Alors, faut-il fuir ces téléviseurs comme la peste ? Pas forcément. Mais pour comprendre ce qui se joue, il faut gratter sous l’étiquette. Parce que la classe F, c’est un peu comme un symptôme : elle révèle des problèmes plus profonds, qu’on préfère souvent ignorer.
La classe énergétique F, késako ? (Et pourquoi on en parle depuis 2021)
Depuis mars 2021, l’Union européenne a durci les règles du jeu. Fini l’époque où un téléviseur pouvait afficher une classe A+ sans sourciller. Le nouveau système de classification, plus strict, a fait dégringoler la plupart des modèles dans les étages inférieurs. Résultat : ce qui était un A hier est devenu un D ou un E aujourd’hui. Et la classe F ? Elle est devenue le purgatoire des écrans mal optimisés.
Mais comment en arrive-t-on là ? Trois facteurs entrent en jeu :
1. La taille de l’écran : le premier coupable (mais pas le seul)
Un écran de 85 pouces en classe F, c’est un peu comme un 4x4 qui roulerait au diesel : ça se voit tout de suite. Plus la dalle est grande, plus elle consomme. Logique. Sauf que la relation n’est pas linéaire. Un téléviseur de 65 pouces ne consomme pas deux fois plus qu’un 55 pouces – il peut en engloutir jusqu’à 50 % de plus, selon la technologie utilisée. Et c’est là que ça coince : les fabricants ont tendance à compenser la taille par des astuces qui, au final, plombent l’efficacité.
Prenez un exemple concret. Un Samsung QE65QN90B (65 pouces, QLED) affiche une consommation annuelle de 180 kWh. Son petit frère, le QE55QN90B (55 pouces), se contente de 120 kWh. La différence ? 60 kWh, soit l’équivalent de 100 heures de repassage. Pas négligeable.
2. La technologie d’affichage : OLED vs LED, le match qui fait mal
On pourrait croire que l’OLED, plus récent, est forcément plus sobre. Erreur. Si les écrans OLED excellent dans le contraste et les noirs profonds, leur consommation varie énormément selon l’image affichée. Un fond blanc ? L’OLED s’en sort bien. Une scène nocturne ? Il peut consommer jusqu’à 30 % de moins qu’un LED. Mais une image très lumineuse, comme un match de football en plein jour ? Là, c’est l’inverse.
Le problème, c’est que l’étiquette énergétique se base sur une mesure standardisée (le "mode cinéma" ou "home cinema"), qui ne reflète pas l’usage réel. Du coup, un téléviseur OLED en classe F peut très bien être plus économe au quotidien qu’un LED en classe D – à condition de ne pas regarder que des films en plein soleil. Autant dire que le système est bancal.
3. Les fonctionnalités "indispensables" qui plombent tout
Vous voulez un écran avec un taux de rafraîchissement à 120 Hz ? Un processeur vidéo dernier cri ? Une connectivité sans fil ultra-rapide ? Félicitations, vous venez de faire grimper la consommation de 20 à 40 %. Les fabricants adorent ajouter des gadgets qui font vendre, mais qui transforment votre téléviseur en radiateur déguisé.
Prenez le HDR. Cette technologie améliore les contrastes et les couleurs, mais elle exige une luminosité bien plus élevée. Résultat : un téléviseur en HDR peut consommer jusqu’à 50 % de plus qu’en mode standard. Et devinez quoi ? La plupart des modèles récents l’activent par défaut. Vous payez donc pour une fonctionnalité que vous n’avez peut-être même pas demandée.
Combien coûte vraiment un téléviseur en classe F ? (Le calcul qui fait mal)
On entend souvent que la classe énergétique, c’est une question d’écologie. C’est vrai. Mais c’est aussi – et surtout – une question d’argent. Parce qu’un téléviseur, ça ne se paie pas qu’une fois. Ça se paie tous les mois, via la facture d’électricité. Et là, les chiffres donnent le vertige.
Le coût annuel : bien plus que ce que l’étiquette laisse croire
L’étiquette énergétique affiche une consommation annuelle en kWh. Pour un téléviseur en classe F, on tourne généralement autour de 200 à 300 kWh par an. À première vue, ça ne semble pas énorme. Sauf que :
1. Ce chiffre est calculé sur la base de 4 heures d’utilisation par jour. Qui regarde la télé seulement 4 heures ? Les familles avec enfants, les amateurs de séries, les gamers ? Comptez plutôt 6 à 8 heures. Du coup, la consommation réelle explose.
