec un Fold qu'avec un S. C'est un paramètre à intégrer si vous n'avez pas un budget illimité.
Questions fréquentes sur le choix entre Samsung S et Z
Est-ce que l'écran du Galaxy Z se casse facilement ?
Il ne se casse pas "tout seul", mais il est plus vulnérable. Un ongle trop acéré ou un grain de sable coincé lors du pliage peut marquer la dalle de manière irréversible. La série S, avec son verre rigide, ne craint pas ce genre d'accidents domestiques. Les statistiques de retour en SAV montrent que la série Z demande plus de précautions au quotidien.
Le Galaxy S24 Ultra est-il trop gros pour une utilisation normale ?
C'est un beau bébé de 233 grammes avec des angles assez saillants. Pour beaucoup, il est plus encombrant qu'un Z Flip plié. Mais sa largeur est aussi sa force pour la frappe au clavier. Si vous avez de petites mains, le S24 classique ou le Z Flip 6 seront bien plus agréables à manipuler au quotidien.
Peut-on utiliser le stylet sur l'écran externe du Fold ?
Non, et c'est une aberration ergonomique que je déplore. Le stylet ne fonctionne que sur l'écran interne souple. Si vous voulez noter un truc rapide sans ouvrir votre téléphone, vous devrez repasser au bon vieux doigt ou ouvrir l'appareil. Sur la série S Ultra, le stylet fonctionne partout, tout le temps.
La charnière de la série Z finit-elle par grincer ?
Samsung utilise des brosses miniatures à l'intérieur pour chasser la poussière. Sur les modèles récents (Fold 5 et 6), les bruits de "craquement" ont quasiment disparu. Mais après deux ans d'utilisation intensive, il n'est pas rare de sentir une légère résistance ou d'entendre un petit bruit mécanique. Rien de dramatique, mais on sent que c'est une pièce d'usure.
L'essentiel : comment trancher définitivement ?
Choisir entre la série S et la série Z n'est pas une question de puissance pure, car les deux gammes partagent les mêmes processeurs de pointe. C'est une question de philosophie de vie numérique. Si vous voulez le meilleur appareil photo possible, une autonomie de chameau et un objet capable de durer sept ans sans sourciller, le Samsung Galaxy S24 Ultra est le meilleur choix actuel. C'est l'aboutissement d'une décennie d'optimisation.
En revanche, si votre smartphone est votre outil de travail principal, que vous lisez énormément de documents en déplacement ou que vous cherchez simplement à retrouver un peu de compacité avec le Flip, la série Z vous offrira une satisfaction que la série S ne pourra jamais égaler. Le Fold n'est pas qu'un téléphone, c'est un ordinateur de poche. Le Flip n'est pas qu'un téléphone, c'est un bijou technologique. Mais soyez prêt à accepter les compromis sur la photo et à traiter votre appareil avec un peu plus de douceur. Au final, la série S est le choix de la tête, la série Z celui du cœur (et d'un portefeuille bien garni).