2. Le prix du kWh n’est pas fixe. En 2024, avec les tarifs réglementés en France, on est à environ 0,22 €/kWh. Mais en heures pleines, ça peut monter à 0,25 €. Et si vous avez un contrat indexé sur le marché, bon courage pour suivre.
Prenons un exemple. Un téléviseur de 65 pouces en classe F (250 kWh/an selon l’étiquette) :
- 4 heures/jour : 250 kWh × 0,22 € = 55 €/an
- 6 heures/jour : 375 kWh × 0,22 € = 82,50 €/an
- 8 heures/jour : 500 kWh × 0,25 € = 125 €/an (en heures pleines)
Sur 10 ans, ça fait entre 550 € et 1250 € de surcoût. Pour un seul appareil. Et encore, on ne parle pas des téléviseurs secondaires (celui de la chambre, de la cuisine…).
Le coût caché : la climatisation qui tourne en été
Un téléviseur, ça chauffe. Beaucoup. Un modèle en classe F peut dégager autant de chaleur qu’un radiateur d’appoint. En hiver, ça peut sembler anodin. Mais en été ? C’est la catastrophe. Votre climatisation va devoir travailler deux fois plus pour compenser la chaleur émise par l’écran. Et là, la facture électrique prend des proportions bibliques.
Selon une étude de l’ADEME, un téléviseur gourmand peut augmenter la consommation de climatisation de 10 à 15 %. Sur un été caniculaire, ça peut représenter 50 à 100 € de plus. Autant dire que le "bon plan" du téléviseur à 500 € peut vite se transformer en gouffre financier.
Pourquoi certains téléviseurs en classe F restent-ils populaires ? (Les raisons qui dérangent)
Si la classe F est si désavantageuse, pourquoi en trouve-t-on encore dans les rayons ? La réponse tient en trois mots : prix, performance, et ignorance. Parce que oui, parfois, un téléviseur en classe F peut être un choix rationnel. À condition de savoir ce qu’on achète.
1. Le prix : l’argument qui fait taire les scrupules
Un téléviseur en classe F coûte souvent 30 à 50 % moins cher qu’un modèle en classe A ou B. Pour un écran d’entrée de gamme, la différence peut représenter 200 à 400 €. Et quand on a un budget serré, c’est difficile de résister.
Prenez un exemple. Un TCL 50P635 (50 pouces, classe F) se trouve à 350 €. Son équivalent en classe D, le TCL 50C635, coûte 500 €. Pour 150 € de différence, beaucoup préfèrent prendre le risque sur la consommation. Surtout si le téléviseur ne sert que quelques heures par semaine.
Mais attention : ce calcul ne tient que si vous gardez l’appareil moins de 5 ans. Au-delà, la différence de prix est largement compensée par la facture d’électricité. Et si vous revendez le téléviseur d’occasion, un modèle en classe F perdra bien plus de valeur.
2. La performance : quand la classe F cache des pépites
Tous les téléviseurs en classe F ne se valent pas. Certains sont simplement mal optimisés. D’autres, en revanche, offrent des performances qui justifient leur consommation.
C’est le cas des écrans haut de gamme pour gamers. Un LG OLED C2 (55 pouces) est en classe F, mais il offre une qualité d’image exceptionnelle, un taux de rafraîchissement à 120 Hz, et une latence ultra-faible. Pour un joueur, ces critères priment souvent sur la consommation. Même chose pour les téléviseurs professionnels, où la précision des couleurs et la luminosité sont cruciales.
Le problème, c’est que ces modèles sont souvent achetés par des non-professionnels, qui n’ont pas besoin de ces fonctionnalités. Résultat : ils paient pour des performances qu’ils n’utiliseront jamais, tout en subissant une consommation élevée.
3. L’ignorance : le vrai fléau des étiquettes énergétiques
Combien de personnes lisent vraiment l’étiquette énergétique avant d’acheter un téléviseur ? Selon une étude de l’UFC-Que Choisir, moins de 30 %. Et parmi ceux qui la lisent, beaucoup ne comprennent pas ce qu’elle signifie.
Pourquoi ? Parce que l’étiquette est conçue pour être simple, mais pas forcément intuitive. La classe F, c’est une lettre parmi d’autres. Sans contexte, difficile de réaliser que c’est l’équivalent d’un bonnet d’âne énergétique. Et puis, il y a les idées reçues : "Un téléviseur, ça ne consomme pas tant que ça", "De toute façon, je l’éteins la nuit", "Les économies, c’est pour les écolos".
Sauf que ces idées reçues coûtent cher. Très cher.
Comment éviter de se faire avoir ? (Les pièges à connaître absolument)
Acheter un téléviseur, c’est un peu comme choisir une voiture. On regarde la couleur, la taille, les options… mais rarement la consommation réelle. Pourtant, quelques réflexes simples peuvent éviter de se retrouver avec un gouffre énergétique dans son salon.
1. Ne vous fiez pas (que) à l’étiquette énergétique
L’étiquette, c’est un bon point de départ. Mais ce n’est pas une bible. Pourquoi ? Parce qu’elle se base sur des conditions de test standardisées, qui ne reflètent pas toujours l’usage réel. Un téléviseur peut être en classe D sur l’étiquette, mais consommer comme un F si vous regardez beaucoup de contenus HDR ou si vous jouez en 4K.
Alors, que faire ? Regardez aussi :
- La consommation en watts (W) indiquée sur l’étiquette. Un téléviseur en classe F peut afficher 150 W, contre 80 W pour un modèle en classe A. Sur 10 ans, la différence est colossale.
- Le mode "éco" ou "économie d’énergie". Certains téléviseurs en classe F ont un mode qui réduit la consommation de 20 à 30 %. C’est toujours ça de pris.
- Les tests indépendants. Des sites comme RTINGS.com ou Les Numériques mesurent la consommation réelle des téléviseurs. Leurs données sont souvent plus fiables que celles des fabricants.
2. Méfiez-vous des écrans "trop" grands pour votre usage
Un écran de 75 pouces dans un salon de 20 m², c’est tentant. Mais c’est aussi un piège. Plus l’écran est grand, plus il consomme. Et si vous êtes assis à moins de 2 mètres, vous n’aurez même pas besoin de cette taille pour profiter de l’image.
La règle d’or :
- 55 pouces max pour une distance de 2 à 2,5 mètres
- 65 pouces pour 2,5 à 3 mètres
- 75 pouces et plus pour les grandes pièces (4 mètres et plus)
Au-delà, vous payez pour des pixels que vous ne verrez même pas. Et votre facture d’électricité vous le rappellera chaque mois.
3. Désactivez les fonctionnalités inutiles (elles consomment sans que vous le sachiez)
Votre téléviseur est une usine à gaz. Il est bourré de fonctionnalités activées par défaut, qui pompent de l’électricité sans que vous en ayez besoin. En voici quelques-unes à désactiver immédiatement :
- Le HDR automatique : cette technologie améliore les contrastes, mais elle augmente la consommation de 30 à 50 %. Si vous regardez surtout des films en SD ou des chaînes classiques, désactivez-la.
- Le taux de rafraîchissement élevé (120 Hz, 240 Hz) : utile pour les gamers, mais inutile pour regarder la télé. Passez en 60 Hz pour économiser 10 à 20 % d’énergie.
- Le Wi-Fi permanent : si vous utilisez une box ou un câble Ethernet, désactivez le Wi-Fi. Ça réduit la consommation de fond de 5 à 10 %.
- Les applications en arrière-plan : Netflix, YouTube, Disney+… Ces applis tournent en tâche de fond et consomment de l’énergie même quand vous ne les utilisez pas. Fermez-les systématiquement.
Classe F vs classe A : lequel choisir ? (Le match qui va vous surprendre)
On pourrait croire que la classe A est toujours la meilleure option. Mais la réalité est plus nuancée. Tout dépend de votre usage, de votre budget, et de la durée pendant laquelle vous comptez garder votre téléviseur.
1. Le cas des petits budgets : la classe F peut se justifier (mais à quel prix ?)
Si vous avez un budget serré et que vous ne regardez la télé que quelques heures par semaine, un téléviseur en classe F peut être un choix rationnel. C’est le cas, par exemple, pour :
- Un écran secondaire (chambre, cuisine)
- Un téléviseur utilisé occasionnellement (moins de 2 heures/jour)
- Un achat temporaire (location, résidence secondaire)
Dans ces cas-là, la différence de prix à l’achat peut compenser la surconsommation. Mais attention : si vous dépassez les 4 heures d’utilisation quotidienne, la classe F devient un mauvais calcul.
2. Le cas des gros consommateurs : la classe A s’impose (et voici pourquoi)
Si vous êtes un gros consommateur (plus de 6 heures/jour), un téléviseur en classe A ou B est un investissement rentable. Voici pourquoi :
- Économies sur la facture : sur 10 ans, la différence peut atteindre 500 à 800 €. De quoi s’offrir un nouveau téléviseur.
- Moins de chaleur : un téléviseur sobre dégage moins de chaleur, ce qui réduit la consommation de climatisation en été.
- Meilleure revente : les modèles économes se revendent mieux sur le marché de l’occasion. Un téléviseur en classe F perdra 50 % de sa valeur en 3 ans, contre 30 % pour un modèle en classe A.
- Durabilité : les téléviseurs économes sont souvent mieux conçus, avec des composants de meilleure qualité. Ils tombent moins souvent en panne.
3. Le cas des gamers et des cinéphiles : la classe F peut être un mal nécessaire
Pour les gamers et les amateurs de cinéma, la classe F n’est pas toujours un choix par défaut. Certains modèles haut de gamme, comme les OLED LG ou les QLED Samsung, offrent des performances inégalées… au prix d’une consommation élevée.
Dans ce cas, la question n’est pas "classe F ou classe A ?", mais "est-ce que les performances valent le coup ?". Voici quelques repères :
- Pour le gaming : un taux de rafraîchissement à 120 Hz et une faible latence sont indispensables. Si c’est votre priorité, un téléviseur en classe F peut se justifier. Mais limitez sa taille (55 ou 65 pouces max) pour limiter la consommation.
- Pour le cinéma : un OLED en classe F offre des noirs parfaits et un contraste exceptionnel. Si vous regardez beaucoup de films en basse lumière, ça peut valoir le coup. Mais désactivez le HDR quand vous regardez des contenus en SD.
- Pour le sport : un écran LED avec une bonne luminosité (1000 nits et plus) est idéal. Mais attention, ces modèles sont souvent en classe E ou F. Là encore, limitez la taille et désactivez les options inutiles.
Les idées reçues sur la classe F (et pourquoi elles sont dangereuses)
Autour de la classe énergétique F, les idées reçues pullulent. Certaines sont anodines. D’autres peuvent vous coûter cher. En voici quelques-unes, démontées une par une.
"Un téléviseur en classe F, c’est forcément un mauvais produit"
Faux. Comme on l’a vu, certains téléviseurs en classe F offrent des performances exceptionnelles. C’est le cas des OLED haut de gamme, des écrans pour gamers, ou des modèles professionnels. La classe F ne signifie pas "mauvais", mais "gourmand en énergie".
Le vrai problème, c’est quand un téléviseur est en classe F sans raison valable. Par exemple :
- Un écran LED bas de gamme, sans fonctionnalités avancées, qui consomme comme un modèle haut de gamme.
- Un téléviseur avec une dalle de mauvaise qualité, qui compense par une luminosité excessive.
- Un modèle mal optimisé, où le fabricant a privilégié le prix de vente à l’efficacité énergétique.
Dans ces cas-là, oui, la classe F est un mauvais signe.
"La classe énergétique, c’est juste une question d’écologie"
Si seulement. L’écologie, c’est un argument de vente. Mais derrière la classe énergétique, il y a aussi :
- Votre portefeuille : comme on l’a vu, un téléviseur en classe F peut coûter 500 à 1000 € de plus sur 10 ans.
- Votre confort : un écran qui chauffe trop peut rendre votre salon étouffant en été.
- La durée de vie de l’appareil : un téléviseur qui surchauffe a plus de risques de tomber en panne.
Autant dire que la classe énergétique, c’est bien plus qu’une question de CO₂.
"De toute façon, je l’éteins la nuit, donc ça ne change rien"
Désolé de briser vos illusions, mais un téléviseur en veille consomme aussi. Et pas qu’un peu. Un modèle en classe F peut engloutir 1 à 2 W en veille, soit 10 à 20 kWh par an. Sur 10 ans, ça fait 200 kWh, soit 44 €. Pas énorme, mais c’est toujours ça de pris.
Et puis, il y a l’effet cumulatif. Si vous avez plusieurs appareils en veille (box, console, enceintes…), la consommation peut atteindre 50 à 100 € par an. Autant brancher tout ça sur une multiprise avec interrupteur, et couper le courant la nuit.
"Les téléviseurs récents consomment moins, donc la classe F va disparaître"
Pas si sûr. Les fabricants ont fait des progrès, c’est vrai. Mais en parallèle, ils ont aussi :
- Augmenté la taille des écrans (les 75 pouces et plus se démocratisent)
- Ajouté des fonctionnalités gourmandes (HDR, 120 Hz, IA intégrée)
- Poussé les consommateurs vers des modèles haut de gamme (et donc plus énergivores)
Résultat : même si les téléviseurs récents sont plus sobres à taille égale, la classe F n’a pas dit son dernier mot. Et avec l’augmentation des tarifs de l’électricité, elle risque de coûter de plus en plus cher.
Questions fréquentes (celles que tout le monde se pose, mais que personne n’ose demander)
Un téléviseur en classe F peut-il devenir moins gourmand avec le temps ?
Non. Contrairement à une batterie de smartphone, un téléviseur ne "s’use" pas de manière à réduire sa consommation. En revanche, certains composants (comme les condensateurs) peuvent vieillir et devenir moins efficaces, ce qui peut augmenter la consommation avec le temps. Si votre téléviseur en classe F commence à surchauffer ou à avoir des bugs d’affichage, c’est peut-être le signe qu’il est temps de le remplacer.
Est-ce que la classe énergétique dépend de la marque ?
Pas directement. La classe énergétique dépend de la consommation mesurée en laboratoire, pas de la marque. En revanche, certaines marques sont plus soucieuses d’efficacité énergétique que d’autres. Par exemple :
- LG et Sony proposent souvent des modèles OLED en classe D ou E, malgré leur consommation variable.
- Samsung et TCL misent sur des LED plus sobres, mais parfois au détriment de la qualité d’image.
- Les marques low-cost (Hisense, Xiaomi) ont tendance à proposer des modèles en classe E ou F, car ils privilégient le prix à l’efficacité.
Mais attention : ce n’est pas une règle absolue. Un téléviseur Sony peut être en classe F, et un TCL en classe D. Tout dépend du modèle.
Peut-on améliorer la classe énergétique d’un téléviseur existant ?
Non. La classe énergétique est déterminée en usine, en fonction de la consommation mesurée. Vous ne pouvez pas la changer. En revanche, vous pouvez réduire la consommation réelle de votre téléviseur en :
- Désactivant les fonctionnalités inutiles (HDR, 120 Hz, Wi-Fi)
- Réduisant la luminosité (un réglage à 50 % peut faire baisser la consommation de 30 %)
- Utilisant le mode "éco" ou "cinéma" plutôt que le mode "dynamique"
- Éteignant complètement l’appareil la nuit (pas de veille)
Ces astuces ne changeront pas la classe énergétique, mais elles peuvent réduire votre facture.
Un téléviseur en classe F est-il interdit à la vente ?
Non, pas encore. En Europe, les téléviseurs en classe G sont interdits depuis 2023. Mais la classe F reste autorisée, même si elle est fortement déconseillée. En revanche, certains pays (comme la Suisse) ont durci les règles et interdisent progressivement les classes les plus énergivores.
À terme, il est probable que l’UE resserre encore les critères. Mais pour l’instant, la classe F a encore de beaux jours devant elle – au grand dam de votre portefeuille.
Verdict : faut-il acheter un téléviseur en classe F ?
La réponse n’est pas binaire. Tout dépend de votre usage, de votre budget, et de votre tolérance aux factures d’électricité. Voici ce qu’il faut retenir :
✅ Achetez un téléviseur en classe F si…
- Vous avez un budget serré et vous ne regardez la télé que quelques heures par semaine.
- Vous cherchez un écran secondaire (chambre, cuisine) ou temporaire.
- Vous êtes un gamer ou un cinéphile prêt à payer pour des performances exceptionnelles.
- Vous habitez dans un pays où l’électricité est bon marché (moins de 0,15 €/kWh).
❌ Évitez la classe F si…
- Vous regardez la télé plus de 4 heures par jour.
- Vous avez un grand écran (65 pouces et plus) dans un petit salon.
- Vous comptez garder votre téléviseur plus de 5 ans.
- Vous habitez dans une région chaude et vous utilisez la climatisation en été.
- Vous voulez revendre votre téléviseur d’occasion dans quelques années.
Entre les deux ? Il y a une troisième voie : les téléviseurs en classe D ou E. Ils offrent un bon compromis entre prix, performance et consommation. Et avec les progrès technologiques, ils deviennent de plus en plus accessibles.
Une chose est sûre : la classe F n’est pas une fatalité. Avec un peu de vigilance, on peut trouver des modèles qui consomment moins, sans sacrifier la qualité. Et ça, ça change tout.
Alors, la prochaine fois que vous verrez un téléviseur étiqueté F, ne détournez pas les yeux. Posez-vous les bonnes questions. Parce qu’un achat mal réfléchi, ça se paie. Littéralement.

